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BRUXELLES
A. MANCEAUX, LIBRAIRE-ÉDITEUR
12, rue des Trois-Tètes, 12
1893
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TOME XVII
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BRUXELLES
A. MANCEAUX, LIBRAIRE-ÉDITEUR
12, rue des Trois-ïètes, 12
1898
yVlEMOIRES
NOTES
MYCOLOGIQUES
PAR
E. DE WILDEMAN
NOTES MYCOLOGIQUES
Sur le genre LAGENIDIUM Sghenk.
Le genre Lacjenidium créé par Schenk en 1857, con-
tenait, jusqu'à ces derniers temps, six espèces. Toutes
étaient parasites d'algues d'eau douce, sauf une, parasite
de grains de pollen. Tout récemment, dans ses études
sur les zygotes (*), Klebahn a fait connaître sous le nom
de Lag. Syncitiorum, un parasite très curieux qu'il a
observé dans les cellules de VOedogonium Boscii Wittr.
Il n'a pu observer les oospores.
Au commencement de cette année, en examinant des
rhizoïdes de Mousses, j'ai eu l'occasion de trouver un
parasite singulier, qui se logeait à l'intérieur des cel-
lules encore vivantes.
Le thalle de ce champignon se présente sous la forme
d'une grande cellule boursouflée (pi. I, fig. 2-5), à pro-
tubérances nombreuses, irrégulières, remplissant sou-
vent presque toute la cavité de la cellule de son hôte.
Il peut arriver que certaines de ces protubérances s'allon-
gent et prennent l'aspect de filaments (pi. I, fig. 6-7).
(*) Studien iiber Ziiqoten II in Pringsh. Jahrbïïch. f. WissenschaflU
Bot., M. XXIV, Heft II, p. 263.
XVII 4
6 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
Ce thalle ne paraît jamais se cloisonner, il ne paraît pas
non plus traverser les parois transverses des cellules du
rhizoïde.
Il est probable que la niasse se change entièrement
en zoosporange, on voit en effet certaines portions de la
cellule s'amincir à leur extrémité et venir s'appliquer
contre la paroi cellulaire qu'ils percent (pi. I, tig. 2).
C'est sans aucun doute par de pareilles extrémités que
doivent s'échapper les zoospores.
J'ai pu observer des thalles vivants, et j'ai même pu
suivre le développement d'une de ces protul)érances sous
le microscope, mais je n'ai pu réussir à conserver la
culture assez longtemps pour pouvoir observer la sortie
des zoospores.
Ce thalle possède donc un aspect comparable à celui
queZopfa figuré pour le Lag. entoplujtum dans la
planche II, figure 14, de son travail sur les Phycomy-
cètes (*). Les ligures de la planche I qui accompagne
cette note représentent cet aspect. Le thalle de la forme
que je décris ici, a d'ailleurs assez bien d'analogie avec
celui qui vit dans les zygospores ôes Spirogyra.
Les thalles vidés que l'on rencontre dans les rhi-
zoidcs, ont probablement donné naissance à des zoo-
spores qui ont été mises en liberté. Dans cet état, on
peut très facilement les retrouver dans les cellules nour-
ricières, grâce à leur contour persistant (pi. I, fig, 8-9).
Quand le thalle est encore gorgé de protoplasme,
il est en général difficile à apercevoir parce que le
protoplasme de l'hôte existe souvent encore, masquant
ainsi le parasite.
(*) Zur Kennluiss der Phycomijcelen, in Nova Acla d. Ksi. Leop.
CaroL. Deulsc/i, Ak. d. A'alit'rlursclicr, Bd. XI-VIl, n» 4, 1884.
MEMOIRES.
Dans les thalles privés de contenu, on trouve parfois
des corpuscules arrondis qui présentent des points bril-
lants. Ce sont peut-être des zoospores qui n'ont pu
s'échapper par l'ouverture du zoosporange ; je ne les ai
malheureusement observés que dans des échantillons
conservés dans la glycérine (pi. l, fig. 1).
Dans cet organisme naissent des organes reproduc-
teurs, de forme tout à fait spéciale. Il ne m'a pas cepen-
dant pas été possible de voir le mode de fécondation qui
doit donner naissance à ces organes.
Par ces caractères, ce nouveau champignon, paraît
venir se placer dans le genre Lagenidium.
Les oospores des Lagenidium, sont dans toutes les
espèces où elles ont été décrites de forme spliérique,
à membrane externe tantôt lisse, tantôt hérissée de nom-
breuses pointes.
Pour le champignon qui nous occupe en ce moment,
l'oospore n'est, au contraire, jamais ronde, mais nettement
elliptique. Elle peut bien parfois paraître arrondie, mais
c'est lorsqu'elle est vue par l'une de ses extrémités. Elle
est entourée par une membrane épaisse à contour
irrégulier, tout à fait spécial. Cette enveloppe est double
comme chez les autres espèces du même genre (pi. I.
fig. 10, 11.
Par les caractères généraux de son thalle, cette
espèce nouvelle se rapproche du Lagenidium py g maeum
Zopf, qui se présente aussi dans sa cellule nourricière,
sous la forme d'un sac boursouflé.
Le Lagenidium des rhizoïdes de Mousses se distingue
cependant immédiatement de cette espèce voisine, par
la forme de l'oospore, qui dans cette dernière est arron-
die à membrane lisse, tandis qu'elles sont elliptiques
8 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
dans la nouvelle forme (pi. I, fig. 11). Très variables
de grandeur, elles mesurent d'ordinaire de 10 à 14 /^ de
large sur 20 à 50 /x de long. Elles sont parfois nom-
breuses dans une cellule du rbizoïde, j'ai pu en compter
jusqu'à douze.
Dans les rhizoïdes latéraux, dont le diamètre est assez
étroit, on les trouve échelonnés ; c'est dans ces circon-
stances qu'elles sont les plus étroites et les plus longues
(pi. I, fig. 10). Elles peuvent présenter dans ces cas une
longueur triple de la largeur. Le contenu de l'oospore est
légèrement granuleux et réfringent.
Malgré toutes mes recherches, je ne suis plus parvenu
à retrouver cette intéressante forme de champignon,
c'est ce qui m'a engagé à publier le peu de données que
j'ai pu réunir sur cet organisme. Peut-être d'autres
observateurs, seront-ils plus heureux que moi.
Pour rappeler les caractères des organes reproduc-
teurs, je propose de donner à cette espèce le nom de
Lagenidiiim? ellipticum.
On pourrait donc résumer ainsi la diagnose de ce
Lageuidiiim.
L. ELLIPTICUM Nob. — Thalle formé par une seule
celhile se boursouflant irrégulièrement, présentant des
prolongements à aspect filamenteux. A l'extrémité
des boursouflures coniques peut se former un col court
qui vient s appliquer contre la paroi de la cellule, aux
dépens de laquelle le parasite se nourrit. Zoospores et
oogones inconnus. Oospores elliptiques à membrane
irrégulière, épaisse, munie d'aspérités obtuses Inté-
rieur de l'oospore assez fortement réfringent et granu-
leux. Oospore d'environ 10 à 14 fx. de large sur 20 à /u, 30
de long.
MÉMOIRES. 9
Hab. — Dans les cellules des rhizoïdes des Mousses.
Jardin botanique de Bruxelles, Avril 1892.
Il n'est peut être pas sans intérêt d'essayer de grouper
les espèces qui appartiennent à ce genre et d'essayer de
faire une clef analytique pour la détermination de ces
champignons, d'autant plus que les ouvrages généraux
dans lesquels le genre Lageuidium a été traité sont
devenus incomplets.
Si l'on base les caractères distinctifs sur la forme des
oospores on arrive assez facilement à une dichotomie.
11 faut dire ici que le Lag. enecans décrit par Zopf (*),
et qui est parasite des Diatomées, possède, comme j'ai
pu l'observer des oospores arrondies à membrane épaisse
et lisse. M. Zopf ne parait pas avoir vu ces organes de
reproduction.
Voici le tableau que l'on peut ainsi former.
Genre LAGENIDIUM Schenk.
Oospores elliptiques. L.f elliplicu/n Nob.
Oospores arrondies. ' pi. 1.
Oospores à parois lisses.
Thalle constitué par une cellule
irrégulièrement renflée; pa-
rasite des grains de pollen. . L.pygmaeum Zopf
Ueb. einigc nied. Al-
genpilze, Halle 1887,
pi. I,lig. 21-59, pl.lF,
fig. 1-12.
Kennlniss. Pliyc, p. 154 en noie.
40 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
Thalle formé par des filaments
plus ou moins épais.
Parasite des D/rt/o»iées. L. enccans Zopf
Kcnntn. Pliycom.,
p. 134, Halle 188i.
Parasite des cellules végétatives
de Sjrirogijra. L. Rabenlioislil Zopf
Kennln. Phycom.. 1884,
p. 145, pi. 1, fig. l-:28,
pi. Il, fig. 1-9.
Parasite des zygospores de
Spirogyra. . . . L. gracile Zopf
Kenntn. Phycom.,
Ib84, p. 158.
Oospores à paroi munie "d'aspérités.
Parasite des zygospores de
Spirogyra. . . . L. entopliytiim7jO[>^,
Pringsh. Jahrb. f. wiss.
Botan. 1, XXI. Zopf,
Kennln. Phyc, 1884,
pi. Il, fig. 10-18, pi. III,
fig. 1-5.
Parasite des cellules d'Oedogo
nium L. Zopfii De W.,
Bull. Soc. belge microscopie,
t. XVI, p. 159.
De cette façon nous trouvons groupés ensemble les
Lag. pijgmacum, Lag. enccans, Lag. Rabcnliorslii et
Lag. gracile. Ces deux premières espèces sont en effet
très voisines, le col qui permet aux zoospores de
s'échapper est le même; le Lag. enccans présente une
tendance à transformer son thalle en filament. Il forme
ainsi le trait d'union entre les espèces à thalle, formé
d'une cellule boursouflée et celles à thalle filamenteux,
dont le type est à coup sûr le Lag. Hahenliorstii.
MÉMOIRES. 41
Quant au Lag. Sijncitmriim Klebahn, il ne peut se
classer dans ce tableau, puisque l'auteur n'a pu observer
les oospores. Il n'est pas impossible que ce ne soit la
même espèce que celle que j'ai observée et dénommée
Lag, Zopfii {*]. M. Klebahn a bien vu dans certaines
cellules de l'hôte des masses arrondies, à membrane
lisse; mais il ne peut assurer qu'il y a un lapport quel-
conque entre ces corps et le parasite désigné sous le
nom de Lag. Synciliorum. La particularité remarquable
que possède cet organisme d'empêcher la formation de
la cloison est néanmoins très inléressante.
Il
Rhizophidium marinum n. sp.
Parmi les quelques Cliijtridiacées intéressantes que
j'ai eu l'occasion de trouver, je dois citer un parasite de
végétaux marins. J'ai observé cette forme au commence-
ment de 1892, sur des Diatomées du genre Melosira.
Elle s'est développée en grande abondance sur ces Dia-
tomées, qui avaient elles-même envahi les aquariums
d'eau de mer de l'Institut botanique.
Elle est constituée par des cellules arrondies, à
contenu granuleux; le diamètre, assez variable suivant
l'âge, mesure de 7 à 15 fx. Les rhizines me paraissent
bien peu nombreuses, et dans bien des cas même il
était impossible d'en apercevoir.
Je n'ai pas eu l'occasion d'assister à l'ouverture
d'un des sporanges. Une seule cellule de la Diatomée
Bull. Soc. b. microscopie. t. XVI, p. 159.
-12 SOCIÉTÉ BELGE DE WICROSCOPIE.
supporte souvent un grand nombre de parasites.
Par ses caractères, celle Chijtiidiacée paraît voi-
sine du lUiizophiclwm globosimi (Braun) Schrôler, qui
est assez commun sur les Dialomces d'eau douce.
11 ne m'a pas paru sans intérêt d'attirer l'attention
des botanistes sur cette espèce à laquelle on pourrait
donner le nom de Bliizopliidium marinnm nob.
C'est la première forme de ce genre que l'on liouve
signalée sur des végétaux marins; les Chylridiacées
marines ne sont d'ailleurs pas très nombreuses, et en
général peu connues.
lïl
SUB QUELQUES « CHAMPIGNONS » PARASITES DANS LES RACINES
DES « Phanérogames ».
Les parasites qui vivent dans les tissus des racines
n'ont pas été l'objet d'un bien grand nombre de rccber-
ches. Leur étude d'ailleurs n'est guère aisée, on
n'observe que rarement le cycle complet du développe-
ment d'un des cbampignons, et en général même on ne
trouve que des étals non fructifies et ceux-ci ne per-
mettent aucune détermination.
J'ai eu l'occasion d'observer ainsi un e;rand nombre
de formes appartenant à des groupes divers de cham-
pignons, que leur état incomplet n'a pu faire rapporter à
des genres connus.
Dans le groupe des Chylridiacées, dont le cycle d'évo-
lution est assez simple, nous ne trouvons jusqu'à ce jour
que fort peu d'espèces, vivant dans les tissus des racines.
MEMOIRES. IH
Parmi les auteurs qui ont étudié spécialement ces
parasites. Il faut citer Woronin. Dans sa remarquable
étude sur le Plasmadiopliora Brassicae, ce curieux
Mijxomijcèie qui détermine des renflements sur les
racines des choux et modifie la structure cellulaire, il a
signalé un Clujtridium Brassicae. Les auteurs récents
ont fait rentrer cette espèce dans le genre Olpidhim sous
le nom de Olp. Brassicae.
En 1884, Borzi décrivit sous le nom de Bliizomyxa
un parasite qui appartient également au groupe des
Chyiridiacées. Ce champignon vit dans les poils et dans
les cellules du tissu des racines d'un assez grand nombre
de plantes phanérogames.
Fischer a le dernier écrit sur cette espèce dans son
travail sur les Pliiicomycèles, qui fait partie de la « Kryp-
togamen Flora « de Rabenhorst. A l'article Rliizomijxa
il émet quelques observations déduites des études
qu'il a* pu faire sur ce champignon. D'après Fischer, le
Bliizomyxa tel que le comprend Borzi, n'est pas une
espèce, mais un ensemble de formes appartenant à des
genres difïérents.
Du fait que dans une même racine, dans une même
cellule parfois, on rencontre des productions végétales
différentes, il ne faut pas déduire qu'elles sont des
stades de développement d'une seule et même espèce.
L'on ne connaît pas suffisamment les végétaux de ce
groupe pour pouvoir faire de pareils rapprochements. Il
vaut mieuxdansl'état actuel de nos connaissances décrire
les formes que l'on observe et les dénommer, quand elles
ne peuvent rentrer dans le cycle d'une espèce connue.
Pour pouvoir indiquer les stades de développement,
1 faut cultiver l'espèce et la suivre sous le microscope.
U SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
Si cela a pu être fait pour certains parasites d'algues ou
d'autres champignons; cela n'a pas encore été t'ait pour
les parasites des tissus d'organismes supérieurs, l'on
se heurte ici à plus de difficultés.
Pour les Cluflrid lacées, les deux espèces citées plus
haut sont les seules que l'on trouve relevées comme habi-
tant des tissus de racines. Ayant trouvé au commence-
ment de l'année 1892, dans les cellules des rhizoïdes
des Mousses, un parasite qui présentait une vague res-
semblance, avec le Rliizomyxa tel qu'il est figuré par
Borzi (*), je voulus rechercher le champignon de cet
auteur dans les tissus des plantes supérieures, pour voir
s'il V avait concordance entre les deux formes.
Tout d'abord je n'ai pas trouvé le Rhizomijxa, mais
j'ai eu par contre la chance d'observer toute une série
d'autres parasites dont quelques-uns constituent des
types assez curieux.
Devant interrompre pendant quelque temps mes
observations sur ces organismes inférieurs, je passerai
en revue successivement, les différents champignons
que j'ai rencontrés. Je décrirai les formes qui m'ont
paru nouvelles, afin d'attirer l'attention des mycologues
sur l'intérêt que peut présenter l'étude des racines au
point de vue des Cliylridiacées.
Les parasites observés appartiennent au groupe des
Clujtridlacées proprement dites et au groupe voisin des
Prolnmy cèles.
Les racines examinées ont été celles du Brassica ole-
racea, Brassica napus, Brassica (var. cuit.), Thlaspi
arvense, Capsclla hitrsa-pastovis, LimoscUa aqualicay
Graminées à divers états de développement, toutes ces
Bonzi, RhizDimjxa niiovo Ficomicelc. Messiiia 1881.
MÉMOIRES. IS
plantes provenant du Jardin botanique; de Graminées,
croissant dans des pots de fleurs des serres tempérées.
Enfin les parties souterraines des Plantago Psyllium,
Veronica longifolia (jeunes plantules) et de Graminées
croissant dans des pots ou parmi les Mousses à l'institut
botanique.
Dans i'énumération qui suit, je suivrai l'ordre adopté
par Fischer dans le travail dont j'ai parlé plus haut.
CHYTRIDIACEES
Gen. OLPIDIUM Braun.
Dans la « Kryptogamen Flora von Deutschiand » de
Rabenhorst (*), Fischer, classe les espèces du genre Oipi-
dium suivant leur habitat; les formes qui vivent dans
les cellules des phanérogames sont d'après cet auteur au
nouibre de trois. Ce sont O.Lemnae ¥m]h,0,Brassicae
(Woron.) Fisch., 0. simnlans DBy et Woron.
L'article publié par Schrôter sur les Cliijtridiacées
dans les « Natùrlichen Planzenfamilien » (**) indique
une quatrième espèce sous le nom de 0. trifolii (Pass.)
Fisch. Cette espèce vit dans les cellules épidej-miques
du Trifolium repens.
Fischer la range dans le genre Syncliitrium , c'est
sous le nom de S. tri/olii que celte espèce a été décrite
par Passerini (***].
O Bd. IV, Pliycomycelen. p. 28.
n Engler et Prantl, toc. cit., livraison 76, p. 68.
(•■*) Fischer, loc. cit., p. 51,
16 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
Olpidium brassicae (Woron.) Fisch.
(Woron. Plasmodiophora Brassicae, Pringsh. Jarhr-
buch II, p. 557, pi. XXXI, fig. 12-18.)
PI.II, fig. 1-6,7-8, 17-25.
Cette forme a été décrite comme nous l'avons vu plus
haut en 1878 par Woronin sous le nom de Clujtridium,
c'est Fischer qui l'a fait passer dans le genre Olpidium.
Lorsque l'on examine des racines de Brassica, il n'est
pas rare d'y trouver ce parasite; il se présente comme
l'a décrit Woronin, sous l'aspect de zoosporanges arron-
dis. Ceux-ci ont un diamètre qui varie de 14 à 20 /^.
Ces zoosporanges sont munis d'un col très variable en
longueur. Tantôt il traverse les parois de plusieurs cel-
lules et peut acquérir ainsi une longueur quintuple de
celle du diamètre du zoosporange. Tantôt il est presque
nul. Je n'ai pas observé de cols aussi longs, en général
les 0. lirassicae, que j'ai trouvés étaient localisés dans
les cellules épidermiques de la racine, et le col était
relativement court. Le col du zoosporange est ordinai-
rement un peu courbé comme cela est figuré dans
quelques dessins de Woronin et dans notre pi. II.
liii 2 5 6
On observe aussi dans ces mêmes cellules, des para-
sites qui se rapportent peut-être à la même espèce, mais
ils sont dépourvus de col. L'ouverture du zoosporange
se fait par une espèce de pa[)ille, qui perce la membrane
de la cellule nourricière. On trouve souvent ces Olpi-
diums en grand nombre serrés les uns contre les autres,
comme le montre la lig. 7, pi. IL II n'est pas impos-
MÉMOIRES. n
sihle que cette forme appartienne à une autre espèce.
Cette figure se rapporte d'ailleurs à un parasite des
racines du Capsella bursa-pastoris. Je l'ai également
retrouvé dans des cellules du tissu des racines de Gra-
minées provenant du Jardin botanique, (pi. II, fig. 8).
Le peu de caractères distinctifs de ces zoosporanges
les fait ranger dans le groupe de VO. Brassicae.
Les zoospores que j'ai observées provenaient des
0. Brassicae typiques, elles concordent avec la descrip-
tion et les figures de Woronin.
Les spores durables ont été également décrites par
Woronin. Cet auteur n'a pas cependant pu suivre les
transformations par lesquelles passe ce parasite avant
d'arriver à ce stade de repos. Il a déduit du fait que le
zoosporange et la spore durable se trouvaient côte à côte
dans les mêmes cellules, la conclusion que celles-ci
devaient dériver de celles là. Ni Woronin, ni les auteurs
qui ont observé \0. Brassicae ne nous donnent la
grandeur de ces spores durables.
J'ai eu l'occasion d'observer dans les cellules de la
racine de jeunes plantes de Z^rf/isica oleracea, des glo-
bules d'aspect identique à celui décrit et figuré par
Woronin. Les fig. 18, 20, 21 de la pi. II, représen-
tent assez imparfaitement cet état.
Ces spores durables? sont légèrement jaunâtres à
membrane assez épaisse, présentant un double contour;
ce dernier est irrégulier bosselé. L'aspect général est
vaguement étoile à pointes obtuses. Elles sont remplies
de protoplasme, et possèdent dans leur intérieur un ou
plusieurs corps réfringents, dont un est toujours prépon-
dérant. Ces spores ont de 7 à 10/xde diamètre, elles sont
donc plus petites que les zoosporanges.
18 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
Si l'on fait des préparations microscopiques des tissus
qui contiennent ces parasites, si on les monte dans
la glycérine les zoosporanges se retrouvent facilement ;
ils ne sont pas du tout altérés. Mais on est très étonné
de ne plus revoir du moins avec leur forme primitive
les spores durables qui se trouvaient dans la prépa-
ration. Au commencement de mes recherches, j'ai été
assez surpris de ne plus retrouver les spores en ques-
tion, je trouvais bien dans les celulles de petits amas de
protoplasme coagulé à contour très irrégulier, mais ils
ne paraissaient avoir aucun rapport avec les spores
durables.
Je suivis alors sous le microscope l'action de la glycé-
rine. En partant d'une préparation à l'eau de laquelle
j'ajoutai au bord de la lamelle une goutte de glycé-
rine, je vis la spore durable au fur et à mesure que la
glycérine diffusait dans le liquide, diminuer de volume.
Puis tout le contenu se ratatine; une partie de la mem-
brane épaisse que l'on observe sur la spore fraîche parait
suivre le retrait occasionné par la plasmolyse, tandis
que la couche externe prend une forme sphérique. Cette
dernière enveloppe très mince, est parfois peu visible,
elle parait même quelquefois absente.
On ne comprend pas bien, si l'on a vraiment affaire à
une spore durable, conservatrice de l'espèce, que
l'action de la glycérine soit si énergique, alors que sur
les sporanges jeunes l'action plasmolysante du même
réactif est si peu accusée.
Les fig. i9, 2:2, :25, 25, nous représentent des spores
durables après l'action de la glycérine.
Woronin n'a pas observé la germination de cette
spore durable, je n'ai pas pu suivre non plus son déve-
MÉMOIRES. -19
loppement. Woronin n'a donc pas prouvé d'une manière
certaine que cette spore durable appartient bien au cycle
d'évolution de VO. Brassicae.
Je crois que cet organisme est différent de ce que
l'on doit dénommer 0. Brassicae; de nouvelles recher-
ches sont donc à faire sur ces formes avant de pouvoir
décrire le mode de vie de cette dernière espèce.
Si donc les différents Olpidiiims que nous avons
décrits dans ce paragraphe, formaient une espèce, son
habitat n'est pas localisé aux choux. Le parasite se ren-
contrerait dans les cellules des racines d'autres Cruci-
fères, dans celles du Capsella bursa-pastoris et même
dans des racines de Graminées.
Olpidium borzu sp. nov.
PI. m, fig. 7-48.
Sous ce nom, je signalerai une espèce de CInjtridiacée
que j'ai observée dans les racines du Brassica oleracea,
et du Capsella bursa-pastoris.
Dans sa forme générale elle se rapproche de l'O. Simu-
lans de De Bary et Woronin ; elle en diffère par son
habitat.
L'espèce de De Bary et Woronin habite les cellules
épidermiques des jeunes feuilles de Taraxacum. Notre
0. Borzii n'est peut-être qu'une forme souterraine de
l'espèce créée par les deux auteurs cités plus haut.
Les zoosporanges de l'O. Boi^zii sont assez variables.
Ils présentent en général la forme d'un ellipsoïde plus
ou moins allongé.
Dédié à M. BoRZi, directeur du Jardin botanique de Palerme.
20 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
Leur diamètre mesure environ \Q ju; la longueur
du zoosporange oscille entre deux et sept fois la lar-
geur.
Le parasite se loge dans les cellules des différents
tissus de la racine qu'il a une fois envahie. Il occupe
cependant de préférence, les cellules épiderniiques et les
poils radicaux.
Dans ces derniers l'on observe parfois des séries de
deux zoosporanges ou plus disposés à la file.
L'émission des zoospores se fait par un ou plusieurs
cols, tantôt droits, tantôt recourbés; courts ou assez
longs. Les plus longs que j'ai observés avaient 16 z-^-
environ. Lorsque le col par lequel s'échapperont les
zoospores est unique il se trouve en général, disposé
vers le centre de la cellule, plus rarement à l'une de ses
extrémités. Si le zoosporange possède deux cols ils sont
placés chacun à une extrémité de la cellule. Quand le
parasite est très allongé, il existe parfois une troi-
sième sortie pour les zoospores, située vers la partie
centrale de la cellule.
La fig. 17, pi. III, représente un pareil Olpidlum;
il se trouvait dans une cellule de la racine d'un Cap-
sella.
Les zoospores très nombreuses qui naissent dans ces
cellules sont elliptiques; elles sont animées d'un mou-
vement très rapide. Elles présentent en leur centre un
globule réfringent, et sont munies d'un seul cil dirigé
en avant comme c'est le cas ordinaire chez les CInjlri-
diacées. Je n'ai pu les mesurer.
Je n'ai ni observé de spores durables, ni suivi le déve-
loppement d'une zoospore.
MÉMOIRES. 'Si
ASTEROCYSTIS RADICIS IIOV. geiî . , HOV. Sp.
PI. III, fig. 1-6, 19.
Ce nouveau nom s'applique à l'état de repos d'un
organisme qui appartient fort probablement au groupe
des Cliyt7ndiacées. Je place cet organisme à la suite du
genre Olpidium parce que, l'état de repos seul a été
observé, et se rapproche le plus au point de vue de la
forme, des spores durables de ce genre.
Ce parasite est très commun; je l'ai rencontré dans
presque toutes les racines que j'ai examinées, il y en
avait fort peu exemptes de cet organisme. Parmi
celles-là se trouvaient entre autre des racines de Senecio
vulgaris, qui ne présentaient pas trace de parasites.
Les Asterocijstis sont des cellules arrondies ou ellip-
tiques, à membranes munies d'aspérités, dues probable-
ment au retrait de certaines portions de cette mem-
brane. L'aspect de la cellule représente aussi vague-
ment celui d'une étoile. Cette étoile est entourée d'une
ligne qui parait continue. Le centre de la cellule est
occupé par un globule globuleux ou ellipsoïdal, assez
réfringent.
J'avais d'abord cru voir dans cette cellule, la spore
durable de VO. Brassicae, mais en examinant avec
soin, je me suis convaincu qu'il n'y a pas la moindre
analogie entre ces deux spores durables. Dans celle de
VOlpidiîim, le protoplasme remplit toute la cavité cellu-
laire comme nous l'avons vu plus haut, il existe un glo-
bule brillant à l'intérieur et le contour est irrégulier.
Dans notre forme, le globule central occupe une assez
grande portion de la cellule mais pas la totalité de la
XVII 2
22 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
cavité, il est légèrement granuleux et réfringent. Il est
séparé de la memi3rane et celle-ci présente dans son con-
tour extérieur une ligne continue sans aspérités.
Les fig. i8, 20, 21 de la planche II, et '5 à 6 de la
pi. III examinées comparativement, feront d'ailleurs
saisir les différences fort nettes qui existent entre ces
deux organismes.
Suivant la grandeur de la cellule dans laquelle se
trouvent les parasites, et suivant leur nombre dans
chaque cellule, la grandeur et la forme des Asterocijslis
variera. Lorsqu'ils sont uniques ou peu nombreux dans
une cellule relativement grande, ils seront globuleux.
Si la cellule est relativement petite, rectangulaire en
coupe, l'un des diamètres de la Clujlridiacée acquerra
une plus grande longueur. Si les parasites sont nom-
breux dans une même cellule, les Asterocystis seront
en général globuleux. Une cellule contient parfois dix
cystes, elle peut même en contenir davantage.
Dans les formes ellipsoïdales, la longueur du cyste
peut dépasser quatre à cinq fois sa largeur. Cette der-
nière est assez variable, les cystes les plus petits que j'ai
observés avaient 18 /x environ, les plus grands 55 /u.
Celte spore durable?, se loge indifféremment dans
toutes les cellules de la racine, aussi bien dans l'épi-
derme et les poils radicaux que dans les tissus sous-
jacents. On peut trouver des radicelles encore très
jeunes, dont les cellules sont déjà envahies'par ces Asle-
rocyslis.
La fig. 19 pi. III, nous montre une cellule épider-
niique ayant formé un poil, la cellule possède en son
intérieur six parasites, le poil lui-même deux. Cette
figure représente une cellule épidermique d'une très
MEMOIRES.
jeune racine de Graminée provenant des serres tempé-
rées du Jardin botanique. La figure 1 de la même plan-
che montre trois cellules successives remplies chacune
d'Asterocijstis; ce sont des cellules de la racine d'une
plantule de Plantago psylUum, provenant de cultures
faites à l'Institut botanique.
La glycérine n'a aucune action plasmolysante sur ce
parasite; les préparations microscopiques conservées
dans ce milieu, sont très comparables à celles que l'on
étudie sur le frais. Le contenu cellulaire seul devient
un peu plus réfringent.
Je n'ai pas eu l'occasion d'observer la germination de
ces cystes, je ne sais donc à quelle forme les rattacher,
c'est ce qui m'a engagé à les décrire sous le nom d'Aste-
rocystis afin d'attirer l'attention des botanistes sur ces
organismes.
J'ai trouvé ces cystes dans les racines des plantes sui-
vantes :
hrassica oleracea, Brassica (choux ^ommé), Brassica
Napiis, Capsella biirsa-pasloris, Tlilaspiarvense, Plan-
tago psylliiim, Veronica longifoliay Limosetla aqitatica
et de plusieurs Graminées.
Pleotrachelus radicis nov. sp.
PI. 111, fig. 20-25.
Le genre Pleotrachelus a été créé en 1889 par Zopf,
dans son travail (.<.Zur kenntniss der Phycomyceteny^ {*).
La forme qui avait amené Zopf à créer ce nouveau genre
In Nov. Acta Caes. Leop. CaroL Nul. Cur. Bd, 47, p. 173, pi. XVI,
fig. 2S-36.
24 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
avait été rencontrée par lui dans les gemmes du Pilobo-
lus cristallinus. Le zoosporange seul organe que Zopf
ait trouvé, occasionne des transformations qui donnent
à cet organe du champignon, une forme très différente
de celle qu'on lui connaît ordinairement. Ce parasite est
constitué par un sporange globuleux détaille variable,
muni d'un plus ou moins grand nombre de cols par
lesquels s'échappent les zoospores.
En examinant au point de vue de leurs parasites végé-
taux des racines de Thlaspi arvense, j'ai été très étonné
d'y rencontrer un parasite qui avait la plus grande res-
semblance avec le Pleotraclielus fulgens Zopf.
Le parasite que je désigne sous le nom de Pt. radicis
se compose d'une cellule globuleuse ou ovoïde. Cette
cellule est munie d'un grand nombre de protubérances,
ouvertes à leur extrémité. Elles paraissent analogues
aux cols figurés et décrits par Zopf dans le PL fulgens.
Le nombre des cols de notre parasite paraît être beau-
coup plus considérable que celui indiqué par Zopf,
même dans les cas où le parasite en est relativement
peu fourni.
Par analogie avec la forme de Zopf, j'appellerai cet
état, zoosporange, quoique je n'ai jamais pu voir à l'in-
térieur de la cellule des zoospores; je n'ai donc pu les
voir sortir.
La membrane très épaisse du zoosporange, et les cols
épais, eux aussi, sont colorés légèrement en jaune.
Le contenu de cette cellule, observée dans l'eau se
présente sous la forme d'une sphérule qui occupe le
centre, celte masse conservée dans la glycérine ne varie
pas d'aspect, elle est un peu plus réfringente que dans
l'eau (pi. III, fig. 20-25).
MÉMOIRES. 25
Le diamètre du PL radicïs est assez variable, les
parasites que j'ai observés ont une largeur de 63 /x à 80/Ci.
Certaines racines de ces Tlilaspi sont littéralement
bourrées de ces zoosporanges ; ils occasionnent par leur
grandeur des boursouflements de la racine, dont ils
écartent les tissus, faisant changer de direction les fais-
ceaux fibro vasculaires.
Je n'ai pas suivi la série des transformations précé-
dant la formation de ce zoosporange, ni celles qui
suivent.
On trouve cependant dans ces mêmes racines, cer-
taines cellules globuleuses à contenu granuleux, et à
membrane épaisse et lisse. Ces cellules sont peut-être
des stades jeunes du parasite que je viens de décrire.
Rhizomyxa hypogaea Borzi.
(Rliizomyxa, nuovo Ficomicete. Messina 4884.)
Pi: 11, fig. 9-16.
Comme nous l'avons vu plus haut, c'est à Borzi que
nous devons la connaissance de ce genre nouveau.
Fischer est le seul qui à ma connaissance ait eu l'occa-
sion de retrouver cette espèce et de l'étudier; le résultat
de ces recherches a été de faire quelques objections au
genre et à l'espèce de Borzi (*). Pour Fischer en effet le
Rliizomijxa est constitué par un ensemble de formes;
ce que Borzi décrit comme stades agames et sexuels de
sa Cliijlridiacée, seraient des représentants de Cham-
pignons différents appartenant aux groupes Clujtridia-
cées. Un coup d'œil jeté sur les planches qui accom-
(') Fischer, loc. cit., p. 67.
26 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
pagnent le mémoire de Borzi, fait voir en effet des
dessins qui paraissent devoir se rapporter à des espèces
très diff'érentes.
Ainsi la fig. 4 de la pi. I, nous représente un Olpi-
diîim, et les fig. de la pi. II devraient être rapportées à
un Olpidiopsis. Les fig. 1-5, et 5-14 de la planche I,
seraient donc les seules qui se rapporteraient d'une façon
cei'tainc au Rliizomyxa Injpogaea, espèce d'ailleurs
encore fort peu connue.
Comprise ainsi ce Champignon est constitué par une
masse protoplasmique paraissant privée de membrane;
cette masse remplit en général toute la cavité cellulaire,
mais on peut la rencontrer aussi sous forme de masses
plus ou moins arrondies.
La totalité de la masse protoplasmique, se change en
sporangiosore ou en cystosore. Borzi a observé ces deux
sortes d'organes reproducteurs. Il a eu l'occasion de voir
la sortie des zoospores, et a pu ainsi étudier la forme de
ces dernières. Quant au cystosore, il ne sait ce que les
petites cellules qui les composent deviennent dans la suite.
Cette Cliijlridiacée se rapproche ainsi beaucoup de
celle queCornu a fait connaître sous le nom de Woronina;
les espèces connues de ce genre possèdent un cycle
d'évolution très semblable.
J'ai observé ce parasite à l'état de sporangiosore dans
les cellules des racines d'un certain nombre de Grami-
nées; de jeunes plantules croissant parmi des Mousses à
l'Institut botanique étaient surtout fortement attaquées
par ce parasite.
Je n'ai eu l'occat-ion d'observer que l'état où la masse
protoplasmique ne présente pas encore de modification
en son intérieur en vue de former des zoosporanges, et
MÉMOIRES. 27
celui ou ces derniers sont bien délimités. Certains
parasites que j'ai pu voir paraissaient se trouver dans un
état intermédiaire, mais cet état était plus près du stade
définitif que du stade initial (PI. II, tig. i2).
Les cellules affectées par le parasite se reconnaissent
facilement de leurs voisines, leur contenu est plus com-
pact, d'aspect grisâtre; dans les cas observés les vacuoles
sont assez nombreuses mais de petite taille.
Les masses protoplasmiques sont de taille variable
suivant la grandeur des cellules au détriment desquelles
elles vivent. Tantôt leRliizomyxa remplit toute la cellule,
tantôt une portion seulement; dans ce dernier cas le
protoplasme du reste de la cellule parait avoir disparu.
A l'état de sporangiosore, on trouve tout naturelle-
ment ou des cellules remplies de petits zoosporanges
dont doivent s'échapper les zoospores, ou seulement de
petits amas de ces mêmes cellules.
Le Wiizomyxa occupe indifféremment toutes les cel-
lules des tissus de la racine, qui sont externes au
cylindre central. On en rencontre dans l'épiderme
comme dans le tissu sous-jacent, je n'en ai cependant
pas observé dans les poils radicaux. Les petites cellules
qui dérivent de la fragmentation de la masse protoplas-
mique ont environ 5/x de diamètre.
Ce parasite a été signalé dans les racines d'un grand
nombre de plantes. Borzi indique les espèces suivantes :
Agroslis alba, Aira Cupaniana, Anagallis arvensis,
Bartsia Trixago, Biscutella lijrata, Borrago o/ficinalis,
Briza maxima, Calendida arvensis, CampamUa diclio-
tomciy Capsella Biirsa pastoris, Cerastium glomeratum,
Chenopodium urbicum, Delpliiniiim longipes, Erigerou
canadensis, Fedia Cornucopiae, Lamium amplexicaïUe,
28 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
Linaria reflexa, Lotus ornitliopodioïdes, Medicago tri-
buloïdes, Foa annua, Polycarpon telraplujllum^Selaria
glmica, Silène colorata, Stellaria, média, Trifolium
resiipinatiim. A cette liste déjà longue Fischer ajoute :
Triglochin palustre, Juncus Gerardi et Ranunculus
sceleratus {*).
l»R0T01iYCETACEES
Protomyces radicicolus Zopf.
PI. II, fig. 26-28, PI. III, fig. 26-50.
Le genre Protomxjces Unger, comprend une assez
nombreuse série d'espèces, vivant en parasite au détri-
ment des tissus de la feuille ou de la tige de Phanéro-
games.
Berlese et De Toni dans le Sylloge fungorum de Sac-
cardo (**)ont relevé dix-neuf espèces. Ces dix-neuf espèces
d'après la diagnose du genre seraient toutes foliicoles.
La dix-neuvième habite cependant les racines du Poa
anima, et en suite de ce genre d'habitat elle a été dénom-
mée Protomyces rliizobius par Trail qui l'a découverte.
Une autre espèce radicale a été décrite par Zopf
en 188i, elle manque dans le Sylloge, c'est le Proto-
myces radicicolus, qui a été trouvée dans les racines du
Stiftia chrysanlha.
Je ne connais l'espèce de Trail que par sa description
dans le Sylloge (***), je n'ai pu me procurer le travail origi-
Fischer, loc. cit.. j). 69.
O Saccardo, SiiUoçfe lunuorum, vol, VII, p. 319.
(•") Saccardo, loc. cit., p. 522.
MEMOIRES. 29
nal dans lequel cette espèce a été signalée pour la pre-
mière fois. La description du Sylloge est trop courte
pour pouvoir arriver à une conclusion quelconque rela-
tivement à ces deux espèces, il n'est cependant pas
impossible que ces espèces n'en forment qu'une. Trail a
signalé en 1891, le même Protomyces à Dec (Old Aber-
deen], dans les racines du Poa anima (Trans. of the
crypt. soc. of Scotland, Jan. 1891).
J'ai eu l'occasion de trouver dans les racines de Limo-
setla aqiiatica, une forme de Champignon entièrement
comparable à celle que nous trouvons figurée par Zopf (*).
C'est donc sous le nom que Zopf a donné à ceProtomijces
que je signalerai l'espèce observée.
Ce parasite se présente sous la forme d'un mycélium
relativement mince, de 4 à 7 /x environ de diamètre.
11 circule entre les cellules du tissu en écartant les
parois cellulaires. Le mycélium est cloisonné et demande
quelque attention pour pouvoir être suivi dans les
tissus. 11 vient de l'extérieur de la racine.
On peut suivre à la surface de la racine, le trajet des
filaments du champignon; ils viennent s'accoler contre
les parois cellulaires, tout en se ramifiant, et pénètrent
dans l'intérieur de la racine entre deux cellules qu'ils
écartent et on les voit alors se ramifier richement(pl. Ilï,
fig. 26, 1^).
A l'intérieur de la racine, les filaments mycéliens
s'anastomosent. Ce n'est en général que dans le paren-
chyme entourant le cylindre central, que le parasite se
développe abondamment. Par ci par là, le mycélium
pousse dans les cellules de petits prolongements, par
lesquels se fait la nutrition; ces suçoirs ont été figurés
Zopf, loc. cit.
XVII 3
30 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
par Zopf (*]. On les retrouve également dans d'autres
espèces du même groupe [Mclanotaeniiim endogenum
D. By in Beitr. z. Morpliol. und Plnjsiol. d. Pilze,
V, pi. IV, fig. 27, 88).
A l'extrémité ou dans une portion quelconque du fila-
ment, qui se renfle, se forment les spores. Si ces der-
nières apparaissent à l'extrémité, elles sont en général
globuleuses, à membrane épaisse et colorée en jaune, le
contenu est plus ou moins réfringent. Quand la spore
naît d'une façon intercalaire, elle est ellipsoïdale ou ovale,
terminée en pointe plus ou moins forte à cbaque extré-
mité. On rencontre souvent aussi des sporanges bosse-
lés et de forme très irrégulière.
Ces sporanges dont les diamètres sont très variables
écartent les cellules, des tissus entre lesquels ils ont pris
naissance. Ils finissent ainsi par amener la disjonction
des cellules qui entourent le cylindre central, et par
occasionner la mort de la racine.
J'ai trouvé des sporanges de 28/xdc diamètre et globu-
leux, d'autres dont la longueur était triple de la largeur;
j'ai pu en obseryer qui avaient jusqu'à 51 /x de large.
La forme qui a été décrite par Trail, possède des spo-
ranges dont le diamètre varie de 50 à 55 /x. La germi-
nation de cette spore, n'a pas été observée par Zopf,
Trail ne paraît pas l'avoir vue non plus; je n'ai pas été
plus lieureux que ces deux auteurs. On ne sait donc pas
encore jusqu'à ce jour, si la multiplication de cette espèce
se fait comme cliez le Protomyccs niaa^osjwrus Unger,
si bien étudié par De I>ary et Woronin.
Bruxelles, décembre 1892.
(*) Zopf, Ioc. cil. pi.
^
Société Belge de Miavscopie . Tome XI Vf
ri. /
Ann. Soc.Bel^e de jVVicroscopie, Ixvir.Pl.H
t5
^
4-
r>
10
E deWildemfln cicL.Ticxt.cieiin
Ann. Soc.Beic^e de /4icro6copie, l.XviT.Pl. m.
E . dç^ildeman a.cl. nal.clelin.
EXPLICATION DES PLANCHES
PLANCHE I
Lagenidium ellipticum Nab.
FiG. 1. — Thalle vidé, il reste des masses globuleuses qui repré-
sentent peut-être des zoospores.
FiG. 2. — Thalle ayant poussé des protubérances vers l'extérieur.
FiG. 3-5. — Différents aspects du thalle.
FiG. 6. — Thalle avec oospores, et avec une portion filamenteuse.
F:g. 7. — Thalle devenant filamenteux.
FiG. 8-9. — Thalles dépourvus de leur contenu.
Fig. 10. — Rhizoïde latéral avec deux oospores plus fortement
grossies.
Fig. 11. — Oospore assez fortement grossie.
PLANCHE II
Fig. 1-6. — Différents aspects présentés par VOlpidium Bras-
sicae.
Fig. 1-4. — Parasites des racines du Chou pommé, la figure 1
nous montre un zoosporange à col relativement court.
Fig. 7-8. — Aspects sous lesquels se présentent les zoosporanges,
globuleux, voisins de VO. Brassicae. (Fig. 7 dans le Capsella
biirsa-pastoris, flg. 8 dans une racine de Graminée.)
Fig. 9-11. — Différents aspects de la masse protoplasmique, con-
stituant le Rhizomyxa hypogaea Borzi proparte (racines de
Graminées.)
Fig. 12. — Etat intermédiaire entre les stades représentés dans
les trois figures précédentes et dans les quatre figures sui-
vantes.
Fig. 13-16. — Zoosporanges? Dans les figures 13, 15, 16, ils rem-
placent tout le contenu cellulaire.
Fig. 17-25. — Cystes de VOlpidium Brassicae? dans le Brassica
oie race a.
Fig. 17, 18, 20, 21. ~ Avant l'action d'un réactif.
Fig. 22, 23, 25. — Après l'action de la glycérine; dans les figures
32 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
23 et 25, les masses protoplasmiques ratatinées sont encore
munies d'une enveloppe externe.
FiG. 24. — Une cellule du tissu avec deux spores durables, vue à
un grossissement assez faible.
FiG. 26-29. — Spores et mycélium du Prototnyces radicicolus,
dans les racines du Lhnosella aquatica.
FiG. 27-28. — Spores terminant des filaments.
FiG. 26-29. — Spores intercalaires ; la figure 29 montre les anas-
tomoses entre les filaments mycéliens.
FiG. 30. — Une cellule de Brassica napus avec trois Asterocystis.
PLANCHE III
PiG. 1, 6, 19. — Différentes formes d" Asterocystis radicis l^idb.
FiG. I. — Trois cellules, de la racine du Plaûtago psyllium,
montrant un grand nombre de parasites logés dans chacune
d'elles.
FiG. 2. — Asterocystis allongé {PL psyllium).
FiG. 3-6. — Dans les racines du Chou pommé.
FiG. 19. — Cellule de l'épiderrae avec poil (Graminée), dans
laquelle des Asterocystis se sont développés jusque dans le
poil.
FiG. 7-18. — Différentes formes de VOlpidium Borzii Nob.
FiG. 7-9. — Dans le Brassica oleracea, flg. 8, 10, 11, dans le
Thlaspi arvense, flg. 12-13, dans le Capsella Bursa-pastoris.
FiG. 10. — Deux zoosporanges dans un poil radical.
FiG. 16. — Zoosporange à deux cols.
FiG. 17. — Zoosporange à trois cols.
FiG. 20-25. — Formes différentes du Pleotrachelus radicis Nob
dans les tissus de la racine du Thlaspi arvense.
Les figures 20, 23, 25, représentent des zoosporanges glo-
buleux, les figures 21, 22, des zoosporanges ovoïdes.
FiG. 26-30. — Fragments de Protomyces radicicolus, parasite
dans les cellules radicales du Limosella aquatica.
FiG. 26. — Le 'mycélium du champignon venant de l'extérieur, en
a son point de pénétration dans la racine.
FiG. 27. — Spore intercalaire, amincie à ses deux extrémités.
FiG. 28-30. — Spores terminales globuleuses , ellipsoïdales et
pyriformes.
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is).
PI. vn, fig. 4.
Sous ce nom M. Sorokine a décrit dans son aperçu
systématique des Chytridiacées (*) une espèce qui n'est
pas admise par M. Fischer (**); elle rentre en même
temps que les deux variétés créées par M. Sorokine (var.
longirostre, var. brevirostre) dans VOlpiduim enlopliy-
Irum Br.
Les deux variétés que nous venons de citer ne nous
paraissent en effet pas devoir être considérées comme
distinctes; leurs caractères sont basés uniquement sur la
plus ou moins grande longueur du col des zoosporanges,
caractère qui doit être influencé tout naturellement par
la grandeur de l'hôte et par l'endroit d'où part le col.
Pour ne pas reléguer au rang de synonyme une espèce
dont le cycle d'évolution est encore peu connu, et pour-
rait être autonome, je conserverai le nom donné par
Sorokine. Ainsi considérée l'O. algarum vient en tous
cas se placer dans le voisinage de l'O. entopfiijttim Br.
J'ai trouvé cette espèce dans les cellules du Desmidium
Swarlzii, dans des récoltes, faites en juillet 1895, a
Aperr.u syslémati(|ue des Chytridiacées. récoltées en Russie et dans
l'Asie centrale, in Archives Botaniques du Nord de la France, t. H.
(*") Fischer, Loc. cit., p. 25.
XVII 5
SO SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
Genck (campine limboiirgeoise). La figure 4 de notre
pi. YII, montrenl un fragment de l'Algue contenant
quelques zoosporanges. Comme on peut le voir, ils sont
très comparables dans leur forme à ceux que Sorokine a
figuré dans le travail, cité plus haut.
Par la comparaison des figures de ce travail et de
celles que nous joignons à ces notes, on trouvera que
notre forme est intermédiaire entre les variétés longi-
rostre et brevirostre de Sorokine.
Olpidium Saccatum Sorok.
(Sorokine loc. cit., p. 28, fig. 55 a. d).
PI. VI, fig. 17-25.
Sous ce nom, M. Sorokine décrit, dans le travail déjà
cité, une Chytridiacée, qu'il a observée dans un certain
nombre de Desmidiées dans les environs de Tachkend.
Cette Chytridiacée est constituée par une cellule en
forme de sac, étranglée vers le milieu. Elle possède un
col très court, ne se prolongeant pas au dehors de la
cellule nourricière, l'ouverture de zoosporange s'arrête
au niveau de la membrane de la Desmidiée. D'après
M. Fischer, cette espèce serait très voisine de VOlpidium
endogenum Br. (*). L'étranglement observé vers le milieu
du zoosporange serait dû à la forme de l'Algue dans
laquelle VOlpidiiim végète [Avilir odesmiis d'après Soro-
kine). ïl est indiscutable que l'étranglement provient de
la structure de l'hôte; on peut d'ailleurs observer dans les
cellules des diverses Desmidiées attaquées par ce parasite,
des zoosporanges qui ne sont pas étranglés vers le milieu.
Loc. cit., p. 24.
MÉMOIUES. 51
Je ne puis cependant pas admettre la manière de voir de
M. Fischer. L'Olp. saccatiim Sorok. me paraît être une
espèce autonome différente de VOlp. endogemim Br. Elle
ne possède en effet pas le renflement globulaire qui siège
dans le col avant la sortie de l'hôte. Autre caractère qui
me semble avoir son importance, c'est que le col ne se
prolonge pas à l'extérieur delà cellule nourricière comme
cela se présente chez VOlp. endogenum Br.
J'ai pu étudier cette espèce sur de nombreux exem-
plaires, un grand nombre de Cosmarium, récoltés à
Genck (Campine limbourgeoise) en Juillet 1895, étaient
attaqués par ce parasite.
Les dessins (fig. 17-25) de notre pi. VI, montrent que
notre forme est en tout comparable à celle figurée par
M. Sorokine. La figure représente un Olpidium qui
s'est développé dans l'un des hémisomates d'un Cosma-
rium et qui a conservé une forme ellipsoïdale, sans
étranglement. La figure qui montre un stade patholo-
gique de la division d'un Cosmarium, nous présente au
contraire, dans la cavité cellulaire, une cellule d'0//)if/nr.
(Cfr. Sorok. p. 50, fig. 55), on trouve qu'il y a la plus
grande analogie entre les deux formes. Chez les échan-
tillons que nous avons observés, il n'y a point de doute,
il existe une soudure entre les différentes cellules, qui
forment une véritable chaîne. Dans les descriptions et
les dessins de Mijzocytmm publiés par Zopf, nous ne
trouvons pas trace de renflement dans le col zoosporan-
gial, ce col est cylindrique étroit et son diamètre reste
à peu près constant dans toute sa longueur.
Dans une autre récolte algologique, faite dans le Ru de
Chefna sur La Fange (territoire de la commune de La
Reid, prov. de Liège), j'ai observé des Closterhim
infestés par le même parasite; on retrouve le même ren-
MÉMOIRES. 55
flement globulaire situé près du zoosporange et contre la
membrane externe du Closterium. I^a fig. 8 de notre
pi. VI, montre l'aspect sous lequel se présentait une cel-
lule de ces Closterium; comme on le voit la ligure que
nous reproduisons sur cette planche a beaucoup d'ana-
logies avec celle publiée par M. Sorokine {loc. cit. p. 50,
fig. 35).
Dans une autre station encore (Marais à Préfayhay,
près de Spa), j'ai eu l'occasion d'observer dans les cel-
lules du Closterium attenuatum, un parasite un peu
différent de celui dont je viens de parler, mais qui doit
cependant se rapporter à la même espèce. Par la forme
du col, ces échantillons se rapprochaient du Lagenidium
entopliytîim Zopf, comme le montrent les lig. 7, 9, 10
de notre pi. YI (Cfr. Zopf /oc. cit. pi. XIII fig. 10). Ce
col est irrégulier plus ou moins allongé, onduleux et
toujours renflé assez fortement sous la membrane
externe de la cellule nourricière. 11 diffère donc un peu
de celui que nous venons de décrire dans les deux formes
citées plus haut. La fig. 10, pi. VI par exemple nous
montre deux cols extrêmement allongés et irréguliers.
Dans les échantillons provenant de cette récolte, j'ai pu
remarquer aussi, que la portion extérieure du col par
laquelle s'échapperont les zoospores est retrécie,et parfois
d'une très grande longueur. J'ai mesuré de ces prolon-
gements tubulaires qui possédaient jusque 150 /^ de long
(fig. 7, pi. VI); dans l'espèce de Zopf, le col du zoospo-
range est au contraire relativement fort peu développé à
l'extérieur de l'hôte.
D'après les caractères que nous venons d'exami-
ner, je crois que l'on peut élever ces formes au rang
d'espèce; je proposerai le nom de Myzocytiiim megasto-
se SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
mum, rappelant le caractère du col zoosporangial.
Quant aux oospores, elles se forment comme dans le
type, par la fusion du contenu de deux cellules conti-
guës ; leur forme définitive ne m'a pas semblé différer
grandement de celle que possèdent les oospores du
M. pj'oliferiim Zopf.
Notre espèce nouvelle devra donc répondre à la dia-
gnose suivante.
Myzocytium megastomum nov. sp.
Thalle formé de cellules plus ou moins nombreuses,
soudées entre elles et formant une chaîne à l'intérieur
des cellules de l'hôte. Cellules du thalle se transfor-
mant en zoosporange^, en conjuguant deux à deux
pour former des oospores. Zoosporange à col renflé
à l'intérieur et contre la paroi de l'hôte; renflement
tantôt globulaire (fig. f», pi. VI), tantôt irrégidièrement
lagéni forme (fig. 9 et 10, pi. VI). Col extérieur par-
fois très long, mesurant jusque 150 //.. Anthéridies et
oogones mélangés souvent aux zoosporanges, et disposés
côte à côte. Oospores à membrane épaisse, double et lisse.
Hab. — Dans certaines Desmidiées {Spirotaenia ^
Closlerium), à Ruy, Ru de Chefna et à Préfaybay (pro-
vince de Liège, août 1895).
*
Les espèces comprises dans le genre Myzocijtrium
sont dès lors les suivantes.
Mijzocytium proliferum Zopf.
MÉMOIRES. ' 57
M. vermicoltim (Zopf), Fischer.
M. megastomiim De W.
M. Iinea7'e Cornu.
Je ne sais si c'est avec raison, que M. Fischer élève
le M. proliferum var. vermicoltim Zopf au rang d'es-
pèce. L'habitat dans des hôtes différents peut, il est
vrai, servir dans certains cas à différencier des espèces,
mais il me semble que dans le cas qui nous occupe, les
conditions de vie des deux espèces ainsi formées sont à
peu près identiques, les caractères morphologiques sont
d'ailleurs tout à fait semblables. C'est au Mijz. vermico-
lum (Zopf) Fischer, que ce dernier rapporte le Bicri-
cium lethaie Sorok [loc. cit., p. 55, tig. 45).
Dans son travail sur les Saprolégniées (*), M. Cornu
signale trois espèces appartenant à ce genre, ce sont :
Myz. glohosum (Pringsh), qui devient Mijz. proliferum
Zopf, Myz. entopliytum (Pringsh.) Cornu et le Mijz.
lineare Cornu. Le Myz. enlopliytum n'est pas un Myzo-
cytium. Ce champignon doit être classé dans le genre
Lagenidium.
Quant au Myz. lineare, la description qu'en donne
l'auteur est bien insuffisante pour que l'on puisse se
faire une idée de ce qu'est le champignon. Lorsque
M. Reinsch a fait paraître son travail sur quelques
Saprolégniées, parasites d'Algues (**), M. Cornu a publié
dans une note qu'il a présentée à la Société de botanique
de France (***), quelques observations sur les espèces
Monographie des Saprolégniées, in Annales des se. nat., ô^ série,
t. XIX (liol.), p. 21.
(") Beobachtungen liber einige nette Saprolegnieae, liber die Parasiten
in Desmldienzellen und liber die Staclielkngeln In Aclilyaschlauclien, in
Pringsh. Jahrb., il, p. 285-508.
(*") Remarques sur quelques Saprolégniées in Bull. Soc. bot. de France,
1887, p. 226.
S8 SOCIÉTÉ BELGE DE MICHOSCOPIE.
nouvelles introduites dans la science par M. Reinsch. Il
rapporte un certain nombre des espèces que M. Reinsch
avait figurées sans dénominations à des formes déjà
connues. C'est ainsi que les figures G, 15, M de la plan-
che XVII, du travail de ce dernier deviennent pour
M. Cornu, des représentations de son Myz. lineare. Si
on examine ces figures, on trouve que les caractères du
thalle ne coïncident pas du tout avec ceux de la descrip-
tion générique. D'après le peu de données que l'on
possède, on serait tenté de faire représenter à ces dessins
une forme de Lagenidiiim (L. enecans Zopf par exem-
ple; comparer les dessins fig. 15 et 14, pi. XVII, de
Reinsch avec notre fig. 52, pi. IV). Quant à la figure G,
du travail de M. Reinsch que M. Cornu rapporte égale-
ment à la même espèce, il y a de grandes réserves à faire.
Le Myz. lineare me parait constituer une espèce peu
connue et son intercalation dans le genre Myzocytium
est très douteuse.
On pourrait former des espèces de ce genre un tableau
analytique en se basant sur les caractères suivants.
MVZOCYÏIUM ScHENK, 1858.
Zoosporanges à cols tubulaires non ren-
flés à l'intérieur de l'hôte et générale-
ment courts, et peu proéminents en
dehors de la cellule nourricière.
Parasite de cellules vé-
gétales (Algues) . . Myz. proliferum Schenk.
Verli. (1. phvs. med. Gos.
Wiitzb. , IX. i). 20; Zopf,
Kenntiiiss Phvcom., l. XIV,
tig. G-54.
MÉMOIRES. 59
Parasite de cellules animales
(Anguillules) .... Mijz. vermicolum
(Zopf), Fischer.
ZopT, Kennln. Phycomvc,
l. XIV, tin. Ô5-37; Fischer,
loc. cit., p. 75.
Zoosporanges à cols renflés à l'intérieur
de la cellule nourricière, irrégulière-
ment Jagéniformes ou sphériques. Cols
parfois fortement proéminents à l'exté-
térieur de la cellule de l'hôte.
Parasite dans les cellules d'Al-
gues (Desmidiées) . . . Myz. megastomiim
De W.
PL VI, fig.6-10; pi. VII,
fig. 19-20.
Sp. dubia.
Mijz. lineai^e Cornu Monog. Saprolegniées, Ann. se.
nat., 5' série, t. XIX, Bot., p. 21.
Chytridium decipieïns Br.
{Ueber Chytridium, Âbli. Berl. Ac, 1855, p. 54, t. V,
fig. 1-4).
Pl.vh,fig. 5-11.
Sous ce nom Braun décrivait en 1855dans les « Abhand-
lungen»de l'Académie des Sciences de Berlin, une espèce
qu'il avait observée dans les oogones des OEdogonhim,
se développant au détriment de l'oospore. Cette intéres-
60 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
santé Chytridiacée n'a pas été retrouvée fort souvent
depuis. Elle semble végéter uniquement sur les espèces
du genre OEdogoniiim et sur cellesdu genre Bulbocliaete
dans l'oogone desquels on a signalé le même parasite.
M. Fischer dans sa flore d'Allemagne, range cette espèce
dans le genre Rliizopliidium (*), quoique l'on n'ait jamais
observé de rhizoïdes qui sont, d'après cet auteur, un des
caractères essentiels des espèces de son genre nouveau.
Je préfère conserver à l'espèce le nom que lui a donné
Braun, car il me semble fort probable que des rhizoïdes
n'existent pas, du moins je n'ai pu les déceler. Dans son
travail sur les Chytridiacées de l'Asie centrale, M. Soro-
kine a figuré la même espèce, en lui conservant le nom
créé par Braun (**).
J'ai rencontré ceCliijtridium assez abondamment dans
les oogones ouverts d'OEdogonmm provenant de mes
récoltes algologiques de Genck (Campinelimbourgeoise).
Ce parasite se présente sous la forme de cellules
ovoidales, munies d'un col court, qui vient s'ouvrir en
général au niveau de l'ouverture de l'oogone ; c'est par
ce col que se fait l'évacuation des zoospores.
Les parasites sont tantôt uniques tantôt au nombre de
deux dans un organe. Le contenu de l'oogone est détruit,
refoulé sur le côté et on ne retrouve de l'oospore qu'une
masse informe colorée en brun noirâtre. Les spores dura-
bles que j'ai eu l'occasion d'observer, sont ovoïdales, à
membrane épaisse, lisse et parfois au nombre de deux
dans un oogone, comme le montre la figure 9 de notre
planche VIL
La grandeur des zoosporanges, ainsi que celle des
(*i Fischer, loc. cit., p. 109.
(**) SoROKiNE, loc. cit., p. 21. lig. 26.
MEMOIRES. 61
spores durables est très variable; elle dépend en pre-
mier lieu de la grandeur de l'oogone dans lequel le
développement du parasite s'est effectué, et en second
lieu du nombre de parasites que contient l'oogone.
Le C/iytridium decipiens est fort probablement assez
répandu quoique on ne l'ait signalé en Europe qu'à deux
reprises. Sa découverte en Asie, par Sorokine, et sa pré-
sence en Amérique centrale (Costa Rica) d'où je l'ai vu
dans les récoltes botaniques de M. H. Pittier, directeur
du Muséum à Costa Rica, fait supposer que cette espèce
est ubiquiste.
RhIZOPHIDIUM SpHAEROCARPUM (ZoPf) FlSCH.
RiiiziDiUM Sphaerocarpum Zopf.
(Zopf. Kenntn. Pbys., t. XIX, fig. 46-27).
Pl.VI.fig. d^5;pl. Vll,fig. 18.
J'ai signalé en 1890, dans les Annales de la Société
belge de Microscopie (*) sous le nom de Rliizidiiim
Sphaerocarpum Zopf, une espèce, récoltée à Peutby,
par M. Marcbal. Ce sera sous le même nom, modifié
par M. Fisober, que je signalerai une forme, vivant sur
les cellules de Mougeotia et de Spirogyra, que j'ai
observée dans mes récoltes d'Ardennes.
Cette Cbytridiacée est des plus simples dans sa struc-
ture, elle se compose d'une cellule (zoosporange) arron-
die qui, peu avant sa débiscence présente un mancbon
à sa partie supérieure.
Dans les conditions où j'ai observé celte espèce dans
C) Chytridiacées de Belgique in Ann. Soc. belge de inicroscopie, t. XIV,
j). 15.
62 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
les Ardennes, je ne pouvais rien ajouter, quant à son
point d'attache. Je signale surtout ce Rliizopliidhim
pour une particularité que présentaient toutes les Algues
qui étaient attaquées par de pareils organismes. Comme
le montrent les figures io à 15 de notre planche VI, à
chaque place du filament oii s'est développé un Cham-
pignon, il s'est également formé une courbure dans la
cellule de l'Algue; courbure dont le Champignon occupe
la concavité. Ce changement dans la direction du fila-
ment, qui ne peut être rapporté à d'autres causes qu'à
celle de la présence du parasite, est parfois si accentuée
que l'Algue est entièrement courbée en U comme le
représente notre fig. 16, pi. VI. Les figures 15 et li
sont tout aussi curieuses à cet égard; dans la première,
deux zoosporanges se sont développés sur les deux côtés
opposés d'un filament et à une certaine dislance l'un de
l'autre; ils ont ainsi provoqué des zig-zag dans la direc-
tion du filament, lui donnant un aspect très semblable à
celui des Gonatonema (*].
Bien d'autres formes ont encore été observées, mais
leur état souvent très incomplet, ne permettait pas de
les rapprocher avec certitude d'espèces connues et
m'empêche de les décrire ici.
Parmi les espèces bien définies, que j'ai eu l'occasion
d'observer, je citerai :
AncijlisLes Closlcrii Pfitzer. — Dans divers Closte-
vium, à Genck, à Ruy et à Desniez.
O C(r. Cooke Brit. Frcsim. Atgac, vol. I, p. 108, vol. II, pi. XLIV,
llg. 3.
MEMOIRES. 63
Olpidiopsis Sclienkiana Zopf. — Dans des Spiro-
(jijra à Desniez, au camp de Casteau et à Auderghem
(È. Marchai).
Seplocarpus corijnephoriis Zopf. — Sur diverses Dia-
tomées à Préfayhay.
Ectrogella Baclllariaceum Zopf. — Winanplanche.
Bruxelles, octobre 1895.
Ann. Soc. Belge de Microscopie,
t. XVII. PI. IV.
E. de Wildeman ad. iiai. delin.
Bellotli, phot.
Ann. Soc. Belge de Microscopie,
t. XVII. PI. V.
E, de Wildeman ad. iial. delin.
BclloUi, phot.
Ann. Soc. Belge de Microscopie,
t. XVII. PI. VI.
E. de Wildeman ad. iiai. delin.
Bellotti, phol.
Ann. Soc. Belge de Microscopie,
t. XVII. PI. VIL
E. de VVildeman ad. iiai. deliii.
beliotti, phoi.
EXPLICATION DES PLANCHES
PLANCHE IV
Tetracladium marchalianum nov. sp.
Fig. 1-13.
,FiG. 1-11. — Différents aspects sous lesquels se présente le Cham-
pignon. Toujours formé de quatre branches entre lesquelles
se trouvent logés de 1 à 3 bourgeons. Dans la figure 7 la
quatrième branche est vue de face., elle se présente donc en
projection sous la forme d'un petit cercle.
Fig. 12 et 13. — Formes un peu différentes, présentant un seul
bourgeon central globuleux (Jardin botanique de Bruxelles).
Fig. 14-16. — Champignons formés par quatre branches ; il n'y a
pas trace de bourgeonnement.
Fig. 17-18. — Formes dérivées.
Fig. 19. — Champignon à cinq branches.
Fig. 20. — Champignon à trois branches,
Fig. 21. — Deux petites tétrades.
Fig. 22-28. — Champignons à trois branches terminées en pointe
aiguë.
Fig. 29. — Tétrade dont le filament basilaire est fortement renflé
et paraît divisée en trois cellules ; une des ramification pré-
sente une courte branche.
Fig. 30. — Cellule de Spirotaenia, dans laquelle 's'est développée
le Myzocytmm inegastotnutn nov. sp.
Fig. 31. — Cellule du même parasite agrandie et montrant l'ostiole
élargie à l'intérieur de la cellule nourricière.
Fig. 32. — Cellule de Diatomée occupée par un Lagenidium
enecans Zopf ; les quatre masses noires sont le reste du pro-
toplasme et des chromatophores.
XVII 6
66 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
PLANCHE V
FUSARIUM ELONGATUM lîOV, Sp.
FiG. 1. — Conidie, falciforme encore attachée à uq support.
FiG. 2. — Mycélium très ténu, en a et en b une conidie falci-
forme.
FiG, 3, 4, 5, 10 — Différents aspects sous lesquels se présentent
ces conidies.
FiG. 6, 7, 13, 14. — Conidies ayant formé des filaments raycé-
liens.
FiG. 8, 12. — Conidies, dont les cellules ont proliféré vers l'inté-
rieur de la conidie.
FiG. 9. — Support rameux ; en vie ils étaient colorés légèrement
en brun. La masse noire de la base représente de la matière
organique agglutinée autour des filaments, ce qui empêchait
de découvrir leur origine.
FiG. 11. — Conidie se brisant vers le milieu.
FiG. 15. — Fragment de conidie ayant germé.
PLANCHE VI
FiG. 1. — Portion d'une cellule de Closterium occupée par le
Lagenidium Closterii nov. sp.
FiG. 2-4. — Fragments du thalle de la même espèce.
FiG. 5. — Une oospore un peu plus fortement grossie et montrant
la membrane externe irrégulière, rugueuse.
FiG. 6. — Myzocijtium niegastomum sp. nov. dans une cellule
de Spirotaenia.
FiG. 7. — Deux cellules de la môme espèce, montrant le renfle-
ment du canal excréteur, et ce dernier très allongé (Dans
un Closterium aitenuaticm.
FiG. 8. — La même espèce dans une cellule du même Closterium.
FiG. 9. — Closteriiwi envahi parle même parasite; quelques cel-
lules sont transformées en zoospoi'anges, d'autres en oogones
et anthéridies, il existe des oospores.
FiG. 10. — Quelques aspects présentés par les zoosporanges de ce
même Myzocytium.
MEMOIRES. 67
F:g. 11-12. — Myzocytium proUferum Zopf, dans des cellules de
Spirogi/ra (d'après les préparations de M. Ém. Marchai).
FiG. 13-16. — Filaments de Mougeotia, attaqués par le Rhizo-
phidium sphaerocarpum (Zopf) Fischer.
Dans la figure 15, on voit fort bien les courbures succes-
sives; dans la figure 14 les courbures successives dans le
même sens. La figure 16 montre une forte courbure en U.
Olpidium saccatum Sorok.
FiG. 17-23. — Différents aspects sous lesquels se présente cette
espèce dans la cellule du Cosmarium.
FiG, 19. — Une cellule non étranglée.
FiG. 23. — Un Olpidium doublement étranglé.
PLANCHE VII
*
Cladochytrium Hippuridis nov. sp.
Figures 1-3.
FiG. 1-2. — Fragment du tissu de VBippuris vulgaris ayant été
envahi par le Champignon.
FiG. 3. — Une spore durable un peu plus fortement grossie.
FiG. 4. — Fragment de Desmidiée attaquée pari' O^pio?mm^/^rt-
rum Sorok.
Chytridium decipiens Br.
FiG. 5-7, 10-11. — Différents aspects sous lesquels se présentent
les zoosporanges de cette espèce dans les oogones d'Oedo-
gonium. Les masses colorées en noir sont les restes de
l'oospore.
FiG, 8-9. — Spores durables à l'intérieur des oogones.
Olpidium immersum Sorok.
Figures 12-15, 17.
FiG. 12-15. — Aspects de cette espèce, logée dans la cellule du
Cosmarium.
68 SOCIÉTÉ BELGE DE MIGROSCOPIE.
FiG. 17. — La même espèce dans un Staurastrum.
FiG. 16. — Olpidiopsis SchenMana Zopf, ayant occasionné le
renflement d'une cellule de Spirogi/ra (Desniez).
FiG. 18. — Rhizophidiuni spJiaerocarpum (Zopf) Fischer, sur
une cellule de Spirogyra; la courbure est bien marquée.
FiG. 19-20. — Divers aspects des cellules du Myzocyimm mega-
stomum dans le Closterium aitenuatum.
SUR LA PRODUCTION
DE
L'/llii1IilOI]| DAM Ll SOL PAR LIS iCROBIS
PAR
Emile MARCHA.L
IXGÉNIEUR AGRICOLE.
SUK LA PRODUCTION
DE
L'AillIOA'IAOOE DANS LE SOL PAR LES MICROBES
L'oxydation progressive de l'azote des matières orga-
niques, dans le sol, constitue le phénomène auquel dans
son ensemble Schloesing et Muntz (*) ont donné le nom
de nilrificalion .
Les travaux récents de P. Frankland (**), de Waring-
ton (***) et surtout les belles et minutieuses études de
Winogradsky (****), ont précisé d'une façon remarquable
nos connaissances à ce sujet, et nous savons aujourd'hui
que la transformalion de l'azote organique en nitrates
constitue un phénomène complexe et s'accomplit en
plusieurs phases auxquelles président des agents parti-
culiers :
1" La transformation de l'azote organique en ammo-
niaque ou ammonisation, comme on pourrait l'appeler.
2" L'oxydation de l'ammoniaque en acide nitreux.
D'après Winogradsky, elle se produit sous l'influence
{*) Schloesing et, Muntz, Recherches sur la nitrificalion. Comptes
rendus, t. LXXX et suiv.
("j P. Frankland, Ueber einige iiipische Microorganismen im Wasser
und im Boden. Zeitschrifl l. Hygiène, t. VI, p. 375.
("*) Wakington, Journal of the Chemical Society.iHlQ et années suiv.
("") WiNoGUADSKY. Rcclicrches sur les organismes de la nilrificalion.
Annales de l'insi. Pasteur, 1890 cl 1891.
72 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
d'organismes incapables de s'attaquer à la matière orga-
nique dont ils redoutent même la présence.
Enfin 5° la transformation de l'acide nitreux en acide
nitrique, terme final de ce processus de minéralisation.
Comme le fait M. le professeur Errera dans son cours,
on peut désigner ces deux derniers phénomènes respec-
tivement sous les noms de nitrosalion et de nitrutaiion.
L'étude des agents de l'ammonisation a fait de ma
part l'objet d'un travail (*) que je ne fais que résumer ici.
11 est nécessaire de distinguer, dès maintenant, la pro-
duction d'ammoniaque aux dépens de la matière orga-
nique de celle qui résulte de l'hydratation de l'urée
(fermentation ammoniacale de l'urée) ou de la réduction
des nitrates (dénitrification) sous l'influence des microbes
étudiés pour la première fois par Gayon et Dupetit.
L'ammonisation est donc le phénomène primaire à la
faveur duquel l'azote des substances organiques retourne
progressivement à l'état minéral. Les ferments ammo-
niacaux préparent le terrain aux ferments nitreux et
nitriques.
De plus, dans certaines conditions où, par suite de
l'acidité du milieu, la production de nitrates est rendue
impossible (dans l'humus des forêts, le sol des
landes, etc.), la minéralisation de l'azote organique
s'arrête au stade ammoniaque.
Les produits de l'activité des microbes ammonisants
peuvent servir directement comme source d'azote à la
nutrition des plantes, les recherches de Muntz (**), de
(') Bulletin de l'Académie royale de Belgique, t. XXV, p. 7:27.
(■') Muntz, Sur le rôle de l'ammoniaque dans la nutrition des végétaux.
Comptes rendus, t. CIX, p. 646.
MÉMOIRES. 73
Laurent (*], de Griffiths (**) ayant montré que, même en
sol stérilisé, les sels ammoniacaux sont assimilables par
les végétaux.
Une première question se pose ici. La production
d'ammoniaque, dans la terre arable, doit-elle être exclu-
sivement attribuée à des microbes? Ne peut-elle s'ac-
complir sous l'influence de facteurs purement cbimiques ?
Des expériences récentes de Muntz et Coudon (***) ont
démontré qu'un sol stérilisé, enrichi à l'aide de sang
desséché, par exemple, ne présente aucune formation
d'ammoniaque, tandis que la même terre, pourvue de
microbes, en produit abondamment.
Des essais similaires m'ont conduit aux mêmes résul-
tats.
Voici les conditions expérimentales dans lesquelles je
me suis placé.
Dans deux ballons contenant 250 grammes d'une
terre ne renfermant que des traces d'ammoniaque, il
était ajouté 25 centimètres cubes de la solution albumi-
neuse incoagulable dont il sera parlé plus loin. Les
récipients de culture ainsi préparés étaient stérilisés à
l'autoclave, pendant une heure, à 115°. Après refroidis-
sement, l'un d'eux était ensemencé avec quelques gouttes
du liquide trouble obtenu en délayant un peu de terre
de jardin dans de l'eau stérilisée, l'autre ne recevait
aucun germe.
{') Laurent. Recherches sur la valeur comparée des nilrales et des sels
ammoniacaux comme aliment de la levure de bière et de quelques autres
végétaux. Annales de l'Insl. Pasteur, 1889, p. 362.
n GRiFFriHs, Chemical Neivs, t. LXIV, p. 147; 1891.
(*") Muntz et Coudon, La (ermentatioii ammoniacale de la terre.
Comptes rendus, février 1895.
7i SOCIÉTÉ BELGE DE MICHOSCOPIE.
Après vingt jours de séjour dans la chambre ihermo-
slatique chauffée à 50", j'ai dosé l'ammoniaque par dis-
lillation sur la magnésie dans l'extrait chlorhydrique
des deux terres.
Les chiffres suivants furent obtenus.
1. Ballon stérile traces d'ammoniaque.
2. Ballon avec microbes du sol S^^n'g.S.
La nécessité de l'action des microbes apparaît nette-
ment ici.
Quelles sont, parmi les nombreuses espèces micro-
biennes qui peuplent les couches superficielles du sol,
celles qui interviennent d'une façon prépondérante dans
l'ammonisation? Sont-ce des moisissures, des formes
bourgeonnantes ou des bactéries?
11 s'agissait pour résoudre ces questions :
1" D'isoler du sol les espèces microbiennes (moisis-
sures, formes-levures, bactéries) qui y sont les plus fré-
quentes;
2" De rech(ircher celles d'entre elles qui sont suscep-
tibles de transformer les substances azotées en ammo-
niaque.
Pour l'isolation des microbes du sol, j'ai eu recours à
la méthode de séparation de Koch sur gélatine, en cris-
lallisoirs de Pétri.
De chaque échantillon de terre, il était fait au moins
deux cultures, l'une en gélatine alcaline avec bouillon
et peptone, l'autie en gélatine et jus de pruneaux légè-
rement acide, pour la recherche des moisissures et des
levures.
Ces essais ont porté sur les terres les plus diverses :
MÉMOIRES. 73
terres arables, fumées ou non fumées, sablonneuses,
humeuses ou calcaires, terres de landes, de forêts, ainsi
que sur différents terreaux, composts, fumiers et purins
provenant des environs de Bruxelles.
Ces très nombreuses cultures sur plaque m'ont fourni
plus de trente espèces bactériennes et une vingtaine de
moisissures et de formes-levures.
Au nombre des bactéries les plus fréquentes dans la
terre arable, je citerai : Bacillus mijcoïdes Flligge, fliio-
rescens liquefaciens Flùgge, fliiorescens putidiis Fliigge,
jantliinus Zopf, mesentericus vulgatus Flùgge, mesen-
tericus ruber Globig, termo Dujardin, Proteus vulgaris
Hiiuser, une Sarcine très analogue à la Sarcina tutea
Schroter, et quelques Micrococcus : Micrococcus roseiis
Flùgge, luteus Scbroter, flaviis Flùgge, candicans
Flùgge.
Moins constantes sont les formes suivantes : Bacillus
arborescens Frankland ; un Bacille à colonies formées
de filaments droits ou élégamment spirales que je rap-
porte au Bac. figurans décrit par Crookshank (*), le
Bac. subtilis, moins fréquent qu'on pourrait le supposer
dans le sol, un Bacille court, analogue au Micrococcus
prodigiosus, produisant à 30° dans les solutions albu-
mineuses une matière colorante rouge d'une rare inten-
sité; une forme du Bac. coli commimis. Bac. briinneus
Schroter, cremoïdes Zimmermann; quelques Micro-
coccus parmi lesquels le Micrococcus ureae Yan Tie-
ghem; enfin, un assez grand nombre de formes que je
ne suis pas parvenu jusqu'ici à identifier avec des types
décrits, et que je ferai connaître dans un mémoire ulté-
rieur.
O Crookshank, Manuel pratique de baciériologie, p. 199.
SOCIETE BELGE DE MICKOSCOIME.
Au nombre des moisissures, se trouvaient notam-
ment : PeniciUlum glaiicum, cladosporioïdes, Miicor
Mucedo, racemosiis, Botnjtis cinerea, vulgaris, divers
Stempliylium, Cladosporium et états polymorphes,
Alternaria tenuis, des Aspergillus, dont une espèce
nouvelle intéressante que j'ai appelée Aspergillus terri-
cola (*); nombre de formes bourgeonnantes, tbrmes
Torula, Monilia, etc., le Streplotlirix Fœrsleri.
Ces espèces microbiennes étant isolées, il s'agissait
de déterminer celles qui prennent part à la fermentation
ammoniacale. Dans ce but, j'ai pris comme point de
départ l'albumine de l'œuf. Les matières albuminoïdes
constituent, en effet, de tous les matériaux azotés du
sol, ceux qui s'y trouvent en plus grande quantité, qu'ils
proviennent de débris végétaux ou animaux, d'engrais
divers, sang desséché, déchets de laine, etc.
Je pensais, d'autre part, que les microbes suscep-
tibles de transformer l'albumine en ammoniaque pour-
raient a fortiori oxyder les autres subtances azotées,
aminés, amides, acides amidés, qui constituent déjà
une étape plus avancée dans la voie de la minéralisation.
Comme on le verra plus loin, cette hypothèse s'est en
grande partie véritiée.
J'ai donc fait usage de solutions de blanc d'œuf à
10 7o, renfermant environ 2 grammes par litre d'azote
albuminoïde.
11 était désirable, pour se rapprocher des conditions
naturelles, d'employer des solutions albumineuses
diluées, la matière organique azotée ne se trouvant dans
(') Marchal, Sur une espèce nouvelle du genre Aspergillus. Revue
mycologique, lb9ô, ii" 5.
MEMOIRES. 77
le sot arable qu'en quantités relativement faibles (0^' ,2 à
5 grammes d'azote organique par kilogramme de terre).
Ces liquides ont été stérilisés par le procédé que j'ai
décrit précédemment (*) et qui consiste à ajouter, par
litre de bouillon albumineux, 10 centimètres cubes
d'une solution au '/uioo de sulfate ferreux.
La présence de ce sel entravant la coagulation de
•l'albumine, on peut sans inconvénient stériliser à haute
température.
Les liquides ainsi obtenus ne présentent pas trace
d'ammoniaque; le réactif de Nesslcr n'y donne lieu h
aucune coloration.
Les bactéries du sol, à l'état de cultures absolument
pures, ont été ensemencées dans des ballons Pasteur
renfermant une dizaine de centimètres cubes de solution
albumineuse.
Ces cultures ont été placées à la chambre thermosta-
tique à 50° pendant 15 jours.
Après ce temps, on a recherché si les liquides de
culture renfermaient de l'ammoniaque.
Dans une partie de la liqueur, on essayait la réaction
de Nessler; une autre portion était chauffée avec de la
magnésie calcinée et l'on recherchait l'alcali volatil dans
les vapeurs par le papier de tournesol.
Ces deux essais se sont toujours montrés concordants
dans leurs résultats.
La simple coloration en jaune du liquide, ou la forma-
tion d'un précipité par le réactif de Nessler, indiquait
si la quantité d'ammoniaque produite était insignifiante
ou notable.
(*) Marchal, Bulletin de l'Académie royale de Belgique, t. XXIV, p. 325,
78 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
Les espèces suivantes m'ont présenté une réaction
ammoniacale très intense :
BaciUus arborescens.
— coli commimis var.
— figurans.
— fluorescens putidus.
— fluorescens liquefaciens.
— mesentericus vulgalus.
— mycoïdes.
— subtilis.
— termo.
BaciUus janthinus.
— spec. 1.
— spec. 2.
— spec. 5.
— spec. -4.
Micrococcus albicans.
Proteus vulgaris.
Sarcina Uitea.
Chez la plupart des autres espèces, la réaction, bien
que très nette, présentait beaucoup moins d'intensité.
Enfin il en est quelques-unes qui n'en ont pas produit de
trace ; de ce nombre est un Proteus non liquéfiant, à colo-
nies sur gélatine envahissantes et caractéristiques {Pro-
teus Zenckeri de Hàuser?) et un long Bacille liquéfiant la
gelée et donnant une culture jaune sur pomme de terre.
Il est à remarquer que l'absence d'ammoniaque cor-
respondait toujours à un développement très faible de
l'espèce considérée dans le milieu albumineux, dévelop-
pement qui s'est très probablement effectué aux dépens
des petites quantités de principes carbonés et azotés non
albuminoïdes que renferme le blanc d'œuf.
On peut donc dire que les bactéries capables d'attaquer
la molécule albuminoïde la désorganisent, en brûlent le
côté carboné, laissant comme résidu fammoniaque.
Nous verrons qu'il en est de même pour les moisis-
sures.
La production d'ammoniaque aux dépens d'albumine,
par les bactéries, ne constitue donc pas une fonction
propre à quelques organismes, comme le sont la nitro-
sation et la nitratation ; elle est l'apanage d'un grand
nombre de microbes.
MÉMOIRES. 79
11 y a quelques années déjà, Duclaux (*) a montré que,
dans la maturation des fromages, la caséine est trans-
formée en composés ammoniacaux sous l'influence de
microbes particuliers; plus récemment, Perdrix (**) a
signalé la production d'ammoniaque dans les cultures
de bactéridie charbonneuse ; enfin Bienstock (***) a isolé
des fèces plusieurs organismes présentant à un haut
degré cette propriété.
En dehors des bactéries du sol, je l'ai observée chez
un certain nombre d'espèces, tant saprophytes que
pathogènes, notamment : Bacilliis antliracis, diplite-
riae, c/wlerae simm, tiiberculosis avium, typhosus,
megateriiim, chez le Bacille rouge de Kiel, le Vibrio
Metsclinikovi, le Micrococcus prodigiosiis. Au contraire,
le Bac. pijocyaneits, qui se développe très chétivement
dans les solutions albumineuses, n'y produit pas d'am-
moniaque.
J'ai cherché ensuite à déterminer quel était le pou-
voir ammonisant particulier de quelques-unes des
espèces les plus énergiques. Ces dernières ont été ense-
mencées dans des ballons renfermant 25 centimètres
cubes d'une solution albumineuse dosant par litre
1^',365 d'azote organique (moyenne de trois dosages
concordants effectués par le procédé Kjeldahi).
Les ballons ensemencés ont été placés, pendant vingt
jours, à 50% dans la chambre thermostatique. Après ce
temps, on y a dosé l'ammoniaque produite.
O Duclaux, Le lait, p. 215.
(") Perdrix, Sur La iransformation des matières azotées dans les cuL-
tures de bactéridie charbonneuses. Annales de l'Inst. Pasteur, 1886, p.
054.
(■") Bienstock, Ueber die Bactérien der Faces. Zeilschrifl f. klinische
Médecin, XUl.
80
SOCIÉTÉ BELGE DE MICHOSCOPIE.
Dans ce but, le liquide de culture est introduit avec
une pincée f) de magnésie calcinée dans le ballon de
l'appareil distillatoire de Schloesing. Le tableau ci-après
présente les cbiffres obtenus.
Dans ce tableau, la seconde colonne indique les nom-
bres obtenus directement par l'analyse des 25 centi-
mètres cubes de culture, la troisième donne les mêmes
chiftres rapportés au litre, c'est-à-dire multipliés par 40.
ESPECES BACTERIENNES.
AZOTE
AMMONIACAL
dans 25 cm3.
AZOTE
AMMONIACAL
par litre.
Bacillus arborpscens
— flgurans
— fluorescens putidus . .
— jluorescens liquefaciens .
— mesentericus vulgatas .
— mi/coïdes ......
— subtilis
— termo
— janthinus
— spec. 1 ,
— spec. 2
— spec. 3
— spec. 4 , ,
Proteus viUgaris
Sarcina lutea
Milligrammes.
6,7
8,0
7,5
5,6
10,1
16,0
8,1
6,3
7,9
13,5
- ■7,7
9,0
5,5
12,1
9,5
Grammes.
0,268
0,320
0,300
0,224
0,404
0,640
0,324
0,252
0,316
0,540
0,308
0,3J0
0,220
0,484
0,330
POUR-CENT
d'azote
organique
transformé.
19
23
22
16
29
46'
23
19
23
39
22
25
16
36
97
(') l/aiiinioniaquc se trouvant dans les cullurcs à Télat de carbonate
aminonique, il sulîU d'une quantité très faible d'alcali pour la dé-agcr.
MÉMOIRES. 81
On voit que, de toutes les Bactéries isolées du sol, le
Bacillus mijcoïdes est celle qui a le plus énergiquement
transformé l'albumine en ammoniaque; en vingt jours,
près de la moitié de l'azote organique mis à sa dispo-
sition est passé à l'état d'alcali volatil.
C'est ce microbe que j'ai choisi pour en étudier, d'une
façon plus approfondie, l'action sur les matières albu-
minoïdes.
Quant aux moisissures, j'ai déjà signalé leur action et
la part qu'elles peuvent prendre dans l'ammonisation (*).
Action du Bacille mycoïde sur l'albumine.
Mécanisme du phénomène. — Pour établir l'équation
du phénomène, je me suis basé sur les considérations
suivantes :
A. Lorsqu'on ensemence du Bacille mycoïde dans
une solution albumineuse neutralisée, on constate
qu'après quelque temps, la réaction devient fortement
alcaline : cette alcalinité est due à la présence de carbo-
nate d'ammoniaque dans le liquide de culture.
]^a simple ébullition de ce dernier fait dégager la plus
grande partie de l'alcali volatil ; après ce traitement, il
donne encore un précipité avec le réactif de Nessler, dû
à de petites quantités d'ammoniaque unie à des acides
gras. L'addition d'une très petite quantité de magnésie
calcinée provoque, à l'ébullition, le départ de la totalité
de l'ammoniaque.
En même temps que de l'ammoniaque s'est formée,
Marchat>, Be faction des moisissures su7' l'albumine. Bull. Soc. belge
de microscopie, t. XIX, p. 65.
XVII 7
82
SOCIETE BELGE DE MICROSCOPIE.
une grande quantité d'albumine a disparu. L'azote de
l'albumine disparue correspond sensiblement à celui de
l'alcali formé.
B. Si l'on analyse l'atmosphère mise en rapport avec
la culture, on constate à la fin de l'expérience :
1" Une absorption considérable d'oxygène;
2" L'émission concomitante d'acide carbonique.
Le volume d'acide carbonique émis est notablement
inférieur à celui de l'oxygène absorbé, une portion
notable du premier restant fixée dans la liqueur sous
forme de carbonate d'ammoniaque.
5" L'absence complète d'hydrogène et d'azote dans les
produits gazeux de la fermentation.
Dans ces recherches, en atmosphère confinée, j'ai fait
usage, entre autres dispositifs, de l'appareil suivant,
analogue à celui que Roth (*) a préconisé depuis pour la
culture des anaérobies.-
C'est un ballon A contenant la
solution albumineuse, fermé par
un tampon d'ouate traversé par un
tube de verre a, portant à sa partie
supérieure un bout de caoutchouc et
une pince.
Le tout est stérilisé à l'autoclave
à M5°.
Après refroidissement, on ense-
mence de la façon ordinaire, en
soulevant le tampon d'ouate que l'on
replace rapidement en ayant soin de
l'enfoncer jusqu'en b, de manière à
FiG. 1.
O HoTii. Urher cin rinfachrs Ycrfaliren dcr Anaërobenzïœlitung.
Ccntralbl. f. Uaklcriologit', Bel. XIU, 189Ô, n» 7.
MÉMOIRES. 83
laisser au-dessus un espace libre. Par le tube a, on fait
venir un courant d'oxygène pur dans le cas présent,
d'hydrogène ou de gaz d'éclairage quand il s'agit de
cultures anaérobies.
On laisse passer le gaz pendant longtemps afin de
purger complètement l'appareil de l'air qu'il renfermait;
lorsque ce résultat est atteint, on ferme la pince et on
coule, dans l'espace laissé libre au-dessus du tampon
d'ouate, de la paraffine fondue qui, en se figeant, produit
une fermeture hermétique.
L'atmosphère du ballon est ainsi constituée d'oxygène
pur; après culture, on fait passer les gaz dans l'eudio-
mètre pour rechercher les modifications qu'ils ont subies.
C. Lorsqu'on dose simultanément l'acide carbonique
et l'ammoniaque produits par la respiration du microbe,
on constate que ces corps se dégagent dans une propor-
tion qui se rapproche beaucoup de celle qui correspond
à la combustion complète de l'albumine.
Pour effectuer ces dosages, j'ai eu recours au dispositif
suivant :
Un ballon d'un demi-litre A, contenant 50 centi-
mètres cubes d'une solution albumineuse faible, est
fermé à l'aide d'un bouchon en caoutchouc percé de
deux trous livrant passage à des tubes de verre fermés
par un tampon de coton; l'un d'eux est muni d'une
pince à sa partie supérieure.
Après stérilisation et ensemencement, le tube b est
réuni à un tube à boules B contenant 10 centimètres
cubes d'acide sulfurique titré, et celui-ci au flacon C ren-
fermant de l'eau de baryte. Le tube à boules D à potasse
protège l'appareil contre l'acide carbonique extérieur.
Le microbe se développe, produit de l'ammoniaque
84
SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
et de l'acide carbonique; ce dernier sature tout d'abord
l'alcali formé et l'excédent est absorbé par la baryte.
FiG. 2.
Oe temps en temps, on renouvelle l'atmospbère de la
culture; dans ce but, D est réuni à une trombe. Pour
débarrasser d'acide carbonique l'air inspiré en a, on le
fait passer dans un tube d'absorption à potasse.
Après quinze jours de culture à 50% on provoque
dans l'appareil une circulation lente et prolongée d'air
pour cbasser en C l'acide carbonique produit. Par le
tube a, on introduit quelques gouttes d'acide sulfurique,
afin de décomposer le carbonate d'ammoniaque formé,
et on plonge le ballon A dans un bain d'eau à 40" pour
faciliter le dégagement de l'acide carbonique.
Après avoir fait passer de l'air pendant un temps suffi-
sant, on dose l'ammoniaque dans le ballon A et dans le
MEMOIRES.
tube à boules B, qui a pu retenir des vapeurs ammonia-
cales, et Tacide carbonique dans le flacon C.
J'ai obtenu les chiffres suivants :
Milligrammes.
Ammoniaque 8,0
Acide carbonique .... 71,6
Rapport entre ces deux corps : 1 : 8,9.
Or, le rapport théorique entre l'ammoniaque et l'acide
carbonique produits par la combustion complète de
l'albumine est, en poids, de 1 : 10,55 (en prenant
comme point de départ la formule de Zinoffski).
Le déficit en acide carbonique est dû, sans doute, à la
fixation d'une partie du carbone dans le liquide de
culture à l'état d'acide gras.
D. En dehors de l'acide carbonique et de l'ammo-
niaque, l'analyse décèle la présence, en petites quantités,
dans les liquides fermentes, des corps suivants :
peptones, leucine, tyrosine, acides gras (acides formique,
butyrique et propionique).
Les peptones ont été caractérisées, dans le liquide
débarrassé des albuminoïdes par la réaction du biuret ;
la leucine et la tyrosine, dans l'extrait glycérique, par
leurs formes cristallines.
Pour la recherche des acides gras, j'ai distillé
500 centimètres cubes de culture additionnés d'acide
sulfurique. Dans le distillât, l'acide formique a été mis
en évidence par un sel d'argent; les acides butyrique et
propionique par le procédé deDuclaux (*).
E. Le soufre de l'albumine se retrouve à l'état d'acide
sulfurique.
DucLAUx, Annales de chimie et de physique, série V, l. III, 1874.
86 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
De ces différents faits, on peut déduire la conclusion
suivante :
Sous l'influence du Bacille mycoïde, l'oxygène se
porte sur les éléments de l'albumine, le carbone est
* transformé en acide carbonique, le soufre en acide sul-
furique, une partie de l'bydrogène en eau, et l'ammo-
niaque se dégage en quelque sorte comme résidu.
La production d'ammoniaque apparaît ici comme le
corollaire d'un phénomène respiratoire.
Envisagé de la sorte, le dégagement d'ammoniaque,
aux dépens de l'albumine, peut être rapproché de la
production de soufre aux dépens d'hydrogène sulfuré,
telle que Winogradsky l'a indiquée pour les sulfobac-
téries (*).
Dans les deux cas, une partie de la molécule est
oxydée, fournissant au microbe une certaine quantité
d'énergie, et l'ammoniaque, comme le soufre, constitue
le résidu de la réaction.
L'analogie ressort nettement de la comparaison des
deux équations.
Sulfobactéries :
H2S+0 = H20 + S.
Microbes ammonisants :
C"2H'I2A;5'SS022 -t- 7702 = 29H20 + 7200= + SO^ -\- ISAzU^
(carbonate et sulfate ammonique).
Cette combustion complète de l'albumine par le
microbe est influencée par divers facteurs : température,
aération, réaction et concentration du milieu.
WitiOGKAhSKx, Recherches sur les sulfobactéries. Annales de Tlnst.
Pasteur, l. 111, 1889.
MEMOIRES.
87
Influence de la température. — La température
active, d'une façon remarquable, les phénomènes d'oxy-
dation qui s'accomplissent dans le sol.
Schlœsing et Muntz ont montré que c'est vers 55° que
la nitrification atteint son maximum d'intensité.
J'ai cherché à déterminer quelle est, pour l'ammoni-
sation, la température optima.
Dans ce but, j'ai ensemencé du Bacille mycoïde dans
des ballons renfermant 25 centimètres cubes d'une solu-
tion diluée de blanc d'oeuf dosant ¥',oQ^ d'azote orga-
nique par litre.
Les 50 ballons ensemencés ont été partagés en séries
de 5, qui furent placés simultanément aux températures
suivantes : 0° à 5°, 10% 20% 50% 57% 42". Après trente
jours de culture, j'ai obtenu les quantités suivantes
d'ammoniaque :
TEMPÉRATURE.
BALLONS 1.
BALLONS 2.
BALLONS 3.
BALLONS 4.
BALLONS 3.
MOYENNES.
0° à 50
Traces.
Traces
Traces.
Traces.
Traces.
Tracée.
IS
Jlilli^r.
1,5
Milligr.
3,0
Milligr.
2,5
Milligr.
1,8
Milligr.
-0
Millier.
2,2
20
8,1
9,8
10,1
11,5
8,3
9,6
30
16,8
18,0
14.1
15,1
15,3
15,8
37
0,3
13,2
12,1
10,2
-0
11,2
42
0.0
0.0
0,0
0,0
0,0
0,0
Les résultats moyens indiqués dans la dernière colonne
de ce tableau montrent que de 0" à 5" il n'y a eu que des
traces d'ammoniaque dans les liquides de culture; le
Ces dosages n'ont pu être effectués à cause d'accidents survenus
au.x. cultures.
88 SOCIETE BELGE DE MICROSCOPIE.
réactif de Nessler n'y déterminait qu'une coloration
jaune peu intense ; le microbe s'est cependant développé
abondamment à cette température; toutefois, le stade
floconneux a persisté jusqu'à la fin, les filaments ne se
résolvant pas en spores.
A dO", la production d'ammoniaque est encore faible ;
elle ne devient notable qu'à 20% pour atteindre son
maximum vers 50".
A 57% le phénomène a perdu de son intensité, le
développement du microbe est moins luxuriant, il cesse
complètement à 42%
Le Bacille mycoïde ne compte donc pas parmi les
nombreuses espèces thermophiles que M. Globig (*)
parait avoir isolées du sol.
Influence de l'aération. — En l'absence de nitrates (**),
le bacille mycoïde est essentiellement aérobie; il est
incapable de se développer dans le vide de même que
dans une atmosphère d'hydrogène ou d'acide carbo-
nique.
L'oxydation de l'albumine étant intimement liée à la
respiration du microbe, elle s'accomplit le mieux lorsque
l'oxygène se trouve en grande quantité dans le milieu
ambiant.
C'est ce qu'une expérience très simple montre de la
façon la plus évidente.
On ensemence du Bacille dans les divers récipients
suivants, qui reçoivent chacun 55 centimètres cubes de
solution albumineuse :
(') Gloiîig, Ueber Baclerien-Waclisllmm bis iJ0°-70°. Zeilschrifi f.
Hygiène, l. III.
(") On verra plus loin que celte restriction est nécessaire.
MEMOIRES.
89
1. Ballon dans lequel on fait ultérieurement le vide.
2. Tube long et étroit, où la profondeur du liquide est de 12 centim.
3. Ballon ordinaire — — 5 —
4. Ballon très large — — 2.5 —
Les quatre cultures sont abandonnées pendant quinze
jours à 50°. Après ce temps, on y dose l'ammoniaque.
Voici les résultats obtenus :
CULTURE.
AMMONIAQUE
dans 25 cm3.
AMMONIAQUE
par litre.
Milligrammes.
Grammes.
1
0,0
0,000
2
4,2
0,168
3
8,5
0,340
4
12.5
0,500
Dans le vide, il n'y a eu aucun développement et
aucune production d'ammoniaque, et l'on voit qu'en
présence d'air, les quantités d'alcali formées sont d'au-
tant plus fortes que l'épaisseur de la couche liquide est
moins grande, autrement dit que la surface exposée au
contact de l'air est plus considérable.
Influence de la réaction du milieu. — La réaction du
milieu est, plus qu'on ne le pense généralement, un
facteur important dans la chimie du sol ; elle influe d'une
façon remarquable sur les procès qui s'y accomplissent.
En sol acide, la décomposition des matières orga-
niques est très lente; si, par l'application de chaux, de
marne, d'un phosphate très basique, on vient modifier
cette réaction, la minéralisation des substances orga-
90 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
niques s'accomplit rapidement, ce qui se traduit natu-
rellement par une vigueur toute particulière de la végé-
tation.
C'est que les agents par excellence de l'oxydation des
matières organiques, — les bactéries, — se développent
de préférence dans un milieu alcalin.
Winogradsky a montré que le ferment nitreux ne
peut se développer que s'il existe dans le milieu une
base, un carbonate de magnésie, de chaux, etc.
Si donc la réaction est acide, la nitrosation est
entravée.
Il était intéressant de rechercher la sensibilité du fer-
ment ammonisant aux variations de réaction du milieu.
J'ai ensemencé du Bacille mycoïde dans du bouillon
neutralisé (*), additionné de quantités croissantes d'acide
sulfurique.
Voici les résultats obtenus :
CULTURE.
ACIDE SULFURIQUE
par litre.
ÉTAT DE LA CULTURE.
1
GramiiiL'S.
0,1
Développement.
2
0,2
Id.
3
0,5
Id.
4
1,0
Pas de développement.
5
2,0
Id.
6
3,0
Id.
7
4,0
Id.
8
5,0
Id.
(*) L'emploi de la solution albuiiiineuse m'était interdit dans cette
expérience, l'acide emi)loyé précipitant l'albiunine.
MÉMOIRES. .91
Comme on le voit, des quantités de 0^%1 à 0^',5
d'acide par litre n'ont pas entravé le développement du
microbe ; dans ces trois cultures, la réaction est deve-
nue, après quelque temps, fortement alcaline.
Après quinze jours de séjour à la chambre thermos-
tatique à 50°, l'alcalinité de la culture 5 correspondait
à 0^'",525 de potasse caustique par litre.
On suit facilement les variations de réaction dans ces
expériences en ajoutant à la culture quelques gouttes de
teinture de tournesol, dont on voit se modifier la colo-
ration.
Le ferment ammonisant supporte donc un certain
degré d'acidité.
Ce fait explique sa présence dans l'humus des bois,
dans certains terrains où je l'ai rencontré.
Indépendamment de l'action des moisissures, l'ammo-
nisation peut donc s'accomplir dans des sols acides où
la production des nitrates est impossible.
Des nombreuses analyses de terres diverses effectuées
par Petermann (*), il résulte que les composés ammo-
niacaux se rencontrent normalement dans les sols de
prairies, de sapinières, de landes et de bruyères, qui
tous présentent généralement une certaine acidité.
Si le bacille mycoide résiste à une faible acidité, le
milieu alcalin n'en est pas moins celui qui favorise le
plus son développement; il résiste à l'addition aux solu-
tions nutritives de quantités relativement considérables
de potasse caustique.
Petermann, Recherches de chimie et de physiologie appliquées à
l'agriculture^ Bruxelles, 1886, p. 560.
9i
SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
CULTURE.
POTASSE CAUSTtQUE
par litre.
ÉTAT DE LA CULTURE.
1
Grammes.
0,1
Développement.
2
0,2
Id.
3
0,5
Id.
4
1.0
Id.
5
2,0
Id.
6
3,0
Pas de développement.
7
4,0
Id.
8
5,0
Id.
9
6,0
Id.
10
10,0
Id.
L'alcalinité des cultures est encore, par suite de la
production d'ammoniaque, peu à peu augmentée.
Influence de la concentration des solutions. — Per-
drix (*) a fait voir que plus un bouillon est riche en
matière azotée, plus est faible la proportion de cette
matière transformée en ammoniaque par la bactéridie
charbonneuse.
J'ai recherché s'il en était de même avec le Bacille
mycoïde.
J'ai donc cultivé le microbe dans des solutions de
moins en moins riches en azote albuminoïde.
Les résultats obtenus ont été les suivants :
(*) Perdrix, loc. cil.
MKMOllŒS.
93
SOLUTION
AZOTE ALBUMINOÏDE
au début
dans 25 cm3.
AZOTE AMMONICAL
à la fm
dans 25 cm3.
POUR CENT
d'azote organique
transformé.
1
2
3
4
5
6
7
8
Slilligrammes.
80,0 (*}
64,0
48,0
32,0
16,0
6,4
3,2
1,6
milligrammes.
34,3
29,5
22,7
18.0
13,8
6,3
3,3
1.4
42,9
46,1
47,3
56,2
86,2
98,4
100,0
100,0
Dans les solutions très diluées, l'azote organique a
été complètement transformé en ammoniaque; c'est ce
qui a eu lieu dans les trois dernières solutions (la diffé-
rence de 0"""^,2 entre l'azote albuminoide et l'azote
ammoniacal de la dernière solution rentrant dans les
limites d'erreur des dosages).
Ensuite, à mesure que la concentration augmente, la
proportion d'ammoniaque diminue. En même temps on
constate que les produits résiduels de l'activité du
microbe, les acides odorants, apparaissent en quantités
beaucoup plus considérables.
Les cultures en solutions étendues ne dégagent aucune
odeur; les liquides concentrés, au contraire, présentent
(■) Soluiion à 20 o/o environ de blanc d'œuf dans laquelle l'azoto a élé
dosé par le procédé Kjeldahl; elle a été rendue incoagulable par l'addi-
tion de 15 cin^ de solution au Viooo ^^ sulfate de fer par litre.
Les autres solutions eu dérivent par dilution.
94' SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
une odeur très intense à la fois butyrique et ammonia-
cale.
Action du bacille mycoïde sur les différentes substances
AZOTÉES.
Substances albumindides . — Je n'ai parlé jusqu'ici
que de l'action du Bacille mycoïde sur l'albumine de
l'œuf, mais j'ai tenu à m'assurer aussi que son action est
identique sur les autres substances albuminoïdes et sur
les peptones.
J'ai opéré de la façon suivante.
Dans des ballons contenant 25 centimètres cubes de
la solution minérale que voici : ,
Eau 1000
Phosphate bipoiassiquc 1
Chlorure de sodium ....... 0,S
Sulfate de magnésium 0,S,
j'ai ajouté respectivement les substances suivantes :
caséine, fibrine, gélatine, gluten, légumine, myosine,
peptone.
Deux ballons sont ainsi pourvus des mêmes composés
albuminoïdes; après stérilisation, l'un d'eux est ense-
mencé de Bacille mycoïde, l'autre est laissé stérile et
servira de témoin.
Après vingt jours de culture à 50°, j'ai obtenu les
résultats consignés dans le tableau qui suit.
MEMOIRES.
95
1 SUBSTANCES
DOSES
dans 25 cm3
de liquide minéral
AMMONIAQUE
dans
le ballon témoin (*).
A M JI N I A Q U E
dans
les cultures.
Caséine .
Fibrine .
Gélatine .
Gluten .
Légumine
Myosine .
Peptone .
Grammes,
0,2
0,2
0,25
0,2
0,2
0,1
0,25
Traces.
Milligrammes.
0,0
0,0
0,0
Traces.
2,3
Traces.
Milligrammes,
10
11,6
18,5
4,5
12,4
8,5
22,0
Ces diverses substances, et particulièrement les pep-
tones, ont donc été énergiquement transformées en
ammoniaque.
Il en est de même de la serine du sang.
Du sérum, dilué au quart, contenait, après quinze
jours du culture à 50°, 1G,"""^5 d'ammoniaque dans
25 centimètres cubes.
On vient de voir que la caséine est comburée par le
microbe ; sa destruction est bien plus complète encore
lorsqu'on prend comme milieu de culture du lait normal
stérilisé. Dans ces conditions, le bacille se développe
avec beaucoup d'énergie, le lait change bientôt d'aspect,
la crème se sépare et vient occuper la surface du liquide,
tandis que le sérum sous-jacent se colore peu à peu en
jaune, puis en jaune brun qui se fonce de plus en plus.
Après un mois de culture, j'ai observé, dans des laits
Provenant d'impuretés.
913 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSGOPIE.
différents , les quantités suivantes d'ammoniaque :
Lait 1 iSmnigjS dans 2b centimèlres cubes,
Lait 2 39""ns,3 dans 25 centimètres cubes,
ce qui fait respectivement 1^'",852 et 1»%572 d'ammo-
niaque produite par litre.
Malgré ces grandes quantités d'ammoniaque, le lait ne
présentait pas, après culture, une forte réaction alcaline.
Ce fait est dû à la production, aux dépens de la lac-
tose, d'acides qui ont neutralisé l'ammoniaque au fur et
à mesure de sa production.
Substances azotées non albuminoïdes, — J'ai dit que
la leucine et la tyrosine sont des produits résiduels de
l'activité du microbe; ces substances peuvent-elles, à
leur tour, être transformées en ammoniaque? En est-il
de même de la créatine, de l'asparagine, de l'urée?
Pour répondre à ces questions, il a été fait des cul-
tures du Bacille mycoïde dans la liqueur minérale de
tantôt, additionnée de 5 grammes par litre de saccha-
rose et des corps azotés à étudier.
Voici les résultats obtenus après dix-huit jours de
culture à 50°.
ODANTITÉS
AMMONIAQUE
AMMONIAQUE
SUBSTANCES
dans 25 cm3
dans
daus
de liquide minéral
les témoins (').
les cultures.
Grammes.
Milligrammes.
Milligrammes.
Leucine . . .
0,1
1,5
5,8
Tyrosine. . .
0,1
1,0
6,7
Créatine . . .
0,1
Traces.
3,4
Asparagine. .
0,25
Traces.
22,0
(*) Provenant d'impuretés.
MÉMOIRES. 97
L'asparagine, la leucine, la tyrosine, et à un moindre
degré la créatine, ont donc été transformées en ammo-
niaque.
Il n'en est pas de même de l'urée. Ce corps se dédou-
blant facilement en carbonate d'ammoniaque, j'ai pré-
paré les solutions par le procédé indiqué par Leube (*)
et qui consiste à stériliser à part l'urée solide et bien
desséchée, qui supporte alors sans danger une tempé-
rature de 100^
L'urée était disposée dans de petites ampoules de
verre que l'on mettait quelques heures à l'étuve à air
chaud et qu'on laissait tomber ensuite dans les ballons
renfermant la solution minérale sucrée stérilisée.
Comme des contaminations auraient pu se produire
pendant ces manipulations, les récipients de culture
étaient mis deux jours à la chambre ihcrmostatique et
l'on n'ensemençait que ceux où ne se manifestait aucun
trouble bactérien.
Dans ces solutions, le Bacille mycoïde n'a présenté
aucun développement. L'urée ne constitue donc pas un
aliment azoté pour ce microbe.
Le nitrate d'urée et les sels ammoniacaux sont dans
le même cas. A plusieurs reprises, j'ai essayé de cultiver
le bacille dans une solution minérale sucrée, addi-
tionnée de 2 grammes par litre de sulfate d'ammo-
niaque; jamais je n'ai observé le moindre trouble dans
la liqueur.
Nitrates. — La culture avec nitrates comme source
d'azote est des plus intéressantes et montre combien les
Leube, Ueber die aminoniakoUsche Hamgàliriing. Virchow's Archiv,
t. C, p. 540.
Wll 8
98 SOCIÉTÉ RELGE DE MICROSCOPIE.
aptitudes physiologiques du microbe varient avec le
milieu.
Si l'on ensemence du Bacille mycoïde dans la solu-
îron minérale sucrée de tout à l'heure, additionnée de
2 grammes par litre de nitrate de soude, on constate
que, durant les premiers jours, le développement est
extrêmement lent. Après deux ou trois jours cependant,
apparaissent dans le liquide des flocons denses et nom-
breux.
Si l'on traite une portion du liquide de culture par le
réactif de Griess {*) et une autre partie par le réactif de
Nessler, on constate la présence simultanée de nitrites
et d'ammoniaque; ce dernier se trouve surtout en grande
quantité.
Ce processus de réduction, déjà signalé chez ce
microbe par de Blasi et Russo Travali (**), présente une
énergie telle, qu'après dix à quinze jours, tout l'azote
nitrique est transformé en ammoniaque, et le liquide de
culture ne donne plus de réaction avec la diphénylamine
sulfurique.
Il est curieux de voir le même microbe agir tantôt en
oxydant, vis-à-vis de l'albumine, tantôt en réducteur, en
présence de nitrates.
Les phénomènes d'oxydation et ceux de réduction ne
sont donc pas nécessairement l'apanage d'organismes
distincts : tous deux sont intimement liés à la respira-
tion des microbes, respiration normale dans le cas de
l'oxydation, respiration intramoléculaire lorsqu'il s'agit
de réduction.
Acide sulfanilique, acide chlorhydrique, chlorure de naphlyla-
mine.
(") Ue Di.Asi et Russo Travali, Gazelta ch'mvca ilaliatia, 1880,
p. 440.
MÉMOIRES. 99
Le Bacille mycoïde se développant en aérobie dans les
solutions de blanc d'œuf, brûle l'albumine à l'aide de
l'oxygène de l'air, tandis que dans les solutions de
nitrates additionnées de sucre, il brûle ce dernier en
enlevant l'oxygène nécessaire à cette combustion aux
nitrates, corps oxygénés et très facilement réductibles.
Les recherches de Laurent (*) ont montré, en effet,
que les nitrates sont aisément réduits, non seulement
sous l'influence d'agents organisés (bactéries, levures,
moisissures), mais encore de facteurs purement phy-
siques (lumière solaire).
S'il en est ainsi, si le bacille peut emprunter l'oxy-
gène nécessaire à sa respiration aux nitrates, il doit
pouvoir, en présence de ces sels, vivre en l'absence
d'oxygène libre, vivre en anciérobie.
C'est ce que l'expérience a prouvé.
Le Bacille mycoïde ensemencé dans une solution
sucrée additionnée de nitrates, en atmosphère d'hydro-
gène ou d'acide carbonique, s'est développé aussi bien
que dans un ballon témoin où l'air avait accès. Ici
encore il y a eu réduction des nitrates en nitrites et en
ammoniaque, et combustion du sucre en acide carbo-
nique et en eau. Les deux phases de cette fermentation
anaérobie peuvent être représentées par les équations
suivantes, dans lesquelles (CH-0) représente l'hydrate
de carbone en présence.
1. SAzO'H + (GH^O) = 2Az02H + H^O + CO^.
2. 2Az02H + 5(CH20) = 2AzH5 + ÔCo^ -f H20.
Comme le sucre, l'albumine peut, en l'absence
(*) Laurent, Notes sur la réduction des nitrates par les plantes et
/uar /a /«mit're 50teire. Bulletin de l'Académie royale de Belgique, 1890
et 1891.
400 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
d'oxygène mais en présence de nitrates, être oxydée par
le microbe, tandis que lorsqu'il n'existe pas dans le
milieu de substance facilement réductible, la production
d'ammoniaque aux dépens de l'albumine nécessite le
concours de l'oxygène libre.
Action du Bacille mijcoide sur les hydrates de car-
bone. — L'étude de la nutrition carbonée du Bacille
mycoïde présente certaines difficultés spéciales prove-
nant de ce fait, que ce microbe se développe très mal
dans les solutions dépourvues de matières organiques
azotées.
J'ai donc dû me borner à ajouter à des solutions de
blanc d'œuf différents bydrates de carbone.
Dans ces conditions, la culture prend un aspect tout
particulier; dès le second jour, la liqueur se trouble : la
réaction est devenue acide et l'albumine s'est précipitée.
Cette production d'acide s'observe avec la glycose, la
saccharose, la lactose, la dextrine et l'amidon; elle est
très faible avec l'inuline et nulle avec les gommes.
Cette réaction acide n'est cependant pas définitive;
sous l'influence d'une zymase sécrétée par le microbe (*),
les flocons d'albumine précipitée se dissolvent peu à peu,
et, par la production d'ammoniaque, la réaction devient
neutre et puis enfin franchement alcaline. Ceci montre
combien est peu fondée la distinction qu'ont établie cer-
tains auteurs entre les bactéries acidifiantes et les bacté-
ries a Ica nuisantes. Ces variations de réaction dépendent
essentiellement de la nature du milieu.
(') Celle zymase est très probablement du groupe des trypsincs : elle
oeul, en eft'et, agir en milieu alcalin et donne naissance, à côté de
I)eiitones, à de la leucine, lyrosine, etc.
MÉMOIRES. -101
CONCLUSIONS
1. L'oxydation graduelle dans le sol de l'azote des
matières organiques en nitrates ou iiitrification, s'ac-
complit en trois phases principales :
A . Vammonisation ou transformation de l'azote orga-
nique en ammoniaque;
B. La nitrosation ou transformation de l'ammo-
niaque en nitrites;
G. La nitratation ou transformation des nitrites en
nitrates.
2. L'ammonisation s'accomplit essentiellement sous
l'influence des microbes divers (bactéries, levures, moisis-
sures) qui pullulent dans les couches supérieures du sol.
Dans la terre arable, l'action des bactéries est prédo-
minante; dans les terres humeuses, acides, les moisis-
sures interviennent pour une part importante dans le
phénomène.
5. Parmi les bactéries du sol arable, le Baccillus my-
coïdes ou bacille de la terre (Erde Bacillus des auteurs
allemands) est à la fois un des plus répandus et celui dont
l'action sur les matières azotées est la plus énergique.
4. Sous l'influence de ce microbe, l'oxygène se porte
sur les éléments de l'albumine : le carbone est trans-
formé en acide carbonique, le soufre en acide sulfu-
rique, l'hydrogène partiellement en eau, laissant l'am-
moniaque comme résidu de cette oxydation.
t02 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
Il y a également production, en petites quantités, de
peptones, leucine, tyrosine et d'acides gras odorants.
5. Les conditions optima pour l'activité du microbe
ammonisant sont les suivantes :
A. Une température élevée, voisine de 50°;
B. Une aération complète;
C. Une légère alcalinité de milieu;
D. Une faible concentration des solutions albumi-
neuses. • .
6. Le Bacille mycoïde s'est montré apte à transformer
en ammoniaque non seulement l'albumine de l'œuf, mais
encore la caséine, la fibrine, la légumine, le gluten, la
myosine, la serine et les peptones.
La créatine, la leucine, la tyrosine et l'asparagine
subissent les mêmes modifications; au contraire, l'urée,
le nitrate d'urée ainsi que les sels ammoniacaux ne sont
pas attaqués par le microbe, pour lequel ils ne consti-
tuent pas un aliment.
7. Le Bacille mycoïde, ammonisant et aérobie en
présence de matières organiques azotées, devient déni-
trifiant et anaérobie quand il existe dans le milieu des
corps facilement réductibles (nitrates).
En l'absence de toute oxygène libre dans des solutions
renfermant une matière organique (sucre, albumine), il
réduit les nitrates en nitrites et en ammoniaque.
Il est donc capable de dégage)' de l'ammoniaque par
deux processus tout à fait opposés : par oxydation dans
un cas, par réduction dans l'autre.
MÉMOIHES. 103
Le présent travail a été exécuté à l'Institut botanique
de Bruxelles; c'est pour moi un devoir bien agréable de
remercier ici publiquement M. le professeur Errera,
ainsi que ses assistants, MM. les docteurs Clautriau et
Massart, pour les précieux conseils qu'ils m'ont prodi-
gués dans le cours de mes recbercbes.
Institut botanique de Bruxelles, novembre 1895.
— «^BOaocO^Sc-
STATUTS
DE LA
SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE
-«>^8o-e»-
CHAPITRE PREMIER.
DISPOSITIONS GENERALES.
Article premier. La Société prend pour titre : Société
belge de Mici'oscopie.
Art. 2. Son but est de propager le goût des études
micrographiques, d'en faire apprécier l'utilité, de con-
courir aux progrès de la science par des publications,
par la formation de collections et d'une bibliothèque, et,
par telles autres mesures qui peuvent être jugées utiles.
Elle entend l'étude de la micrographie dans son accep-
tation la plus étendue, embrassant toutes les sciences
médicales, naturelles et industrielles.
Art. 5. La Société a son siège à Rruxelles.
Art. 4. La Société ne peutêtre dissoute que du consen-
tement des quatre cinquièmes des membres effectifs. La
dernière assemblée générale qui prononcera la dissolu-
tion, disposera en faveur d'un établissement scientifique
des collections, bibliothèque et archives.
106 STATUTS.
Art. 5. Aucune modification ne peut être apportée au
présent chapitre des statuts, sans le consentement des
quatre cinquièmes des membres efïectifs, convoqués
spécialement à cet effet en assemblée générale par le
Conseil.
Si cette première assemblée ne réunit pas le nombre
de membres nécessaire pour former cette majorité et par
suite ne peut délibérer valablement, une seconde assem-
blée générale sera convoquée de la même façon, à un
mois d'intervalle, et pourra prendre décision sur les
questions portées à l'ordre du jour de la première assem-
blée, à la majorité des quatre cinquièmes des membres
présents.
Les chapitres suivants peuvent être modifiés par une
assemblée générale, spécialement convoquée à cet eff'et
par le Conseil, et du consentement des trois quarts des
membres effectifs présents à la réunion.
CHAPITRE II.
DES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ.
Art. 0. La Société est composée d'un nombre illimité
de membres effectifs et de membres associés.
Le droit d'admission des membres effectifs et des
membres associés appartient aux assemblées de la
Société, sur la présentation du Conseil administratif;
l'admission a lieu à la majorité des voix et au scrutin
secret.
Art. 7. Le diplôme de membre honoraire ou de
membre correspondant peut être décerné aux personnes
STATUTS. 107
qui ont rendu ou qui peuvent rendre des services à la
Société.
Le nombre des membres honoraires est limité à
quinze; celui des membres correspondants à quarante.
Le droit de nomination des membres honoraires et
membres correspondants appartient aux assemblées de
la Société, sur la présentation du Conseil. Les membres
honoraires et correspondants ont comme les membres
effectifs le droit d'assister aux assemblées, ils ont voix
délibérative dans les questions scientifiques.
Nul ne peut faire partie de la Société comme membre
associé s'il a moins de 15 ou plus de 24 ans; les mem-
bres associés n'ont pas voix délibérative.
Art. 8. Les membres effectifs paient une cotisation
annuelle de 15 francs; les membres associés paient une
cotisation de 5 fr.
Les membres effectifs résidant à l'étranger ont la
faculté de remplacer cette cotisation annuelle par un
versement unique de 200 francs.
Art. 9. Tous les membres peuvent consulter les col-
lections, livres, etc., de la Société, en se conformant aux
règlements spéciaux.
Les membres effectifs et honoraires ont droit à un
exemplaire des annales de la Société.
Les membres correspondants et les membres associés
n'ont droit qu'au bulletin mensuel.
CHAPITRE m.
DES ASSEMBLÉES DE LA SOCIÉTÉ.
Art. 10. Les membres de la Société se réunissent de
108 STATUTS.
plein droit annuellement en assemblée générale, le
deuxième dimanche d'octobre, à M heures du matin,
à Bruxelles, au local de la Société.
L'ordre des travaux de cette assemblée est fixé comme
suit :
1° Elle entend le rapport du Conseil sur l'état de la
Société ;
2" Elle arrête son budget ;
0° Elle fixe les jours des assemblées mensuelles de la
Société ;
4° Elle délibère sur les propositions qui lui sont sou-
mises par le Conseil ou qui sont appuyées par neuf
membres effectifs ;
5" Elle nomme au scrutin secret le Président, les
Vice-Présidents, le Secrétaire, le Trésorier et les mem-
bres du Conseil.
Les décisions prises par l'assemblée générale le sont
à la majorité absolue des membres effectifs présents.
Art. 11. Le Conseil a le droit de convoquer la Société
en assemblée générale extraordinaire; il est tenu de la
réunir, dans le délai d'un mois, à la demande signée de
douze membres effectifs.
Art. 11'"'*. Toute convocation des membres de la
Société, en assemblée générale extraordinaire, doit être
envoyée au moins quinze jours avant la date iixée pour
la réunion.
La convocation doit indiquer in extenso les proposi-
tions sur lesquelles rassemblée est appelée à délibérer.
Aucune décision ne pourra être prise sur des questions
ne figurant pas à l'ordre du jour porté sur les avis de
convocation.
STATUTS. 109
CHAPITRE IV.
DE l'administration DE LA SOCIÉTÉ.
Art. 12. La direction de la Société est confiée à un
Conseil qui la représente.
Ce Conseil se compose d'un Président, de deux Vice-
Présidents, d'un Secrétaire, d'un Trésorier, d'un Biblio-
thécaire-Conservateur et de quatre membres.
Art. 15. Le Conseil est chargé de prendre les mesures
et de faire les règlements nécessaires pour assurer la
prospérité de la Société, l'ordre dans ses travaux et
publications, et la conservation des collections, biblio-
thèque, mobilier, etc.
Ses décisions ne sont valables que pour autant
qu'elle soient prises par la majorité absolue de ses
membres.
Art. 15**^^. Le Conseil nomme chaque année deux
membres chargés de se partager les attributions de Secré-
taire-adjoint, de Bibliothécaire-Conservateur-adjoint; la
durée de leur mandat est limitée à un an; ils sont
réel igi blés.
Art. 14. Le Président est nommé pour deux ans et
n'est pas immédiatement rééligible.
Les autres membres du Conseil sont également nommés
pour deux ans; ils se renouvellent par moitié tous les
ans et peuvent être immédiatement réélus.
TABLE GENERALE DES MATIERES
CONTENUES DANS LE TOME XVII
DES ANNALES DE LA SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE
(MÉMOIRES)
Pages.
Notes Mycologiques, par É. De Wildeman (1*^'' fasci-
cule) 6
Notes Mycologiques, par É. De Wildeman, (2*' fasci-
cule) 33
Sur la production de l'ammoniaque dans le sol par les
microbes, par É. Maj{CHAL 69
Statuts de la Société belge de Microscopie 105
EN VENTE CHEZ LE MÊME EDITECK.
y-^C^
Dambre. — Traité de médecine légale et de jurisprudence de
la médecine, par A. Dambre, docteur en médecine, chirurgie
et accouchements; membre de la Société médico-psycholo-
gique, de médecine pratique, et d'anatomie pathologique de
Paris. 3*^ édition, revue par un professeur. I vol. grand in-8°
de 612 pages. 8,00
Delfraysse. — Nouveau guide pratique de médecine populaire
positive, basée sur l'action physiologique de médicaments
complexes, d'après leur finalité thérapeutique et divisés en
spécifiques pour chaque maladie, selon les méthodes des doc-
teurs Belloti et Fineila, par le docteur E.-G. Delfraysse de
Fraysses. 1 vol. in-16, 214 pages. 3,00
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Deiiaeyer. — Les végétaux inférieurs, thallophytes et crypto-
games vasculaires. Classification en familles, en genres et en
espèces, par A. Denaeyer, pharmacien chimiste, membre de
la Société belge de microscopie, membre de la Société royale
de botanique de Belgique, officier de l'ordre de la Rose du
Brésil, etc. Premier fascicule : Analyse des familles, avec
photomicrographies. 2,00
Fascicules 2 et 3 — 399 figures hors texte — pour les sous-
cripteurs. 6,00
Les fascicules 2 et 3 contiennent une monographie com-
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ritiondes principales femelles domestiques, comprenant tout
ce qui a rapport à la génération et à la mise bas naturelle,
les soins à donner à la mère et au nouveau-né, de suite après
la naissance, pendant l'allaitement et l'époque du sevrage,
par M. Deneubourg. 1 vol. grand iu-8° de 583 pages, avec
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de vue de ses causes, de sa nature et de son traitement, par
le docteur X. Francotte, assistant à l'Université de Liège.
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phieappliquée à l'histologie, l'anatomie comparée et l'embryo-
logie, par P. Francotte. 1887. 2,00
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glions et des nerfs spinaux, par le docteur Lahousse, à An-
vers. Broch. in-8° de 30 pages et une planche. 2,00
Poskiii. — « Les trous » au mauvais air de Nivezé (Spa). No-
tice sur les sources naturelles d'acide carbonique, par le doc-
teur Ach. Poskin, médecin consultant aux eaux de Spa. Br.
ni-8'', de 42 pages. 1,00
llcyiine. — Topograi)hie médicale de la Belgique. Etudes de
géologie, de climatologie, de statistique et d'hygiène publique,
parle docteur Meynne, médecin de régiment, etc. 1865. 1 vol.
iu-S", 582 pages et cartes. 10,00
BULLETIN
DE LA
SOCIETE BELGE DE IIICROSCOPIE
DIX-SEPTIÈME ANNÉE
BRUXELLES
A. MANCRAUX, ÉDITEUR
Rue des Trois-Têles, 12 (Monlagne de la Cour)
1891
BULLETIN
UE LA
lÉTE -BELGE DE ilCROSCOPl
E
DIX-SEPTIÈME ANNEE
N" I.
BKUXELLES
A. MANCIÎAUX, ÉDITEUR
Rue des Trois-lêlos, 12 (Monlai^ruî de la Cour)
1890
mimm des séances
BE LA
SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE
Tome XVII. N" ï. 1890-181)1
Pi'ocès-vorhal de la séaiico iiieiiNiielle
«lu *^5 o«tol>B*o 1890.
Présidence de M. Rolffart.
La séance est ouverte à 8 1/^ heures.
Sont présents : MM. Bauwens, Bray, Francolte,
Gevaert, Lameere, Roufïart, De Wildemaii, ff. de secré-
taire.
MM. Rynenbroek et Tochefï assistent à la séance.
MM. Errera et Galleniaerts s'excusent de ne pouvoir
assister à la séance.
M. G. Mantin remercie pour sa nomination de menïbre
effectif.
OuvrfKjcs reçus en honumiife :
Lameëke. — Sur l'unité d\)r'ujine du type arthropode
. L'assemblée remercie le donateur.
XVII 1
â SOCll'TÉ BliLGE DE MICROSCOPIE.
Présentations de membres effectifs :
Le Conseil propose l'admission comme membres
effectifs de
MM, A. Tochelf, éliidianl en sciences naliireiles, rue
d'Orléans, 49, présenté par MM. Bauwens et E. De Wil-
deman.
et Rynenbroek, étudiant en sciences naturelles, chaus-
sée d'Alsemberg, 2, à Uccle, présenté par M. le docteur
Gallemaerts et E. De Wildeman.
MM. A. Tocbeff et Rynenbroek sont proclamés mem-
bres effectifs.
M. le Président accorde la parole à M. Lameere pour
sa communication préliminaire sur l'embryologie de la
Blatte.
Il est décidé que ce travail paraîtra dans le Bulletin.
M. Bray fait ensuite une analyse du travail de M. le
docteur Neubauss, sur la microphotographie; M. le Pré-
sident l'invite à rédiger sur cet ouvrage un compte-rendu
qui paraîtra dans le Bulletin.
La séance est levée à 9 \/îl heures.
Coiiiiiiiinicaiioia |»i*éliiiiiiiaii*o huv la iiiô^aiiié-
riNaiioii «lu «^orp»;» de riii«^ceto, par A. Lamekuk.
Nous avons commencé à l'Institut zoologique de l'uni-
versité de lleidelberg, sous la direction de M. le profes-
BULLETIN DES SÉANCES. 3
sciir Biïtschli, des reclierclies sur l'embryologie de la
Blatte, pour servir de base à une étude sur l'organologie
générale des Insectes.
L'espèce que nous avons choisie est la Plufllodromia
germanica L., Blatte germanique, appelée bêle de gaz
dans certaines parties de notre pays.
Les Blattes pondent leurs œufs dans une ootbèque
que l'on ouvre pour les fixer au moyen de l'eau à 80*' :
après enrobage à la paraffine, nous colorons les coupes
sur la lame par la solution d'hématoxyline de Grenacber.
Nous ne nous occuperons dans cette communication
que de la composition métamérique du corps et du
dénombrement des appendices.
L Ordre de succession des pièces buccales.
Depuis Savigny, l'on admet généralement que la
bouche des Insectes est bordée de trois paires de mem-
bres qui se suivent dans cet ordre à partir de l'extrémité
antérieure du corps : l"les mandibules ; 2" les mâchoires;
5" la lèvre inférieure.
Meinert est d'une opinion différente; se basant sur
des études anatomiques faites sur la bouche des Dip-
tères, il admet que l'ordre de succession des pièces est
le suivant : 1" la lèvre inférieure; 2" les mâchoires ;
3" les mandibules. Il a étendu ses recherches aux Chilo-
podes, et dans son ouvrage intitulé : Caput Scolopcn-
drœ, il reconnaît également que chez ces Arthropodes,
les mandibules ne constituent que la troisième paire de
membres.
Les embryons jeunes de la Blatte à un stade où les
4 SOCIÉTH BELGE DE MICROSCOPIE.
anneaux de la tête ne sont pas encore fusionnés, mon-
trent que l'opinion de Savigny est seule admissible : de
bonne heure, en effet, l'on peut voir les mfîchoires et la
lèvre inférieure se différencier des mandibules par la
présence de leurs palpes, et l'on constate que ces appen-
dices sont portés par des anneaux postérieurs à l'anneau
mandibuiaire.
II. CoMi'OsrnoN métamérique de la tête.
Des opinions très divergentes se sont fait jour sur le
nombre des anneaux qui entrent dans la composition de
la tête de l'Insecte : on se base généralement pour
résoudre la question sur le nombre des paires d'appen-
dices cépbaliques, mais il n'y a pas accord sur ce qu'il
faut en réalité considérer comme appendices; c'est ainsi
que l'on regarde souvent comme tels les pédoncules mo-
biles qui portent les yeux chez certains Crustacés, et
par analogie, l'on est tenté de considérer les yeux com-
posés des Insectes comme décelant la présence d'un
anneau spécial. Il faut toutefois remarquer que c'est seu-
lement chez les Crustacés supérieurs qu'il existe des
appendices oculaires, et que d'autre part certaines pro-
ductions spéciales du revêtement externe du corps peu-
vent devenir mobiles chez un grand nombie d'Arthro-
podes sans constituer cependant des membres vérita-
bles.
Sans parler des ailes et des branchies des larves aqua-
tiques, qui n'ont rien à voir avec les appendices métamé-
riques, citons, à titre d'exemple, la longue corne mobile
qu'offre la tête d'un (^oléoptère Lauieliicorne, VOdonleiis
I5ULLKT1N DES SEANCES.
mnb'Uicornis. La théorie qui fait des yeux une paire
d'appendices n'a donc guère d'arguments pour elle.
Il y a d'ailleurs un autre critérium beaucoup plus sûr
pour déterminer le nombre des anneaux du corps d'^un
Arthropode : c'est le dénombrement des cavités entéro-
cœliennes dont les parois constituent le mésoderme.
A chaque paire de ces cavités, lesquelles envoient
un prolongement dans les appendices, correspond un
anneau.
Nous constatons sur nos coupes qu'il ne se développe
que quatre paires de cavités entérocœliennes dans la
partie de l'embryon qui constituera la tête future; il n'y
en a point qui corresponde aux yeux : la première porte
les antennes ; les suivantes, les mandibules, les mâchoires
et les deux pièces qui forment la lèvre inférieure. Il y a
de plus une cavité impaire antérieure qui correspond au
labre : celui-ci constitue par conséquent un appendice
unique. La tête de l'Insecte se montre donc formée
de quatre anneaux, et de la cavité antérieure impaire
médiane du labre. Nous savons aujourd'hui que ces
cavités entérocœliennes sont les homologues des loges
mésentériques des Anthozoaires : la cavité du labre de
l'Insecte correspond à la loge médio-ventrale qui déter-
mine la bilatéralité de ces Cœlentérés.
iii. homologie des appendices chez les divers
Arthuopodes.
Il règne une confusion extrême dans cette question,
parce que les naturalistes ne se sont pas placés sur le
véritable terrain qui permettait de la résoudre.
6 SOCIETE BELGE DE MICROSCOPIE.
A la suite d'Emile Blanchard, l'on a considéré les ché-
licères des Arachnides comme homologues des antennes
des Insectes, parce qu'elles sont innervées par un nerf
qui part de la masse nerveuse supra-œosophagienne.
Mais Balfour a fait observer que le cerveau des Araignées
comprend deux ganglions : l'un, qui seul se développe
en avant du stomodseum dans l'embryon, innerve les
yeux; l'autre, qui innerve les chélicères, fait primitive-
ment partie de la chaîne ventrale, et ne passe que plus
tard au-dessus de l'œsophage pour venir faire partie du
cerveau. L'opinion d'Emile Blanchard fut par conséquent
écartée, et l'on admit que les Arachnides ne possèdent
point d'appendices correspondant aux antennes des
[nsectes.
D'autre part, le cerveau des Crustacés se montre
formé de trois ganglions : le premier, ophthalmique,
innerve les yeux; les deux suivants envoient des nerfs
aux antennules et aux antennes. Mais l'embryologie des
Crustacés a montré qu'il n'y a chez ces Arthropodes, pas
plus que chez les Arachnides, de membres préoraux :
le stomodseum prend en efïet naissance en avant de
la première paire de pattes chez le Nauplius, et ce n'est
qu'ultérieurement que les cellules qui innervent les
futures antennules et antennes passent au-dessus de
l'œsophage. En outre Pelseneer a démontré que chez
VApus cancri/ormis adulte, on peut encore reconnaître
que les deux premières paires d'appendices sont des
membres [)ostoraux. Les (uilennulcs des Cjrustacés sont
donc les honiohxjiws des cliélicères des Arachnides,
mais à quoi correspondent-elles dans le corps de
l'Insecte?
Laissant d'abord de côté la question de l'innervation
BULLETIN DES SEANCES. 7
et de la position de la bouche, qui n'est que secondaire,
nous devons admettre que la première paire de cavités
entérocœliennes chez l'Insecte et chez l'Araignée sont
homologues.
Or, dans nos coupes d'embryons de Blatte, nous
observons que cette première paire de cavités entéro-
cœliennes correspond aux antennes, couime elle corres-
pond aux chélicères chez les Arachnides.
En outre, les antennes de nos embryons sont dis-
posées absolument comme les autres appendices méta-
mériques, c'est-à-dire qu'elles ne se projettent pas en
avant, mais qu'elles sont dirigées en-dessous et en
arrière : elles simulent des pattes primitives, comme
d'ailleurs aussi les membres buccaux ; de plus, et c'est
là le point important, elles naissent en arrière de l'ou-
verture buccale : le slomodseum se forme en effet en un
point situé en avant de la première paire de cavités
entérocœliennes.
// iiy a donc pas de membres préoraux chez les
Insectes.
Enfin, en ce qui concerne l'innervation, le cerveau
des Insectes est constitué non pas d'un seul, mais de
deux ganglions; le premier est seul primitivement
supra-œsophagien, c'est le ganglion ophthalmique; le
second est constitué par des cellules qui sont situées
primitivement sur les côtés et en arrière du stomodaeum,
mais qui plus tard passent au-dessus de l'œsophage :
c'est ce ganglion qui innerve les antennes.
A Ions ces points de vue, les antennes des Insectes
correspondent donc aux chélicères des Arachnomorphes
et aux antennules des Crustacés.
SOCIETE BELGE DE MICROSCOPIE.
IV. Appendices abdominaux.
Ainsi que l'ont reconnu Biitschli et Graber, chacun
des anneaux de l'abdomen des Insectes porte une paire
d'appendices embryonnaires : nous les observons éga-
lement sur nos préparations dans les stades très jeunes;
ils s'effacent bientôt, à l'exception de deux paires qui
méritent quelque attention , la première et la der-
nière.
La dernière paire d'appendices se développe avant
ceux des autres anneaux abdominaux, et elle s'accroît au
lieu de disparaître -.l'extrémité du corps étant recourbée,
elle est ramenée sous le ventre, de telle façon que l'em-
bryon de Blatte montre longtemps un aspect absolument
comparable à celui d'une Podure. Plus tard cette cour-
bure disparaît, les appendices deviennent terminaux, et
constituent les cerques de l'animal adulte.
La première paire de pattes abdominales prend aussi
un plus grand développement. Graber a déjà observé le
fait sur l'embryon de la Mante religieuse. Est-ce l'indi-
cation d'un stade oîi l'Insecte avait huit pattes comme
l'Araignée?
Le mode de disparition de cette paire d'appendices
est tout à fait extraordinaire et n'a pas encore été signalé.
La partie ectodermique de la patte se gonfle en une sorte
de ballon pédicule dont l'attache avec le corps s'amincit
de plus en plus : à un moment donné, le membre se
détache, et tombe dans la cavité de l'amnios, où l'on peut
sur les coupes en retrouver les débris dans les stades
immédiatement ultérieurs.
BULLETIN DES SEANCES.
V. Numération des somites de l'Insecte.
Nous comptons dix anneaux à l'abdomen embryon-
naire de la Blatte; de sorte que le thorax en comptant
trois et la tête quatre, le corps de l'Insecte se trouve
formé en tout de dix-sept somites.
XVII 1.
Nous publions ci-dessous comme annexe à notre Bulletin,
la traduction de l'important article du docteur Koch.
' Nouvelle communication sur un traitement de la tuberculose,
par M. le professeur R. KOCH.
Lors du dernier Congrès international des sciences médi-
cales, j'ai fait mention d'un moyen par lequel j'ai réussi à
rendre des animaux indemnes contre l'inoculation de bacilles
des tubercules, et même à arrêter le processus tuberculeux
chez des animaux déjà atteints de tuberculose. Maintenant
nous venons de faire, chez l'homme, avec ce remède, des
expériences dont voici le résultat :
Je déclare qu'au fond j'aurais préféré terminer complète-
ment les expériences, surtout en ce qui concerne la collec-
tion d'expériences suftîsantes relativement à l'emploi du
remède dans la pratique, .l'aurais voulu aussi étudier et éta-
blir des règles exactes sur la méthode de la fabrication de cet
agent sur une grande échelle, avant d'en parler au public
médical. Mais, à l'heure actuelle, malgré toutes les précautions
prises, on en a tant parlé et, il est vrai, d'une manière si
exagérée et si peu exacte qu'il me semble bon d'orienter les
médecins sur l'état actuel de cette question, afin qu'il soit,
impossible qu'on s'en fasse des idées fausses. Il est vrai que
je ne puis pas en dire beaucoup encore et que je dois laisser
entièrement de côté plus d'une question bien importante.
Les expériences ont été faites sous ma direction par MM.
Libbertz et Pfuhl. Les malades ont été choisis dans les cli-
niques de MM. Brieger, W. Levy, Fraentzel, von Bergmann.
Je remercie tous ces messieurs et leurs assistants pour le bon
concours qu'ils ont bien voulu me prêter et sans lequel, je
crois, je n'aurais pas réussi à poursuivre jusqu'ici, en si peu
de mois, des expériences qui mettent en jeu une si grande
responsabilité.
Sur le remède lui-même et sur sa composition, je ne puis
XVII 2
42 SOCIÉTÉ BliLGE DE MICROSCOPIE.
rien dire encore, les recherches des méthodes de fabrication
sur une grande échelle n'étant pas encore terminées. J'en
donnerai les détails ultérieurement.
Le remède est un liquide limpide, brunâtre, qui, sans
prendre même des précautions particulières, ne se décompose
pas; avant de s'en servir, il faut le diluer; mais ces liquides
dilués avec de l'eau distillée se décomposent; il s'y développe
des végétations microbiennes; ces liquides se troublent et ne
sont plus applicables. Pour empêcher la décomposition, il faut
stériliser par la chaleur les liquides dilués et les conserver
dans un flacon bouché avec un bouchon d'ouate, ou, ce
qui est plus commode, il faut les diluer à l'aide d'une solution
d'acide phénique de 0.5 p. 100. Mais, malgré tout, l'action des
liquides dilués, soit stérilisés, soit préparés à l'aide de l'acide
phénique, semble s'aff'aiblir au bout de quelque temps, et
c'est pour cette raison que je me sers toujours de solutions
fraîchement préparées.
Le remède ingéré par la bouche n'exerce point d'action :
pour obtenir une action précise, il faut l'employer en injection
sous-cutanée. Nous nous sommes servis pour nos injections
d'une petite seringue à ballon de caoutchouc, elle n'a point
de piston et cette seringue reste facilement aseptique par le
lavage seul avec de l'alcool absolu. Je crois que c'est à ce
mode de procéder que nous devons de n'avoir pas observé
un seul abcès, bien que nous ayons fait plus de mille injec-
tions.
Comme lieu d'application nous avons choisi la peau du dos
dans la région comprise entre les omoplates et dans la région
lombaire, parce que, d'après nos expériences, c'est dans ces
régions que l'injection était presque indolore et ne provoquait
généralement aucune réaction locale.
Duant à l'action du remède sur l'homme, nous avons observé
dès le commencement que l'homme réagit contre cet agents
d'une manière imporlante et facile à constater, mais tout
autrement que le cobaye, l'animal choisi pour ces expé-
riences. C'est une constatation nouvelle de celle règle impor-
tante dont l'expérimentaleur ne peut jamais trop tenir compte.
BULLETIN DES SÉANCES. 13
à savoir que l'on ne peut pas, des résultats des expériences
faites chez l'animal, conclure à des effets identiques chez
l'homme.
En effet, nous avons constaté une réaction bien plus sen-
sible chez rhonnne contre le remède, que ce n'était le cas
chez le cobaye. On peut faire à un cobaye indemne une
injection sous-cutanée de "2 centimètres cubes du liquide non
dilué et même une plus forte encore, sans que l'animal pré-
sente quelque symptôme perceptible. Chez l'homme sain,
une injection sous-cutanée de 0.25 centigrammes du liquide
non dilué, suflit pour produire une action considérable.
En rapportant ces chiffres au poids du corps (1/1500), on
trouve que la proportion qui n'a pas d'action visible sur le
cobaye, suffit pour produire chez l'homme une action éner-
gique.
Pour connaître les symptômes produits par une injection
de 0,25 centimètres cubes chez l'homme, je me suis fait une
injection au bras; voici ce que j'ai observé : trois à quatre
heures après l'injection, tiraillements dans les membres, dis-
position à tousser, dyspnée, symptômes qui augmentaient
rapidement; dans la cinquième heure frisson très violent,
durant presque une heure; en même temps nausées, vomisse-
ments, élévation de température jusqu'à 39°6; au bout de
douze heures, ralentissement de tous les symptômes, le
lendemain, la température était normale. Pendant quelqutîs
jours, je ressentis une lourdeur et une lassitude dans les
membres et il y avait aussi une rougeur autour du point d'in-
jection qui était un peu douloureux.
Chez l'homme sain, la dose minima qui puisse agir est,
d'après nos observations, d'environ 1 centim. cube de la solu-
tion obtenue en diluant le liquide originaire au centième (soit
1 centim. cube du liquide originaire). A cette dose seulement
les individus éprouvent de légères douleurs dans les membres
et une lassitude passagère. Quelques-uns ont présenté, en
outre, après l'application de cette dose, une élévation de la
température à 38° et un peu au-delà.
A côté de la grande différence d'action du remède chez
U SOCIETE BELGE DE MICROSCOIME.
l'homme, d'une part, et chez le cobaye, d'autre part, il y a,
par contre, sur quelques points relatifs à l'action produite,
une assez grande analogie entre ce qui se passe chez l'homme
et chez l'animal.
La plus importante de ses qualités est raction spécifique de ce
remède sur les processus tuberculeux, de quelque genre qu'ils
soient.
Je laisse de côté les expériences sur le cobaye, et je vais
décrire la réaction très étrange de l'homme tuberculeux à
l'égard de ce liquide.
Nous avons vu que l'homme indemne ne réagit nullement
ou presque pas à la dose de 1 centim. cube. Le même fait
a été observé sur les hommes malades, à la condition que
ceux-ci n'eussent pas été atteints de tuberculose. Mais dh que
vous injectez à un homme tuberculeux 1 centigramme de ce
liquide, vous obtenez mie réaction énergique, tant générale que
locale. La dose est, pour les enfants de trois à cinq ans : 0,001
(le dixième de la dose de l'adulte) ; chez des enfants très affai-
blis et chétifs nous avons obtenu, par la dose de 0.0005, une
réaction énergique mais sans danger pour la vie des petits
malades.
La réaction générale débute par un accès de fièvre, qui,
commençant dans la plupart des cas par un frisson, élève la
température au-dessus de '-^9°, même de 40° et 41°; en même
temps on observe : excitation à tousser, douleurs dans les
membres, grande lassitude, plus souvent nausées et vomis-
sements. Chez quelques-uns nous avons constaté un léger
ictère, et chez quelques autres un exanthème au cou et à la
poitrine ressemblant à celui de la rougeole. L'accès commence
quatre à cinq heures après l'injection et dure douze à quinze
heures. Dans des cas exceptionnels, nous avans vu se mani-
fester l'ensemble de ces symptômes plus tard, et chez ces
malades l'accès était moins intense. Les malades sont légè-
rement fatigués par l'accès et, lorsque celui-ci est terminé,
ils déclarent généralement se sentir mieux qu'avant le pro-
cessus.
La réaction locale s'observe le plus nettement chez les
BULLETIN DES SEANCES. 15
tuberculeux, dont l'affection tuberculeuse est visible, c'est-à-
dire chez les malades atteints de lupus tuberculeux. Chez ces
malades le remède produit des altérations qui nous font
connaître, d'une manière surprenante, l'action spécifique
antituberculeuse de ce moyen. Quelques heures après l'in-
jection faite sous la peau dorsale, c'est-à-dire à un point bien
éloigné des parties atteintes, les régions lupeuses commen-
cent — d'ordinaire même avant la manifestation du frisson
— à gonfler et à rougir.
Pendant la fièvre, le gonflement et la rougeur augmentent
de plus en plus et cet état arrive même au point que le tissu
lupeux présente ça et là une couleur brun-rouge et devient
nécrosique. Si les foyers lupeux sont plus limités, on voit que
la région, fortement tuméfiée et d'un brun-rouge, est entourée
d'une auréole blanchâtre d'une largeur de près d'un centi-
mètre, qui à son tour est entourée d'une zone rouge vif. Après
l'abaissement de la température, la tuméfaction des régions
lupeuses diminue peu à peu, de telle sorte qu'elle peut avoir
disparu au bout de deux ou trois jours. Les foyers lupeux eux-
mêmes sont couverts de croûtes formées d'un sérum s'écou-
lant en gouttes et se séchant à l'air; elles se transforment en
escharres qui se détachent spontanément au bout de deux à
trois semaines et présentent, parfois déjà après une seule
injection du liquide, une cicatrice lisse et rouge. En général,
il faut cependant plusieurs injections pour obtenir ce résultat.
Un point à noter, c'est que dans ce processus les altérations
décrites sont exclusivement limitées aux régions atteintes de
lupus ; les plus petites nodosités, presque invisibles et cachées
dans le tissu cicatriciel, prennent même part à ce processus et
deviennent visibles par suite du gonflement et du changement
de couleur, tandis que le tissu cicatriciel proprement dit, dans
lequel les processus lupeux se sont terminés, ne subit aucun
changement.
L'observation d'un malade atteint de lupus tuberculeux et
traité par ce liquide est tellement instructive et convaincante,
que je conseille à celui qui veut se rendre compte de l'action
■16 SOCIÉTÉ BELGE DE MICHOSCOI'IE.
de ce liquide de commencer par le traitement d'un lupus
tuberculeux.
Les réactions locales dans les cas de tuberculose des
ganglions lymphatiques, des os et des articulations, etc.,
sont moins frajipantes, mais toujours encore perceptibles
à l'œil et au toucher. On observe dans ces cas une tumé-
faction, une augmentation de la douleur et, si les parties
atteintes sont situées à la surface, on constate aussi de la
rougeur.
Pour le moment, la réaction qui se fait dans les organes
internes après l'injection échappe à notre observation, à moins
qu'on ne veuille rapporter à une réaction locale l'augmenta-
tion de la toux et des crachats des tuberculeux que l'on vient
d'injecter pour les premières fois. 11 faut admettre pourtant
aussi que chez ces malades il se passe des modifications ana-
logues à celles qu'on observe directement chez les lupeux.
On a observé les phénomènes de réaction dans tous les cas,
chez tous les malades tuberculeux, auxquels nous avons fait
des injections : // n'y a pas un seul cas où le liquide en question
liait manifesté so)i action toujours identique. Voilà pourquoi je
crois pouvoir dire que, pour l'avenir, ces injections nous servi-
ront comme un moyen précieux pour le diagnostic.
A l'aide de ce liquide, on pourra diagnostiquer la présence
de la tuberculose même dans les cas où l'on n'aura pas réussi
à trouver des bacilles ou des fibres élastiques dans les expec-
torations et où l'on n'aura pas non plus réussi à diagnostiquer
la tuberculose par l'exploration physique. Les affections
tuberculeuses des glandes, la tuberculose latente des os, une
tuberculose douteuse de la peau, etc., seront facilement
reconnues comme processus de la tuberculose vraie.
Dans les cas de tuberculose des poumons et des articula-
tions, où le processus pathologique semble être éteint,
l'injection permettra de s'assurer si réellement l'extinction
du processus est complète, ou s'il existe encore quelques
foyers, pouvant un jour donner lieu à une nouvelle évolution
de la maladie, tout comme l'étincellt' cachée sous des cendres
BULLETIN DES SÉANCES. 47
trompeuses peut se rallumer à tout moment et développer une
nouvelle tlamme.
Mais l'importance de l'action du liquide comme remède,
comme agent curatif, est beaucoup plus grande que celle qui
se rapporte à la question du diagnostic.
J'ai dit plus haut que le tissu lupeux, après la diminution
de la tuméfaction et de la rougeur, consécutives à l'injection,
ne revient pas à son état antérieur; au contraire, le tissu
lupeux est plus ou moins détruit et disparaît. Parfois, ce
processus se déroule de manière que le tissu atteint se mor-
tifie immédiatement après une seule injection et se détache
ultérieurement comme un tissu mort. Chez d'autres malades,,
il semble qu'il y ait plutôt une sorte d'atrophie ou de fonte
du tissu, qu'il s'agisse d'un processus qui, pour aboutir à
une guérison, paraît avoir besoin de l'influence répétée de
l'action du liquide. Je ne puis dire exactement aujourd'hui
de quelle manière se font ces processus, les examens histo-
logiques nécessaires faisant encore défaut. Mais ce qui est
constaté, c'est qu'il ne s'agit pas d'une destruction des bacilles
des tubercules contenus dans les tissus; seul, le tissu qui
contient les bacilles des tubercules est atteint par l'action du
liquide. Dans ce tissu on voit une tuméfaction et une rougeur
considérables, c'est-à-dire des altérations notables de la
circulation, d'où dépendent sans doute des modifications
altérant profondément la nutrition, de sorte que le tissu doit
se mortifier. Cette mortification se fera plus ou moins rapi-
dement et profondément, suivant la façon dont l'action du
liquide est utilisée.
Le liquide, je le répète, ne tue donc pas les bacilles des
tubercules, mais le tissu tuberculeux, ce qui fait voir sa limite
d'action. 11 ne peut agir que sur le tissu tuberculeux vivant;
il n'agit point du tout par exemple sur des masses caséeuses
déjà mortifiées, des os nécrosés, etc.; il n'agit pas non plus
sur le tissu mortifié par l'action du liquide lui-même. Use
peut bien qu'il y ait encore dans ces masses de tissu mortifié
des bacilles des tubercules vivants, qui, ou bien sont expulsés
■18 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIR.
avec le tissu nécrosé, ou bien peuvent pénétrer sous des
conditions particulières dans le tissu avoisinant vivant.
Il faut faire bien attention à cette qualité du remède, quand
on veut mettre à profit toute son action pour la guérison. II
faut donc d'abord nécroser le tissu tuberculeux encore vivant,
puis tâcher avec la plus grande énergie d'éliminer le tissu
nécrosé, l'extirper même au besoin. Dans le cas où l'extirpa-
tion n'est pas applicable et où l'activité seule de l'organisme
ne peut effectuer qu'une expulsion lente, il faut continuer
l'application du liquide pour garantir le tissu vivant com-
promis d'une rèimmigration des parasites.
Le fait que le liquide mortifie le tissu tuberculeux et n'agit
que sur le tissu vivant, nous explique encore une qualité bien
particulière de cet agent : c'est que l'on peut en injecter des
doses rapidement croissantes. On pourrait de prime abord
attribuer cela à l'accoutumance; mais cette idée est réfutée
par ce fait que l'on peut augmenter la dose dans le courant
de trois semaines environ jusqu'à cinq cents fois la première
dose; ceci ne peut plus être considéré comme l'effet de l'fia-
bitude, car une telle adaptation rapide des malades à un
médicament est sans exemple.
Il faut dire plutôt qu'au commencement il y a eu une
grande quantité de tissu tuberculeux vivant ; et que par con-
séquent une petite dose de la substance active a suffi pour
produire une réaction énergique; or, comme par chaque
injection on fait disparaître une certaine quantité du tissu
capable de réaction, il faut, au fur et à mesure, des doses
de plus en plus grandes pour obtenir le même degré de
réaction que précédemment. Toutefois j'accorde que le
malade prend, en effet, jusqu'à un certain point, l'habitude
du remède.
A partir du moment où le tuberculeux, traité par des doses
de plus en plus croissantes, ne manifeste qu'une réaction aussi
faible que celle qu'on observe chez l'homme sain après l'in-
jection, on peut admettre que tout tissu tuberculeux suscep-
tible de réaction a cessé de vivre.
BULLETIN DES SEANCES. 19
En conséquence, pour que le malade, tant qu'il y a encore
des bacilles dans l'organisme, soit à l'abri d'une nouvelle
infection, il faut continuer le traitement; mais alors il faut
employer des doses lentement croissantes et établir des inter-
ruptions dans le traitement.
L'avenir nous démontrera si cette idée et les conclusions
que j'en tire sont justes. A l'heure actuelle, j'ai fait mes expé-
riences sur cette base. Nous avons procédé de la manière sui-
vante :
Presque chez tous les lupeux, nous avons injecté la dose
entière de un centigramme, nous avons laissé passer la réac-
tion, et au bout de une à deux semaines, nous avons injecté de
nouveau un centigramme, et nous avons continué de cette
manière jusqu'à ce que la réaction soit devenue de plus en
plus faible, pour cesser enfin complètement. Ainsi, chez deux
malades, atteints de lupus tuberculeux de la face, les régions
lupeuses se sont couvertes de cicatrices lisses après trois ou
quatre injections ; l'état des autres lupeux s'est amélioré de la
même manière au fur et à mesure de la durée de leur traite-
ment. Tous ces malades étaient atteints de lupus depuis bien
des années, et l'afï'ection avait été rebelle jusqu'ici à un grand
nombre de méthodes de traitement auxquelles chacun d'eux
avait été déjà soumis.
Nous avons traité de la même manière des cas de tubercu-
lose des ganglions, des os, des articulations. Le succès obtenu
a été le même que chez les lupeux : amélioration rapide dans
les cas récents et légers, amélioration lente dans les cas graves.
Chez la plupart des tuberculeux, les conditions se présen-
tent un peu différemment. Il faut dire d'abord que les
malades atteints de tuberculose pulmonaire prononcée, sont
beaucoup plus sensibles à l'égard du liquide que les malades
atteints d'aff"ections tuberculeuses chirurgicales. Nous avons
constaté bientôt que la dose d'un centim. cube était trop forte
pour les phtisiques et nous avons obtenu chez ceux-ci une
réaction énergique après l'injection de deux millim. cubes et
même de un millim. cube du liquide. Mais, en débutant par
20 SOCIKTE BELGE DE MICROSCOPIE.
cette dose minima, on peut bientôt augmenter rapidement la
dose, et, au bout de peu de temps, les phtisiques supportent
les mêmes doses que les autres malades.
Généralement nous injections à un phtisique, pour la pre-
mière fois, un millim. cube et, si l'injection était suivie d'élé-
vation de la température, nous injections chaque jour la
même quantité, jusqu'à ce qu'il ne se produisît plus de réac-
tion. A ce moment seulement, nous injections deux millim.
cubes jusqu'à ce que cette injection ne fût plus suivie de
réaction, et ainsi de suite, en augmentant chaque jour la
dose d'un millim. cube; nous sommes arrivés ainsi à des
doses d'un centim. cube et plus. A mon avis, ce procédé doit
donc être suivi chez les malades qui ont peu de forces, car il
permet d'administrer aux malades les doses nécessaires,
presque sans fièvre.
Quelques phtisiques, dont les forces étaient encore assez
bonnes, ont été traités soit à l'aide de doses immédiatement
élevées, soit à l'aide de doses rapidement croissantes, et il m'a
semblé que le résultat favorable se faisait sentir d'autant plus
vite. L'action du liquide chez les phtisiques était telle que
les quintes de toux et les expectorations, après avoir d'habi-
tude augmenté d'abord quelque peu à la suite des premières
injections, allaient ensuite en diminuant à l'ordinaire; puis
ces symptômes décroissaient de plus en plus pour disparaître
enfin complètement, au moins dans les cas où la marche fut
la plus favorable; en même temps, les expectorations, jusqu'ici
purulentes, devinrent muqueuses.
Le nombre des bacilles ne commençait généralement à
baisser que quand l'expectoration avait pris un aspect mu-
queux (il faut noter ici que l'on n'a choisi pour ces expé-
riences que des malades présentant des bacilles dans leurs
crachats). Les bacilles, alors, disparaissaient complètement
pour un temps, mais se retrouvaient de nouveau, de temps
à autre, jusqu'à ce que l'expectoration cessât entièrement.
En même temps les sueurs nocturnes se supprimaient,
l'aspect général s'améliorait, et le poids des malades augmen-
BULLETIN DES SÉANCES. 21
tait. Les malades traités dans le stade initial de la phtisie
furent tous délivrés, en l'espace de quatre à six semaines, de
la totalité des symptômes de leur maladie, de sorte qu'on
put les considérer comme guéris. Des malades, porteurs de
cavernes dont les dimensions n'étaient pas trop grandes,
ont été aussi considérablement améliorés et à peu près guéris.
C'est seulement chez les phtisiques dont les poumons conte-
naient des cavernes nombreuses et vastes, que, (en dépit
d'une diminution encore manifeste des crachats accompagnée
d'un amendementdes phénomènes subjectifs), aucune amélio-
ration objective ne fut constatée. A la suite de ces expériences,
je suis disposé à admettre qu'une phtisie commençante peut être
GUÉRIE d'une manière CERTAINE A l'aIDE DE CE REMÈDE (1). Cette
conclusion s'applique encore, mais en partie seulement, aux
cas dans lesquels l'affection n'est pas trop avancée déjà.
Mais les phtisiques qui portent de grandes cavernes et chez
lesquels il existe, la plupart du temps, des complications
(telles que la pénétration dans les cavernes de divers microbes
susceptibles de produire la suppuration, ou la formation
dans d'autres organes d'altérations pathologiques qu'on ne
peut enlever, etc.), ne retireront guère qu'exceptionnellement
un bénéfice durable de l'emploi de ce remède. Cependant
les malades de cette catégorie furent aussi améliorés passa-
gèrement dans la plupart des cas. On doit en conclure que,
chez eux aussi, le processus morbide originel, la tuberculose,
a été influencée par le remède de la même manière que chez
les autres malades et que, d'habitude, il manque seulement
en pareil cas la possibilité d'éliminer les masses de tissus
(I) Au sujeldecelle déclaration, il faut néanmoins faire encore quelque
réserve, attendu qu'actuellement il n'y a pas et il ne peut pas y avoir
encore d'expériences décisives permettant de savoir si la guérison est
définitive. Il va de soi qu'on ne saurait exclure encore îà présent la
possibilité d'une récidive. On peut fort bien admettre, toutefois, qu'on
viendrait à bout des récidives aussi aisément et aussi rapidement que
de la première atteinte.
Il se pourrait aussi, d'autre part, que les individus une fois guéris
aient acquis une immunité durable, analogue à celle qui s'observe à
l'occasion d'autres maladies infectieuses. C'est là également une
question qui doit demeurer encore ouverte.
22 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
nécrosés à côté des processus de suppuration secondaires.
Involontairement on est amené ainsi à se demander si l'on
ne devrait pas porter encore une assistance utile à quelques-
uns de ces malades si gravement atteints, en combinant le
nouveau traitement avec quelque intervention chirurgicale
(dans le genre de Fempyème, par exemple), ou avec d'autres
facteurs curatifs. Ce que je voudrais surtout déconseiller
formellement, c'est l'application de ce remède tentée, en
quelque sorte d'une manière schématique et sans distinction,
chez tous les tuberculeux.
L'indication la plus simple à formuler consiste dans l'appli-
cation de ce traitement dans les cas de phtisie commençante
et d'affections chirurgicales simples; mais, pour toutes les
autres formes de la tuberculose, le jugement du médecin
reprend forcément tous ses droits, car il est indispensable ici
d'individualiser soigneusement et de mettre en même temps
en œuvre tous les autres modes d'assistance susceptibles de
fournir un appui à l'action du nouveau traitement.
Dans bien des cas, j'ai eu cette impression très nette que la
façon dont les soins sont donnés aux malades exerce sur l'ac-
tion curative une influence qui est bien loin d'être sans impor-
tance; aussi je préférerais aux traitements à domicile ou dans
les établissements ambulants, l'application de la cure nouvelle
dans des établissements appropriés, où l'on pourra mieux
assurer l'observation minutieuse des malades et les soins les
plus rationnels. On ne saurait encore déterminer, en ce
moment, dans quelle mesure il sera avantageux de combiner
avec la méthode nouvelle l'application des procédés de traite-
ment reconnus utiles jusqu'à ce jour, tels que l'usage des cli-
mats de montagne, de la cure à l'air libre, des modes spéciaux
d'alimentation, etc.; mais je crois que ces divers facteurs de la
cure, joints à l'emploi du traitement nouveau, seront, eux
aussi, d'une utilité très grande dans un très grand nombre de
cas, notamment dans les cas jusque-là négligés et graves, ainsi
que dans le stade de convalescence (1).
(I) En ce qui concerne la lubcrculose de l'encéphalo ou du larynx et
BULLETIN DES SÉANCES. 2.S
Le point capital du nouveau mode de traitement réside,
comme je l'ai dit déjà, dans son application aussi précoce que
possible. La période initiale de la phtisie représente le vérita-
ble objectif du traitement, parce que c'est à l'égard de celle-ci
qu'il peut exercer son action intégralement. Aussi ne saurait-
on insister suffisamment sur la nécessité qui s'impose aux
praticiens, désormais plus encore que jusqu'à présent, d'éta-
blir le diagnostic de la phtisie d'aussi bonne heure que
possible. Jusqu'ici la recherche des bacilles dans les crachats
était restée considérée, comme un examen d'intérêt secon-
daire, assurant il est vrai le diagnostic, mais sans autre utilité
pour le malade et par suite trop souvent omis, ainsi que j'ai
pu m'en convaincre en ces derniers temps chez un grand
nombre de phtisiques qui avaient passé entre les mains de
plusieurs médecins, sans que leur expectoration eût été l'ob-
jet d'un seul examen.
Il en doit être autrement dans l'avenir. Tout médecin qui
néglige d'établir, à l'aide de tous les moyens qui lui sont
offerts et notamment à l'aide de l'examen des crachats sus-
pects, le diagnostic aussi précoce que possible de la phtisie,
se rend coupable d'une faute professionnelle grave envers son
malade, parce que de ce diagnostic et de la précocité du trai-
tement spécifique consécutivement institué, peut dépendre
cette vie humaine. Dans les cas douteux, le médecin devrait,
à l'aide d'une injection d'essai, acquérir une certitude à l'égard
de l'existence ou de l'absence d'une tuberculose.
Le procédé nouveau ne constituera un réel bienfait pour
l'humanité souffrante que le jour où il aura rendu possible
d'instituer en temps opportun le traitement de tous les cas
de tuberculose, et où il aura permis de ne plus laisser se
développer ces formes négligées et graves, qui ont entretenu
jusqu'à présent une source inépuisable d'infections sans cesse
renouvelées.
la tuberculose miliaire, nous avons eu à notre disposition un matériel
trop restreint pour nous permettre de grouper à cet égard un nombre
d'expériences suffisant.
24 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
En terminant, je désire faire observer que je me suis abstenu
intentionnellement dans cette communication de toute don-
née statistique et de toute description des cas particuliers,
parce que les médecins dans les services desquels se trouvent
les malades soumis à nos expériences, comptent fournir eux-
mêmes les observations des divers cas, et que je ne veux rien
relater à l'avance de ce qui se rapporte à leurs observations
présentées sous une forme aussi objective que possible.
PAKATOLOÏDINE
tel est le nom donné par M. Koch à son nouveau remède.
(Semauie médicale)
BILLETII\ DES SÉANCES
DE LA
SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE
Tome XVII. NMI. 1890-1891.
Procés-verbal de la séanee lueiisuelle
du 99 novembre 1890.
Présidence de M. Errera, président, i
La séance est ouverte à 8 1/4 heures.
Sont présents : MM. Bauwens, Bordet, D"" Coppez,
H. Coppez, Delogne, de Pitteurs, DeWildeman, Errera,
Francotte, Fanck, Jacobs, Hendrix, M"" Leclercq, Lewin,
Lor, Nypels, Rynenbroeck, Slosse, Tocheff, Vanden-
broeck, et Gallemaerts, secrétaire.
M. le docteur Thiriaux assiste à la séance.
Ouvrages 7'eçiis en hommage :
D"" J.-G. De Man. — Quatrième note sur les nématodes
libres de la !\ler du Nord et de la Mane/ie (Mém. soc.
zool. de France, 1890.)
E. De Wildeman. — Note sur la dispersion des Ceplia-
XVII 3
26 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
leuros virescens et Plitjcopeltis arundinacea (Mont.)
De Toni (Notarisia n" 20.)
J. Deby. — Bihliogimpliie récente des Diatomées III;
Nécrologie (Nuova 'Xotarisia, octobre 1890.)
W. Behrens. — Leitfaden der botanischen Mikrosho-
pie (Ilarald Brnhn, Brannsclnueig).
J.-B. Cox. — Tlie new apocliromatic objective (T/ie
microscope 1890.)
— — Diatoms-Tlieir nutrition and locomotion (The
microscope 1890.)
L'assemblée vote des remerciments à MM. De Man,
De Wildeman, Debv, Behrens et Cox.
Lupus «le la conjonctive, par le D' E. Gallemaerts.
Au moment où- la question de la tuberculose est à
l'ordre du jour, il ne sera pas sans intérêt de dire quel-
ques mots au sujet de l'étiologie du lupus, et de rappeler
rapidement les opinions des auteurs qui ont le plus con-
tribué à établir l'identité de cette affection etde la tuber-
culose.
La question de l'étiologie dulupuspeut être envisagée
à différents points de vue, notamment au point de vue
de la clinique, de l'anatomo-pathologie et de la bac-
tériologie. Je n'ai pas l'intention de développer longue-
guement ce sujet; il est traité d'une façon complète par
l'un de nos membres, M. le docteur Dubois-Havenith
dans un excellent travail qui ne tardera pas à voir le
jour.
En I87r> déjà, Friedliinder se basant sur la présence
BULLKTIN DES SÉANCES. 27
(Je cellules géantes dans le lissii lupeiix, avait émis, l'un
des premiers, l'hypollièse que le lupus et la tuberculose
sont des affections de même nature. Après cet auteur,
Lang (1875), Colomiatti, Idelson (1879), Stilling
(1877) et d'autres se rangèrent à la même opinion qui
fut vivement combattue par Chiari (1879) et Jarisch
(1880).
La structure du lupus fut le mieux étudiée par Baum-
garten; ses recherches portèrentprécisémentsur le lupus
de la conjonctive (*).
En comparant les nodules du lupus et ceux de la
tuberculose, il y rencontrait les ressemblances sui-
vantes : ces nodules sont tous deux formés d'un tissu
de granulations, c'est-à-dire qu'on y rencontre des cel-
lules immigrées, des cellules épithélioïdes, et enfin des
cellules géantes. Si tels sont les caractères communs,
il en est cependant aussi d'essentiellement différents.
D'abord, les produits du lupus se rapprochent beaucoup
plus des tissus de nouvelle formation que les tubercules
proprement dits; le nodule dans le lupus, même quand
ilest complètementdéveloppé, ne seprésenteque comme
un foyer circonscrit de tissu granulaire; il contient des
vaisseaux en môme temps qu'il renferme des cellules
géantes; ce nodule peut s'enflammer, se résorber ou
bien se cicatriser. Le tubercule vrai est toujours un gra-
nulome privé de vaisseaux, et subit un processus nécro-
biotique que l'on ne rencontre jamais dans le lupus : la
caséification.
Birch-Hirschfeld, deux années après la publication du
travail de Baumgarten, s'appuie sur les mêmes considé-
(*) Balmgakten. Ucber Lupus tind Tuberculose, besonden der Conjunc-
liva{Arcli. Virchow, 1880, p. 597).
28 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
rations que lui pour repousser l'identité de la tuberculose
et du lupus, tout en admettant la nature infectieuse de
cette dernière maladie.
Lorsque le bacille de Kocb fut découvert, on se trou-
vait en présence d'un nouveau critérium, et la question,
indécise jusqu'alors en raison des divergences d'opinion
basées sur des faits cliniques et anatomo-patbologiques,
fut étudiée de nouveau et définitivement tranchée en
faveur des partisans de l'identité des deux affections. En
effet, Koch, dans son grand travail sur l'étiologic de la
tuberculose, rapporte 7 cas de lupus dans lesquels il
retrouva les bacilles caractéristiques au sein des cellules
géantes; ces bacilles étaient rares il est vrai, car il fallait
parfois examiner 27 à 42 coupes avant d'en trouver un
seul. Mais la preuve de la nature tuberculeuse du lupus
était donnée d'une manière plus concluante, par la
méthode des inoculations. Ainsi, avec les produits des
7 cas de lupus introduits dans l'œil du lapin, Koch
détermina chaque fois une tuberculose de l'iris, puis
une tuberculose généralisée. Enfin, un lupus hypertro-
phique fournit à Koch une culture pure de bacilles tuber-
culeux. La preuve de la nature tuberculeuse du lupus
était ainsi donnée d'une façon péremptoire par la décou-
verte de Koch.
Après lui, Schuchardt et Krause (1885) Lachman
(1884), Kobner (188-4), Martin (1885), Pétrone (1884) et
plus tard Cornil et Leloir (1886), démontrèrent l'exis-
tence du bacille de Koch dans le lupus, les uns en pro-
cédant à l'examen bactériologique des tubercules du
lupus, les autres en ayant recours à des inoculations.
Paul Bert (1885) alla même jusqu'à préconiser le lupus
comme un vaccin contre la tuberculose.
BULLETIN DES SÉANCES. 'i'J
La démonstration du fait est surtout intéressante en
ce qui concerne le lupus de la conjonctive. Pasçenstecher
(1885] détermina avec les produits de o cas de lupus de
la conjonctive, une tuberculose irienne par inoculation
dans la chambre antérieure. Parinaud (1884), Gayet
(1885), Rbcin (1886), Stolting (1886), retrouvèrent le
bacille dans les coupes microscopiques. Plus récemment
encore, Trousseau {") fit part à la Société française d'oph-
talmologie du résultat de ses expériences avec un lupus
de la conjonctive. L'existence des bacilles de Koch fut
déterminée par Haensell ; l'inoculation dans la chambre
antérieure de l'œil du lapin détermina deux fois sur les
deux cas opérés la tuberculose de l'iris; l'inoculation
dans les lames de la cornée ne réussit qu'une fois sur
deux.
Le lupus de la conjonctive est une affection rare ; je
n'en ai pour ma part observé que deux cas, que M. le
professeur Coppez a présentés à sa clinique; cette affec-
tion se développe parfois spontanément, mais le plus
souvent elle se déclare chez des sujets déjà atteints par
l'extension d'un lupus de la paupière ou de la joue. On
trouve sur la muqueuse conjonctivale des végétations
plus ou moins nombreuses et développées, d'un rouge
très vif, ulcérées par places. Les préparations que je
vous présente, proviennent d'un lupus de la conjonc-
tive développé chez une jeune fille de 22 ans, en
traitement dans le service du docteur Coppez. Elle
était malade depuis quatre ans. L'affection avait débuté
par le nez, de là elle s'était étendue à la joue. Chose
remarquable, les gencives sont gonflées et présentent
(1) Trousseau. Lupus et tuberculose oculaire. (Bvll. Société {rançaise
optUalm.), p. 86, an. 18S9.
30 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
l'aspect (l'un lissii granulaire qui saigne facilement. En
retournant la paupière supérieure, on peut constater
l'aspect velouté de la conjonctive; et dans le cul-de-sac
existe une végétation rougeâtre, occupant presque la
moitié de la longueur de la paupière. L'excision de la
végétation fut faite à l'œil gauche par M. Coppez, avec
application consécutive du thermo-cautère au niveau
de la plaie. On peut constater dans les préparations
obtenues que la structure répond complètement à la
description de Baumgarten ; c'est un tissu de granula-
tion, les cellules géantes sont très rares, mais par contre
les vaisseaux y sont très abondants. D'autre part, en
traitant les préparations par la méthode de Ziehl, on y
décèle l'existence de nombreux bacilles de Koch. Cette
constatation est donc une confirmation nouvelle d'un
fait observé par beauci)up d'auteurs. Et si l'on considère
comme tuberculeux, tous les processus pathologiquesqui
se développent sous l'influence du bacille de Koch, il est
permis d'affirmer, en nous basant sur ces recherches,
que le lupus et la tuberculose ne sont que des modalités
différentes de la même affection.
Il reste à examiner un dernier point. On peut se
demander pourquoi la tuberculose conjonctivale est si
rare; pourquoi la conjonctive présente-t-elle une espèce
d'immunité contre la tuberculose? La conjonctive
offre cependant une surface exposée à l'inoculation des
germes tuberculeux autant, si pas plus, que les autres
muqueuses. L'explication de ce fait étrange nous semble
fournie par des expériences intéressantes, instituées par
le docteur Valude, de Paris (*).
(*) Vai,ui)E. Etude expérimentale sur Vinoculalion tuberculeuse des
parties baignées par les larmes (1887).
BULLETIN DES SÉANCES. 31
Cet auteur a essayé de déterminer la tuberculose con-
jonctivale par inoculation directe. Il pratiqua 6 inocu-
lations dans la conjonctive saine, 5 dans la conjonctive
présentant des plaies. Aucune ne donna la tuberculose.
Les inoculations pratiquées dans la glande lacrymale
eurent le même insuccès. D'autre part, et ses expérien-
ces concordent avec celles d'autres auteurs, il réussit
cinq fois sur six, à produire la tuberculose par inocula-
tion sous-conjonctivale. Enfin la tuberculisation du sac
lacrymal fut vainement essayée; elle échoua chaque fois
qu'elle fut tentée. Ne peut-on pas en conclure, comme le
fait Valude, que cette immunité de la conjonctive est due
à la présence du liquide lacrymal qui la baigne constam-
ment, s'écoule par le canal lacrymal, est renouvelé sans
cesse, et conserve par conséquent toutes ses propriétés
microbicides pour le bacille de Koch. Une semblable
conclusion n'a rien d'exagéré; elle nous semble justifiée
par les résultats de l'observation et de l'expérimentation.
Le traitement de la tuberculose pai* la lué-*
tliocle de Koeli, par le docteur L. Hendrix.
Notre « Bulletin » a publié l'important article dans
lequel Koch expose sa méthode de traitement delà tuber-
culose, décrit les propriétés de sa lymphe et définit les
résultats divers de son application aux malades tubercu-
leux. Ce travail est en apparence plein de promesses,
en réalité plein de réticences, et contraste avec le style
ferme et les allures nettes auxquels les mémorables tra-
vaux antérieurs de l'illustre bactériologue nous avaient
habitués. Contrairement à ses habitudes, au lieu de nous
32 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
présenter une œuvre complète, terminée, n'exigeant plus
du public scientifique qu'un travail de contrôle, Koch
nous livre aujourd'hui une étude préparatoire, et semble
demander à la clinique le complément des recherches
faites au laboratoire ,'et la confirmation des promesses
qu'il paraît ne formuler qu'avec une certaine hésitation.
Nous ne sommes encore qu'à la première période de
cette étude complémentaire et il est impossible pour le
moment, et probablement avant une longue période d'ex-
périmentation, de formuler un jugement sur la valeur
de la méthode. C'est pourquoi je serai très réservé sur
tous ces points d'appréciation, et très bref dans l'expo-
sition de l'état actuel de la question.
Un premier point semble éclairci. C'est l'incontestable
valeur diagnostique de l'inoculation. Toutes les affirma-
tions de Koch sur ce sujet paraissent se réaliser. La
lymphe est un réactif d'une sensibilité exquise vis-à-vis
du tissu tuberculeux. Il en révèle l'existence partout où
il se trouve et en signale la présence dans les points
ignorés. Chaque jour surgissent à ce point de vue des
révélations inattendues et, cette propriété subsistât-elle
seule, le procédé de Koch constituerait déjà une trou-
vaille d'une valeur inestimable. Cependant de toutes parts,
et j'en ai observé moi-même, sont signalés déjà des faits
d'exception (Rosenbach, Gerhardt, Leytlcn) observés chez
des malades manifestement tuberculeux qui n'ont pas
présenté la réaction caractéristique. Ces faits, rares
exceptions du reste en présence de centaines de faits
positifs, se multiplieront évidemment. Ils demandent à
être étudiés de près, mais ce n'est que quand on pos-
sédera des notions exactes sur le mode d'action des
liquides, et des examens histologiques approtondis, que
BULLETIN DES SÉANCES. 33
l'on pourra en déterminer exactement la signification et
l'importance.
Reste la valeur thérapeutique du remède. Il convient
ici d'être plus réservé encore. La confiance absolue que
l'on ressentait devant les assertions de Koch avait donné
lieu, au début, à d'étranges illusions. On s'imaginait
que le traitement nouveau guérissait d'une manière sûre
et rapide toutes les affections tuberculeuses localisées,
telles que le lupus, la tuberculose chirui'gicale et laryn-
gée, ainsi que les formes plus disséminées, telles que la
tuberculose pulmonaire, à condition que celle-ci ne fût
pas parvenue à un stade trop avancé. Plus le temps passe
et mieux on s'aperçoit qu'il faut en rabattre et remettre
à plus tard la constatation du résultat définitif. En réa-
lité, tous ceux d'entre nous qui sont allés à Berlin et qui
ont pu observer les cas les plus anciens en traitement,
ont bien vu que le liquide de Koch exerce sur le tubercule
une action manifestement favorable, qu'il le mortifie (*),
qu'il en favorise l'élimination de l'organisme, quand celle-
ci est possible, que, s'il ne détruit pas le bacille, il lui fait
perdre de sa vitalité et lui fait subir des altérations évi-
dentes, que d'une manière générale, l'organisme semble
profiter des modifications subies par le tubercule. Mais,
après deux mois environ d'expérimentation, qui de nous
peut dire avec certitude avoir vu un seul cas formel de
guérison? Nous avons vu sans doute des lupus arrivés à
un point d'amélioration tel qu'il confine à la guérison.
Nous avons vu un ou deux cas de tuberculose osseuse qui
(•) Kromayer [Deutsche med. W'ocli., 1890, n» 49) mel en doute
cette manière de voir de Koch. Sur un lambeau de lupus excisé pendant
la réaction, 7 1/2 heures après l'inoculation, il a constaté l'absence de
signes de mortification du tubercule proprement dit, mais bicnl'infiUra-
lion purulente des tissus vasculaires périphériques.
34 SOCIETE BELGE DE BIICROSCOPIE.
semblent guéris. Le professeur Fraeiitzel a congédié
comme rétablis, mais en faisant les réserves les plus
formelles, deux tuberculeux de la poitrine. Kocb affirme
en avoir fait sortir trois guéris. Mais en général nous
avons été obligés de constater, et les observations qui
nous sont parvenues depuis nous confirment dans cette
appréciation, que dans l'immense majorité des cas, si
une amélioration générale a été constatée, la giiérison
est encore attendue et paraît devoir se faire attendre
longtemps.
Je n'insisterai donc pas sur ces points et puisque je
parle à des micrograpbes, je préfère attirer votre atten-
tion sur les modifications que présentent, sous l'influence
des inoculations du liquide de Kocb, les bacilles tuber-
culeux. Les observations sur ce point n'ont pu être faites
jusqu'à présent que sur les bacilles trouvés dans l'expec-
toration des tuberculeux de la poitrine. Cbez ceux-ci,
on observe en général, après les premières inoculations,
une augmentation de la toux et de l'expectoration, dans
laquelle les bacilles sont plus abondants; ils apparais-
sent en agglomérats nombreux, noyés dans des petites
masses visqueuses, qui semblent des tubercules dégéné-
rés et éliminés, au milieu desquels ils paraissent consti-
tuer des cultures pures. Bientôt l'expectoration diminue,
les bacilles sont moins nombreux, disparaissent pendant
quelque temps pour reparaître souvent plus tard. En
même temps ils s'altèrent, et ce sont ces altérations que
vous pourrez vous-mêmes constater sous ces microscopes,
en les comparant aux bacilles normaux, placés à côté.
Elles proviennent d'un malade qui a subi pendant quatre
semaines environ le traitement par les inoculations.
Vous verrez que les bacilles sont beaucoup plus petits
BULLETIN DES SÉANCES. 3S
que les bacilles normaux, qu'ils sont surtout plus étroits,
presque filiformes, qu'à part les deux extrémités, ils
sont mal colorés, que ces deux extrémités, délail carac-
téristique, sont noiablement et très visiblement tumé-
fiées, de sorte que le bacille affecte la forme d'un biscuit
ou plus exactement d'une haltère. Vous verrez aussi que
beaucoup de ces bacilles présentent sur différents points
de leur longueur une sorte d'étranglement qui leur donne
l'aspect moniliforme. Mais je me hâte d'ajouter que cette
dernière altération, quoique de beaucoup plus fréquente
dans ces cas-ci, n'est pas absolument caractéristique.
Elle s'observe notamment aussi, mais plus rarement et
d'une manière moins générale, chez les tuberculeux
encore vigoureux, présentant des cavernes et ayant
résisté longtemps à leur afïection, en un mot, dans les
vieilles cavernes. Les bacilles, quoique altérés, ne meu-
rent pas, ainsi que Koch l'a constaté lui-même. Ils sont
susceptibles de culture et d'inoculation, et l'on a observé
que quand le traitement a été suspendu pendant une
quinzaine de jours, ils reprenaient leurs caractères mor-
phologiques primitifs.
Il ne parait pas, du moins par ce qu'on sait de l'expé-
rience acquise jusqu'à présent, que le tubercule mortifié,
ou du moins altéré, et avec lui les bacilles encore vivants
qu'il renferme, ait une tendance à s'éliminer de l'orga-
nisme, à l'exception toutefois des tubercules tout à fait
superficiels, tels que le lupus, n'infiltrant que les couches
superficielles de la peau, ou le tubercule osseux compli-
qué de fistule. C'est là probablement que réside l'incer-
titude et peut-être le danger de la méthode. Il se peut et
c'est sans doute ainsi que le processus évolue, que les
bacilles restent emprisonnés dans le tubercule mortifié
36 SOCIÉTÉ BELGE DE MICKOSCOPIE.
sur lequel ils n'exercent plus aucune action et qui leur
constitue une enveloppe impénétrable. Mais que, sous
l'influence d'une cause quelconque, un traumatisme, une
inflammation, cette enveloppe vienne à se briser : les
bacilles, rendus à la liberté, se répandront dans le tissu
sain avoisinant et provoqueront une récidive locale, ou
bien, danger plus grand, tomberont dans la circulation
générale et infecteront l'organisme. C'est pourquoi, ainsi
que l'a parfaitement saisi et exposé le docteur Kœhler, il
serait peut-être sage, après guérison par l'inoculation,
d'extirper cbaque fois que ce sera possible (lupus des
couches profondes de la peau, infiltrations sous-cutanées,
ganglions, tubercules des os ou des articulations) le foyer
mortifié.
Tous ces points sont encore du domaine de la théorie
pure et seront résolus par l'expérimentation et l'étude
histologique. Abstenons-nous donc de formuler un juge-
ment, quel qu'il soit et laissons à un avenir, peut-être
prochain, le soin de nous éclairer sur la valeur de la
découverte de Koch.
A la suite de cette communication une discussion
s'engage.
M. le docteur Coppcz est d'avis qu'en présence du
nombre relativement faible d'injections qui ont été faites,
il n'est pas possible d'aflirmer qu'aucune afl'ection géné-
rale autre que la tuberculose, ne puisse donner la réac-
tion à la suite d'injection du liquide Koch. De plus, il
est d'avis que ces injections peuvent présenter de graves
dangers notamment dans les cas de péritonite tubercu-
leuse, de méningite. Si la réaction ne se produit plus
après quelques injections, ce n'est pas, d'après M. Coppez
BULLETIN DES SÉANCES. 37
parce qu'il y a guérison, mais à cause de l'accoutumance
au poison.
M. Hendrix répond que l'expérimentateur doit tou-
jours s'entourer des plus grandes précautions et que
jusqu'ici les accidenis ont été très rares.
M. Gallemaerts demande si les altérations des bacilles
ne se rencontrent pas chez les tuberculeux qui n'ont pas
été soumis au traitement.
M. Hendrix insiste sur ce point que dans les prépara-
tions fournies après l'injection, on constate les déforma-
tions non pas de quelques bacilles, mais de presque tous.
M. Slosse fait remarquer que l'on constate à la suite
des injections, une amélioration dans l'état général, une
augmentation de poids, une diminution de l'expectora-
tion ; ce qui prouve que la situation est devenue meil-
leure.
M. Lewin signale deux cas de tuberculose pulmonaire
avec bacilles, dans lesquels il n'y a pas eu de réaction.
Enfin plusieurs membres sont d'avis que la méthode
n'ayant été expérimentée sur l'homme que depuis le
commencement du mois de septembre, il est difficile en
ce moment d'en déterminer la valeur.
Bibliog;rapliie
Behrens. — Leitfaden der bolanischen Mikroshopie.
Ce travail, constitue pour ainsi dire, une nouvelle édi-
tion de la première partie du grand travail, que M. Behrens
a publié sur les travaux microscopiques de laboratoire.
M. Behrens divise ce traité en deux parties; la pre-
38 SOCIÉTÉ BELGE DE MiCROSCOPlE.
niière traitant du microscope et des appareils accessoires,
la seconde des préparations microscopiques.
Après avoir exposé sommairement la théorie des ima-
ges dans les microscopes simples et composés, il passe
à la description de ces instruments. L'objectif et l'ocu-
laire sont successivement décrits, le stativ et ses diffé-
rents modèles viennent ensuite. Parmi ceux-ci il en est
un qui est encore peu connu c'est le microscope d'aqua-
rium, de Schulze. Il est composé d'un [microscope hori-
zontal, pouvant se mouvoir dans trois directions à l'aide
de vis. 11 se place devant un aquarium à paroi parallèles
et de peu d'épaisseur. Au côté de l'aquarium, opposé au
microscope, on adapte une plaque, percée d'un trou, qui
peut se déplacer à volonté. La lumière est projetée vers
cette ouverture au moyen d'un miroir.
Les appareils d'éclairage, de chauffage, le pouvoir
définissant du microscope, font l'objet de quelques
observations.
Puis vient la description des appareils de stereosco-
pie, de microspectroscopie, de polarisation, et des micro-
mètres oculaires et objectifs.
Puis viennent les chambres à dessiner et les appareils
de photographies, mais ceux-ci n'occupent qu'un espace
très restreint, leur étude faisant d'ailleurs l'objet de
traités spéciaux.
Nous arrivons ainsi à la seconde partie de l'ouvrage
ayant rapport aux préparations elles-mêmes.
Après avoir décrit les ustensiles servant à la prépara-
tion des objets, l'aulcur nous indique les règles géné-
rales à suivre, pour la récolte, la culture des matériaux
d'études; il étudie alors les solutions qui devront fixer
les matériaux trais.
BULLKTIN DES SÉANCES. 39
Les matériaux fixés doivent dans bien des cas être
découpés en tranches, permettant l'analyse microsco-
pique, il s'agit donc de les encastrer dans une substance
qui permette de faire la coupe facilement.
L'auteur décrit ici les différentes méthodes d'inclu-
sion, qui peuvent être employées avec succès dans les
recherches botaniques,
Certaines préparations doivent subir avant l'examen,
certains traitements tels que : la macération, la calcina-
tion, etc., cela forme l'objet d'un autre chapitre. Pour
rendre les coupes plus transparentes, l'on emploie
comme on sait généralement de la potasse caustique en
solution, ou deThypochlorite de potassium ou de sodium.
La première de ces deux solutions absorbe comme on
saitfacilementl'anhydridecarboniquede l'air. M. Behrens
fait usage d'un flacon spécial pour conserver la solution.
Ce flacon à large goulot est fermé par un bouchon en
caoutchouc, qui est percé de deux trous; par l'un passe
un tuyau recourbé, qui plongedans le vase jusqu'au fond,
l'autre bout peut se fermer par un tuyau en caoutchouc
qui se bouche par une bagueltede verre. La seconde ouver-
ture du bouchon porte un entonnoir dans lequel on placera
la substance absorbant l'acide carbonique. Cet entonnoir
est fermé par un bouchon, qui est traversé par un tube
ouvert aux deux bouts.
Pour employer l'appareil, on remplit le flacon aux 5/4,
on bouche en ayant soin de tenir le tube recourbé fermé.
Puis on ouvre ce tube et on ferme l'autre; il suffit alors
de placer sa main sur la portion du flacon qui contient
de l'air, pour que la chaleur augmentant le volume fasse
sortir quelques gouttes par le tube recourbé.
Viennent ensuite les différentes méthodes de colora-
40 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOI'IE.
tion, avec indication des formules de préparation des
liquides colorants.
Le chapitre, traitant de l'objet vivant, donne les diffé-
rentes méthodes employées, et décrit entre autres la
méthode indiquée par Klercker, dont j'ai déjà donné la
description dans le bulletin de la Société.
Le travail se termine alors par l'indication des liquides
conservateurs, la fermeture des préparations et leur clas-
sement.
Ce traité est, comme on le voit, très complet malgré
son peu d'étendue, et rendra beaucoup de services à
l'étudiant qui s'occupe de microscopie botanique; il sera
pour lui un vade-mecum au courant de la technique
microscopique actuelle. É. D. W.
I\[otes «le tecliiiiqiie
M. W. Migula vient de décrire dans le Zeitsclirift fur
wissenchaltliche M'ikroskopie, Bd. VII, Heft 2, p. 172,
une nouvelle méthode pour la conservation d'organismes
inférieurs en préparations microscopiques. Le nouveau
médium qu'il propose est formé par le sérum du sang.
Après avoir stérilisé et filtré le sérum, cette dernière
opération devant être faite assez vite, on ajoute au
liquide filtré 10 p. 100 de glycérine; puis on le place
à l'étuve à une température de 45 à 50" C.
Quand l'évaporation est suffisante, on retire et on
obtient ainsi une masse gélatineuse semi liquide; on
l'enferme dans des vases bien fermés, que l'on place à
l'abri de l'humidité.
Pour l'emploi, on prend une minime quantité de la
BULLETIN DES SÉANCES. 44
masse ainsi formée, on la dissout dans dix à quinze fois
son volume d'eau distillée, ce qui demande un certain
temps. On place une goutte de ce liquide sur le porte-
objet et on y laisse tomber à l'aide d'une pipette l'orga-
nisme que l'on veut étudier. On laisse évaporer soit à
l'air, soit mieux à l'étuve vers 50°; les rayons solaires
peuvent également remplir le même but.
On laisse évaporer, jusqu'à ce que la masse qui se
trouve sur le porte-objet ait acquis la consistance du
sérum dont on était parti. On couvre la préparation après
avoir enduit la face du cover, tournée vers la préparation,
d'un liquide formée de :
Glycérine 40 parties.
Alcool absolu 20 —
Eau distillée 40 —
On place la préparation pendant deux heures encore
à l'étuve et on ferme à la manière ordinaire.
Cette méthode conviendrait très bien pour les algues
inférieures telles que les Volvocinées, les Flagellâtes et
pour les Infusoires. É. D. W.
M.Overton a décrit dans le même journal une méthode
spéciale pour la préparation d'algues dans le baume du
Canada.
Les objets à inclure, ayant été préalablement fixés
et colorés sont placés dans une certaine quantité de gly-
cérine diluée, qu'on laisse séjourner dans un vase ouvert
jusqu'à ce que l'eau contenue dans la glycérine se soit
évaporée, les objets sont alors transportés dans l'alcool
absolu.
Si l'on veut employer ensuite, pour éclaircir la prépa-
ration, de la térébenthine, de l'essence de girolle, on place
XVII. 3.
42 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
l'objet dans un verre de montre, en contenant une solu-
tion de 10 p. iOO dans l'alcool absolu. Le verre de mon-
tre est placé dans un vase fermé, dans lequel sont placés
quelques morceaux de chlorure de calcium. L'alcool est
absorbé et les objets s'imprègnent de l'huile, d'où on
peut facilement les transporter dans le baume. De cette
manière on peut monter des algues sans avoir de rata-
tinement. É. D. W.
N. B. Nos lecteurs sont priés de supprimer les deux
dernières lignes de la page 24 du Bulletin n° I; elles
n'appartiennent pas à la communication originale de
Koch.
BILLETIN DES SÉAI\CES
DE LA
SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE
Tome XVII. N° III. 1890-1891.
Procès» vei'baB de la séance uiensuclle
du ^7 déceiubi'C 1890.
Présidence de M, Errera, président.
Sont présents : MiM. Bauwens, Clautriau, Coomans,
Crépin, De Wildeman, Dineiir, Errera, Funck, GedoeL^t,
Hendrix, Laurent, Lor, Roufïart, Rynenbroeck et Ga!-
lemaerts, secrétaire.
Le procès-verbal de h séance de novembre est ap-
prouvé.
Ouvrages reçus en hommage :
Rupert Jones. — On some jossiL Estlieriae (Geolog.
magaz., vol. VII, n°515).
— On some Devonia and Silurian Ostracoda from
Norlli America y France, and tlie Bospliortis (Qua)t.
Jour, of (kol. soc, nov. 1890).
XVII 4
44 SOCIÉTÉ BELGE DE MIGROSCOPIE.
RupERT Jones. — Notes on tlie Paleozoic Bivalved
Entomostraca (Ann. and Magaz. of Nat. Hislorif,
oct. 1890).
L'assemblée vote des remerciements à M. Rupert
Jones.
Propositions du Conseil :
Le Conseil propose l'admission comme membres effec-
tifs de : MM. H. Coppez et R. Verhoogen.
En même temps le Conseil propose à l'assemblée de
compléter la liste des membres correspondants par les
noms de : MM. Baumgarten, professeur d'anatomie à
Tubingue, Butschli, professeur à Heidelberg, Metschni-
koff, chef de service à l'Institut Pasteur et Maupas, à
Angers.
Ces propositions sont adoptées.
Communications :
M. De Wildeman expose la suite de ses recherches
sur l'action de h chaleur dans la division cellulaire. Ces
expériences ont été faites sur des algues appartenant au
au groupe des Dcsmidiées et aux genres Cosmarium et
Closlerium. Le résultat obtenu est analogue à celui que
que l'auteur a obtenu sur la Spiroyyra dans un travail
précédent (*).
Il attire en même temps l'attention sur la division du
(■) Ti-aviiil sous presse dans le Journal de ta Sock'lc des sciences médi-
cales CL nalurellcsdc Bruxelles.
BULLETIN DES SÉANCES. ■^45
noyjiU qui se faitcaryocinétiquement et sur diverses par-
ticularités que l'on remarque dans ces mêmes noyaux
en vie.
Une série de préparations microscopiques montrent
les différents stades de la réduplication, que M. De Wil-
deman expose en s'aidant de ligures tracées au tableau
noir.
L'assemblée décide l'impression du travail dans les
Annales.
M. le Président donne lecture dé la lettre suivante :
G and, le 3 novembre 1800.
Cher Collègue,
Je regrette de n'avoir pu assister à la séance de la
Société de Microscopie : je ne suis revenu de Berlin que
lundi soir.
Je le regrette d'autant plus que je ne suis pas d'accord
avec mon excellent confrère M. le docteur Hendrix, sur
le point de savoir quelle interprétation il faut donner
des modifications morphologiques que les bacilles tuber-
culeux présentent parfois dans les crachats des malades
traités par la nouvelle méthode. Je suppose que la pré-
paration, qu'il a montrée à la société, vient de Fraentzel.
J'ai vu des préparations venant du même auteur. Je ne
suis nullement convaincu qu'il s'agisse là de bacilles
altérés, dégénérés ou ayant subi une modification struc-
turale quelconque sous l'influence de l'inoculation de la
lymphe de Koch. Il faut être extrêmement réservé sous
ce rapport, d'abord parce que Koch a affirmé, après de
nombreuses expériences surles animaux, que son remède
n'agit nullement sur la vitalité des micro-organismes
46 SOCIÉTÉ BELGE HE MiCROSCOPIE.
tuberculeux, ensuite parce que les modifications de
forme, que j'ai constatées dans les préparations de
Fraentzel, n'ont rien de bien caractéristique et peuvent
se rencontrer dans des crachats fuberculeux quelconques.
Il y a plus : un même crachat peut fournir, presqu'à
volonté, des bacilles droits, réguliers dans leur forme,
et des bâtonnets segmentés, grenus, noueux, comme
les montrent les préparations de Fraentzel. (1 suffît, pour
cela, de légères modifications dans le mode de traite-
ment.
Ce qui me confirme dans mes doutes, c'est une con-
versation que j'ai eue à l'Institut d'hygiène de Berlin
avec des bactériologistes très entendus. Exprimant mon
étonnement au sujet de l'assurance avec laquelle Fraent-
zel avait conclu de ses préparations à une action directe
du vaccin de Koch sur les bacilles tuberculeux, M. Pfeiffer,
l'assistant du maître, m'a appris que son étonnement
avait été aussi grand que le mien; qu'il regrettait beau-
coup de voiries conclusions deFrâentzelexprimées aust i
formellement, alors qu'elles avaient pour base des obser-
vations très contestables. Le docteur Klïhne, de Wies-
baden, bien connu par ses remarquables recherches sur
les méthodes de coloration des micro-organismes, a fait,
en ma présence, les mêmes réserves. Il a déclaré que les
préparations de Fraentzel ne prouvaient absolumeiit
rien et qu'il était possible d'obtenir des altérations bacil-
laires analogues à celles que Fraentzel considère comuic
produites par le remède de Koch, par les procédés habi-
tuels de coloration et avec des produits tuberculeux
quelconques.
Je vous écris ceci dans l'intérêt de la vérité scienti-
fique. Si vous le jugez bon, veuillez eominiiniqucr ces
BULLETIN DES SÉANCES. > 47
quelques réflexions à la société, en mon nom, dans sa
prochaine séance.
Croyez-moi, cher collègue.
Votre bien dévoué,
D' Van ErmeiNGEm.
A la suite de cette communication, M. le docteur
Hendrix prend la parole :
Je pense, avec M. le docteur Van Ermengen, qu'il faut
faire les réserves les plus formelles sur les conclusions
de Frsentzel au sujet des altérations de forme que subis-
sent les bacilles sous l'influence de la lymphe de Koch,
et il faut évidemment, pour qu'elles soient admises,
qu'elles aient subi un contrôle rigoureux. La préparation
que j'ai montrée à la Société provient du service de ce
clinicien. Je me bornerai seulement à faire remarquer
qu'elle a été prise au hasard au milieu d'une foule d'au-
tres absolument semblables, que le procédé qui a été
suivi pour la préparer est celui, devenu classique, de
Ziehl, que les préparations comparatives, faites sur les
crachats des malades avant leur inoculation, ont été
faites absolument dans les mêmes conditions, et qu'il
est par conséquent assez remarquable, que les mêmes
sujets qui, avant d'être soumis au traitement de Koch,
fournissaient des bacilles normaux, ont tout d'un coup
et tous, éliminé des bacilles altérés. •
Je reconnais néanmoins que Fraentzel est jusqu'à pré-
sent le seul qui ait observé les altérations qu'il signale
et que, en présence de l'opposition assez générale que
rencontrent ses observations, il est bon, jusqu'à plus
ample informé, que nous nous tenions sur la réserve.
48. SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
]\'otes de technique.
Dans une note de M. Pike publié dans The Micros-
cope, l'auteur recommande diverses solutions conserva-
trices. Il a entr'autres trouvé de grands avantages pour
la conservation des algues soit marines, soit d'eau douce,
dans l'emploi d'une solution composée de :
Eau distillée .... 50 grammes.
Sel gemme 0,12 —
Alun calciné .... 0,06 —
Acide carbolique. . . 1 goutte.
M. Ripart employait pour la conservation des algues
d'eau douces, telles que Spirogyra, Zygnema, etc., des
solutions de Phénate de soude, à la dose J p. 1000 et de
10 pour 1000, La première solution sert à la conserva-
tion en grand ; la deuxième sert pour les préparations
microscopiques, mélangées à la glycérine.
Pour obtenir une bonne conservation il recommande
de bien laver les algues, pour les débarrasser des impu-
retés qu'elles pourraient contenir et de les placer dans
des flacons complètement remplis du liquide à base de
phénate. E. D. W.
Troi^^ièiiie eoiUBiisiiiieatioii $i»ur un traiteniesot
«le la tuberculose, par M. le professeur R. Koch,
membre honoraire.
Depuis la communication que j'ai faite, il y a deux
mois, au sujet de mes recherches relatives à un nouveau
procédé de guérison de la tuberculose, beaucoup de
médecins ont reçu le remède en question et ont été
BULLETIN DES SÉANCES. 49
ainsi mis en mesure de connaître, à l'aide de leurs pro-
pres recherches, les propriétés de ce médicament.
En parcourant toutes les publications faites jusqu'ici
sur ce sujet, ainsi que les lettres qui me sont parvenues,
je constate que les données fournies par moi ont été
pleinement confirmées. Tout le monde s'accorde à
reconnaître que ce remède exerce une action spécifique
sur le tissu tuberculeux et que, par conséquent, il peut
être employé comme un réactif très délicat et très sûr
pour la démonstration de processus tuberculeux latents
et pour le diagnostic des cas douteux. En ce qui con-
cerne l'action curative de ce remède, la plupart des
médecins constatent que, malgré la brièveté relative des
cures entreprises, chez beaucoup de malades une amé-
lioration plus ou moins accentuée s'est déjà déclarée.
Dans maints cas, la guérison même, comme on me l'a
annoncé, a été obtenue. D'après quelques renseigne-
ments isolés seulement, ce remède pourrait non seule-
ment devenir dangereux dans des cas de tuberculose
trop avancée (ce que l'on peut admettre sans difficulté),
mais encore activer le processus tuberculeux et, par
conséquent, exercer par lui-même une action nocive.
Depuis un mois et demi, j'ai eu l'occasion de réunir
moi-même toute une série de nouvelles expériences con-
cernant la puissance curative et la valeur diagnostique
de ce remède, sur cent cinquante malades environ
affectés de tuberculoses les plus diverses, à l'hôpital
municipal de Moabit; tout ce que j'ai constaté dans ces
derniers temps concorde avec mes observations précé-
dentes, et je n'ai rien à modifier à mes déclarations anté-
rieures (*).
(*) En ce qui concerne la durée de la guérison, je tiens à faire remar-
50 SOCIETE BELGE DE WICROSCOPIE.
Tant qu'il s'agissait seulement d'examiner la justesse
des données que j'ai fournies, il n'était pas indispensa-
ble de savoir ce que contient le remède en question ni
d'où il provient. L'absence même de notions relatives à
la composition de ce remède assurait, en revanche, l'in-
dépendance du contrôle. Maintenant que ce contrôle a
été effectué, à ce qu'il me semble, dans une mesure suffi-
sante et qu'il a nettement mis en relief l'importance du
remède en question, la tâche prochaine qui s'impose
aux médecins a pour objet d'étendre l'étude de ce remède
au delà de la sphère actuelle et de chercher à appliquer
encore aux autres maladies, susceptibles d'une telle
indication, les principes qui ont servi de base à cette
découverte. Cette tâche exige naturellement la connais-
sance complète du remède en question, et, par suite, je
crois le moment venu de fournir à ce sujet les rensei-
gnements indispensables. C'est ce que je vais faire main-
tenant.
Mais, avant d'étudier la composition de ce remède, je
crois nécessaire, pour permettre de mieux comprendre
son mode d'action, d'indiquer très brièvement la voie
qui m'a conduit à cette découverte.
Lorsqu'on inocule à un cobaye sain une culture pure
de bacilles de la tuberculose, la plaie d'inoculation se
referme généralement et parait guérir dans les premiers
jours; c'est seulement entre le dixième et le quator-
zième jour que se produit un nodule induré qui ne tarde
(.juer ici que, parmi les malades dont j'avais provisoirement signalé la
guérison, il en est deux qui ont été reçus à nouveau à l'hôpital de Moa-
bit, pour y être soumis à une observation prolongée, et que, depuis trois
mois, ils n'ont expectoré aucun crachat bacillifère ; chez eux, en outre,
les symptômes physiques se sont graduellement amendés jusqu'à com-
plète cessation.
BULLETIN DES SÉANCES. al
pas à s'ouvrir et à former une ulcération qui persiste jus-
qu'à la mort de l'animal. Les choses se passent tout
autrement lorsqu'on inocule ainsi un cobaye affecté
préalablement de tuberculose. Les cobayes qui convien-
nent le mieux à celte étude sont ceux qui ont été infectés
avec succès quatre à six semaines auparavant. Dans ces
conditions, l'animal présente aussi, au début, l'aggluti-
nement de la petite plaie d'inoculation, mais il ne s'y
forme point de nodule et dès le premier ou le second
jour on voit se produire, au point d'inoculation, une
altération toute particulière. Cette région devient dure
et prend une coloration plus foncée; d'ailleurs, cette
altération ne se limite pas exclusivement au lieu de l'ino-
culation, mais s'étend à la région voisine, jusqu'à une
distance de 1/2 à 1 centimètre. Durant les jours sui-
vants, on constate, de plus en plus nettement, que la
peau ainsi altérée présente les caractères nécrosiques ;
elle est entièrement éliminée, et il reste alors une sur-
face ulcérée, dont la guérison se fait habituellement
d'une manière rapide et durable, sans que les ganglions
lymphatiques voisins soient infectés. Ainsi, les bacilles
de la tuberculose inoculés exercent sur la peau d'un
cobaye sain une action toute différente de celle qu'ils
produisent sur la peau d'un cobaye tuberculeux.
Mais cette action manifeste n'appartient pas en quel-
que sorte exclusivement aux bacilles vivants de la tuber-
culose; on l'observe également, lorsqu'on injecte des
bacilles privés de vie, aussi bien par l'exposition pro-
longée à une basse température (comme je l'ai expri-
menté au début) que par la chaleur de l'ébullition, ou
par l'effet de certains agents chimiques.
Une fois ces faits particuliers découverts, j'en ai pour-
Si SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
suivi l'étude dans les directions les plus variées. J'ai
constaté, en outre, que des cultures pures du bacille de
la tuberculose, privées de vie, broyées et délayées dans
l'eau peuvent être injectées en quantité considérable
sous la peau de cobayes sains, sans produire autre chose
qu'une suppuration locale (*). Au contraire, des cobayes
tuberculeux sont tués par l'inoculation de doses même
minimes de ces cultures délayées ; ils périssent dans
l'espace de six à quarante-huit heures, suivant les doses
employées. La dose maxima à laquelle on peut arriver,
sans tuer l'animal, est susceptible de provoquer une
nécrose étendue de la peau dans la région où a eu lieu
l'inoculation. Si la solution est encore plus diluée, de
façon à paraître à peine trouble, les animaux inoculés
demeurent en vie, et lorsqu'on continue ces injections
avec des intervalles d'un à deux jours, on voit bientôt se
produire une amélioration notable dans l'état général :
la plaie d'inoculation, ulcérée, se rapetisse et finit par
se cicatriser, ce qui n'arrive jamais lorsqu'on n'a pas
recours à ce genre de médication. Les ganglions lympha-
tiques tuméfiés diminuent, l'état de la nutrition générale
s'améliore et le processus morbide finit par s'enrayer,
s'il n'était pas trop avancé préalablement et si l'animal
ne succombe pas à l'épuisement précédemment pro-
voqué. Ces faits me fournirent les bases pour l'étude
d'un traitement curatif de la tuberculose.
Mais, en pratique, l'emploi de pareilles dilutions de
bacilles delà tuberculose privés de vie rencontra des diffi-
cultés. En effet, les bacilles de la tuberculose ne sont pas,
(*) Les injections de ce genre doivent être rangées parmi les moyens
les plus simples et les plus sijrs pour obtenir des suppurations dépour-
vues de bactéries vivantes.
BULLETIN DES SÉANCES. 53
en quelque sorte, résorbés, ou ne disparaissent pas de
quelque autre manière dans les lieux d'inoculation, mais
ils y demeurent longtemps inaltérés et y produisent des
foyers de suppuration plus ou moins considérables. Ce qui,
dans le procédé en question, exerçait une action cura-
tive sur le processus tuberculeux devait donc consister
en une substance soluble qui a été en quelque sorte
accaparée par les liquides de l'organisme baignant les
bacilles de la tuberculose et qui a été transmise assez
rapidement dans le courant des sucs organiques, tan-
dis que la substance pyogène reste apparemment dans
les bacilles de la tuberculose ou, du moins, n'entre en
dissolution qu'avec une extrême lenteur. Il s'agissait
donc uniquement d'eftectuer aussi, en deliors du corps,
le processus qui s'accomplit dans l'organisme et d'ex-
traire des bacilles de la tuberculose la substance curative,
là où cet isolement serait possible.
Pour satisfaire à cette tâcbe, il a fallu consacrer beau-
coup de peine avant de parvenir enfin à retirer des
bacilles de la tuberculose la substance active à l'aide
d'une solution de glycérine à 40-50 p. 100. C'est à
soixante que s'est élevé le nombre des liquides ainsi
obtenus avec lesquels j'ai institué mes recberches ulté-
rieures sur les animaux et enfin sur l'homme, et avec
lesquels j'ai pu mettre d'autres médecins en mesure de
répéter les expériences.
Le remède à l'aide duquel fai institué le nouveau
traitement curatif de la tuberculose est donc un extrait
glycérine tiré des cultures jmres du bacille de la tuber-
culose. Dans le simple extrait fourni par les bacilles de
la tuberculose passent aussi, naturellement, outre la sub-
stance. active, toutes les autres matières solubles dans la.
o4 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
solution de glycérine à 50 p. 100 et il s'y trouve, par
suite, une certaine proportion de sels minéraux, de
substances colorantes et d'autres matières extractives
inconnues. Quelques-unes de ces substances peuvent en
être assez facilement éliminées. La substance active est,
en effet, insoluble dans l'alcool absolu et peut être ainsi
précipitée, non pas à l'état pur toutefois, mais encore
associée à d'autres matières extractives également inso-
lubles dans l'alcool. Les matières colorantes peuvent être
encore éliminées, ce qui permet de retirer de cet extrait
une substance incolore, à l'état sec, qui contient le prin-
cipe actif sous une forme beaucoup plus concentrée que
la solution glycérinée primitive.
Toutefois, pour l'emploi du médicament dans la pra-
tique, cette épuration de l'extrait glycérine n'offre
aucun avantage, attendu que les matières ainsi éliminées
sont sans action sur l'organisme humain; le processus
d'épuration ne ferait donc qu'augmenter le prix du
remède inutilement.
Relativement à la constitution de la substance active,
on ne peut formuler, provisoirement du moins, que des
hypothèses. Celle-ci me semble être un dérivé de
matières albuminoïdes et paraît se rapprocher beaucoup
de leur constitution ; mais elle n'appartient pas au
groupe des matières désignées sous le nom de toxalbu-
mines, car elle supporte des températures élevées, et,
dans le dialysateur, elle traverse facilement et rapide-
ment la membrane. La proportion de cette substance
qui existe dans l'extrait est, selon toute apparence tout
à fait minime ; je l'estime à une fraction bien inférieure
à 1/100. Si ma supposition est exacte, nous aurions
donc affaire à une substance dont la puissance d'action
BULLETIN DES SEANCES.
à l'égard des organismes affectés de tuberculose dépas-
serait de beaucoup tout ce que nous connaissons parmi
les matières médicamenteuses les plus énergiques.
Pour ce qui concerne le mode suivant lequel nous
devons nous représenter l'action spécifique de ce remède
à l'égard de la tuberculose, il va sans dire que diverses
hypothèses peuvent être émises. Sans vouloir prétendre,
à l'aide de mes vues, arriver à fournir la meilleure
explication, je me représente les phénomènes comme il
suit : les bacilles de la tuberculose, en s'accroissant dans
les tissus vivants, comme dans les cultures artificielles,
y produisent certaines substances qui influent sur les
éléments vivants environnant les cellules, d'une manière
variée et sans doute nocive.
Parmi ces substances, il s'en trouve une qui, à un
degré de concentration déterminé, tue le protoplasma
vivant et y provoque une altération qui aboutit à l'état
désigné par Weigert sous le nom de nécrose de coagu-
lation. Dans le tissu devenu nécrosique, les bacilles
trouvent alors des conditions tellement défavorables à
leur nutrition, qu'ils deviennent incapables de s'accroître
et que, dans certaines circonstances même, ils finissent
par mourir. Je m'explique ainsi ce phénomène remar-
quable qui consiste en ce que, dans des organes récem-
ment affectés de tuberculose (par exemple, dans la rate
ou le foie, parsemés de granulations grises, chez un
cobaye] on trouve de nombreux bacilles, tandis que les
bacilles sont rares ou manquent tout à fait, quand la rate,
colossalement tuméfiée, se trouve constituée presque
entièrement par une substance blancluUre à l'état de
nécrose de coagulation, ce qui s'observe fréquemment
après la mort naturelle cbez les cobaves tuberculeux.
56 SOCIETE BELGE DE MICUOSCOPIE.
Le bacille isolé ne peut provoquer la nécrose à grande
distance ; car, dès que la nécrose atteint une certaine
extension, la croissance du bacille et, en même temps,
la production de la substance nécrosante diminuent; il
se produit ainsi une sorte de compensation réciproque,
d'où il résulte que la végétation des bacilles isolés
demeure aussi remarquablement limitée qu'on l'observe,
par exemple, dans le lupus, dans les ganglions scrofu-
leux, etc. En pareil cas, la nécrose ne s'étend, habi-
tuellement, que sur une partie d'une cellule qui, dès
lors, prend, au cours de sa croissance ultérieure, la
forme de la cellule géante; en adoptant cette manière de
voir, je poursuis la voie tracée par Weigert dans son
interprétation de la formation des cellules géantes.
Si donc, on augmentait artificiellement, dans le voi-
sinage du bacille, la richesse du tissu en substance
nécrosante, la nécrose s'étendrait alors davantage et les
conditions de nutrition deviendraient ainsi beaucoup
plus défavorables pour le bacille qu'elles ne le sont d'ha-
bitude. D'une part, les tissus, devenus dès lors nécrosi-
ques dans une étendue plus grande, se désagrégeraient,
se détacheraient et entraîneraient avec eux les bacilles
inclus, partout où les circonstances le permettraient,
pour les éliminer au dehors ; d'autre part, les bacilles
seraient troublés dans leur végétation à un tel point que
leur mort serait singulièrement facilitée dans ces cir-
constances (beaucoup plus défavorables que leurs con-
ditions biologiques habituelles). C'est précisément dans
sa puissance à provoquer de telles modifications que
consiste, à mon sens, l'action du remède. Il contient
une certaine quantité de substance nécrosante, dont une
dose déterminée lèse, même chez l'individu sain, cer-
BULLETIN DES SÉANCES. 57
tains éléments histologiques (peut-être les leucocytes
ou des cellules qui s'en rapprochent) et produit ainsi
la fièvre avec tout l'ensemble de symptômes carac-
téristiques.
Chez le tuberculeux, une proportion beaucoup plus
faible de cette substance suffit déjà pour provoquer en
des points particuliers (notamment dans ceux où des
bacilles tuberculeux végètent et où ils ont imprégné les
tissus ambiants de cette substance nécrosante) une
nécrose plus ou moins étendue des cellules, en même
temps que des phénomènes corrélatifs intéressant l'en-
semble de l'organisme. Cette manière de voir fournit,
provisoirement du moins, une interprétation plausible
de l'action spécifique qu'exerce sur un tissu tuberculeux
le remède inoculé à des doses bien déterminées; elle
permet de comprendre aussi la possibilité d'augmenter
ces doses avec tant de rapidité, et elle explique enfin
l'action curative incontestable du médicament dans des
conditions quelque peu favorables.
[Deutsche med. Woclienselirift, 15 janv. 1891.)
BULLETIIV DES SÉAI^CES
DE LA
SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE
Tome XVII. N" IV. 1890-1891.
Procès-verbal de rassemblée générale
extraordinaire du 31 janvier 189t.
Présidence de M. Errera, président.
Sont présents : MM. Bauwens, Bray, Coomans,
Crépin, Delogne, De Wildeman, Errera, Francotte,
Lameere, Lewin, Rouffart, Tocheff, Verhoogen, et
Gallemaerts, secrétaire.
M. Vanden Broeck fait excuser son absence.
Ouvrages reçus en hommage :
Kolliker. — Zur feineren Anatomie des centralen
Nervensy stems.
Erster Beitrag : Das Kleinliini.
Zweiter Beitrag : Das R'ûckenmark.
[Zeitsclir. f. wiss. zool., XLIX, 4; LI. 1. 1890).
— Ueber die erste Entivickelung der Nervi olfactorii.
XVI 1 5
60 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
{Sitzungsb. Wûrzb. Pliys. Med. Gesellscliaft, Juli
1890).
Remouchamps et Sugg. — L'acide pfiénique, la créoline
et le lysol. Étude comparative de leur action sur
divei^s microorganismes. (Travaux du laboratoire
d'hygiène et de bactériologie de l'Université de Gand;
extrait du Mouvement liygiénique, 1890).
De WiLDEMAN. — Note sur TEnteromorpha intestinalis;
Linné. [Notarisia, n" 21, 1890).
— — Tableau comparatif des Algues de Belgique.
[Soc. R. Botanique de Belgique. Dec. 1890).
Des remercîments sont votés aux auteurs de ces
envois.
L'ordre du jour appelle l'élection du Secrétaire en
remplacement de M. le docteur Gallemaerts, démission-
naire.
M. le Président prend la parole et prononce l'allocu-
tion suivante :
Messieurs et chers confrères,
Vous connaissez l'objet de notre assemblée d'aujour-
d'hui. Par suite de ses occupations croissantes et de
devoirs nouveaux récemment assumés, M. le docteur
Gallemaerts se voit obligé, à notre grand regret, de
quitter le secrétariat de la Société qu'il occupe d'une
façon si distinguée 'depuis plus de cinq ans. Je n'ai pas
à vous rappeler quelle est l'importance du Secrétaire
dans une société scientilique. C'est lui véritablement qui
la fait marcher, c'est vers lui que viennent converger
BULLETIN DES SEANCES. 61
tous les efforts, c'est de lui que partent toutes les impul-
sions. M. le docteur Galleinaerts a rempli ces fonctions
délicates avec un dévouement qui ne s'est jamais démenti
et auquel je me réjouis de pouvoir rendre ici un solennel
hommage. Je vous propose, Messieurs, d'adresser à
notre excellent confrère, M. le docteur Gallemaerts, un
vote de remerciments chaleureux en reconnaissance
des services signalés qu'il a rendus à la Société belge
de microscopie. [Applaudissemenls unanimes).
Il est procédé ensuite à l'élection, et M. le docteur
René Verhoogen est nommé Secrétaire de la Société.
M. le Président souhaite cordialement la bienvenue au
nouveau Secrétaire et l'assure que tous ses confrères se
feront un plaisir de l'aider du mieux qu'ils pourront
dans l'accomplissement de la mission qu'il accepte.
[Applaiiclissements).
M. R. Verhoogen remercie la Société de l'honneur
qu'elle a bien voulu lui faire en l'appelant aux fonctions
de Secrétaire. Il prendra exemple sur son prédécesseur
et promet de n'épargner rien de ce qui dépendra de lui
pour aider à la prospérité de la Société.
Après quelques observations de M. Francotte concer-
nant l'envoi des échanges au local de la Société, la séance
est levée.
Ilotes miero^rapliicfties.
M. Certes (*) en cultivant des Algues, recueillies à
62 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
l'entrée des citernes d'Aden, a trouvé un Spirille nou-
veau, remarquable par sa grandeur. Il peut comprendre
jusqu'à 70 tours de spire. Sa longueur varie de 5 à
■250 /x, suivant le nombre de celles-ci.
Ces tours sont juxtaposés étroitement, que l'on exa-
mine un orcfanisme vivant ou fixé.
L'auteur a pu observer la formation des spores, qui
apparaissent un peu partout; elles sont ovalaires. Des
cils ou desflagellums n'ont pu être mis en évidence, mais
il est cependant probable qu'ils existent, car, fixés par
une de leurs extrémités, ces organismes déterminent un
tourbillon intense dans le liquide. Cette forme a été
dénommée par M. Certes, Splrobacilliisgigas.
E. D. W.
Erratum. — Dans la liste des membres correspon-
dants nommés lors de la précédente séance, il faut lire :
M. Maupas à Alger et non à Angers.
(*) Certes. Sur un spirille géant développé dans les cultures de sédi-
ments d'eau douce d'Aden. {Bull. Soc. zool. de France, XIV, p, 522;
Revue gén. des Sciences, 1891, p. 24),
BULLETli\ DES SÉANCES
DE LA
SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE
Tome XVIÏ. N" V. 1890-1891.
Pi*ocès-ver31)al de la $<éaiicc mensuelle
du 28 février 1891.
Présidence de M. Errera, président.
La séance est ouverte à 8 l/:2 heures.
Sont présents : MM. Bauwens, Bordet, Clautriau,
Delogne, De Wevere, De Wildeman, Errera, Gedoelst,
Lameere, M"'' Leclercq, Massart, Rouffart etVerhoogen,
secrétaire.
M. De Bruyne assiste à la séance.
OuvrMjes reçus en hommage :
.Tarez Hogg. — An Inquiry into a cliaracleristic orga-
nisen of Dipliteria [Médical Press. Jan. 1891).
— — A Searcli for a cliaracterislic organism of
Cancer [Médical Press. Dec. 1890).
— — Ouglit Hospital Patient to pag? [Hggiene, a
Sauitarg and social Magazine).
XVI l (i
64 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
E. De WiLDEMAN. — Observations algotogiques [Bull.
Soc. royale de Botanique, ['" partie).
Des remercîments sont votés aux auteurs de ces
envois.
Sur la proposition de M. le Président, la Société
décide de s'associer à la manifestation organisée en l'hon-
neur de M. J. Stas. Une adresse lui sera remise à cette
occasion au nom de la Société.
Communications :
Lies Moiiadiiies et leiii* place systéiuatif|iie,
par M. le docteur C. De BruYlNE, assistant à l'Université de
Gand.
(Résumé d'une conférence donnée le 28 février 1891) (').
Notre organisme n'est en dernière analyse qu'une
vaste association de petits corps nommés cellules.
L'examen microscopique d'une portion quelconque, par
exemple, du sang qui s'échappe d'une blessure, des par-
ties solides du crachat, des pellicules qui nous tombent
de la tète, etc., etc., nous le prouve surabondamment et
l'embryologie démontre que l'origine première de notre
{') Cette conférence était accompagnée de projections à la lumière
oxhydrique. Les photogrammes employés représentaient : 1) Une
amibe comme type d'un organisme unicellulaire ; 2) Pseudospora Bene-
déni, Yampijrelia pendilla , Colpodella piignax vivant en parasites sur des
algues; 5) l'évolution de Prokvnonas Spirogyrae, et de Proiomonas
amyli; 4) un plasmode de Monadine en voie de formation; 5) zoospores
d'algues et de cliampignons ; 6) Flagellâtes adultes ; 7) les globules blancs
du sang; s) deux cellules conjonctives pigmentaires; 9) évoluliou com-
plète de Chondrioderma diff'onne (Myxomyccle); 10) Pseudoplasmodium
ûe Dlrluosleliinn mucoro'ldes ; 1 l)id. 'd'une Labijrintkulée; 12) différentes
formes de Cijsles; 1.5) germination et évolution de la spore de Triclûa
wan'ft; 14) sporocyste de Gregarina blatlarum ; 15) évolution complète
de Cotpoda cucullus (Infusoirè).
BULLETIN DES SÉANCES. 63
organisme n'est qu'une simple cellule, la celiulc-œufou.
ovule.
Il en est de même du corps de tous les animaux et de
toutes les plantes : ce sont de simples colonies de cellules
où la division du travail maintient la vie du tout.
Ces cellules vivent chacune en quelque sorte d'une
vie indépendante et dans certains cas on peut les isoler
du corps et les maintenir vivantes, sauf à réaliser les
conditions normales de température, etc.. C'est ainsi
que Lieberkùhn réussit à conserver en vie pendant
85 jours des globules blancs du sang dans une éprou-
vette et que sur des animaux morts depuis plusieurs
jours déjà et en état de putréfaction avancée, on peut
parfois constater la présence de cellules encore parfaite-
ment vivantes. C'est aussi ce qui explique la possibilité
de la transfusion du sang, les greffes animale et végé-
tale, la transplantation des dents, la soudure d'organes
coupés, etc., etc.. .
La nature nous fournit d'innombrables exemples d'or-
ganismes constitués d'une seule de ces cellules et qui
pour ce motif ont reçu le nom d'imiceUiilaires. Chez eux
on rencontre toutes les manifestations de la vie, et ce
au même degré que chez ceux résultant du groupement
de cellules.
Ces petits êtres qui par leur association constituent le
corps et par leur activité déterminent la vie des animaux
et des plantes, méritent donc bien qu'on s'occupe d'eux
et l'on conçoit aisément que leur étude dans tous ses
détails ait donné bien souvent la clef de plus d'un des
mystères qui régnent au fond de notre être. De là tout
l'intérêt matériel et philosophique que peut présenter ce
genre de recherches.
66 SOCIÉTÉ BELGE DE MICKOSCOPIE.
M"® Leclercq vous a longuement entretenus l'an der-
nier des organismes inférieurs, de leurs mœurs, de leurs
affinités, etc. Je traiterai plus spécialement des Mona-
dines sur lesquelles j ai été amené à concentrer mon
attention.
Les Monadines sont des organismes unicellulaires de
fort petite taille (il y a en a qui n'atteignent que quelques
millièmes de millimètres) qui pullulent aussi bien dans
nos eaux salées que dans nos eaux douces, dans le sol
humide, sur et dans le corps des animaux et des plantes.
Elles infestent surtout nos végétaux aquatiques sur les-
quels elles vivent en parasites et y déterminent parfois
de véritables maladies. Des recherches sur ce terrain
donneraient plus d'un détail instructif au point de vue
de la pliytopatlwlogie. On les observe plus rarement à
l'état de saprophytes sur des débris animaux ou végé-
taux. Les Monadines ont dans le choix de leurs hôtes
des préférences marquées, ce qui a contribué à leur faire
donner des appellations spécifiques rappelant les noms
des plantes sur lesquelles on les rencontre. Ex. Diplo-
pliysalis nilellariim (Zopl), Protomonas amyli (Cienk.),
Gymnococcus Licmopliorae (De Br.). A leur tour elles
deviennent parfois victimes du parasitisme soit de leurs
pareils, soit de Saprolégniées.
Leur évolution comprend d'une façon générale les
stades suivants : zoospore, amibe, (plasmode) et cyste.
Dans certaines conditions la zoospore est précédée d'un
autre stade initial, la spore; enfin il est des Monadines
qui pendant leur évolution ne passent pas par l'état de
zoospore : Cienkovvski les a séparées des premières qu'il
a nommées pour ce motif, Monadinac zoosporeac.
Là zoospore est une manière de cellule minuscule
BULLETIN DES SÉANCES. 67
munie à un endroit déterminé d'un ou de plusieurs pro-
longements appelés cils, qui, par leur agitation et bat-
tements actifs et parfois très énergiques, déterminent la
progression de l'organisme. Par le retrait (résorption) de
son cil (ou de ses cils) la zoospore passe à l'état d'amibe.
Ce stade est caractérisé par l'émission sur toute la sur-
face du corps de prolongements épais ou ténus nommés
pseudopodes qui englobent ou embrassent les matériaux
nutritifs et entraînent toute la masse du corps : c'est
ainsi que l'amibe rampe à la surface des corps solides.
Deux ou plusieurs amibes d^ine même espèce de Mona-
dine se rencontrant peuvent se fusionner et donner lieu
•A un plasmode iplasmodium ou plasmodie). Après quel-
que temps l'amibe (ou l'association d'amibes, le plas-
mode, s'entoure d'une membrane solide, produit d'ex-
crétion à la surface, et se transforme en cijste.
Le cyste est une sorte de stade de repos et son contenu
se divise en un nombre déterminé de parties qui, à la
rupture de la membrane, sortiront soit à l'état de spore,
àQ zoospore on cVamibe. La spore n'est, somme toute",
qu'un autre stade de repos caractérisé par ce fait que
chaque portion résultant de la division du contenu cys-
tique se trouve être renfermée dans une membrane pro-
tectrice spéciale, dont la rupture (qui ne se produira que
dans les conditions favorables), mettra en liberté soit
une zoospore, soit une amibe.
D'autres organismes présentent tout ou partie de
ce cycle évolutif. Examinons rapidement dans quels
groupes nous rencontrons ces stades soit isolés, soit
réunis.
La zoospore existe chez les Chytridiacées, les Sapro-
68 SOCIÉTÉ BELGE DE JllCROSCOl'lE.
légniées, quelques Algues, les Myxomycètes, les Mona-
dines, certains Infusoires.
Le stade amibe est fort répandu dans les deux règnes :
Chytridiacées, Myxomycètes, Monadines, certains Infu-
soires, Rhizopodaires, Grégarines.
Le plasmode, d'abord observé chez les Myxomycètes
se rencontre aussi chez les Chytridiacées (?) les Mona-
dines et a été décrit chez Actinophrijs sol. Le plasmode
agrégé ne se rencontre que chez certains Myxomycètes,
chez les Labyrinthulées, chez iMyxodictyon sociale.
Enfin le cijste est encore plus répandu que l'amibe,
mais il est loin d'avoir partout la même signification.
Dans le règne végétal on lui a donné le nom de sporange,
dans le règne animal au contraire il a conservé cette
appellation. Le sporange des Fougères, des Mousses et
de certains Thallophytes, est une partie du corps trans-
formée en organe slrucluré et diffère en cela du cystedes
Monadines où il n'est qu'un produit anhyste d'excrétioUy
protégeant l'organisme tout entier à l'état de repos. On
le rencontre avec ces caractères chez les Myxomycètes,
les Monadines, les Infusoires et les Grégarines.
La série de stades de zoospore, amibe (plasmode) et du
cyste, proprement dit, ne se rencontre donc que chez les
Chytridiacées (?) les Myxomycètes et les Labyrinthulées.
Mais les Chytridiacées possèdent, en outre, la multipli-
cation par zygospore, ce qui les fait d'emblée classer
parmi les Pliycomycètes zoosporés. Il nous faut aussi
négliger momentanément les Labyrinthulées parce que
leur biologie est encore entourée de quelque obscurité.
Les Myxomycètes au contraire présentent dans leur
BULLETIN DES SÉANCES. 69
évolution un parallélisme complet avec les Monadines,
et nous sommes ainsi naturellement conduit à classer ces
deux groupes importants sur une même branche de l'ar-
bre généalogique.
Or, les trois stades évolutifs des Myxomijcètes et des
Monadines se rencontrent a l'état adulte chez les ani-
maux à l'exclusion des végétaux : les Flagellâtes ne
sont que des zoospores d'une forme spéciale; les Rliizo-
podaires, parmi les organismes uni-cellulaires, le globule
blanc du sang, la cellule migratrice, la cellule con-
jonctive pigmentaire, etc., réalisent à l'état adulte le
stade amibe; le plasmodium et le pseudoplasmodium se
rencontrent parfois dans le règne animal (voir plus
haut), jamais dans le règne végétal ; il en est de même
du cyste. Les organismes qui ne présentent dans leur
évolution que des stades animaux, ne pourraient rai-
sonnablement être classés parmi les végétaux, et par cette
affirmation j'entre de plein pied dans la question si sou-
vent débattue déjà au sujet de la place qui revient aux
Myxomycètes dans le règne organique.
Déjà en 1888, dans une communication préliminaire,
j'ai exposé brièvement mes vues personnelles sur la ques-
tion; j'y rencontre la plupart des arguments invoqués
en faveur de la thèse contraire et je conclus, ainsi que
je viens de le faire ici, à classer les Myxomycètes dans le
règne animal (*). Entre les Monadines et les Myxomycètes
existent des transitions graduelles d'une signification et
d'une importance capitales, et je n'hésite pas à y voir
(*) Arrivé à cel eriuroit de ma conférence, j'ai donné lecture (avec
quelques commentaires) de quelques passages de ma brochure sur les
Myxomycètes (Gand, 1888), à laquelle je renvoie le lecteur.
.70 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
avec Cienkowski, Zopf et d'autres, deux subdivisions des
Mycétozoaires (de Bary) : les Monadines et les pAimy-
cétozoaires (Myxomycètes) qui, par leur phase princi-
pale, l'amibe, se rapprochent des Protozoaires rhizopo-
daires.
LES BOLETES
Analyse des espèces de Belgique et des pays
\oisiiis, avec indication des propriétés
comestibles ou vénéneuses, par C. H. Delogxe.
Les Bolétés constituent une tribu de la famille des
Polyporées et sont caractérisées par leur hymenium
formé de tubes séparables, rarement de lames anasto-
mosées et réticulées; spores fusiformes, elliptiques,
ovoïdes ou globuleuses. Ce sont des plantes cliarnues,
putrescentes (rarement marcescentes : Strobilomyces)
ordinairement terrestres.
Les espèces de celte tribu atteignent presque toutes
des dimensions assez considérables. Les unes sont
vénéneuses, les autres sont comestibles et possèdent
même une grande valeur alimentaire. Certains animaux
tels que les boeufs, les chèvres, les chevreuils, les écu-
reuils les mangent avec avidité.
Pour arriver à connaître les bonnes des mauvaises
espèces il faut savoir les distinguer spécifiquement.
Nous avons principalement fait usage de caractères
que l'on peut utiliser au moment de la récolte. C'est
aussi pour faciliter la détermination sur le terrain que
nous avons disposé les dichotomies dans un ensemble
synoptique qui permet de trouver instantanément le
BULLETIN DES SÉANCES. H
groupe auquel appartient l'espèce que l'on a en vue, de
manière que le choix reste limité à un petit nombre
d'espèces.
L'astérisque indique que l'espèce n'a pas encore été
signalée en Belgique.
Les deux premières dichotomies sont exprimées l'une
par A, l'autre par B; les deux suivantes par a et par b;
pour les autres il faut faire correspondre 1 avec 1, 2
-avec 2, etc.
A. Hymenium conslitué par des tubes.
a, Hyménophore mucroné Boletinus, 1.
b. Hyménophore lisse.
1. Tubes se séparant facilement de l'hyménophore . . Boletus, 2.
1. Tubes se séparant difficilement de l'hyménophore.
2. Tubes courts; pores pliciformes, sinueux; chapeau visqueux
ou velu ; spores ovoïdes ou fusiformes . . . Girodon, 3.
2. Tubes longs, adnés au stipe; pores grands, anguleux; cha-
peau muni de mèches floconneuses épaisses; spores glo-
buleuses, purpurines Strobilomyces, 4.
B. Des lames plus ou moins anastomosées surtout près du stipe; spores
fusiformes, jaunes Phylloporus, S.
1. BOLETIMUS, Halchb.
Chapeau large de 6-8 cent., squamuleux, jaune sale; stipe grêle,
creux, floculeux sous l'anneau; tubes décurrents; pores grands,
composés, jaunâtres, verdissants; chair cilrine, douce, inodore. —
Kalchb. le. 31.
Sapinières. — Automne. Comestible B. cavipes Opat.
*i. BOLETLS, Dill.
•A. Tubes de couleur gaie, ord. jaunes, ni blancs ni gris (Euchroi).
a. Tubes adnés au stipe.
t. Stipe non bulbeux, ni réticulé.
2. Chapeau non visqueux.
5. Chapeau velu (Sabtomentosi).
4. Chair jaune.
5. Espèces non cespileuses.
6. Stipe égal ou subégal.
72 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
7. Stipe strié supérieurement, rougeâtre ou jaune
brun ; ciiapeau brun roux, souvent muni de cre-
vasses rouges; tubes un peu déprimés autour du
stipe ou décurrenis ; pores assez grands, anguleux,
jaunes, verdissants; cliair rouge sons l'épiderme;
odeur faible. — Bull. 490 f. 5; Quel. Jur., t. 16
f. 5;Gill.
Bois, pelouses. — Été, Aut. Suspect.
B. chrysenteron Fr. 1,
7. Stipe non strié, jaunâtre, souvent taché de brun;
chapeau jaune roussâtre, couvert de petites écail-
les brunes et pileuses; tubes adnés, jaune bru-
nâtre, à la fin brun sale, à orifice petit; odeur
agréable. — Fr. Swer. 66; Gill.; Lenz f. 39;
Krmbh. 54 f. 15-18 et 73 f. 7-14; Harz. IS; Rost.
t. 16.
Sapinières. — Aut. Suspect. . B. variegatus Sw. 2.
6. Stipe atténué inférieurement; pores grands, angu-
leux, jaunes.
7. Stipe plein puis creux, atténué à la base, jaune
d'or, ponctué de brun, surtout au sommet et mar-
qué d'un cercle orangé rougeâtre sous les pores ;
chapeau large de 5-6 cent., fauve ocracé, obtus,
puis plan, irrégulier, mou, spongieux, tomenteux
fibrilleux; pores subdécurrents ; chair jaunâtre
dans le chapeau, rougeâtre dans le stipe.
Sapinières. — Sept. . B. armillatus Bom. et R. 3.
7. Stipe plein, atténué en racine, couvert d'une prui-
nosité rougeâtre; chapeau large de 3-7 cent.; gris
olivâtre ou jaune terne ou gris cendré, â bords
enroulés; tubes jaune citron; pores inégaux,
bleuissant ou verdissant sous les doigts ; chîiir
molle, bleuissant à la cassure; goût amer. —
Opat. Bol. t. i ; Quel. Jur. 16 f. 3.
Bois de cliênes ou de hêtres. — Été. Aut.
*B. radicans Pcrs. 4.
5. Espèce cespiteuse; mycélium jaune d"or; chapeau soyeux
tomenteux; stipe ferme, ventru, lisse, sulfurin; tubes
adnés, décurrenls-courts ; pores petits, composés ; chair
rougeâtre sous les tubes, bleuissant à la cassure puis
redevenant jaune. — Journ. of bot., 1873, t. 162.
Parmi les branches pourrissantes de sapin.
*B. sulphureus Fr. 5.
BULLETIN DES SÉANCES. 73
4. Chair blanche ou pâle, ne changeant pas ou changeant peu
à l'air.
5, Siipe strié; chapeau olivacé ou subolivacé, large de
5-6 cent., mou ; pores anguleux.
6. Slipe jaune, rougeâlre à la base, strié de brun noi-
râtre; tubes verdâires; pores petits, jaunes, irrégu-
liers ; chair blanche, jaune sous les tubes et à la
base du stipe, ferrugineuse sous l'épiderme de cha-
peau. — Batt. t. 29 C; Britz. Bol. f. 9.
Sous les sapins. — Aut. Comest. . *B. striipes Fr. 6.
6. Slipe jaune ou pâle olivacé, strié derougeâtre; cha-
peau parfois fendillé par la sécheresse; lubes jau-
nes puis verdâtres, déprimés autour du slipe; pores
grands, irréguliers; chair blanchâtre, concolore
sous répiderme du chapeau, bleuissant quelquefois
légèrement à l'air. — Boit. 84;Schf. H2; Krmbh.
57f. 8-H; Bull. .ïQô ; Gonn. et Rab. VII. t.5f. 1;
Pat. 670.
Bois. — Été. .\ut. Comest.? B. subtomentosus L. 7.
5. Stipe lisse, floculeux, renflé de haut en bas, jaune sale,
brunâiro vers la base; chapeau large de 8-10 cent.,
brun, souvent fendillé ; lubes adnés, jaunes, à la fin
jaune verdâlre; pores petits, subarrondis; *hair non
changeante à l'air, brun rougeâlre sous la cuticule du
chapeau.— Schf. 126; Krmbh. Ô6f. 19.20; Britz. Bol. f.29.
Bois, surtout à ta base des troncs. — Aut.
B. spadiceus Schf. 8.
ô. Chapeau glabre, souvent pruineux (Subpruinosi).
4. Chapeau non fendillé en réseau ; espèces non parasites.
5. Tubes seulement adnés, non décurrenls.
6. Stipe non radicant.
7. Pores anguleux, jaunes.
8. Tubes non déprimés-arrondis près du stipe; stipe
grêle, lisse, glabre, rouge fauve en haut, roux
brun intérieurement; chapeau pourpre noir;
chair lilaciiie à l'air. — Rostk. t. 46.
Bois de hêtres .... *B. lilaceus Rostk. 9.
8. Tubes déprimés-arrondis près du slipe; slipe
ferme, subégal, rouge de sang, jaune à la base
et couvert d'un pointillé 1res fin; chapeau rouge
de sang, ]iulvérulenl ; chair jaune, rouge sous la
cuticule du chapeau et bleuissant légèrement à
l'air. — Rostk. t. 10 ; Pat. 669.
Bois.— Été. Aut. Comest. B. versicolor Rostk. 10.
li SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
7. Pores ronds, petits, jaunâtre-, verdissant un peu à
la fin ; stipe forme, lisse, jaune, bariolé de rouge;
chapeau large de 4-6 cent., bosselé, bai purpurin,
couvert d'une pruine blanchâtre ou grise; chair
ferme, blanchâtre, rouge sous la cuticule, verdis-
sant ou bleuissant parfois légèrement à la cassure.
— Bull. 393 f. B. G.
Bois, pelouses. — Aut. . . . B. pruinatus Fr. H.
G. Stipe atlénué-radicant, glabre, ferme, pourpre; tubes
allongés, jaune sale, verdâtres au toucher; pores
petits ; chapeau bai pourpre, large de 6-16 cent, et à
marge obtuse; chair blanc sale. — Rostk. t. 8.
Sapinières B. purpurascens Rostk. 12.
o. Tubes adnés, grands, décurrenls sur le stipe; pores iné-
gaux ; stipe allongé, grêle, striolé, glabre, flavescent;
chapeau mince, convexe, pulvérulent, fauve cannelle,
large de 5-3 cent. ; chair blanche, lutescente à l'air. —
Rostk. t. 9.
Sapinières *B. cinnamomeus Rostk. 15.
4. Chapeau convexe-plan, soyeux puis glabre, jaune sale,
bientôt fendillé en réseau, large de 3-5 cent. ; tubes décur-
renls, courts ; pores grands, arrondis, puis anguleux,
jaune d'or; stipe égal ou subégal, fibrilleux ; chair
ferme, jaune. — Rostk. t. 7 ; Bull. 451 f. 1 ; Saund. et
Sm. t. 43; Gill. ; Pat. 665.
Bois, sur le Sderoderma vulgare et S. verrucosiim. — Aut.
B. parasiticus Bull. 14.
2. Chapeau vis((ueux (Viscipelles).
3. Pas d'anneau.
4. Stipe lisse.
5. Chair ne bleuissant pas.
6. Saveur plus ou moins poivrée, aigrelette ; pores sim-
ples, anguleux ; chapeau convexe puis plan, large de
2-6 cent.
7. Chapeau cannelle clair; tubes adnés-décurrents ;
pores dentelés, cuivrés puis rouilles ; siipe jaune
fauve, recouvert par un mycélium jaune clair à la
base ; chair jaune, poivrée. — Fr. Swer. 67 ; Sow.
34 ; Rostk. 6 ; Krmbh. 37 f. 16-20 ; Corda in Sturm
XI t. 60; Bull. 451 f. 2 ; Gill.; Pat. 673.
Bois surtout sous les sapins. — Été'. Aut. Suspect.
B. piperatus Bull. 15.
7. Chapeau rouge sanguin; tubes adnés ; pores jaune
d"or, bleuissant ou verdissant sous la pression;
BULLETIN DES SÉANCES. 75
stipe jaune, slrié ou bariolé de rouge; chair jaune
ou Jjlanc jaunâtre, rougissant sous l'épiderme,
aigrelelte. — Sow. 223 ; Lév. in Paul. 181 f. 3. 4 ;
Luc. 24.
Bois de hêtres. — Été. Aiit. Cornes t. ?
B. sanguineus Wiih. 10.
6. Saveur douce; pores composés, dentés.
7. Chapeau large de 5-8 cent., convexe, puis plan,
jaune brunâtre, à marge aiguë; tubes courts,
décurrenls; pores grisâtres, fauves, puis ferrugi-
neux; stipe égal, glabre, à peu près de même
couleur que le chapeau ; chair blanchâtre.—
Krmbh. 75 f. 1-6; Klolz. 578; Huss. I, t. 34; FI. d.
1018.
Sapinières. — Aut. Comest. . B. bovinus L. 17.
7. Chapeau large de 5-6 cent., convexe puis plan ou
déprimé, jaune livide, lavé d'incarnat, brun ferru-
gineux étant sec; tubes courts; pores olivacés,
puis jaune d'or; stipe de même couleur que le
chapeau, atténué à la base; chair jaune pâle grisâ-
tre. — Krmbh. 36 f. 8-11 ; Rostk. 4; Britz. Bol. f. 6.
Bois mé.és. — Aut. Comest. B. mitis Krmbh. 18.
5. Chair molle, blanchâtre ou légèrement jaunâtre, bleuis-
sant à l'air près des tubes; pores simples, anguleux,
assez larges, blanc jaunâtre, puis jaune verdâlre;
tubes adhérents et un peu déprimés autour du stipe;
stipe subégal, lisse, couleur de paille, couvert d'une
pruinc ou d'une pubesccnce brune; chapeau large de
3-5 cent., bai ou brun. — Fr. Swer. 50; Rostk. 5; FI.
Bat. 804 ; Klolz. 579; Lenz f. 35; Krmbh. 56, f. 12-18.
Bois, surtout sous les sapins. —Eté. Aut. B. badius Fr. 19.
4. Stipe granuleux ou squamuleux.
5. Chapeau large de 6-8 cent., convexe, brun, pâlissant;
pores nus, amples, composés, (divisés en 2 {)etils)
pâles puis jaunes; tubes allongés, adhérents, jaunâ-
tres; stipe un peu aminci en bas, ferme, blanc puis
brunâtre, subréticulé par de petites écailles appri-
mées; chair ferme, blanche. — Luc. 240.
Sapinières. — Été. Aut. . . . *B. collinitus Fr. 20.
5. Chapeau large de 6-10 cent., convexe, ou convexe puis
plan, jaune brunâtre, à cuticule séparable; pores sim-
ples, irrégulièrement oblongs ou arrondis, couverts de
gouttelettes laiteuses; tubes courts, adnés ou peu
décurieiils ; stipe jaunâtre, muni suiloul vers le haut
76 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
de granulations concolores puis brunes; chair molle,
jaunâtre. — Fr. Swer, 25; Lenz f. 51; Schf. 125;
Letell. 604; Rostk. t. 5; Krmbh.54, f. 11-14; Sow. 420;
Gonn. et Rab. Vil. t. 6 f. 1 ; Barla 51 f. 4-12.
Bois surtout de conifères. — Été. Aut. Comest.
B. granulatus l. 21.
3. Un anneau; tubes et pores jaunes.
4. Pores non linéaires; stipe ponctué ou réticulé au dessus
de l'anneau.
5. Stipe ponctué au dessus de l'anneau.
6. Pores simples, jaunes; stipe non glanduleux.
7. Slipe ponctué de blanc jaunâtre au dessus de l'an-
neau, jaune roussâtre au dessous; anneau fugace;
pores anguleux ; tubes décurrents ; chapeau large
de 8-10 cent., convexe plan, jaune d'or, subferru-
gineux; chair sulfurine. — Fr. Swer. 76; Huss.
II. t. 12; Priée f. 110; Grev. 185; Bull. 552;
Krmbh. 31 f. 1-10; Gonn. et R. 5 f. 2; Ventur. 47
r. 1-2.
Bois, bruyères. — Été. Aut. Comest. ?
B. elegans Schum. 22.
7. Stipe blanchâtre ou jaunâtre, ponctué de brun au
dessus de l'anneau qui est membraneux, jaunâtre,
puis bai ou brun; pores ronds; tubes adnés; cha-
peau large de 5-12 cent., et plus, jaune, jaune
brun ou brun; chair blanche ou légèrement jau-
nâtre. — Schf. 114; FI. dan. 1155; Rostk. in
Sturm 4 t. 1 ; Klolz. 577; Harz. t. 6; Barla 51 f.
1-5 ; Gonn. et R. Vil, t. 6. f. 2; Krmbh. t. 55.
Bois, sapinières. — Été. Aut. Comest. B. luteus L. 23.
6. Pores grands, anguleux, composés, décurrents, jaune
sale; stipe grêle, subégal, pâle, visqueux et muni,
au dessus de l'anneau, de glandes fugaces; chapeau
large de 2-5 cent., jaune sale; chair pâle. — Pers.
M. E. II, t. 20 f. 1-5; Krmbh. 4 f. 53-57.
Sapinières humides. — Été. . . B. flavidus Fr. 24.
5. Stipe réticulé au dessus tie l'anneau ; pores grands, angu-
leux, jaunes ; tubes décurrents, jaunes; chapeau large
de 4-6 cent, ou plus, jaune pâle, couvert d'une visco-
sité brunâtre qui finit par disparaître; chair légère-
ment jaunâtre. — Boit. 169 ; Sow. 265 ; Krmbh. 56, f. 2.
Sapinières. — Été B. flavus With. 25.
4. Pores linéaires, jaunes; tubes adnés, jaunes; stipe égal,
lisse, jaune, ord. marqué d'une ligne plus obscure au
lieu d'anneau ; chapeau large de 4 cent., légèrement vis-
BULLETIN DES SEANCES. 77
queux, jaune verdâtre ; chair jaunùLre ou incarnate. —
Fr. le. 178, f. 1.
Sapinières. — Été B. pulchellus Fr. 26.
1. Stipe bulbeux, ord. rouge. (Calopocles).
2. Stipe réticulé.
3. Chapeau pubescent ou sublomenleux; pores bleuissant sous
la pression.
■4. Tubes adnés, raccourcis près du slipe; porcs pelils, angu-
leux; odeur et saveur nulles ou douces, faibles.
5. Chapeau large de 10-12 cent, et plus, brun rougeâtre;
pores sulfurins, bleuissant ou verdissant au toucher,
adnés, courts; tubes sinués, fins; stipe épais, bulbeux-
radicant, sulfurin, rosé ou rouge vers la base et à
réseau blanc; chair compacte, jaune ptde, bleuissant
à l'air, rosée à la base du stipe. — Schf. 130; Rostk. 26;
Brilz. Bol. f. 13; Pal. 664.
Bois, surtout sous Les sapins. — Été. Aiit.
*B. appendiculatus Schf. 27.
5. Chapeau large de 6-9 cent., chamois olivâtre; pores
jaune pâle, bleuissant au toucher ; tubes adnés, jaunes;
slipe épais, conique puis subégal, rouge pourpre,
jaune sous les tubes; réseau blanc ou incarnat; chair
compacle, blanchâtre ou pâle jaunâtre, bleuissant à
l'air. — Schf. 515; Fr. Swer. 69; Roslk. 27; Harz. 69 ;
Krmbh. 57 f. 1-7 ; Saund et Sm. t. l-4;Luc. 170.
Bois, surtout de conifères, bruyères.— Été. Aut. Suspect.
B. calopus Fr. 28.
4. Tubes adnés-déprimés, presque libres autour du stipe.
3. Slipe réticulé, plus ou moins coloré de pourpre.
6. Stipe coloré de jaune de pourpre et de brun; tubes
jaunes, jamais rouges à l'ouverture. — Krmbh. 53 f.
15-lo.
Bois. — Été. Aut. Suspect. . . B. pachypus Fr. 29.
6. Stipe pourpre, jaune en haut; tubes jaunes, puis à
ouverture rouge; chapeau maculé de noir au tou-
cher. — Roslk. t. 28; Saund. et Sm. t. 17.
Bois mêlés. —Été B. torosus Fr. 50.
5. Stipe lisse ou finement réticulé, blanc citrin, épais,
ovoïde; pores petits, ^Manc cilrin ; chapeau blanchâtre,
avec une teinte verdâtre; chair douce, blanc citrin,
bleuissante. — Krmbh. 53 f. 10-12; Roques t. 8 f. 2.
Bruyères, bois arides. — Été. Aut. Yénén.
B. albldus Roques 51.
3. Chapeau glabre.
78 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
A. Chapeau large de 4-6 cent., brun olivâtre ; pores inégaux
plusou moins labyrinthes, jaunâtres, pâle ou gris olivâtre;
tubes adhérents; slipe claviforme, bulbeux, rouge, jaune
au sommet, couvert au milieu et jusque près de la base
de nombreuses ponctuations rouges formant souvent des
stries; chair jaunâtre, bleuissant puis devenant blan-
châtre; odeur et saveur nulles. — Schf. U5j Rostk. 32;
Vent. 36 f. 3-4.
Bois. — Été. Aut. Siisp. ... B. olivaceus Schf. 32.
■i. Chapeau large de 8-10 cent., rouge brique, jaune à la cir-
férence; pores petits, arrondis, d'un beau jaune ; tubes
jaunes, verdissant à l'air; stipe robuste, jaune, à réticu-
lation jaune sous les tubes, rouge ou pourpre ailleurs;
chair jaune foncée, verdissant promptement, à la fin
roussâtre saie, rougeâtre à la base.
Parmi les graminées le long des chemins. — AuL
B. testaceus Gill. 53.
2. Stipe non réticulé, jaune sous les tubes sur un espace de 1-2 cent.,
finement ponctué de rouge en dessous, insensiblement ren-
flé de haut en bas où il se termine en massue arrondie;
chapeau large de .j-8 cent., brun olivacé. jaunâtre vers les
bords qui sont aigus et dépassent les tubes ; tubes bleuissant
ou verdissant à l'air; pores petits, irréguliers, arrondis,
rougeâtres; chair jaune, bleuissant promptement à l'air.
Dois de chênes. — A iil *B. clavicularis Gill. ô-i,
b. Tubes libres ou presque libres autour du stipe.
1. Tubes non rouges (Edules).
2, Stipe non réticulé.
5. Tubes non libres; chapeau soyeux ou floculeux.
■4. Stipe glabre.
3. Stipe de couleur pâle ou jaunâtre ; cha|)eau soyeux,
convexe, puis plan.
6. Chapeau large de 1-2 décim. blanchâtre, café au lait
ou roussâtre, devenant granuleux; pores d'un blanc
gris; tubes fins, allongés; stipe gros, ovoide, glabre
ou finement réticulé, concolore au chapeau ; chair
ferme, blanche, rougissant à la base du stipe; odeur
et saveur agréables. — Paul. 170 (mal); Fr. Swer.
43 ; Huss. U. t. 25 ; Hogg et J. t. 13.
fJois. — Été. Comestible excellent.
*B. aestivalis (Paul.) Fr. 35.
6. Chapeau large de 10-12 cent., cannelle pAle. se ger-
çant parfois ; pores petits, arrondis, jaunâlres puis
bruns; tubes icmi-librcs;. slipe coni(iue ou cylindri-
BULLETIN DES SÉANCES. 79
que, lisse, jaune pâle ; chair pâle, non changeanle.
— Paul. 171 f. ^2-5; Roslk. 50 ; Krmbh. lii f. 12-14.
Bois des montagnes. — Eté. Aut. Comest.
*B. obsonium (Paul.) Fr. 36.
5. Stipe bariolé de jaune et de rouge, ovale, puis fusi-
.fornic, lisse; pores arrondis, jaunes puis verdâtres;
tubes pclits, semi-libres; cliapeau lai'ge de 4-5 cent.,
subtomcnteux, brun marron ou brun olivâtre, à marge
repliée ; chair jaune, invariable ou devenant bleuâtre,
verdâtrc ou même rougoâtre. — Vittad. 19; Ventur.
55 f. 3-5; Krmbh. 75 f. 13-20.
Bois feuilLus. — AiU. Comest . *B. fragrans Viiiad. 37.
4. Stipe velu ou squamuleux, jaune, obèse, subbulbeux ou
presque égal; pores petits, jaunes; tubes presque libres,
longS; jaunâtres; chapeau large de 1-2 cent.; épais, chà-
lain, floculeux, puis granuleux, ridé et gercé; chair
blanche ou blanchâire, jaunâtre sous l'épiderme, non
changeante. — Schl. 108; Harz. 51 ; Fr. Swer. '<2; Gill.
Bois. — Été. Aut. Comest. . . . B. impolitus Fr. 58.
3. Tubes libres.
4, Chapeau large de 10 cent., roux fauve, à marge mince,
aigué; pores moyens, égaux; tubes jaunes non chan-
geants, longs, devenant libres ; stipe court et bulbeux ou
long et égal, granuleux et munis de flocons fugaces;
chair jaune non changeante. — Mich. 68 f. 2; Krmbh.
76 f. 6-9.
Bois leiiillus *B. sericeus Krmbh. 39.
4. Chapeau marron, k marge obtuse ; pores pclits, arrondis,
blanchâtres puis jaunâtre; tubes libres; stipe bulbeux,
lisse et concolore au chapeau supérieur, roussâtreou
brunâtre et lacuneux à la base; chair blanche, non
changeanle, rouge sous l'épiderme; espèce subcespi-
teuse. — Fr. Swer. 51 ; FI. d. 1792.
Bois. — Aut. Comest *B. vaccinus Fr. 40.
1. Stipe réticulé ou subréticulé; tubes semi-libres ou presque
libres.
3. Chair blanche ; chapeau brun; tubes blancs, puis jaunâtres
ou jaune verdâire, à orifice étroit, rond, concolore; pores
d'abord blancs; stipe ayant jusque 15 cent, de haut.
4. Stipe robuste, ord. ventru, atténué au sommet ou presque
égal, blanchâtre ou fauve clair; tubes longs, semi-libres ;
chapeau brun plus ou moins foncé, glabre, moile, par-
fois aréole, large de 5 à 25 cent, à cuticule non ou à peine
séparablc, rouge en dessous. — Fr. Swer. 13 ; Sovv. 111;
xvii 7
80 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
Lenz f. 34; Schf. 154; Bull. 60. 494;' Krmbh. 51 ; Villad.
2-2; Vent. 8; Harz. 4, 41; Barla 54; Tratt. Aust. f. 54;
Gill.; Belg. hort. XXIV, t. 5.
BOIS. — Été. Aut. Comesl. (Le Cèpe, B. comestible.)
B. edulis Bull. 41.
4. Stipe épais, à peu près égal, chamois clair ou olivacé et
réticulé par des ponctuations roussâtres ; tubes courts,
sublibres ; chapeau noir ou brun noir, sec, ord. velu,
large de 7-9 cent., à cuticule séparable, non rouge en
dessous. — Rostk. 15; Krmbh. 56 f. 1 7; Quel. 16 f. 2 ;
Gill.
Bois mêlés. — Été. Aut. Comesl. ( B. bronzé).
B. aereus Bull. 42.
5. Chair jaunâtre, non changeante; tubes courts, jaune d'or, k
orifice étroit, rond, concolore; stipe épais, jaune, rouge à
la base; chapeau rouge sanguin. — Britz. Bol. f. 16;
Krmbh. t. 7.
Bois à sol. sablonneux. — Été. Comest. (B. royal).
*B. regius Krmbh. 43.
t. Porcs ord. rouges, d'abord fermés; tubes libres (liuridi).
2. Tubes jaunes à l'intérieur.
3. Stipe réticulé ou ponctué.
4. Chair jaune.
3. Chapeau non rouge.
6. Chapeau d'abord tomenteux ou velouté.
7. Plus petit que 5. /«n"rfi/5; slipe moins épais, cylin-
drique, intérieurement rougeâtre et couvert de
sfiuamules ou de ponctuations rouge noirâtre. —
Harz. t. 56; Lotell. 612; Barla l. 55, f. 6. 7.
Bois surtout de conifères entre les broussailles. — Eté.
B. erylhropus Pers. 44.
7. Chapeau large de 5-20 cent, et même plus, convexe,
à la lin un |)cu visqueux, brun terne, brun olivacé
ou roux fuligineux ; pores arrondis, rouge orangé,
bleuissant sous la pression; tubes longs, jaune
verdâtre, libres; slipe long de 7-8 cent, très épais,
ventru, jaune ou jaune rougeâtre, marqué d'un
réseau plus foncé ; chair jaune, verle ou bleue h
l'air. — Schf. 107; Fr. Swer. 12; Grév. 121;
Krmbh. 58 f. 11-17; Rostk. l. 51 ; Boit. 85; Berk.
Oui. 15 f. 5; Bull. 100; Barla 55 f. 1-5.
Bois, bruyères, pâturages. — Été, AuL. V^jch. (Comest.
pour Bull., etc.) ! . . . B. luridus Schf. 45.
6. Chapeau glabre, sec, livide verdâirc ou jaune sale.
BULLETIN DES SÉANCES. 81
convexe, large de 6-8 cent. ; pores petits, orangés,
rouges; tubes libres, jaunes; stipe court et ovoïde
puis allongé, concolore au chapeau super., rouge ou
varié de jaune et de rouge infér., k peine réticulé ;
chair jaunâtre bleuissant h. l'air; odeur et saveur
acides. — Leteil. Hist. f. 52; Krmbh. 38 f. 7-10.
Bois, pâturages humides. — Été. Aut. Vénén.
B. lupinus Fr. 46.
5. Chapeau rouge pourpreou violacé, sec, pruineux pubes-
cent; pores petits, irréguliers, orangé-purpurin; tubes
fins, jaunâtres puis verdâtres, libres ou sublibres;
stipe ferme, jaune, pointillé et réticulé de veines
pourpres; chair jaune, bleuâtre ou bleu verdâtre à
l'air; celle du stipe pourpre à la base et au centre. —
Fr. Swer. 41; Krmbh. 37f. 12-lS; Barla 53 f. 8-10;
Saund. et Sm. 4-3.
Bois. ^ Été. Aut. Vénén. . . B. purpureus Fr. 47.
4. Chair blanche, douce puis vireusc, rougeâtre ou violacée
à l'air; odeur désagréable; pores petits, ronds, rouge
pourpre, ou rouge sanguin puis jaune orange; tuljcs
libres, jaunes ; stipe ovoïde, pruineux, jaune rougeâtre,
orné d'un réseau rouge sang; chapeau large de 1-3
décim., convexe, épais, glabre ou presque glabre, lubri-
fié puis pruineux, brunâtre puis blanc grisâtre. — Lenz
f. 51; FI. Bat. 1040; Huss. I. t. 7; Quel. Jur. 15 f. 1;
Krmbh. 58 f. 1-8; Vivian. 40.
Bois, bruyères, pâturages. — Été. Àiu. Très vénén,
B. Satanas Lenz 48.
3. Stipe lisse, égal, rouge fuscescent, jaune au sommet, long
de 11 cent, et plus; pores rouges oranges; tubes libres,
jaunes; chapeau large de 10 cent, et plus, tomenteux, Itrun
olivacé; chair jaune, verdissant à l'air puis bleuissant et
devenant enfin cendré sale. — Rostk. 35; Britz. Bol. f. 20.
Bois feuiUus. — ^lU *B. luridiformis Rostk. 49.
2. Tubes d'un gris verdâtre à l'intérieur; pores petits, orangés-
rouges ; stipe bulbeux rouge cendré au sommet, jaune paille
au milieu, réticulé-brunâtre, fuligineux à la base; chapeau
large de 8-10 cent., glabre, sec, cendré, fuligineux; chair
jaunâtre, [uïle, bleuissant rarement. — Sw. Bot. 246;
Sapinières. — y4ut B. sordarius Fr. 50.
B. Tubes d'abord blancs ou gris (Tephroleuci).
a. Stipe solide.
\. Spores brunes ou roses.
2. Spores brunes; tubes grands, anguleux, inégaux (Favosi).
8^2 SOCIETE BELGE DE MICROSCOPIE.
3. Chapeau sec; pas d'anneaux; tubes adnés au stipc en cou-
che arrondie,
■i. Slipe atténué, conique.
5. Stipe squamuleux, blanchâtre; pores assez grands,
anguleux, blanchâtres ; lubes blanchâtres, plus courts
autour du stipe; chapeau large de 5-8 cent., flocon-
neux, puis squamulenx et fendillé, blanc sale. —
Krmbh. 4f. 26; Batt., 50 C.
Bois feuiUus, surtout sous les hêtres. — Axa.
*B. asprellus Fr. 51.
5. Slipe glabre, lisse, bicolore, brun fuligineux au som-
met, blanchâtre à la base, long de 5-6 cent.; pores
sinueux, gris-olivacé'; tubes allongés, libres, blanchâ-
tres; chapeau convexe, villeux, soyeux, fuligineux, oli-
vacé; espèce subcespiteuse. — Brilz. Bol. f. 24.
Sapinières. — AiU *B. îuligineus Fr. 52,
4. Stipe égal ou un peu atténué au sommet, poudreux, fine-
ment pointillé, brun rougeâtre ou fuligineux, long de
10-12 cent. ; pores amples, anguleux, gris lougeâlre,
brunissant au toucher; tubes longs, semi-libres, de
même couleur (jue les pores; chapeau large de 8-15
cent., convexe puis plan, sec, velouté, gris livide, brun
ou olivâtre, noircissant au toucher; chair blanche bleu-
issant sous les tubes; odeur de poisson; spores brun
noir. — Sterb. t. 3; Kalchb. 52 f. 1 ; Gill.
Bois herbeux. — Été. /lut. Comest. délicieux (Kalchb). Sus-
pect (Quel.) B. porphyrosporus Fr. 55.
5. Chapeau visqueux; un anneau; tubes adnés.
-1. Chapeau large de 5-8 cent, subsquamuleux, d'un blanc
sale, maculé de taches livides, et couvert d'une viscosité
jaunâtre évanescente ; pores composés, d'abord blancs
lubes adnés, subdécurrenls ; stijie d'un blanc sale, scro-
biculé à la base, réticulé au dessus de l'anneau. — Huss.
I. t. 25.
Sous les mélèzes. — Sept. . . . B. laricinus Pcrk. 5i.
4. Chapeau large de 4-5 cent, mou, glabre, visqueux, jaun'i-
Ire sale, à bords minces, droits, garnis d'appendices
fibrilleux très-fugaces; pores simples, inégaux, livides;
tubes adhérents; slipe visqueux, blanc, puis blanc jau-
nâtre, réticulé de noirâtre au dessus de l'anneau; odeur
pénétrante; chair blanche, jaunissant près de l'extérieur.
— Fr. le. 178 f. 3; Gill.
Sous les mélèzes. — AU t. Comesl. . . B. viscidus l. :i:j.
2. Spores roses nu d'un blanc rosé; tubes adnés au slipe.
(llyi>orrliodi).
BULLETIN DES SÉANCES. 83
3. Pores anguleux, grands.; chapeau mou.
4. Chapeau large de 2-5 cent., glabre, lisse, brun marron peu
foncé ou brun jaunâtre; slipe atténué au sommet, réli
culé; porcs blancs puis incarnats; hymenium tonvexe;
chair blanche, incarnate à l'air; saveur amèrc. — Fr.
Swer.52; Rostk. 43; Krmbh. 74 f. 1-7; Bull. 379; Gill.;
Pat. 674.
Bois. — Été. Aut. Vénén .... B. felleus Bull. 36.
4. Chapeau large de 2 !/2 cent., pruineux, un peu visqueux
slipe pruineux; pores hlanchàlres puis roussàtres.
Bois de hêtres *B. pumilus Saut. 57.
3. Porcs ronds.
4. Chair blanche, non changeante à l'air; tubes blancs, rous-
sàtres étant pressés, formant une surface déprimée
autour du stipc ; stipe lisse, rugueux au sommet, long
de 10-U cent. ; chapeau large de 8-11 cent., velu, puis
glabrescent, fusccscent, alutacé; saveur douce.
Prairies enclavées dans les bois. —Aut. *B. alutarius Fr. 58.
4. Chair blanche, roussâtre à l'air; tubes rose pâle, i)lus fon-
cés sous la pression, écartés du stipe ; stipe conique
tuberculeux, long de 8 cent, et plus ; chapeau d'abord
couvert par le voile puis nu, brun alutacé. — Rostk. t. 48.
Bois *B. roseus Wint. 59.
1. Porcs ronds; si)Ores ferrugineuses (Versipelles).
2. Tubes libres.
5. Slipe squamulcux plus long que le diamètre du chapeau.
4. Slipe atténué ; espèces très variables.
5. Stipe parsemé d'aspérités écailleuses, noirâtres, brunâ-
tres ou rougeâtres; pores petits, ronds, blanchâtres
tubes formant un hyménuim convexe; une corline
fugace; chapeau large de 5-12 cent., glabre, visqueux
à l'élat humide, fendillé étant sec; chair blanche, légè
renient bleuâtre ou ardoisée à l'air; odeur particu
lière nulle; saveur comme un peu salée. — Fr. Swer
14; Vilt 28; Vent. 9. 10; Roslk. 40; Harz. 2; Bull
489 f. 1; Sow. 175; Krmbh. 55 f. 1-6; Gonn. et Rab
VU. t. 5 ; Gill.; Barla 55 f. 6-12; Roze et R 54 f. 1.
Bois. — Été. Aut. Comest . . . . B. scaber Fr. 60.
Chapeau et slipe de couleur orangée. — Bull. 489 f. 2,
Var. auuantiacus.
Chapeau et stipc blanc. — Roslk. 48, Var. niveus.
5. Slipe couvert de petites mèches écailleu.scs noirâues et
molles au toucher, pores pelils. ronds, grisâtres;
tubes formant une surface concave; un voile annu-
84 SOCIÉTÉ BELGK DE MICROSCOPIE.
lairc fugace; odeur forte, désagréable; saveur douce
puis piquante. — Schf. 103; Krmbh, 52; Sow. 110;
Rostk. 59; Batt. 30 f . A ; Quel. Jur. t. 17; Pat. 66S.
666. 667.
Bois, surtout dans les sapinières. — ^ut, Comest.
B. versipellis Fr. 61.
i. Stipe fusiforme. ponctué, ord. squamuleux; pores petits,
blancs puis prenant la couleur des tubes qui sont allon-
gés, livides, fucescenls ; chapeau convexe, mou, glabre,
visqueux étant humide, d'un blanc roussâtre, presque
marron, fendillé étant sec; chair blanche, incarnat cui-
vré, enfin cendré violacé. — Kalchb. le. 55 f. 1 ; Gill.
Bois sous les trembles. Comestible délicieux.
*B. duriusculus Schulz. 62.
5. Stipe non squamuleux, muni de côtes rugueuses; pores
petits, arrondi", blancs ainsi que les tubes: chapeau con-
vexe, lisse, glabre, sec, bai ou brun, large de ;j-6 cent. —
Rostk. 41; Sow. 420.
Bois. — ^ut *B. rugosus Fr. 63.
2. Tubes adnés, jaunâtres ; pores petits, arrondis , blanc jaunâ-
tre ; stipe fusiforme, squamuleux, pâle; chapeau convexe,
fendu en réseau, roux pâle ou roux olivâtre; chair blanche
bleuissant un pou et se maculant surtout au stipe de rouge
ou de rougeâtro, molle et se corrompant vile.
Bois. — Fin de l'Été. Aut. . . . *B. tessellatus Gill. 6i.
b. Stipe farci ou creux jamais réticulé; pores petits, ord. libres; spo-
res blanches. (Cariosi).
1. Chapeau non visqueux; porcs ronds ou arrondis.
2. Stipe velu, villcux ou pruineux; chapeau velouté ou flocon-
neux; pores blancs.
5. Chair d'un bleu foncé à la cassure,
-i. Chair dure, d'abord blanche, donnant par compression un
suc bleu; slipe épais, dur, ventru, fragile, villeux, de
même couleur que le chapeau; chapeau large de 5-14
cent., tnnienteux ou floconneux, mat, gris sale, jaune
paille, puis brunâtre, parfois fendillé en réseau. — Bull.
569; Fr. Swor. 80; Lelell. 654; Harz. 71; Rostk. 44;
Krmbh. 35 f. 7-9; Barla 37.
Bois.— Été. /lut. Suspect. Comesl.? B. cyanescens Bull. 65.
4. Chair d'un bleu indigo îi l'air; stipe larci. caverneux,
dur, velouté, puis crevassé, blanc ; rentlé à la base ; cha-
peau large de 10 cent, il'un blanc pur; tubes courts. —
Lév. An. Se. n. 1848 t. 9 f. 1-2.
Bols sablonneux. — Été. Comest.? *B. lacteus Lév. 66.
BULLETIN DES SÉANCES. 85
3, Chair blanche, non changeante, très-dure ; slipe cylindrique
ou subbulbeux à la base, ord. atténué au sommet, brun
marron, velouté; chapeau large de 8 cent., velouté, pres-
que glabre, avec reflet satiné, brun marron. — Bull. ô'^S;
Krmbh. i f. 28-30; Barla 32 f. 11-15; GUI,
Bois à sol siliceux. — Été. ^ut. Comest.
B. castaneus Bull. 67.
2. Slipe glabre, lisse, plein, puis creux ; chapeau glabre; pores
arrondis; chair non changeante.
3. Stipe égal, luisant; pores blancs puis citrins; tubes longs;
chapeau large de 5-8 cent., dur, lisse, lissant, fauve rou-
geâtre ; chair blanche ou blanchâtre. — Rostk. 45; Inz.
Sic. II. t. 3. f. II.
f Bois, prairies stériles. — Été. . . . B. fulvidus Fr. 68.
5. Slipe rouge supérieurement atténué et jaune à la base ;
pores flaves; tubes courts; chapeau large de 3o cent.,
mat, rouge ; chair molle, jaunâtre. — Krmbh. 36 f. 21-24.
Bois, prairies stériles. — ^ut. . B. rubellus Krmbh. 69.
1. Chapeau visqueux; chair blanche sans odeur ni saveur particu-
lière.
2. Chapeau large de 8 cent., blanc, légèrement aréole; cuticule
épaisse, séparable et dépassant les tubes de 2-3millim.;
pores petits, ronds ; tubes longs (10-12 mill.) libres, pâles;
stipe atténué de la base au sommet, blanc.
Bois, sous les chênes.
B. aibus Gill., B. Gilletii sacc. et Cub. 70.
2. Chapeau large de 4-6 cent., blanc puis jaune pâle; tubes
petits, courts, subdécurrents, blancs puis jaune verdâtre ;
slipe suljégal, souvent atténué â la base, glabre de même
couleur que le chapeau; espèce cespiteuse.
Bois, sous les sapins. — Juillet. Sept.
B. albus Lamb., B. Lambottei Sacc. et Cub. 71.
3. GYRODOM, Opat.
A. Pas de volva.
a. Stipe non bulbeux.
1 . Tubes décurrents ou subdécurrents.
2. Chapeau plus ou moins visqueux.
3. Stipe égal; chapeau à marge aiguë.
4. Chapeau large de 5-10 cent., blanc, puis cilrin, visqueux ;
stipe grêle, blanc, muni d'un réseau formé de ponctua-
tions rouges; chair à odeur ingrate, longtemps invaria-
ble, puis violacée à l'air. — FI. Bat. 956.
Bois, bruyères *G. Oudemansii Harlsen 1.
86 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
4. Chapeau d'abord jaune, puis roussâtre, subvisqueux ;
slipc roussâlre, pâle, flave en haut; chair jaune, verdis"
sant puis roussâlre à l'air. — Rostlw 19.
Bois humides d'aunes et de bouleaux. — Été. --lui.
*G. rubescens Trog 2.
3. Stipe atténué inférieurement, blanc maculé de roux; cha-
peau large de 2 1/2 cent., blanc puis citrin; chair blanche;
spores subcylindriques. — Aulun III, l. II.
Bois, bruyères *G. fusipes Heuflcr 5.
2. Chapeau sec, soyeux puis glabre, paille ou blanc cilrin, lavé
de bistre ou de gris, large de 5-9 cent.; slipeégalou dilaté
en haut, lisse, taché de vert et de roux ; pores plissés et jau-
nes, verdissant sous la pression ; chair jaunâtre puis bleue,
verdâtre et rougeâtre; spores ovales. — Bull. 490 f. 2; Quel.
Jur. 15 f. 2:
Bois humides. — yéut *G. lividus Bull. 4.
1. Tubes non décurrcnls; spores ellipsoïdes, oblongucs.
2. Chapeau large de 5-6 cent-, pubesceni, olivâtre, panaché de
rose, puis brun bistre; pores sinueux, jaunâtres puis verts ;
stipe pubescent, pruineux, jaunâtre, rouge au milieu; chair
jaunâtre, instanlanémcnt bleu verdâtre, puis violette à l'air,
rouge à la base du sLipe. — Quel. Ass. fr. 1886, l. 9. f. 6.
Bois. — Été *G. Mougeotii Quel. 5.
2. Chapeau large de 5-8 cent., sec, glabre, roux brun; tubes iné-
gaux; fauves ; pores 11 la fin allongés plissés; stipe égal, lisse,
roussâtre, pâle; chair blanche non changeante. — Rostk. 1. 11.
Bois sec parmi les Myrtilles . . . . *G. Sistotrema Fr. 6.
b. Stipe bulbeux ou subbulbeux; tubes décurrents, courts; spores
ovoïdes.
1. Stipe réticulé, atténué au sommet, brusquement bulbeux à la
base, à bulbe égalant presque le chapeau; tubes blancs; pores
petits, inégaux ou pres(jue ronds, blanchâtres ou gris carné;
chapeau large de 6-8 cent., glabre, brun ocracé, maculé de
brun rouge par le toucher.
Bois de chênes *G. Filiae (Gill.) Sacc. et Cub. 7.
1. Stipe obèse, subbulbeux, maculé et strié de rouge ferrugineux;
tubes jaunes ; pores sinueux, â la fin d'un rouge ferrugineux ;
chapeau glabre, visqueux, d'un blanc fauve.
Bois • . *G. placidus Bonord. 8.
B. Un volva ; stipe égal, lisse, concolore ; chapeau glabre, lisse. —
Pers. Myc. Il, 17 f. 2.
Bois. — Print. fi'té. Aut ''G. velvatus (|>ers.) Fr. 9.
Obs. La dernière espèce serait suivant le Dr Quélet (FI. Myc. p. 411)
Amanitopsis vaginata à lames déformées par un Hypomyces.
BULLETIN DES SÉANCES. 87
4. STROBILOIIVCES, Berk.
A. Tubes longs, plus courts aulour du stipe; stipe lomenteux, fuligi-
neux inféricurement, semi-annelé et vacuole supérieurement; cha-
peau large de 8-10 cent, portant sur les bords les débris du voile
membraneux. — Cliev. Par. 6 f. 10.
Bois *S. floccopus Vahl. 1.
B. Tubes adhérents, plus longs que l'épaisseur du chapeau ; stipe
sillonné au sommet, et portant des débris brunâtres du voile ; cha-
peau large de 4-8 cent, et plus. — Krmbh. 74 f. I'^. 15 ; Rostk. 38 ;
Quel. 16 f. 1 ; Vent. 43 f. 1. ^2; Pers. Myc. II. t. 19; Pat. 675.
Bois sons les terrasses des chemins creux.
Boletus srobilaceus Fr., S. squarrosus (Pers.) Gill. et Luc. 2.
5. PHYLLOPORt]l«$, Quel.
Chapeau large de5-8cent., souvent excentrique, tomenteux, bai ou brun
pourpré; lames épaisses, larges, rameuses ou alvéolées, jaunâtres,
rougissant à la pression; stipe ferme, fibrilleux, pointillé ou
poudré de rouge; chair jaunâtre, rosée ou vineuse sous la cuticule.
— Kalchb. le. 16 1". 1.
Bois, bords des chemins. — Été.
Flammula paradoxa Kalchb.; P. Pelletieri (Crouan) Quel.
BILLETIN DES SÉANCES
DE LA
SOCIETE BELGE DE MICROSCOPIE
Tome XVII. N" VI. 1890-1891.
Procès-verbal fie la séance iiieiisiielle
du 11 a%ril 1891.
Présideinck de m. Errera, président.
La séance est ouverte à 8 1/2 heures.
Sont présents : MM. Bauwens, Bray, Delogne, De
Wevre, De Wildeman, Errera, Francotte, Gedoelst,
Lameere,M"® Leclercq, Roufïîirt et Verhoogen, secrétaire.
M. Pelseneer assiste à la séance.
Ouvrages reçus en liommuf/e :
E. De Wildeman. — Premières reclierclies au sujet de
r influence de la température sur la marche, la durée
et la fréquence de la carijocinèse dans le règne végétal
(Mémoire couronné par la Société des sciences médi-
cales et naturelles, 1890).
Rupeuï Jones. — On some fossil Estkeriac. {Geologicai
Mag.,\o\. VIII, février 1891.)
90 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
PiLPERT JoiNES. — 0)1 somc Estlieviae and Esllieriaclike
s/iells from tlie carbonifcrous sliales of Western Scot-
land{Trfins. Gcol. Soc. Glascoîv, mars 1890).
Ch. F. Cox. — Proloplasm and life, two hiological
essays, New-York, 1890.
Des remei'cîments sont votés aux auteurs de ees
envois.
Communications :
L«|iioSi,
par Paul Pelseneek, professeur à l'École normale de
Gand.
Dans une conférence sîf/' les organes des sens chez les
Mollusques, M. Paul Pelseneer expose, au point de vue
morphologique, avec projections à l'appui, la structure
compai'ée des divers organes de la sensibilité spéciale
de ces animaux, dont il montre les différences anato-
miques et physiologiques avec les appareils portant les
mêmes dénominations chez les Vertébrés.
Il décrit, pour chaque oidre d'organes, la disposition
la plus archaïque existant encore dans les espèces
actuelles, et en fait connaître l'évolution phylogénétique
dans le temps, par comparaison des différents états d'un
même appareil chez les diverses formes de Mollusques.
De la nature des conformations ai'chaïques observées,
et de l'analogie de ces confoi-mations dans les organes
sensoriels dilïérents, il conclut à leur origine commune,
aux dépens de cellules de la sensibilité générale : oi'igine
due à la spécialisation de ces dernières par l'action des
divers agents physlcjucs sur les parties du corps les
plus exposées à leurs effets.
nULLRTIN DKS SÉANCES. 91
II constate que les résultats de l'anatomie comparée
sont confirmés par l'observation du développement indi-
viduel normal et de la régénération des ornçanes senso-
riels détruits, et que l'ensemble des faits observés montre
la grande variabilité des organismes vivants, sous l'in-
fluence des agentsextérieurs, par réaction contre ceux-ci.
Le détail de cette conférence sera publié aux Annales
de la Société.
LVrig'iiie «les VertéPjrés, conférence donnée à la
Société belge de Microscopie le 7 mars 1891, par M. Aug.
Lameere", professeur à TUniversité de Bruxelles.
Mesdames, Messieurs,
Depuis l'introduction dans la Science de la théorie de
la transformation des espèces, la classification des orga-
nismes est devenue véritablement naturelle; elle est
l'expression synthétique de la parenté des êtres vivants,
et elle constitue le reflet de nos connaissances sur leur
structure.
Mais, établir une classification généalogique d'orga-
nismes aussi compliqués, aussi nombreux et aussi diffé-
renciés que les Animaux, n'est point chose aisée : le pi'o-
blème se heurte à des difficultés de tout genre, et l'on
conçoit qu'il ne puisse être résolu qu'à la longue. Cepen-
dant, dans l'état actuel de la Science, nous commençons à
entrevoir les traits principaux des vicissitudes auxquelles
les Animaux ont été soumis dans la suite des âges, et
leurs relations de parenté se dessinent de jour en jour
avec plus de netteté. Le temps me fait défaut pour vous
exposer le système zoologique dans sa généralité, et je
92 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
prendrai parmi les questions qu'il embrasse, celle qui
intéresse probablement davantage la plupart d'entre vous,
l'origine des Vertébrés : faire l'histoire des transforma-
tions subies par des organismes inférieurs pour consti-
tuer ce type élevé, c'est retracer en effet une partie de
l'histoire de l'Homme même.
Permettez-moi d'abord de vous rappeler brièvement
quels sont les caractères essentiels de la structure des
Vertébrés. Ces animaux ontle corps segmenté, comme les
Vers et les Insectes, mais cette segmentation ne se trahit
que dans la disposition des organes internes : la répé-
tition des vertèbres, le mode d'origine des nerfs qui
partent de la moelle épinière, en sont la manifestation la
plus frappante chez l'Homme. Dans l'embryon de tous
les Vertébrés et pendant toute la vie chez les Poissons,
elle est très nettement accusée par la division des masses
musculaires latérales du corps en tranches disposées les
unes derrière les autres, ce que tout le monde aura pu
constater sur les divers poissons servis sur nos tables ;
ces tranches musculaires sont creuses dans l'embryon :
elles forment ce que l'on nomme les protovertèbres.
Comme tous les animaux véritables, les Vertébrés
offrent une cavité digestive; celle-ci n'est pas accolée
directement à la peau, constituant un simple renfonce-
ment dans le corps de l'organisme, ainsi qu'il en est chez
les Eponges, les Polypes et les Méduses : elle est
séparée des téguments externes par une autre cavité,
appelée cavité générale, cavité péritonéale ou cœlomc.
Cette différence fait qu'en fendant le corps d'une Méduse,
par exemple, l'on pénètre directement dans la cavité
digestive, et l'animal n'est point susceptible d'être dis-
séqué; tandis qu'en ouvrant au contraire une grenouille.
BULLETIN DES SÉANCES. 93
on l'encontre d'abord la cavité péritonéale, dans laquelle
font hernie les circonvolutions de l'intestin que l'on peut
dégager entièrement du corps sous forme d'un véritable
tube.
Les Vertébrés ont un svstème nerveux essentiellement
représenté par un cylindre creusé d'un canal central,
placé longitudinalement sous la peau dans la partie du
corps qui étant tournée vers le haut, constitue le dos de
ces animaux. Entre le système nerveux et le tube digestif
se trouve une baguette cellulaire pleine et rigide, la
corde dorsale, laquelle se conserve pendant toute la vie
chez certains Vertébrés inférieurs, mais elle n'est chez les
autres qu'un organe embryonnaire qui disparaît, rem-
placé par une abondante production d'éléments squelet-
tiques fournis par les protovertèbres.
A ces caractères il faut ajouter comme trait essentiel
du type Vertébré que la rorde dorsale s'étend dans toute
la longueur de l'animal, mais qu'elle ne dépasse pas en
avant le tube digestif et le système nerveux, celui-ci se
prolongeant au contraire au delà pour se renfler en
cerveau.
Il est nécessaire d'insister sur cette particularité, car
elle diflérencie nettement les Vertébrés d'autres animaux
segmentés qui offrent comme eux un cœlome,un système
nerveux dorsal et une corde dorsale et qui, à raison de
ces caractères, doivent leur être réunis pour consti-
tuer un embranchement auquel on a donné le nom de
Chordés ou Cliordozoairea .
Ces animaux sont d'une part le célèbre Ampliioxiis,
les Tuni<;iers de l'autre,
L'Ampliioxus ^ été considéré comme un ancêtre des
Vertébrés, et il leur a même été souvent réuni, mais à
94 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSGOPIE.
tort. Il conserve à l'état adulte une structure qui en bien
des points rappelle celle des embryons de Vertébrés, mais
il offre également un certain nombre de particularités
secondaires qui ne se présentent jamais chez aucun de
ces derniers, et qui font qu'il ne peut leur être réuni ou
même être regardé comme une forme rappelant les ancê-
tres de ce grand groupe.
Le caractère qui éloigne le plus VAmpliioxus des Ver-
tébrés est le fait que sa corde dorsale subit une modi-
fication secondaire se produisant assez tardivement dans
son développement embryonnaire: elle s'allongeen avant
pour dépasser le tube digestif ainsi que le système ner-
veux, et elle s'étend jusqu'à la partie la plus antérieure
du corps, dans cette région qui correspond à la tête des
Vei'tébrés; de là l'institution d'un sous-embranchement
des Céplialochordes que l'on a créé pour VAmpliioxus
seul, et que l'on place dans l'embranchement des Chordés
à côté du sous-embranchement des Vertébrés.
Viennent maintenant les ïuniciers qui doivent con-
stituer un troisième sous-embranchement des Chordés,
et qui ne peuvent à aucun titre être considérés comme
les ancêtres des Vertébrés ou des Céplialochordes.
Ce fut une véritable révolution dans la Science que la
découverte par Kowalewsky du développement embryon-
naire des Ascidies, ces animaux ressemblant à des sacs
et qui avaient jusqu'alors été considérés comme voisins
des Mollusques, avec lesquels ils n'ont absolument rien
de commun. Ils sortent de l'œuf sous forme d'une larve
qui extérieurement rappelleassez bien l'aspect d'un têtard
de grenouille, et qui offre dans sa structure les carac-
tères essentiels des Chordés, notamment une corde dor-
sale. Celle-ci n'est toutefois développée que dans la
BULLETIN DES SEANCES. 93
partie postérieure de l'organisme : de là le nom d'Uro-
chordes donné aux Tuniciers. On crut un moment
avoir trouvé dans ces êtres la transition si désirée entre
les Vertébrés et des animaux inférieurs : on pouvait en
effet s'imaginer que la forme ancestrale était une Ascidie
et que la larve du Tunicier avait servi de point de
départ à l'évolution d'organismes supérieurs. Mais
l'impossibilité de rattacher les Ascidies à d'autres ani-
maux invertébrés a dû faire rejeter cette hypothèse, et a
fait admettre l'opinion que leur larve rappelle leur état
primordial : les Tuniciers seraient ainsi des Chordés pri-
mitifs qui se seraient fixés à un certain moment de leur
existence et qui auraient subi par ce fait une révolution
considérable dans leur organisation. L'embryogénie de
ces animaux démontre en outre que cette nouvelle adap-
tation de l'organisme adulte a retenti sur tout son déve-
loppement : celui-ci se présente comme manifestement
altéré (*], n'ayant plus la pureté, la simplicité qu'offre
l'évolution de l'œuf de VAmpliioxus ou des Vertébrés
les plus inférieurs. La larve des Tuniciers ne nous
représente donc plus actuellement la structure origi-
nelle de l'organisme ancestral de ce groupe d'animaux,
et elle ne peut non plus être considérée comme rappe-
lant un état de développement auquel nous pourrions
rattacher les Vertébrés et les Céphalochordes. L'étude
de l'embryogénie des Tuniciers ne nous a donc pas
fait faire un pas dans la question de l'origine du type
Vertébré; elle a abouti simplement à nous montrer
la place exacte que les Tuniciers doivent occuper dans
la classification zoologique : ils constituent un sous-
(*) Ed. Van Beneden ei Ch. Julin. Recherches sur la morphologie des
Tuniciers. Arch. de Biologie, t. VI, 1883.
96 SOCIÉTÉ BELGE DE MICKOSCOPIE.
embranchement dans l'embranchement des Chordo-
zoaires.
Les Vertébrés, les Céphalochordes et les Urochordes
forment donc trois groupes parallèles provenant d'un
ancêtre commun, et s'il fallait chercher parmi ces trois
sous-embranchements celui qui représente encore le
mieux le type ancestral des Chordés, nous devrions don-
ner la préférence aux Vertébrés, car c'est d'un Vertébré
très primitif seulement que nous pourrions faire dériver
à la fois YAmphioxtis et les Tuniciers.
La question de l'origine des Vertébrés se réduit donc
à trouver l'ancêtre de l'animal segmenté, pourvu d'un
cœlome et de protovertèbres, présentant une corde dor-
sale et un système nerveux situé dans la région supé-
rieure du corps.
Ici nous nous trouvons en présence d'une véritable
difficulté : nous n'en pouvons trouver de meilleure
preuve que dans la multiplicité des opinions qui régnent
à l'égard de la question. L'idée qui prédomine actuel-
lement est que les Vertébrés proviennent d'un Ver,
mais de quelle forme de Ver, c'est sur quoi les auteurs
sont loin d'être d'accord : les uns invoquent des rapports
entre les Vertébrés et les Annélides marines les plus
inférieures; d'autres, au contraire, vont chercher des
liens de parenté des Chordés avec des Vers d'organisa-
tion élevée, les Némertiens; d'aucuns ont cru trouver
l'ancêtre tant désiré dans ce fameux Halanoglossus qui
a l'apparence d'un ver, et qui est en réalité une modifi-
cation de type Echinoderme ; il en est enfin qui ont cher-
ché à établir une relation des Vertébrés avec les Arachno-
morphes ou avec les Crustacés.
Ia's partisans de ces différentes manières de voir se
BULLETIN DES SÉANCES. 97
bornent généralement à établir des analogies sur des
données anatomiques, sans pousser à fond leurs investi-
gations : ils ne s'expliquent pas sur l'origine de l'orga-
nisme qu'ils considèrent comme l'ancêtre des Vertébrés,
de telle façon que leur conception fragmentaire ne plane
pas sur l'ensemble du règne animal.
Dès 1885, cependant, A. Sedgwick, professeur de
Zoologie à l'Université de Cambridge, a émis une hypo-
thèse, déjà entrevue par divers auteurs (*), qui donne à
mon sens la clef de toute la classification zoologique.
Cette hypothèse semble avoir été laissée dans l'ombre :
je ne connais pour ma part que mon maître M. Ed. Van
Beneden,qui l'ait prise en considération et qui, à diverses
reprises, ait insisté sur son énorme importance (**).
Exposons d'abord les faits d'une manière purement
objective en prenant comme point de départ les pre-
miers stades du développement de VAmpliioxîis lesquels
nous sont connus d'une manière complète, grâce aux
recherches approfondies de Hatschek, professeur de Zoo-
logie à l'Université de Prague (***). Les phénomènes que
nous offre l'embryogénie de VAmpliioxiis, peuvent être
considérés comme exempts de toute cause secondaire
d'altération, et dans leurs traits fondamentaux ils sont
reproduits dans le développement des Vertébrés.
Après la fécondation, l'œuf de VAmpInoxiis se seg-
mente, et les cellules ainsi formées se rangent à la péri-
phérie d'une sphère creuse, de manière à constituer une
(*) A. Sedgwick. On tlieorigin ol melameric segmentation aiid some
oiher morphotogicnt questions. Quart. Journ. of Mikrosc. Science, 1884,
p. 43.
(") Ed. Van Beneden. Reclierclies sur le développement des ^racli-
nactis. Bull. Acad. Bel^., sér. 3, t. 21, 1891.
(***) B. Hatschek. Studien. ilber die Enlwickelung des A)nphioxus.
Arbeil. a. d. zool. Inst. in Wien, Bd. IV, 1881.
98
SOCIÉTÉ BELGE DE MICHOSCOPIE.
couche unique, le blastoderme; l'embryon en cet état
constitue ce que l'on appelle une blastula (fig. 1), forme
qui se retrouve dans le
développement de tous
les animaux chez les-
quels il n'y a pas eu al-
tération des processus
embryonnaires, de telle
sorte que nous devons
la considérer comme
nous rappelant les ca-
ractères d'un ancêtre du
règne animal. Or, nous
Fig. l.— B\a.st\i\a. de VAmphioxiis, d'après t^oUVOnS DrécisémCnt
parmi les Protistes ac-
tuels des êtres qui nous offrent une structure très ana-
logue : ce sont des Flagellâtes de la famille des Yolvo-
cinées, les Volvox, colonies formées de cellules
disposées en une couche unique à la périphérie d'une
sphère creuse. D'autres particularités très importantes
se joignent à cette organisation pour rapprocher les Ani-
maux de ces Protistes, ce qui nous amène à penser que
si nous possédions aujourd'hui l'ancêtre du règne ani-
mal, nous aurions à le ranger probablement parmi les
Volvocinées.
La blastula de VAmpliioxusue tarde pas à changer de
forme : elle s'aplatit comme si elle était comprimée par
une surface résistante, et une portion de la paroi blas-
todermique s'invagine dans le creux de la sphère; il en
résulte une sorte de bonnet formé de deux parois cellu-
laires, l'une extérieure nommée ectodermc, l'autre inté-
rieure, Vendoderme. Cette dernière limite une cavité
BULLETIN DES SÉANCES.
99
interne, disons la cavité digestive, laquelle est en com-
munication avec l'extérieuf par une ouverture très large
d'abord et qui tend à se rétrécir ensuite, le blasto-
pore.
L'organisme se présente alors avec l'aspect connu
sous le nom de gastnda (fig. 2), qui se retrouve égale-
Fig. 2. — Gastrula de VAmphioxus, d'après Hatschek. — ec ectoderme ;
ed endoderme ; d cavité digestive ; bp blastopore.
ment dans le développement de tous les animaux dont
les phénomènes embryonnaires n'ont pas été altérés, et
que nous devons considérer comme nous rappelant la
structure primordiale de tout le règne animal; elle est
en efïet le symbole de ce dernier, les Animaux pouvant
être définis : les organismes pkiricellidaires présentant
une cavité digestive (*).
Nous sommes d'autant plus autorisés à admettre
cette manière de voir qu'il existe encore dans la Nature
vivante des animaux qui ne dépassent pas ce stade, et
qui subsistent d'une façon permanente à l'état de gas-
trula.
n Ou l'ayant perdue {Cestodes, Acnnlhocéphales.
Dicijémidesj.
Orthonectides et
400 SOCIÉTÉ BELGK DE MICHOSCOPIE,
Les plus connus de ces animaux sont les Hydres
d'eau douce, des Polypes ayant la forme d'un cylindre
fixé par sa base et surmonté de tentacules flexibles.
Une coupe transversale de l'organisme fait voir qu'il
n'est formé que de deux feuillets cellulaires, séparés
par une mince lamelle de soutien dépourvue de toute
structure ; extérieurement se trouve, comme dans la
gastrula, un ectoderme et intérieurement un endoderme:
celui-ci limite également une cavité digestive, qu'une
coupe longitudinale de l'Hydre nous montre s'étendant
dans les tentacules et s'ouvrant au pôle supérieur par
une ouverture buccale comparable au blastopore. Jadis
l'on croyait que l'animal pouvait être retourné comme
un gant, que l'cctoderme pouvait ainsi jouer le rôle d'en-
doderme, et réciproquement, mais c'est là une erreur repo-
sant sur des observations mal faites : il a été démontré
récemment {*) que l'Hydre retournée reprend rapidement
sa disposition naturelle, et si l'on vient à l'en empêcher,
elle périt.
i\ existe donc une différence fonctionnelle entre l'ec-
toderme et l'endoderme, et nous allons voir que les deux
feuillets de la gastrula de VAmpliioxus donnent en effet
naissance à des organes très différents.
L'embryon s'allonge, de telle manière que le blasto-
pore subsiste sur la ligne médiane, à la partie supé-
rieure et postérieure de l'animal. Trois différenciations
capitales se présentent alors : la formation de système
nerveux, de la corde dorsale et d'un feuillet moven, le
mésoderme qui vient s'intercaler entre l'endoderme et
l'ectoderme.
(*) (1. ISHiKAVVA. Trembleifs Umkelirungsvcrsuclic au Ili/dm luuli
ncucn Ycrsuchen erklart. Zcitsch. f. wiss. Zool., Bd. i9, l«8y.
BULLETIN DES SÉANCES. iOl
Nous nous occuperons tout à l'heure en détail de cette
dernière complication : disons d'abord quelques mots de
l'apparition du système nerveux et de la corde dorsale.
Le système nerveux apparaît en avant du blastopore
sous forme d'un épaississement médian de l'ectoderme
qui s'étend sur toute la longueur du dos de l'animal :
le plaque ainsi produite s'affaisse et se courbe de
manière à donner naissance à une gouttière dont les
bords tendent à se rapprocher et finissent par se réunir
en dessus. Il en résulte l'existence, entre la peau et la
plaque nerveuse, d'un canal longitudinal qui persiste
lorsque les deux bords de cette plaque se rapprochent
l'un de l'autre en dessus pour constituer le cylindre
creux représentant la moelle épinière de VAmpfiioxus
adulte, et qui reste ouvert en avant pendant un certain
temps par un office dorsal antérieur appelé neuroporc.
La corde dorsale se forme au contraire aux dépens de
l'endoderme : elle apparaît comme un épaississement de
la voûte de la cavité digestive, sur la ligne médiane, en
dessous de la ligne de. formation du système nerveux ;
l'ébauche cellulaire ainsi réalisée se détache peu à peu
de l'endoderme pour constituer une baguette cylindrique
pleine.
Avant la formation de la corde dorsale se montre à
droite et à gauche, à la partie supérieure de l'endoderme,
une hernie de la cavité digestive : il se produit ainsi, de
chaque côté, une cavité nouvelle, communiquant d'abord
avec la cavité digestive (fig. 5), puis s'en détachant
(fig. 4), et dont la paroi cellulaire prend le nom de
mésoderme. Mais la formation de ces diverticules méso-
dermiques n'est pas aussi simple que cette description
le laisse croire : si l'on examine en effet la larve de
dO'2
SOCIÉTÉ I5ELGE DE MICROSCOPIE.
VAmpliioxus, non plus sur une coupe transversale, mais
de dos, on voit qu'avant même que les cavités latérales
Fig. 3 et 4. — Deux stades successifs du développement de YAiJiphioxus (coupe
transversale), d'après Hatschek. — ec ectoderme ; n système nerveux;
4 système nerveux ; ecl endoderme ; ch corde dorsale ;
d tube digestif; m cavité mésodermique divisée à droite en pv protover-
tèbre et c cœlome.
l'on voit bientôt les cellules de leur paroi profonde se
transformer en éléments musculaires qui en envahis-
sent la cavité.
Ainsi se trouve réalisée peu à peu chez X Ampliioxus
l'organisation générale du type Vertébré, et les faits que
nous venons de rappeler suffisent pour nous permettre
de résoudre la question de l'origine de ces Animaux.
Il s'agit de déterminer en effet en premier lieu, la
signification de ce stade embryonnaire où VAmphioxus
se révèle comme un organisme segmenté.
Remarquons d'abord que cette segmentation se pré-
sente avec les mêmes caractères chez les Vers annelés, où
BULLETIN DES SÉANCES. iOâ
elle apparaît en outre extérieurement sous forme d'une
division du corps en anneaux. Un embryon de lombric
nous offre une série de saccules mésodermiques qui
se montrent, comme chez VAmphioxus, dans la région
du corps où se développe le système nerveux, lequel est
ventral chez les Vers. Ces saccules s'étendent ensuite vers
la partie dorsale de l'animal, et ils se réunissent par
paires supérieurement et inférieurement, de manière à
ne constituer qu'une seule cavité entourant le tube diges-
tif. Mais une coupe longitudinale du ver de terre, passant
à égale distance du dos et du ventre nous fait voir immé-
diatement que la séparation des divers saccules mésoder-
miques placés les uns derrière les autres, subsiste, de
telle manière que le cœlome du lombric conserve pen-
dant toute la vie de l'animal la disposition segmentaire
qu'il n'offre chez VAmpliioxiis que dans l'embryon et qui
se conserve pour les protovertèbres. La division du
corps des Vers en anneaux offre donc les mêmes carac-
tères anatomiques que la segmentation des Vertébrés, et
doit, par conséquent, tenir à la même cause.
Il règne actuellement dans la Science une hypothèse
fort séduisante pour expliquer ce phénomène : elle a eu
pour point de départ une idée du naturaliste français,
A. Moquin-ïandon, adoptée par le physiologiste Dugès.
Ces savants, considérant que le corps d'une sangsue ou
d'un lombric est formé d'anneaux qui renferment chacun
une même portion du tube digestif et du système circula-
toire, un ganglion nerveux, un appareil excréteur, etc.,
bref tous les organes d'un animal complet, pensaient
qu'un animal segmenté ne constituait pas un être unique,
mais une colonie d'animaux soudés les uns derrière les
autres. Chaque anneau constituerait ainsi une indivi-
XVII 9
i06 SOCIÉTÉ BKLGE DE MICROSCOPIE.
dualité. Cette hypothèse a été reprise et considérahle-
ment amplifiée par Hceckel (*), qui croyait pouvoir trou-
ver l'origine de cette colonisation dans un phénomène
de hourgeonnement. Il est, en effet, des Vers considérés
comme très inférieurs et ne présentant point de trace
de segmentation, certains Turbellariés, dont la partie
postérieure du corps bourgeonne, et donne naissance à
de nouveaux vers qui ne se détachent pas immédiatement
les uns des autres pour aller vivre d'une existence indé-
pendante : il en résulte une chaîne d'individus. Si l'on
suppose que ces animaux restent réunis, il s'en suivra
une colonie d'autant plus comparable à un ver segmenté
que l'organisation de l'un de ces Turbellariés semblait
pouvoir, jusqu'à un certain point, être ramenée à celle
d'un anneau de lombric ou de sangsue. Telle pourrait
donc être l'origine delà segmentation, et cettehypothèse
semblait confirmée par le fait que les Annélides marines
sortent de l'œuf sous une forme larvaire, assez comparable
à un Turbellarié, réduite à la tète ou à un petit nombre
d'anneaux de l'animal adulte : à la partie postérieure de
ces larves, on voit se produire peu à peu par un phénomène
qui ressemble à un bourgeonnement, toute la suite des
anneaux qui forment le corps du ver détinitif. En raison
de ce fait, la larve des Annélides marines a été considérée
comme représentant la structure d'un ancêtre dos ani-
maux segmentés, et l'on est allé jusqu'à y voir une forme
primitive des Vertébrés (**).
Cette liypothèse très remarquable a le défaut de ne pas
nous donner l'explication ni de l'origine du mésoderme,
ni de la signification du cœlome, et elle est muette sur
(•) E. \i.v.cKK\..GenereUe Morphologie der Organismen. Berlin, 1866.
('*) Ed. l'EfuuRu. Traité (te Zoologie. Paris, 1890.
BULLETIN DES SÉANCES. lOT
la parenté même de la larve des Annélides, toutes les ten-
tatives faites pour rattacher cette forme à un animal
inférieur avant échoué.
Or, nous allons voir qu il est inutile d'invoquer une
multiplication de l'individualité pour expliquer la struc-
ture des animaux segmentés, et que nous pouvons décou-
vrir l'origine du cœlome, du mésoderme et de la segmen-
tation dans un seul phénomène purement morphologique.
Il existe dans la Nature actuelle, et la Paléontologie
nous apprend qu'il y a eu depuis les époques les plus
reculées des Polypes plus élevés en organisation et plus
robustes que les Hydres et les animaux qu'on leur associe
sous le nom d'Hydroïdes : ce sont les Antliozoaires ou
Actinozoaires , lesquels constituent les colonies con-
nues sous le nom de Coraux et de Madrépores.
L'animal du Corail du commerce présente l'aspect
général de l'Hydre d'eau douce et est essentiellement bâti
de la même manière : son corps a la forme d'un cylindre
surmonté d'une couronne de tentacules, et il offre égale-
ment un ectoderme et un endoderme séparés par une
lamelle de soutien. iMais la cavité digestive est étrange-
ment compliquée : au lieu de présenter sur une coupe
transversale une section circulaire, elle montre un aspect
étoile dû à la présence de replis de l'endoderme qui con-
stituent des cloisons séparant des festons ou loges cœlen-
tériques disposées radiairement autour de l'axe central.
A la partie supérieure du polype, il existe un repli de
l'ecdoderme qui descend dans le corps de l'animal et qui
vient clore les loges : une coupe transversale de l'Âctino-
zoaire en cette région offre donc une cavité centrale limi-
tée par l'ectoderme autour de laquelle sont disposées des
cavités tapissées entièrement par l'endoderme.
<08 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
11 résulte des recherches approfondies des frères
Hertwig f) que les Actinozoaires possèdent un système
nerveux : il est constitué par un lacis de cellules ecto-
dermiques sous-épidermiques, surtout abondantes sur les
tentacules et autour de la bouche oii elles forment un
véritable anneau nerveux central.
Des polypes ainsi constitués peuvent être dérivés
directement d'animaux ressemblant à l'Hydre d'eau douce
en supposant qu'il s'est produit chez ces derniers un
plissement de l'endoderme qui a donné naissance aux
cloisons : ce plissement nous le trouvons déjà indiqué
chez certains Hydroïdes. Il n'est pas jusqu'au système
nerveux des Actinozoaires qui ne se trouve également
chez l'Hydre. Jadis, à la suite des études de Kleinenberg,
on niait l'existence de cellules nerveuses différenciées
chez cet animal; on prétendait qu'il possède des cel-
lules dites neuro-musculaires, à la fois musculaires et
nerveuses, mais c'est une erreur. L'endoderme de l'Hydre
renferme des cellules nerveuses et des cellules muscu-
laires parfaitement distinctes; j'ai fait faire par M. Cha-
peaux, aujourd'hui docteur en sciences, il y aura tantôt
trois ans, des recherches en ce sens dans mon laboratoire :
il en est résulté que des cellules nerveuses se trouvent
chez l'Hydre principalement, comme chez les Actino-
zoaires, sur les tentacules et autour de la bouche, où
elles constituent également un véritable anneau. Ces
découvertes ont été confirmées récemment par un natu-
raliste allemand (**).
Les Actinozoaires nous représentent donc des Hydroïdes
(•) 0. u. U. Hertwk;. Die ^ctimen. Jena, 1879.
(") K. C. ScHNEiDKR. Ilistoloqie an ITiidrn ftixrn iiiif bcsonderer
Bcrucksicktiqun(i des Ni'rvcHsy.slcins der Ilydrupolypcii. Arcli. f. iiiikr.
Anal., nd. ô:i, \m).
BULLETIN DES SÉANCES.
i09
perfectionnés, à cavité digestive festonnée, ayant par
conséquent une surface beaucoup plus considérable, ce
qui offre un grand avantage pour l'animal, puisque
une plus grande quantité d'éléments nutritifs peuvent
être ainsi élaborés en même temps : c'est ce qui explique
la taille de ces polypes, souvent beaucoup plus considé-
rable que celle des Hydroïdes.
Parmi les Actinozoaires, il existe encore des for-
mes qui ne constituent point de colonies, et qui ne
donnent lieu a aucune production squelettique : ce sont
de gros polypes mous qui vivent. isolés et que l'on con-
nait sous les noms vulgaires d'Anémones de mer ou
Fig. 7. — Schéma d'une coupe transversale faite dans la région buccale d'un
Cériatithe, d'après les frères Hertwig (les détails histologiques de l'ecto-
derme ont été supprimés). — ec ectoderrae ; l lamelle de soutien ; m loge
cœlentérique ; b invagination buccale.
110 SOCIÉTÉ HELGE l>E MICROSCOPIE.
d'Actinies. Il en est dont la bouche n'est point circulaire
comme celle du Corail, mais se présente comme une
fente allongée. Tels sont par exemple les Cériantlies,
dont une coupe transversale passant par la région supé-
rieure du corps, coupe dont j'emprunte le schéma aux
frères Hertwig (fig. 7), offre un intérêt exceptionnel. Elle
nous montre d'une façon saisissante une symétrie bila-
térale qui se trouve d'ailleurs parfaitement indiquée
chez tous les Actinozoaires. A droite et à gauche de l'inva-
gination buccale se voient des loges qui se font vis-
à-vis, de telle façon que sur la coupe, l'animal nous appa-
raît comme segmenté, c'est-à-dire que nous pouvons le
fractionner en parties semblables disposées les unes der-
rière les autres : cette segmentation est due à la dispo-
sition des loges, et nous savons que celles-ci constituent
une portion de la cavité digestive et que le feuillet cellu-
laire qui les tapisse n'est qu'une partie de l'endoderme.
Or la segmentation de VAmphioxus provient de l'exis-
tence des saccules mésodermiques dont la cavité n'est
qu'une portion détachée de la cavité digestive, et dont
le revêtement cellulaire est une partie de l'endoderme
primitif. (Test-à-dire que nous pouvons directement com-
parer les saccules mésodermiques aux loges cœlentéri-
ques du Cérianthe, de sorte qu'en faisant l'hypothèse que
les animaux segmentés descendent d'organismes ayant
eu une structure semblable à celle de certains Actino-
zoaires, nous arrivons en même temps à expliquer l'ori-
gine du mésoderme, du cœlome et de la segmentation.
Il suffît pour admettre cette théorie de concevoir
l'existence d'un Actinozoaire aplati, allongé dans le
sens du plan qui détermine sa bilatéralité et offrant les
loges cœlentériques entièrement séparées de la cavité
BULLETIN DES SÉANCES. ill
digestive centrale. Or, l'on connaît des Actinozoaires
aplatis, on en a décrit qui au lieu d'être circulaires
sur une coupe transversale sont elliptiques, on en a
découvert entin un dont les loges sont entièrement indé-
pendantes et qui pourrait en quelque sorte être défini :
un polype pourvu d'un cœlome (*).
C'est là l'hypothèse due à Adam Sedgwick qui y a été
principalement amené par des considérations tirées de
l'embryologie du Peripatus, un Arthropode qui ressemble
à un lombric pourvu de pattes, et qui est aux Insectes ce
que VAmpliioxiis est aux Vertébrés.
Cet organisme offre une gastrula dont le blastopore
s'allonge en une fente, en même temps qu'apparaissent
les saccules mésodermiques. La comparaison de l'em-
bryon arrivé à ce stade avec une jeune Actinie est frap-
pante. Le blastopore, homologue de la bouche de
l'Actinozoaire, s'allonge de plus en plus, en même temps
que sa partie moyenne se rétrécit, de telle façon qu'à un
moment donné, il se trouve représenté par deux ouver-
tures, une antérieure qui deviendra la bouche de l'animal
adulte, l'autre postérieure, le futur anus, réunies encore
pendant un certain temps par une étroite fente longitu-
dinale disparaissant plus tard (fig. 8). Or, il est précisé-
ment certains Actinozoaires dont la bouche offre un aspect
inusité : elle a la forme d'une fente allongée dont les
deux lèvres sont accolées dans leur plus grande étendue,
ne laissant subsister que deux ouvertures terminales,
dont l'une joue le rôle d'orifice d'entrée et l'autre d'ori-
fice de sortie : cette bouche réalise la disposition que
nous observons transitoirement chez le Peripatus.
(*) D. C. Danielssen. Actinida ofthe Norwegian North-Atlantic Expé-
dition. Bergens Mus. Aarsber. f, 1887.
H2
SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
cm
Fig. S. — Schéma de l'organisation du Peripatus, vue ventrale. — b bouche;
a anus ; cm ancienne fente blastoporique aj'ant fait communiquer la bouche
et l'anus; n système nerveux; m cavité mésodermique; at antenne;
p patte.
■ Tn.
Fig. 9. — Schéma de l'organisation d'un Actinozoaire , vue du disque buccal,
t bouche ; n système nerveux ; m loge cœlentérique; t tentacule.
BULLETIN DES SÉANCES. , 113
Autour de la bouche des Actinozoaires, nous trouvons
un anneau nerveux (fig. 9) : le système nerveux du
Peripatiis se montre sous forme de deux cordons situés
longitudinalement de chaque côté de la ligne médiane,
c'est-à-dire de l'ancienne fente qui réunissait la bouche
et l'anus, ces deux cordons étant rattachés l'un à l'autre
devant l'oriiice buccal et derrière l'orifice anal, de telle
façon que le système nerveux du Peripatiis est l'homo-
logue du système nerveux des Actinozoaires et occupe
la même position dans le corps de l'organisme.
De plus, les cavités mésodermiques du Peripatiis
envoient un prolongement dans chacune des pattes de
l'animal, absolument comme les loges des Actinozoaires
se continuent dans les tentacules de ces Polypes, et
nous voyons que les membres des Arthropodes ne sont
pas autre chose que les tentacules de leurs ancêtres
perfectionnés.
Une coupe transversale du corps du même Peripatus
(fig. 10) mise en regard d'une coupe longitudinale d'un
Actinozoaire (fig. 11) nous montre immédiatement l'ho-
mologie des principaux organes, mais présentant une
disposition inverse par rapport à l'orientation normale
de ces animaux : le Peripatus progresse en effet sur
la face neurale de son corps, c'est-à-dire que son ventre
correspond au disque buccal des Actinozoaires. Il des-
cend donc d'un polype retourné, marchant sur sa face
tentaculaire, et nous devons admettre la mêm.e origine
pour tous les Arthropodes, pour les Vers de tout genre (*)
et pour les Mollusques, ces organismes n'étant que les
variations d'un même thème, et ne devant constituer
qu'un seul embranchement dans le règne animal.
Y compris les Cténo[)hores qui sont des Turbellariés pélagiques.
i14
SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
D
Fig. 10. — Schéma de l'organisation du Peripatus, coupe transversale. —
D dos; "V ventre ; d tube digestif; n système nerveux; m cavité méso-
dermique; s organe segmentaire ; î patte.
Cette similitude dans l'organisation des Vers, et des
Actinozoaires, se retrouve dans bien d'autres particula-
Fig. 11. — Schéma de l'organisation d'un Actinozoaire, coupe longitudinale.
— b bouche ; d cavité digestive ; n système nerveux ; m logé cœlenté-
rique (les lignes pointillées représentent les feuillets qui manquent à l'im-
mense maiorité des Actinozoaires, et qui constituent l'endoderme et la
splanchnopleure des Cœloraates); 6' les trois genres d'ouvertures que peu-
vent offrir les loges ; t tentacule.
BULLETIN DES SÉANCES. 415
rites de leur anatomie, mais il m'est impossible de m'éten-
dre davantage sur ce sujet : je dirai seulement que les
différenls faits qui ont été allégués par les partisans de
l'hypothèse qui veut que les animaux segmentés soient
constitués par une colonie à individualités multiples,
trouvent une explication plus complète dans la théorie
de Sedgwick.
D'abord les Vers dépourvus en apparence de segmen-
tation, et considérés comme ayant une organisation plus
simple que les Annélides, les Turbellariés et les Tréma-
todes, sont en réalité des formes complexes qui ont subi
une longue évolution ; malgré la profonde transformation
de toute leur structure, malgré les vicissitudes nom-
breuses auxquelles ils ont été soumis et qui nous sont
reflétées par les bizarreries de leur embryogénie, ils
oflrent encore le témoignage irrécusable de l'existence
du cœlome : il n'y a point de Ver qui n'ait été au début
segmenté.
Le bourgeonnement suivi de scissiparité qui s'observe
chez beaucoup d'entre eux n'est que le rappel du mode
de division des Actinozoaires, lesquels se scindent égale-
ment de manière à donner naissance à des individus
nouveaux.
Entin l'évolution larvaire des Annélides marines a son
pendant dans le développement des Actinozoaires : ceux-
ci ne sortent point non plus de l'œuf avec leur struc-
ture définitive. Leur embryon peut être entièrement
comparé au début à une Hydre; ce n'est que plus tard
qu'apparaissent les cloisons qui déterminent la sépara-
tion de loges cœlentériques faisant de l'organisme un
Actinozoaire, et ces cloisons ne se forment pas toutes en
même temps : elles se montrent les unes après les autres
116 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
à droite et à gauche par paires symétriques, délimitant
successivement de nouveaux couples de loges. Cette
croissance se fait dans un ordre parfaitement régulier,
mais variable, suivant les divers ordres d'Actinozoaires,
et il est bien intéressant de constater que dans le groupe
des Cérïanlliides, la formation des couples de loges
s'accomplit exactement d'après la même loi que l'appari-
tion des couples de saccules mésodermiques, c'est-à-dire
des anneaux, chez les animaux segmentés.
La segmentation n'est donc point la résultante d'une
colonisation d'individualités distinctes : elle est un phé-
nomène purement morphologique qui a sa source dans
une multiplication de surface de la cavité digestive chez
les Polypes (*).
Revenons-en aux Vertébrés. Le fait qu'ils offrent des
cavités mésodermiques nous prouve que, comme les Vers,
ils descendent d'animaux ayant eu une structure sembla-
ble à celle des Actinozoaires, et il nous reste à nous
demander si leurs ancêtres ont subi les mêmes vicissi-
tudes que ceux des Vers, s'ils se sont également retour-
nés pour marcher sur leur disque tentaculaire, en d'au-
tres termes si les Vertébrés ont passé par un stade
comparable à l'organisation des Vers.
Il est évident qu'il ne peut être question de trouver
O Cette conclusion s'applique également aux Échinodermos dont un
certain nombre de types ont à juste titre reçu le nom d'Etoiles de mer :
il n'y a pas lieu de considérer ces organismes comme étant constitués
par un certain nombre d'animaux simples réunis en société autour d'un
axe (HîL'ckel) ou d'un individu central (Perrier). Ils forment avec le
Balanoglnssus un troisième embranchement d'animaux à cœlome, égale-
ment issus d'Actinozoaires, et la persistance de la symétrie rayonnée qui
l'emporte ciiez eux sur la symétrie bilatérale, nous montre que leurs
ancêtres ont subi leurs perfectionnements sans cesser d'être k l'état
adulte des animaux fixés, comme le sont les Actinozoaires actuels.
BULLETIN DES SÉANCES. 417
avec Hubrecht (*) l'origine des Vertébrés dans des Vers
qui, comme les Némertiens, ont perdu en grande partie
la segmentation primitive, et qui offrent une embryogé-
nie très compliquée, témoignant de profondes altérations
secondaires, le développement si pur de YAmpliioxiis
parlant immédiatement contre cette manière de voir.
La seule bypothèse plausible parmi toutes celles qui
tendent à rattacher les Vertébrés aux Vers est celle qui voit
dans les Annélides inférieures les ancêtres des Chordés,
mais elle n'est basée que sur deux considérations : la
possession commune de la segmentation et des organes
segmentaires.
La segmentation n'est pas particulière aux Vers et aux
Chordés : nous venons de voir qu'elle existe déjà chez
les Actinozoaires leurs ancêtres.
Les organes segmentaires sont des tubes qui se
trouvent disposés par paires dans chaque anneau des
Vers : ils constituent, en dernièi'e analyse, des ouvertures
qui mettent en communication les cavités mésodermi-
ques avec l'extérieur. Semper les a découverts dans les
embryons de Squales et récemment Boveri les a trouvés
chez YAmphioxus (**). Or, ces ouvertures nous les ren-
controns dans les Actinozoaires où elles font commu-
niquer chaque loge cœlentérique avec l'extérieur : elles
sont placées ou bien à l'extrémité des tentacules, ou bien
à leur base, c'est-à-dire à la place correspondant à celle
des organes segmentaires du Peripatus et des Vers, ou
bien encore dans la paroi du corps, à l'endroit où ces
organes semblent se trouver chez les Chordés.
(') A. A. W. Hubrecht. ReLations of tlie Nemerlea to tlie Yertebrata.
Quarl. Journ. of mikrosc. Science, 1887.
('*) Th. Boveri. C/e^gr die Nieren des Amphioxus. Miinchener Medicin.
Wochcnschrilt, 1890. a" 2(î.
418
SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOI'IR.
nn
P
Ttt
77,
L'hypothèse qui t'ait descendre les Vertébrés des
Annélides est donc inutile, puisque les deux particula-
rités sur lesquelles elle se fonde existent déjà chez les
ancêtres communs de ces animaux.
L'hypothèse se heurte en outre à des difficultés insur-
montables : je n'insisterai
que sur les plus impor-
tantes d'entre elles.
Le système nerveux des
Vertébrés se développe le
long du dos comme chez
VAmpliioxtis (fig. l'2); il
entoure son canal central,
en lequel communique pri-
mitivement avec l'exté-
rieur dans toute son éten-
due, mais plus tard, par
^i^^ deux ouvertures seule-
ment : une antérieure, le
neuropore, qui est peut-
„. ,„ o UA ^ 1' ■ +• ^. être homologue à la bou-
Fig. 12. — Schéma de lorganisation d un o
Chordozaire.yneàorsâle.-npneuro- chc du PevWatUS, l'autre
pore ; bp blastopore ; cm canal me- r '
vitéïésodermrS^ nerveux; m ca- postérieure, Ic blastOporC,
comparable probablement
à l'anus de cet animal. La comparaison de coupes trans-
versales représentant l'organisation schématique du Ver-
tébré (fig. lo), du Peripatiis, (fig. 10), et d'un Actino-
zoaire (fig. 11), nous montre que le système nerveux de
ces trois groupes d'animaux occupe la même région du
corps. Rien dans l'embryogénie de VAmphioxiis et des
Vertébrés ne nous témoigne d'un déplacement de cet
appareil : chez les Vers nous voyons que c'est dans la
BULLETIN DES SEANCES.
119
région où il se forme qu'apparaissent les saccules méso-
dermiques; chez Y Ampliioxus ceux-ci occupent d'abord
D.
n^
r/
-m
Fig. 13. — Schéma de l'organisation d'un Chordozoaire, coupe transversale.
— D dos ; V ventre ; d tube digestif ; ch corde dorsale; [n système nerveux ;
6 canal médullaire ; w cavité mésodermique ; s organe segmentaire.
également la région du corps adjacente au système ner-
veux. Il en résulte que la face neurale des Vers corres-
pond à la face neurale des Vertébrés, et comme ces
derniers ont la partie du corps qui renferme le système
nerveux tournée vers le haut, comme au contraire les
Vers marchent sur cette même partie du corps, le ventre
des Vers correspond au dos des Vertébrés et réciproque-
ment. Si donc les Vertébrés descendent d'un Ver, il faut
supposer que ce Ver s'est retourné, et il est bien difficile
de concevoir sous quelle intluence naturelle pareil phé-
nomène aurait pu se produire. 11 serait en outre étrange
que l'Actinozoaire ancestral après s'être retourné lui-
même et s'être transformé en Ver, se soit promptement
<20 SOCIÉTÉ BliLGE DE MICROSCOPIE.
remis dans sa position primitive pour évoluer en Ver-
tébré.
II est donc très invraisemblable que les Chordés aient
passé par la forme de Ver : tout prouve au contraire que
l'Actinozoaire qui leur a donné naissance a conservé son
orientation normale, la face neurale en haut.
Cet Actinozoaire devait en outre avoir des mœurs
spéciales : nous savons que les Vertébrés inférieurs, que
la larve de ÏAmphioxus et les larves des Tuniciers sont
des animaux nageurs vivant à la surface de l'océan, et ces
habitudes nous amènent à penser que les polypes qui
ont évolué en Chordozoaires devaient avoir des" mœurs
pélagiques, c'est-à-dire qu'ils constituaient des polypes
flottants.
L'on sait que les larves des Actinozoaires sont des
animaux pélagiques : nous pouvons donc supposer que
l'ancêtre des Chordés a été un polype ayant subi ses
dernières métamorphoses sans aller se fixer au fond des
mers comme ses congénères.
Cette hypothèse seule nous permet d'expliquer l'ori-
gine de la corde dorsale et des protoverlèbres si émi-
nemment caractéristiques de l'embranchement.
Pour un être mou et dépourvu de point d'appui
comme un Actinozoaire flottant, il aura été d'un grand
avantage qu'il se produisît un épaississcment de Ten-
doderme donnant lieu à un axe rigide, lequel aura joué
dans le corps du premier des Chordés le rôle d'un tuteur
de tous les organes.
Il aura encore été très avantageux pour le premier
Chordé d'acquérir un organe de locomotion plus efïicace
que les tentacules, les protovertèbres. Ce sont en effet
ces portions détachées des loges cœlentériqucs piiini-
BULLETIN DES SÉANCES. 12!
tives qui, se remplissant de tissu musculaire, constituent
l'appareil locomoteur de YAmpliioxiis et des Poissons,
les nageoires de ces animaux ne leur servant qu'cà se
diriger dans leurs mouvements. Les Vers nageurs ont au
contraire un mode de locomotion tout différent.
Tout concourt donc à nous faire admettre que les
Chordés n'ont pas passé par un stade de Ver, mais qu'ils
proviennent directement d'un animal ayant la structure
générale d'un Actinozoaire et qui aurait persisté à flotter
à la surfacedes océans.
Résumons donc : d'un état comparable à un Flagellate
du groupe dcsVolvocinées, le Vertébré aurait passé aune
organisation qui nous est rappelée par la structure de
l'Hydre; il se serait élevé ensuite au stade d'Actinozoaire,
et, sans jamais avoir offert de parenté directe avec un
Échinoderme ou avec un Ver, il serait devenu, en
s'adaptant d'une façon permanente à la vie pélagique, le
type primitif de tous les Chordés.
Ainsi, les animaux qui, dans la Nature actuelle, nous
représentent le mieux les ancêtres les plus rapprochés
des Vertébrés, sont ces belles Anémones marines qui
remplacent dans les océans les fleurs que les Végétaux
n'y épanouissent jamais.
Présentation de luicroplioto^rainnieis
coloriés.
M. le Secrétaire présente, de la part de M. Cogit, plu-
sieurs microphotogrammes obtenus d'après le procédé
de MM. Lumière, à Lyon.
XVII 10
^22 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
Les photographies en noir ne donnent qu'une idée
bien imparfaite des préparations coloriées qui sont géné-
ralement teintées par des couleurs vives.
Il était intéressant de chercher un procédé qui permit
de les reproduire mécaniquement et plus fidèlement.
Les auteurs du procédé dont il s'agit ont pu atteindre
le but et obtenir facilement les doubles colorations en
combinant les procédés photographiques avec les mé-
thodes de coloration des préparations microscopiques.
Les meilleures images ont été produites en opérant
de la manière suivante :
On choisit un papier dit au charbon, dont la couche
est pauvre en matière colorante (il est indispensable, en
effet, que les positives soient très claires, si l'on veut
que leur teinte n'agisse pas sensiblement sur la colora-
tion que l'on doit leur donner définitivement), et on
sensibilise ce papier dans une solution de bichromate de
potassium contenant :
Eau , 650 grammes.
Bichromate de potassium . 25 —
Alcool 350 —
En été la solution est refroidie; sa température ne
doit pas dépasser 15°.
Après cinq minutes d'immersion, le papier est sus-
pendu pour sécher à l'abri de la lumière et de la pous-
sière.
Le papier est ensuite exposé sous le cliché dans le
châssis-presse, en se conformant aux règles qui se rap-
portent au procédé au charbon.
En un mot, la sensibilisation et l'impression s'effec-
tuent avec les précautions que commande ledit procédé.
BULLETIN DES SÉANCES. 423
La durée de l'impression est déterminée à l'aide d'un
photomètre.
Lorsque les indications du photomètre montrent que
l'exposition est suffisante, l'image est développée, d'après
les méthodes connues, sur un verre mince douci, préa-
lablement décapé et parfaitement propre, l'épreuve étant
appliquée sur le côté douci.
Le développement doit être bien complet. Aussitôt
terminé, la positive est lavée à l'eau froide, immergée
dans l'alcool pendant dix minutes et enfin mise à sécher.
Si l'on a bien opéré, l'épreuve est faible, quelquefois
même peu visible.
Pour la colorer, on prépare des solutions aqueuses des
couleurs employées en micrographie ou de celles qui
s'en rapprochent, telles que le violet et le bleu de mé-
thyle, le violet de gentiane, le bleu coton, le rouge de
magenta, le nacarat, la safranine diméthylée, le vert
malachite, etc.
La concentration qui paraît le plus convenable varie
entre -^ et -^ suivant la solubilité et le pouvoir colorant
de la substance.
Lorsque celle-ci n'est pas soluble, ou trop peu soluble
dans l'eau, on la dissout dans une quantité d'alcool aussi
faible que possible, puis on étend ensuite la liqueur avec
de l'eau.
On pourrait évidemment ajouter à la liste des colo-
rants, cités plus haut, un grand nombre d'autres sub-
stances; mais il ne faut pas perdre de vue que certaines
couleurs d'aniline sont rapidement altérées à la lumière.
Celles qui présentent cette propriété doivent être reje-
tées.
La solution que l'on a choisie pour colorer la positive
iU SOCIÉTÉ BELGE DE MICP.OSCOPJE.
est versée sur rimage. En quelques secondes, le liquide
a pénétré la gélatine qui retient la couleur et qui prend
une teinte vive, identique à celle de la préparation
^ microscopique si l'on a bien fait le choix de la teinture.
Lorsque la coloration est trop intense on lave abon-
damment à l'eau. Généralement, la décoloration s'effec-
tue lentement et régulièrement.
On suit facilement l'effet du lavage, que l'on cesse au
moment opportun.
L'action décolorante de l'eau est le plus souvent suffi-
sante, dans le cas où l'on fait fusa^e du vert malachite,
du nacarat ou du bleu de méthvle.
Quand le lavage à l'eau est insuffisant, on traite par
l'alcool. La décoloration s'effectue beaucoup plus rapi-
dement que dans le cas précédent ; aussi doit-on suivre
l'opération avec plus de soins.
Letraitement par l'alcool est toujours suivi d'un lavage
sommaire à l'eau ordinaire.
L'effet de l'alcool est l'apide avec le violet de méthvle
et le rouge de magenta. La décoloration est beaucoup
plus difficile avec le bleu coton et la safranine.
Ces dernières teintures doivent, pour ce motif, être
employées plus diluées, afin que l'on puisse en suivre
l'action de plus près et pour qu'il ne soit pas nécessaire
de recourir aux décolorants.
Il est facile, à l'aide de ces indications sommaires,
d'obtenir les colorations doubles que l'on remarque dans
certaines préparations microscopiques; dans une pré-
paration de microbes par exemple, le microbe est fré-
quemment coloré en rouge et le fond en bleu.
Pour que la positive photographique présente le même
effet, on la traite d'abord par une teinture rouge intense.
BULLETIN DES SÉANCES. 123
mais qui ne s'oppose pas à la décoloration partielle ulté-
rieure de l'épreuve. La solution à 7^- de rouge de
magenta se trouve dans ce cas.
A la suite de ce traitement, l'épreuve est colorée dans
toutes ses parties.
Revenant au cas précédent pour fixer les idées, on voit
que le microbe est coloré en rouge foncé et le fond en
rouge clair.
C'est alors que l'on procède à la décoloration partielle,
d'abord par l'eau, puis par l'alcool si cela est nécessaire.
Lorsque le fond commence à perdre sa teinte, on traite
de nouveau par la teinture qui doit colorer le fond.
Il faut alors une solution faible, telle que la solution
aqueuse de bleu coton à ~.
Le grain du verre dépoli, qui sert de support à
l'épreuve, nuit à la transparence de la positive.
Il est important, pour la projection, de vernir afin de
aire disparaître l'aspect grenu de la surface. Les images
projetées sont alors beaucoup plus brillantes.
Le vernis suivant convient à cet usage :
Benzine -300 grammes.
Gomme Dammar .... 5 —
Il s'applique à froid à la manière du collodion. On peut
éviter le vernissage en remplaçant le verre douci par un
verre poli ; mais avec ce dernier il peut survenir quel-
quefois des décollements de la gélatine pendant le déve-
loppement.
Projetés sur l'écran, les spécimens qui font l'objet de
la présentation montrent combien ces positives produi-
sent un effet supérieur à celui des épreuves en noir
obtenues à l'aide des procédés ordinaires.
XVU 10.
426 SOCIÉTÉ BELGE DE MICBOSCOPIE.
On trouve les microphotographies colorées de Lumière
chez Cogit, 17, quai St-Michel, Paris.
Il convient de remarquer qu'il s'agit ici d'un procédé
de coloration générale avec décoloration partielle consé-
cutive, ahsolument analogue aux procédés employés
pour teinter la préparation elle-même. Cela conserve à
la reproduction un caractère d'authenticité absolue. Il y
a donc lieu de féliciter vivement les auteurs du procédé
et d'exprimer à M. Cogit les remerciments de la Société
pour son très intéressant envoi.
BULLETIN DES SÉANCES
DE LA
SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE
Tome XVI[. N' VII. 1890-1891
Procès-verbal de la séance luensuelle
du 25 avril 1891.
Présidence de M. Errera, président.
La séance est ouverte à 8 1/2 heures.
Sont présents : MM. Errera, Bauwens, D' Coppez,
H. Coppez, Delogne, Destrée, Dewevre, De Wildeman,
Dubois-Havenitli, Gallemaerts, Gedoclst, M"" Leclercq
etVerhoogen, secrétaire.
M. Van Gehuchten assiste à la séance.
Communica Lions :
Lies récentes découvertes dans Fanatoiuie et
riiistolo^ie du système nerveux central,
par M. le D' Van Gehucfiten, professeur à l'Université de
Louvain.
Après une description étendue du trajet des fibres
XVII -Il
428 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
nerveuses médullaires et de leurs connexions, telles
qu'on les concevait il y a quelques années à peine,
l'auteur passe à l'indication des découvertes récentes
consécutives à l'emploi de la méthode de Golgi. M. Yan
Gehuchten présente de nombreux dessins et un grand
nombre de remarquables préparations microscopiques
faites par lui-même et par M. Ramon y Cajal, à l'aide
desquelles il démontre les rapports de simple contiguité
(et non de continuité) qui existent entre les différentes
fibres nerveuses affectées à une même fonction, et leurs
ramifications terminales. Passant ensuite plus particu-
lièrement à l'examen d'un organe des sens spécial, il
décrit le trajet de la fibre olfactive depuis la cellule spé-
ciale terminale jusqu'au glomérule olfactif et de là au
nerf olfactif.
Le détail de cette conférence sera publié aux Annales
de la Société.
L-a Fibre nerveuse, Conférence donnée à la Société
de microscopie Belge, le 19 avril i891, par le docteur
Paul Héger, professeur de physiologie à l'Université de
Bruxelles.
Messieurs, en prenant la parole aujourd'hui devant
vous, il m'est impossible de ne pas évoquer le souvenir
du jour où je suis venu, il y a dix ans (*), vous entre-
tenir de l'émigration des globules blancs du sang. Je
défendais alors cette idée que l'émigration n'est pas un
phénomène qui s'improvise par le fait de l'inflammation,
mais une fonction physiologique, une condition première
(*) 9 octobre 1881.
BULLKTIN DES SÉANCES. 1-29
OU, pour mieux dire, un épisode de la nutrition des
tissus.
dette manière de voir était alors eombattue, mais elle
a trouvé parmi les membres de votre société mieux que
des défenseurs et je suis heureux de profiter de la cir-
constance actuelle pour rappeler l'extension que les
travaux de Gallemaerls, et plus tard ceux de Massart et
Bordet lui ont donnée; on ne conteste plus aujourd'hui
la phagocytose et les maîtres de notre science, en Alle-
magne comme en France, s'occupent de lui assigner son
vrai rôle dans la nutrition normale ou pathologique.
Je souhaite obtenir aussi, relativement aux proposi-
tions nouvelles que je viens vous soumettre, la sanction
de vos recherches personnelles.
A vrai dire, peu de questions ont été aussi controver-
sées que la structure de la fibre nerveuse : de Leeuwen-
hoek à Schwann, de Schwann et de Remak à Ranvier,
nombre de monographies ont paru sans que le problème
nous apparaisse encore comme vraiment résolu : à l'an-
cienne notion qui représentait le nerf comme un tube
continu, l'influence de la théorie cellulaire a substitué
l'idée de la contiguïté des segments représentant chacun
une cellule différenciée; le cylindre d'axe, la myéline,
le réticulum, la gaine de Schwann, sont les produits de
cette différenciation.
Pendant que les recherches microscopiques éluci-
daient le problème de la morphologie de la fibre ner-
veuse, les physiologistes attaquaient, de toutes parts, une
question non moins ardue, celle de la fonction des
nerfs.
Cette fonction se résume dans le mot « conduction. »
Le nerf sensible conduit la modification moléculaire
130 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
qui correspond à une impression jusqu'au centre cor-
respondant.
Le nerf moteur conduit l'incitation motrice du centre
à la périphérie. Conduction centripète, conduction cen-
trifuge, cela résume toute la fonction du nerf. Au sur-
plus, l'une et l'autre se valent : Philippeau et Yulpian
nous montrent, par la soudure du lingual et de l'hypo-
glosse, que le mouvement moléculaire se propage de l'un
à l'autre. Paul Bert, en greffant la pointe de la queue
du rat sur la peau du dos du même animal, donne de ce
même fait une nouvelle démonstration.
Comment se fait celte conduction? Et d'abord, s'agit-
il ici d'une conduction véritable? Dubois-Reymond nous
prouve que la transmission nerveuse est intimement
liée à une modification électrique se propageant de place
en place : l'oscillation négative parcourt le nerf avec la
même vitesse que l'impression elle-même.
De la nature intime de cette modification électrique,
des causes qui déterminent la lenteur de la transmis-
sion nerveuse, nous ne savons jusqu'ici pas grand'cbose:
on se refuse cependant à identifier le fluide nerveux et
l'électricité en raison même de la lenteur de l'un com-
parativement à la foudroyante rapidité de l'autre, mais
on ne va pas au-delà et les progrès mêmes de l'histologie
ne sont pas utilisés pour nous faire mieux comprendre
la fonction. Nulle part, en effet, je n'ai vu invoquei' l'exis-
tence des étranglements de Ranvier comme étant de
nature à élucider le mécanisme de la transmission ner-
veuse, généralement nous nous représentons le cylindre-
axe comme un cordon vecteur, comme une tige continue
allant du centre à la périphérie dans les nerfs moteurs,
de la périphérie au centre dans les nerfs sensitifs.
BULLETIN DES SÉANCES. 431
Aux yeux de tous, le cylindre-axe est un til conducteur
logé ici dans un simple gaine, ce sont les libres deRemak,
là dans un manchon de myéline, ce sont les nerfs encé-
phalorachidiens, mais toujours ce fil conducteur est
continu. Sur ce dernier point, pas de doute. Si Engel-
mann a un jour prétendu le contraire, s'il a osé affirmer
que le cylindre d'axe est discontinu, ses vues n'ont pas
été admises. Je pense, Messieurs, que cette idée de la
continuité du cylindre d'axe est préconçue : nous nous
représentons le nerf comme un conducteur, et, à nos
yeux, la première condition que doit réaliser un con-
ducteur, c'est la continuité. Tant que nous imaginons
la transmission nerveuse comme identique à la trans-
mission de l'électricité se faisant à travers un fil de cuivre
ou de fer, nous croyons, nous devons croire à la conti-
nuité de ce dernier ; sinon, nous ne pouvons plus com-
prendre cette transmission; cela nous gène de ne pouvoir
comprendre et dès lors le cylindre-d'axe doit être continu.
Je n'impute pas seulement aux autres ce préjugé; c'est
ainsi que je pensais moi-même il n'y a pas plus de deux
ans et, disons-le à notre décharge, les préparations
ordinaires des nerfs colorés au carmin étaient bien faites
pour nous confirmer dans cette opinion.
Lorsque, en octobre 1889, des expériences furent
entreprises par M. Léon Gérard et par moi, à l'Institut
Solvay, sur les courants des nerfs, nous nous trouvâmes
en présence de certains faits (sur lesquels je n'ai pas à
insister ici) qui ne cadraient nullement avec l'idée que
le nerf serait un conducteur pur et simple, à la manière
d'un fil continu.
L'idée d'une discontinuité possible dans le cylindre
d'axe nous pénétra peu à peu, non comme un fait mor-
132 SOCIÉTÉ liELGR UE MICROSCOI'IE.
phologifiuc, mais comme une conséquence imposée par
les constatations faites au galvanomètre.
Je me souviens qu'à cette époque Léon Gérard ayant
préparé, chez lui, des fibres nerveuses fraîches (nerf de
moineau), en se servant d'un solution au millième d'acide
osmique, prétendit l'invoquer comme un argument en
faveur de la discontinuité du cylindre d'axe; ces prépa-
rations furent vivement discutées entre nous : les uns
croyaient voir le cylindre d'axe traversant l'étrangle-
ment; les autres ne le voyaient pas à ce niveau et deman-
daient qu'on le leur démontrât. Il y eût aussitôt là,
comme partout, deux camps qui se formèrent : les con-
servateurs et les progressistes.
Parmi les conservateurs se trouvait M. De Moor; ses
travaux antérieurs lui donnaient sur ce sujet une convic-
tion bien arrêtée. Aussi, de commun accord, c'est à lui
que la question fut confiée et il l'étudia depuis cette
époque consciencieusement.
Ce sont les résultats de ses recherches que je compte
exposer devant vous aujourd'hui. Je lui avais demandé de
faire lui-même cet exposé, mais il s'y est refusé et, malgré
mes instances, il a préféré que je me charge de ce soin.
Vous connaissez tous les descriptions de Ranvier,
vous avez présentes à l'esprit les figures représentant
les étranglements dans les nerfs rachidiens préparés,
en extension physiologique, soit au moyen du nitrate
d'argent, soit au moyen des solutions diluées d'acide
osmique, Ranvier a formulé cette loi que les segments
interannulaires sont, toutes circonstances égales d'ail-
leurs, d'autant plus courts que le diamètre des tubes
nerveux est plus petit (*).
(■) Trailt' IcclinhjHC d'hisioloijie, 2* oïlilion, p. .'iGO.
BULLETIN DES SÉANCES.
133
Ranvier envisage à ce point de vue des fibres grosses
(i5,a) des fibres moyennes (10/x) et des fibres minces (5^).
Dans les premières la longueur des segments est de
1 millimètre 15, h 1 millimètre 20; dans les moyennes,
0,92 à 1 millimètre; dans les plus minces 75 à 80 cen-
tièmes de millimètre.
Ces dernières mesures se rapportent au sciatique du
chien. Chez la grenouille, les segments sont comparati-
vement plus longs. Ce qui revient à dire que chez un
même animal il existe un rapport entre la longueur des
segments et le diamètre de la fibre nerveuse. Pour une
même espèce ce rapport est constant tandis que d'une
espèce à l'autre, ce rapport varie.
M. De Moor a mesuré chez différents animaux la lon-
gueur des segments interannulaires en la rapportant au
diamètre de la fibre; d'après lui, la loi de Ranvier est
fondamentalement exacte, mais il ne faudrait pas croire
cependant que dans un même nerf, les segments ont
d'un bout à l'autre la même dimension. En effet, ayant
mesuré ces dimensions dans trois régions d'un même
nerf sciatique, c'est-à-dire près de la moelle, à la région
poplitée et dans les branches terminales, il a obtenu les
chiffres suivants :
LONGUEUR DES SEGMENTS
miliini.
DIAMETRE DE LA FIBRE
Région centrale
0,227 IOac
1,150 ...... 25^
1,610 25^
1,740 25^
1,070 19^
1,525 15^
0,190 G/^
■134 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
LONGUEUR DES SEGMENES DIAMETRE DE LA FIBRE
millim.
1,560 10^
Région poplitée
1,560 2-2^
1,400 15^
0,990 2-2^
1,565 25^
1,525 11^
Région périphérique/ 1,420 11^
0,570 4^
1,515 11^
Il y a donc, dans un même nerf des différences selon
la région considérée.
En général, comme le ditRanvier, à des fibres volumi-
neuses correspondent des étranglements plus distants,
mais il s'en faut qu'ils soient équidistants pour une
même fibre, ou même qu'ils obéissent à la loi de Ranvier
d'une façon mathématique : il y a des irrégularités,
comme on doit le prévoir, du moment où l'on considère
le nerf comme formé de cellules juxtaposées : pourquoi
ces cellules ne présenteraient elles pas des écarts de
dimension, ici comme dans tout autre tissu?
M. De Moor a observé que les libres grosses sont plus
nombreuses dans la partie de nerf voisine du centre. Il
admet, comme une hypothèse dont des recherches ulté-
rieures doivent démontrer ou infirmer la réalité, qu'une
même fibre nerveuse ne garderait pas dans tout son
trajet un diamètre constant : elle diminuerait peu à peu
de calibre en se prolongeant. Cette opinion est déjà
mentionnée par Renaut (*).
Si j'insiste sur ces considérations, c'est qu'elles ont une
(*) Dict. encyclop. des sciences médicales, de Dechambre, article Nerfs.
BULLETIN DES SÉANCES. 135
réelle importance au point de vue de l'intelligence
de la fonction du nerf telle que nous la comprenons
aujourd'hui.
Pour nous, la signification des étranglement de
Ranvier n'est pas seulement celle qu'on lui accorde habi-
tuellement, elle est bien plus étendue.
En général on considère l'étranglement comme le
siège des échanges nutritifs qui permettent la vie du
nerf; la membrane de Schwan amincie fonctionne
comme un dyaliseur; on invoque à l'appui de cette
manière de voir la pénétration facile, à ce niveau, des
matières colorantes solubles.
D'autre part, au point de vue morphologique, si
chacun des segments interannulaires est une cellule, la
signification de l'étranglement est bien nette : il est le
point de jonction des cellules entre elles.
Mais nous pensons à tout autre chose : nous attri-
buons aux étrandements de Ranvier la valeur d\iu
contact électro-capillaire : il résulte des constatations
galvanométriqucs faites par M. Léon Gérard et moi, que
le nerf rachidien ne peut, en aucune façon être assimilé
à un conducteur homogène : les nerfs à mvéline sont le
siège de forces électro-motrices, de nature électro-capil-
laire.
Chacun des segments d'un nerf aurait à ce point de
vue une valeur propre, une capacité électrique ; chaque
segment fonctionne comme un condensateur et le secret
de la lenteur de la propagation nerveuse est tout entier
dans le mécanisme de cette transmission qui, vous le
comprenez, n'est pas assimilable à une conduction.
Partant de cette donnée nous devons attribuer une
valeur à la forme, aux dimensions de chacun des
13G SOCIÉTÉ BELGE DE MICIIOSCOPIE.
segments inlerannulaires car sa capacité électrique y est
directement liée.
Le fait signalé par M. De Moor, que les étrangle-
ments le long d'un même nerf ne sont pas équidislants
mérite donc d'être étudié en lui-même; il y a lieu
notamment de rechercher si nous ne tenons pas là une
des raisons pour lesquelles le « seuil de l'excitation »
varie d'une région à une autre, dans un môme nerf.
Vous tirerez aussi de ce que je viens de dire cette
conclusion que l'on ne saurait identifier la fonction des
nerfs à myéline et celle des fibres de Remak. Dans les
premiers, la transmission s'opère par des éléments élec-
trocnpillaires petits et nombreux; dans le système du
sympathique le mécanisme est plus simple.
M. Heger fait une série de projections se rapportant à des pré-
parations d'après différents auteurs ; il montre que l'aspect des
étranglements est variable, non-seulement d'après les espèces,
mais encore chez le même animal, ou encore dans un môme nerf.
Arrivant aux préparations de Engelmann, il rappelle les argu-
ments fournis par cet auteur à l'appui de sa manière de voir.
Dans un premier travail, dit-il, Engelmann a observé
les effets de la dégénérescence traumatique dans les
deux bouts d'un nerf sectionné; du côté central il a vu
cette dégénérescence atteindre rapidement toute la lon-
gueur du segment entamé par la section, puis s'arrêter
au niveau de l'étranglement pour subir, tout au moins,
un retard avant d'aller au-delà.
Engelmann tire de ce fait un premier argument
contre la continuité du cylindre d'axe : à première vue
il semble en effet que la continuité du cylindre devrait
avoir pour conséquence l'extension du processus de
dégénérescence au-delà de l'étranglement; au contraire,
BULLETIN DES SÉANCES. Ul
si le cylindre d'axe est discontinu on s'explique parfaite-
ment cet arrêt ou ce retard.
iM. De Moor ne croit pas que cet argument invoqué
par Engelmann ait, au point de vue de la discontinuité
du cylindre d'axe une portée probante : on sait en effet
que la dégénérescence de la myéline précède celle du
cylindre d'axe; s'il est vrai qu'en sectionnant un nerf,
on ait divisé une cellule représentée par le segment
interannulaire, on comprend que celui-ci dégénère;
dans cette cellule dégénérée, le cylindre d'axe est plongé
dans un fover où sa nutrition doit être insuffisante ou
viciée; ses altérations succèdent à celles de la myéline
qui l'entoure, sa dégénérescence est secondaire. Mais
pourquoi dégénérerait-il dans l'autre segment? Qu'il se
continue ou non à travers l'étranglement, cela n'est pas
nécessairement en cause : dans le segment resté intact,
la myéline ne dégénérant pas, le cylindre d'axe persiste.
Sans doute le voisinage d'une partie dégénérée pourra,
dans certains cas, entraîner une dégénérescence ascen-
dante ; mais la discontinuité de la mvélinc suffit à faire
en sorte que ce voisinage ne soit pas immédiat ; dès lors
il y aura lutte et possibilité d'arrêt dans le processus de
dégénérescence.
En résumé, M. De Moor admet que les observations
d'Engelmann sont exactes mais il n'y trouve pas la preuve
de la discontinuité du cylindre d'axe.
M. Heger projette une série de préparations de M. De Moor,
montrant que le temps de réduction par le nitrate d'argent n'est
pas le même au niveau de l'étranglement où le cylindre d'axe
commence par rester incolore, et au niveau des parties voisines,
de part et d'autre dans le segment interanuulaire.
Il résulte de préparations faites par M. De Moor sur
438 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
les nerfs de différents animaux (préparations dont le
détail sera donné dans un travail qui paraîtra prochaine-
ment], que le nitrate d'argent ne réagit pas exactement
de même sur toutes les parties du cylindre d'axe ; c'est
la partie annulaire de ce cylindre qui résiste le plus
longtemps à son action, la réduction s'accusant dès les
premières minutes, au contraire, sur les parties voisines
ou intra-segmentaires du même cylindre.
Ce premier stade de la réduction fait voir nettement
un espace clair interposé entre les segments ; c'est ce
stade qui, observé par Engelmann, a pu lui faire croire
à la complète discontinuité du cylindre d'axe : il semble
qu'il n'y ait rien entre les deux culots d'argent réduit.
Cependant, à mesure que la réaction a le temps de se
produire, on voit de plus en plus nettement apparaître
dans la partie restée claire du cylindre d'axe, d'abord un
contour foncé, puis une teinte sombre qui envahit la
totalité de cet espace et réunit, par conséquent, les deux
extrémités du cylindre d'axe précédemment réduites;
c'est ce stade de réduction tardive, mais totale, qui,
observé par Ranvier, et déjà très marqué au bout d'une
heure et demie, a porté cet auteur à conclure à la conti-
nuité parfaite du cylindre d'axe au travers de l'étrangle-
ment.
M. De Moor se demande comment il faut expliquer
cette réduction tardive qui se produit dans la région
même où il semble, d'après toutes les données reçues,
que la solution du sel d'argent doit pénétrer en premier
lieu; ce retard peut reconnaître une cause physique ou
bien une cause chimique : s'il existe une cause de ralen-
tissement dans le mode de pénétration de la solution
argentique, si elle gagne d'abord l'intérieur du segment
BULLETIN DES SÉANCES. 139
et plus tard seulement la poi'tion annulaire, la différence
dans le temps de réduction reconnaîtrait une cause phy-
sique; au contraire, si on s'assure que le sel d'argent a
pénétré partout et qu'alors cette différence de réduction
persiste, elle devrait être attribuée à la nature même des
éléments en présence, elle impliquerait l'existence, au
niveau des étranejlements annulaires d'une substance
moins attaquable par l'argent que le reste du cylindre
d'axe ; il y aurait donc hétérogénéité dans la tige axiale
elle-même.
Dans le but de trancher cette question, M. De Moor
s'est servi de procédés de préparation très simples qui
lui ont fourni des résultats concluants :
En premier lieu, il a recours à l'emploi simultané
d'éther et de nitrate d'argent.
Par l'action de l'éther, la myéline ayant partiellement
disparu, l'espace clair apparaît plus évident encore, au
niveau des étranglements, parce qu'il contraste mieux
avec les régions voisines du cylindre d'axe, qui sont
foncées. Mais un autre phénomène se produit, bien plus
caractéristique que les précédents : on attend vainement
la réduction de la partie annulaire : après deux heures
elle ne s'observe pas encore, l'espace clair persiste.
En second lieu, M. De Moor a recouru à l'emploi
successif de dissolvants (éther, chloroforme) et de nitrate
d'argent.
Comme il fallait s'y attendre après ce que nous venons
de dire, l'emploi préalable de l'éther ou du chloroforme
permet d'accuser parfaitement la différence d'aspect
entre la région annulaire et les autres parties du cylindre
d'axe ; si on laisse le nerf dans l'éther pendant une ou
même deux heures, jusqu'à ce que la myéline soit par-
440 SOCIÉTÉ BELGE UE MICROSCOPJE.
faitement dissoute, et que l'on fasse ensuite l'imprégna-
tion au nitrate d'argent, celle-ci ne provoque pas la
réduction dans la partie annulaire, même après trois
jours. Que faut-il en conclure sinon que l'élher, le
chloroforme, même quand on leur laisse le temps d'agir
sur la totalité de la fibre nerveuse, n'influencent pas
identiquement toutes les parties du cylindre d'axe? Et
comment ne pas admettre, en ce cas, l'hétérogénéité de
ce dernier? Telle est, en effet, la première conclusion
du travail de M. De Moor. Il passe ensuite à l'examen
de la constitution du cylindre d'axe qu'il considère
comme un véritable capillaire ayant une région périphé-
rique différenciée, moins avide de réactifs colorants
(safranine, hématoxyline, et surtout éosine) pendant
que la région centrale, l'axe du cylindre d'axe, est plus
liquide, mobile, et surtout plus avide de matières colo-
rantes. Enfin, entre la myéline et le cylindre d'axe
existerait un espace périaxial traversé par des filaments
très ténus, se colorant par l'hématoxyline mais ne
fixant pas l'éosine. Ce reticulum n'a rien de commun
avec Vinnere Hornsclieide décrite par Ewald et Kiihne
dont M. De Moor, comme d'ailleurs aussi M. Gedoelst,
n'a pu admettre l'existence.
Comme vous le voyez, Messieurs, le travail de
M. De Moor se rapporte à l'histologie pure; je voudrais
cependant, en terminant, vous montrer l'importance que
je lui attribue au point de vue de l'électro-physiologie.
En nous montrant d'abord les variations de forme de
la partie annulaire du cylindre d'axe, M. De Moor nous
apporte un précieux argument en faveur de la mobilité
BULLETIN DKS SÉANCES. 141
des parties placées en contact à ce niveau ; à vrai dire,
tous les auteurs qui se sont occupés de la question ont
fourni des préparations que l'on peut interpréter dans le
même sens, car, ainsi que je vous le disais au début de
cet entretien, rien n'est plus variable que les aspects
donnés aux étranglements de Ranvier,
En second lieu, en nous démontrant la discontinuité
cbimique, l'hétérogénéité du cylindre d'axe, M. De Moor
nous fournit la preuve que le nerf n'est pas comparable
à un conducteur homogène. Nous le savions déjà, par
les expériences d'électro-physiologie, mais l'argument
tiré de la morphologie n'en est pas moins précieux; il
nous fait entrevoir que les étranglements de Ranvier
auraient la signification de contacts électro-capillaires.
En partant de cette donnée, beaucoup de faits inexpli-
qués jusqu'ici deviennent faciles à comprendre : telle
cette ingénieuse démonstration donnée par Rowditch
montrant que le nerf est inépuisable; tel encore ce fait
bien connu qu'une ligature jetée sur un nerf suffit pour
entraver la transmission sans anéantir la conduction
électrique.
M. le secrétaire donne communication d'une lettre de
M. le secrétaire de la Société royale des Sciences médi-
cales et naturelles de Rruxelles, qui annonce l'institution
d'un Congrès national des sciences médicales et natu-
relles et invite la Société à y prendre part.
L'assemblée admet le principe de la participation de
la Société au Congrès et désigne le secrétaire pour la
représenter dans la réunion préparatoire annoncée par
la lettre.
142 SOCIÉTÉ BELRK UE MICROSCOPIE.
M. le secrétaire donne ensuite communication d'une
lettre du Comité exécutif de l'exposition internationale
organisée à Anvers à l'occasion du 500'^ anniversaire de
l'invention du microscope, invitant la Société à partici-
per à cette exposition.
Il est décidé qu'il n'y a pas lieu pour la Société de
participer officiellement à l'exposition, chacun des mem-
bres conservant toutefois son entière liberté personnelle.
Le programme de l'exposition sera inséré au Bulletin.
VILLE IVAIV¥ER!S
EXPOSITION INTERNATIONALE D'ANVERS
ORGANISÉE SOUS LES AUSPICES DE l'AdMINISTRATION COMMUNALE
ET DE LA Province
A l'Occasion du SOOme anniversaire
DE L'INVENTION DU MICROSCOPE
Prograiiiiiie de rE:i:position de luicroscopie
<»•
énéralc et rétrospective.
Classe I. — Microscopes pour toutes les recherches
courantes.
A. Microscopes à platine et à sous-platine « substage »
à mouvements mécaniques. — Modèles à tube anglais
et à tube continental. — Microscopes ordinaires pour
recherches usuelles. — Microscopes à bon marché pour
les études élémentaires.
B. Microscopes spéciaux.
Microscopes binoculaires. — Microscopes pour la mi-
BULLETIN DES SÉANCES. 143
néralogie et la pétrographie. — Microscopes compara-
teurs.
Microscopes spéciaux pour la photographie.
Microscopes renversés. — Microscopes de voyage. —
Microscopes de poche. — Microscopes de démonstration.
— Microscopes à deux ou plusieurs corps.
Microscopes pour musées, à platine portant de nom-
breuses préparations, etc.
Microscopes de projection.
Objectifs et oculaires.
Objectifs achromatiques et apochromatiques. Objec-
tifs à sec, h immersion dans l'eau, à immersion homo-
gène, etc.
Oculaires : de Huygens, de Ramsden, holostériques,
compensaleurs, à projection.
Appareils optiques pour l'éclairage.
Condenseurs achromatiques et non achromatiques.
Classe II. — Appareils d'éclairage.
Lampes à pétrole — lampes à gaz — appareils pour la
lumière oxyhydrique — appareils pour l'éclairage électri-
que à arc, à incandescence; — piles électriques spéciales.
Classe III. — Appai^eils pour la plwtomicrograpliie.
Microscopes spéciaux, chambres photographiques
diverses.
Photomicrogrammes.
Classe IV. — Appareils divers.
Appareils binoculaires ajustables à volonté sur des
microscopes quelconques.
xvn 12
144 SOCIETE BELGE DE MICROSCOPIE.
Revolvers — adapteurs — spectroscopes-microspec-
trom êtres.
Appareils de polarisation — chambres claires : pour
microscope vertical, pour microscope incliné, pour mi-
croscope horizontal.
Goniomètres — hématimètres — chromomètres.
Chambres de culture « groiviiujell ».
Compresseurs.
Platines à chariot indépendantes du microscope.
Prismes redresseurs — oculaires redresseurs — ocu-
laires binoculaires — oculaires stéréoscopiques.
Plaque de diffraction d'Abbe.
Appareil à chauffer l'objet sous le microscope.
Appareils divers non mentionnés.
Classe V. — Appareils de mensuration.
pour l'oculaire, pour la platine; appareils de mensura-
tion pour les couvre-objet.
Classe Y1. — Microtomes.
A mouvements mécaniques, à main.
Appareil à diviser pour tracer les micromètres et les
tests dits de Nobert.
Classe VII. — Appareils et accessoires pour les prépa-
rations microscopiques et les dissections.
Microscopes simples, doublets, loupes montées.
Classe VIII. — Préparations microscopiques.
Préparations de toute espèce. — Préparations sim-
BULLETIN DES SÉANCES. 145
pies. — Préparations systématiques. — Typen-Platten
et Test-Platten.
Classe IX. — Appareils pour la bactériologie.
Étuves à culture.
Étuves à températures basses et constantes.
Étuves à stériliser par l'air sec et par la vapeur.
Appareils pour la coagulation du sang.
Appareils pour la stérilisation des sérums.
Boîtes pour désinfecter les instruments et pour stéri-
liser les plaques à gélatine.
Régulateurs pour la pression du gaz.
Lampes inextinguibles et lampes se fermant automa-
tiquement lorsque la flamme s'éteint.
Appareils pour les recherches des microbes dans l'air
et dans l'eau.
Verrerie pour bactériologie (ballons, tubes, billots,
plaques, entonnoirs à eau chaude, crochets, etc.).
Classe X. — Ouvrages de microscopie.
Traités de Micrographie. — Ouvrages traitant de
toutes les applications du Microscope.
BULLETIN DES SÉANCES
DE LA
SOCIETE BELGE DE MICROSCOPIE
Tome XVn. N" VIII. 1890-1891,
Procès-verbal de la »«éance mensuelle
du 30 mai 1891.
Présidence de M. Errera, président.
La séance est ouverte à 8 1/2 heures.
Sont présents : MM. Errera, Bauwens, Ch. Bommer,
Delogne, De Wildeman, Gravis, Lewin, Van den Broeck
etVerhoogen, secrétaire.
^i Le procès-verbal de la dernière séance est adopté.
Ouvrages reçus en hommage :
Saccardo. — L'invenzione del microscopio composta.
Dati et commenti (Malpigliia, anno V, lasc. I-Il).
J. Van den Bekghe. — Tourteaux et farines de tin
(Organe de l'Industrie, Ph. Velghe directeur, 1891).
XVII 4S
U8 SOCIÉTÉ BKLGE UE MICROSCOPIE.
Amei'ican postal microscopiccd club. Sixteentti annual
report. Troy. iV. Y. 1891 (Hommage de M. Ward).
D' Baumgarten. — Ueber die Einwirkiimj des Koclischen
Mittels aiif die ïmpftidierciilose der Kaninchen. (Her-
liner klin. Wochensclirift, 1891, n° 19.)
Des remercîments sont votés aux auteurs de ces
envois.
M. le Président informe l'assemblée que notre Société
et la science viennent de faire une grande perte : Tun de
nos membres honoraires les plus éminents, l'illustre
professeur de botanique de l'Université de Munich, Cari
von Nâgeli, est mort le 10 mai de cette année.
Réservant pour les Bulletins de la Société royale
de botanique une notice plus complète, M. le Pré-
sident rappelle brièvement la carrière si remplie du
défunt, les découvertes et les idées nouvelles qu'on lui
doit.
Cari Nageli est né à Kilchberg, en Suisse, le
27 mars 1817. Il a professé successivement aux Univer-
sités de Zurich, de Fribourg-en-Brisgau et de Munich.
C'est dans cette dernière ville qu'il est mort, à l'âge de
74 ans.
Ses premiers travaux, commencés sous l'impulsion
des idées de Schleiden, se rapportent à la genèse des
cellules et à la genèse des tissus végétaux. Là, il sut
établir entre la « division » et la « formation cellulaire
libre « une distinction qui s'est maintenue dans la
science pendant près de quarante ans; ici, nous lui
devons la notion des tissus embryonnaires ou « méris-
tèmes » et des tissus définitifs. Ensuite, paraissent des
observations fondamentales sur l'bistogenèse chez les
BULLETIN 1»KS SÉANCKS. 149
Algues, chez les Floiiclées, chez les Mousses. Presque en
même temps que Hanstein, il interprète exactement le
cylindreligneux des Dicotylédones etdes Gymnospermes,
première base de toute explication de cet accroissement
en épaisseur des plantes qui semble, au preuiier ahord,
si mystérieux.
Il découvre les spermatozoïdes des Fougères, décrit
et classe une foule d'Algues inférieures. Ses recherches
sur la flore des Alpes sont justement célèbres. Adhérent
de la première heure des idées évolutionnistes — aux-
quelles il associe cependant une tendance interne au
perfectionnement, assez difficile à comprendre — , il
montre à l'œuvre la lutte pour l'existence et la sélection
naturelle, étudie l'hybridation et la formation en com-
mun d'espèces végétales affines, puis, appliquant toutes
ses idées à l'un des groupes les plus embrouillés de la
nature, il donne du genre Ilieraciiim une mémorable
monographie.
Les conséquences les plus hardies et les moins atten-
dues ne l'effraient. Ne conseille-t-il pas aux Clubs alpins
de rechercher si des graines appartenant à des époques
géologiques lointaines n'ont point, par hasard, gardé
intact leur pouvoir germinatif sous le manteau im-
muable des neiges éternelles — comme s'est conservée
dans les glaces de Sibérie la chair du mammouth
quaternaire?
La botanique n'absorba point tout entière l'activité
infatigable de Nâgeli. On sent à chaque page, dans ses
œuvres, que les mathématiques, la physique, lui sont
également familières. On a de lui des expériences remar-
quables sur la capillarité, sur le mouvement des parti-
cules solides extrêmement petites en suspension dans
450 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
l'eau, sur tout ce domaine auquel il a donné le nom de
« microphysique ».
Il est particulièrement intéressant pour notre Société
de rappeler qu'il publia, de 1865 à 1867, en collabora-
tion avec Schwendener, un traité sur le Microscope, dont
une deuxième édition parut en 1877, et qui est resté
l'un des plus complets, des plus approfondis, des plus
savants que l'on possède.
Mais mieux encore que toutes ces recherches patientes
sur des questions spéciales, certaines idées générales
que Nageli a jetées dans la science, ont contribué à sa
renommée. Nous ne songeons pas seulement à ses belles
expériences sur la nutrition des Champignons inférieurs
et à la théorie générale de la fermentation qu'il y a ratta-
chée. Deux autres théories qu'il a fondées ont surtout
exercé sur le développement scientifique une action pro-
fonde et durable : la théorie de l'intussusception et de la
structure moléculaire des corps organisés, et la théorie
de l'idioplasmc. Celle-là régna longtemps sans conteste,
et, si les découvertes des dix dernières années ont singu-
lièrement restreint le domaine de l'intussusception, ce
n'en demeure pas moins une des synthèses les plus
vastes et les mieux ordonnées par lesquelles on ait
cherché à ramener à une loi commune la structure si
variée de la matière vivante. L'autre, la théorie de l'idio-
plasmc, ne date que de 1885. Elle cherche à donner la
clef du grand problème de l'hérédité, et l'on peut dire
qu'elle a été véritablement prophétique. Les travaux
récents sur la transmission des anses nucléaires de
cellule en cellule et de génération en génération en sont
la démonstration définitive.
Ainsi, pour les faits et pour les idées, comme obser-
BULLETIN DES SÉANCES. 151
vateur et comme penseur, Nageli laissera à jamais dans
la science la trace lumineuse de son activité.
A la suite de cette communication, M. le Président
propose d'adresser, au nom de la Société, une lettre de
condoléances à la veuve de l'illustre défunt ; ce qui est
adopté à l'unanimité.
Communications :
Un eliainpig'iioii pyréiioiii^céte se clovoloppant
sur le ifi'fit des Balaiies, par M. Ch. Bommër.
Ce champignon a été trouvé l'été dernier en Zélande
et retrouvé cette année plus au Nord, en Hollande. Il se
développe sur le test des Balanes vivantes (Balanus
balanovies, L.) où il apparaît sous forme de très petits
périthèccs (117 à 207 /z) noirs, à demi immergés dans la
substance calcaire qui recouvre l'animal. Ces périthèces
possèdent un pore proportionnellement très grand (27 à
45 /«.); les asques sont claviformes, brièvement pédicellés
(65 à 95 fy. sur 10 à 16 /y.), octospores; ils sont accompa-
gnés de paraphyses filiformes de même longueur, parfois
peu distinctes; les spores sont oblongues, sub-byalines,
uniseptées (12 à 18 ^ sur 4 5 7 fj.). Ces caractères se rap-
prochent de ceux du Pliarcidia hijgropliila (Arn.), mais
cependant la forme des asques et la grandeur du pore
engagent à faire du Pharcidia parasite des Balanes une
forme nouvelle, le Pharcidia marina.
Lorsqu'on décalcifie les parties du test des Balanes qui
portent des périthèces, on voit que ceux-ci sont toujours-
AM SOCIÉTÉ BELGE UE MICKOSCOPIE.
immergés dans une couche superficielle d'algues unicel-
lulaires apj3artenant au groupe des Chroococcacées. Cette
couche d'algues et les portions sous-jacentes du test sont
parcourues par un réseau assez serré de filaments
hyalins très minces, anastomosés entre eux, qui ont tous
les caractères des filaments mycéliens et présentent une
sorte de relation symbiotique avec les cellules d'algues
de la couche superficielle. Kôlliker a décrit des produc-
tions filamenteuses analogues chez les Balanes et on les
a, depuis longtemps déjà, observées dans le test de beau-
coup d'animaux marins.
M. Bommer a également trouvé en Zélande, VHijpoxij-
lon serpens, croissant sur des pilotis en compagnie de
Fucus vivants.
Le fait que des champignons habitent un milieu marin
n'est pas nouveau; on connaît, en effet, outre différentes
espèces de Saprolegniées, deux champignons apparte-
nant au groupe des Sphériacées, \esAn}pliispliœria Posi-
doniœ et biturbinala (Dur. et Mont.) qui se développent
sur les tiges du Posidonia occanica^ plante de la famille
des Zostéracées.
Le détail de cette communication sera publié aux
ii??«a/c.s de la Société.
Discussion :
37. Errera. Quelle est la nature de la relation obser-
vée par M. Bommer entre les périthèces et les filaments
qui les environnent?
M. Bommer. Ces filaments sont mycéliens, ce n'est
pas douteux, mais les jeunes périthèces se trouvent
BULLETIN DES SÉANCES. 453
environnés d'un tel fouillis de filaments qu'il est très
difficile de découvrir la relation qui existe entre eux.
Après dilacération, on arrive cependant à voir le péri-
thèce couvert de cellules au milieu desquelles courent
ces filaments. Pour pouvoir conclure à une synbiose
rigoureuse, il faudrait trouver un filament se terminant
par un élément du péritlièce. Je n'y ai point encore
réussi jusqu'ici.
M. Errera. Mais l'on trouve ces filaments dans un
^rand nombre de coquilles.
M. Bommer. Je ne pense pas que l'on puisse rappor-
ter ces filaments à un seul type, leur vaste dispersion
indique au contraire qu'ils appartiennent à un grand
nombre de champignons différents.
M. Errera. Il n'est pas douteux que certains cham-
pignons pyrénomycètes sont parasites de lichens Basi-
diomycètes. Je ne pense donc pas qu'il y ait lieu de faire
des réserves aussi expresses au sujet de fexistence de
champignons lichenicoles.
M. Bommer. Il y a cependant lieu de faire ces ré-
serves pour certains cas sur lesquels je ne puis m'étendre
ici. On en a fait alors des lichens sans thalle, croissant
sur d'autres lichens.
M. Gravis. Il y a des cas où des Basidiomycètes et
des Ascomvcètes croissent sur un même thalle de
lichen.
M. De Wildeman. Le mycéliun, est-il de même nature
dans l'intérieur de la substance calcaire et à sa sur-
face?
M. Bommer. La seule différence existe dans le mode
de nutrition. Les filaments mycéliens situés dans la
couche d'algues superficielle sont plus larges que ceux
iU SOCIÉTÉ BELGE DE M1CR0SC0F>1E.
qui sont situés plus profondément, mais cela tient pro-
bablement aux conditions favorables dans lesquelles ils
se trouvent; on observe d'ailleurs la continuité des deux
espèces de filaments.
La question de la synbiose reste donc en suspens jus-
qu'à ce que je sois arrivé à déterminer nettement sa
nature.
8tii* la luorpliologie des Cladopliora,
par E. De Wildeman.
M. Gay vient de publier un intéressant mémoire sur
le développement et la classification de quelques chloro-
phycées (*). Les genres principaux étudiés dans ce travail
sont Cladopliora, Rliizocloniiim, Chaetopliora, Stigeo-
cloniiim, Draparmaldia, Ulot/irix, Schizogoniiim, Sti-
cliococciis.
J'avais entrepris, depuis assez longtemps, l'étude mor-
phologique de quelques-uns de ces genres, mais je
n'avais pas encore pu publier le résultat de mes observa-
tions, lorsque parut dans le Journal de Botanique, de
M. Morot (**), la note de M. Gay, sur le genre Clado-
pliora. Je me permettrai d'ajouter quelques mots aux
faits consignés dans la thèse de M. Gay.
Les espèces comprises dans le genre Cladopliora, sont
pour la plupart fort mal connues; il est fort probable
qu'un grand nombre de celles qui ont été décrites (***),
(■) Fh. Gay. Recherches sur le développemeni et la classification de
quelques algues vertes. Paris, 1891.
(") Fr. Gay. Sur la Morphologie des Cladophora in Journ. de Bota-
nique, 18!)l, n" I,
-■ ('"} M. De Toni, dans le Sylloge algarum, décrit 228 espèces.
BULLETIN DES SÉANCES. 1S5
ne sont que des formes qui appartiennent au cycle d'évo-
lution d'une même espèce. Ces algues varient en effet
beaucoup suivant les conditions extérieures auxquelles
elles sont soumises.
Parmi les espèces d'eau douce, le Cladopliora glome-
rata est un type qui se reconnaît facilement, et dont la
forme est assez constante. Mais elle peut cependant varier
beaucoup. Si on sépare une touffe de cette algue de son
support, et qu'on la cultive dans un milieu confiné, il
se présente des modifications, qui déforment la plante
jusqu'à faire douter de l'espèce.
La présence de rhizines se voit chez le CL cjlomerata
aussi bien que chez le Cl. fracta. Elles se forment à
n'importe quel niveau du thalle.
Le 67. cjlomerata, quand il est cultivé en aquarium,
forme souvent des rameaux étroits à cellules allongées
qui changent complètement l'aspect de l'algue.
La culture du Cl. fracta, ou d'une des espèces du
même groupe dans un espace confiné, donne lieu à de
nombreuses variations, soit dans le port général de
l'algue, soit dans la forme et la constitution de la cellule.
Si dans un thalle ainsi modifié, une cellule vient par
une cause quelconque à perdre son contenu cellulaire,
on voit fréquemment la cellule voisine pousser des rhi-
zines qui vont se loger dans la cavité de la cellule morte.
-Ces rhizoïdes peuvent, au bout d'un certain trajet dans
la cellule, percer la membrane, sortir et continuer à s'ac-
croître dans le liquide ambiant. Plusieurs de ces rhiaines
peuvent se loger côte à côte dans une même cellule ;
ce qui donne dans ce cas un aspect des plus curieux à
l'algue.
Ces formations radicantes peuvent, dans certains cas,
i«6
SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
posséder une coloration verte très accentuée, et être
donc analogues à des rameaux, dans d'autres, être presque
complètement privées de
matière colorante. Elles se
soudent parfois à des fila-
ments de l'algue, ou à un
support quelconque, elles
peuvent aussi être libres.
Après une longue cul-
ture dans un aquarium,
j'ai obtenu sur une des
formes de Cl. fracta, une
modification analogue à
celle que M. Gay a décrite
et figurée [loc. cit. pi. I,
fig. 7), mais les renfle-
ments étaient plus forte-
ment accentués.
Les cellules sont ren-
flées vers leurs extrémités,
et présentent souvent plu-
sieurs renflements succes-
sifs. La culture avait été
faite dans un aquarium, où
avaient été déposés quel-
ques morceaux de tourbe.
C'est au contact de la
tourbe que les filaments
ont acquis la coloration la
plus accentuée, et qu'ils se sont le plus fortement
épaissis.
La fig. 2, nous montre quelques uns des nombreux
Fig, 1. — Quelques formes de rhizines
du genre Cladophora.
BULLETIN DES SÉANCES.
457
aspects sous lesquels les filaments de Cladopliora ainsi
modifiés se présentent.
FiG. 2. — a, a, a, b Formes variées sous lesquelles les cellules du Gladophora se
présentent; c, c, d'autres formes à un grossissement plus réduit ; d, traces de
membranes laissées sur la cellule après son accroissement en longueur.
Si l'on compare certaines de ces figures avec celles
1S8 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
«les Tabulae pliycologicae de Kùtzing, on devra recon-
naître qu'elles ont de grandes analogies. Il faut se rap-
peler cependant que ces formes ont eu pour origine
des cellules cylindriques. Il faut donc être on ne peut
plus circonspect dans la détermination des espèces de
ce genre et dans la description d'espèces nouvelles.
Chez le CL glomerata, j'ai observé une variation à
peu près identique, mais pas aussi accusée; il est vrai
que les échantillons sur lesquels j'ai observé ces modifi-
fications n'avaient pas été cultivés en présence de tourbe.
La tourbe est probablement un milieu nutritif excellent
pour ces algues, mais je n'ai pas pu faire d'expériences
suffisantes, de sorte qu'il ne m'est pas possible de savoir
si la présence d'une matière nutritive, est la seule cause
qui occasionne ces modifications. M. Strasburger (*), a
d'ailleurs indiqué la tourbe comme un milieu de culture
excellent pour les Spirogyrn.
La membrane cellulaire très épaisse de ces Clado-
pliora, montre dans bien des cas d'une façon très nette
la croissance intercalaire, par la présence de fragments
de la membrane qui sont restés accolés à la membrane
nouvelle. Le dessin cl de la tigure 2, représente une
cellule vue en coupe optique et sur la membrane de
laquelle, nous remarquons les traces de la membrane.
J'ai observé parfois, sans pouvoir cependant suivre la
culture, des germinations de Cladopliora; ces germina-
tions me paraissaient devoir former des plantes chétives.
Elles se trouvaient dans et au voisinage d'une cellule
fructifère du Cladopliora. La lig. 5 nous montre diffé-
rents états de ce développement. Quelle est l'origine de
(*) Strasburgeu. Ueber Zeilbildung und ZelUheiLung, Jena, 1875,
p. 34.
BULLETIN DES SÉANCES.
159
ces développements, est-ce la germination directe des
zoospores?
J'ai pu observer également quelquefois des cellules à
FiG. 3.
Germination.
FiG. 4. — Une cellule de Cladophora
à membrane cellulaire épaissie et
striée; cavité fortement diminuée.
membrane cellulaire très fortement épaissie et dont la
surface présentait des anneaux comme ceux que l'on
voit chez les Oedogonmm. La figure 4 nous montre une
cellule dans cet état, l'on remarque la cavité diminuée et
les anneaux très visibles.
J'espère pouvoir présenter bientôt quelques notes sur
le reste du travail de M. Gay, et particulièrement sur
quelques unes des espèces du genre Sticliococciis.
■160 SOCIÉTÉ BELGK DE MICROSCOPIE.
IVotes bibliog^rapliiqiies.
Tourteaux et farines de lin. — Composition. — Impuretés. —
FALSIFICATIONS, par Julcs VAN DEN BERGHE, directeur du Labo-
ratoire agricole provincial, à Rouler s.
(6 planches. — 24 micro-photographies.)
Dans ce travail, M. Van den Berghe expose les con-
clusions qui lui ont été suggérées par 14 années de
recherches analytiques et microscopiques se rapportant
aux tourteaux et farines de lin.
Il attribue les impuretés si fréquentes de ces tourteaux
à différentes causes : 1° Leur origine. Ils proviennent
de contrées où les procédés employés pour les récolter
sont encore peu perfectionnés ; 2° La mauvaise foi du
vendeur qui, par esprit de gain, introduit des substances
minérales ou végétales étrangères.
Les tourteaux ainsi adultérés pouvant occasionner de
graves accidents, l'auteur a recherché les procédés
propres à dévoiler l'existence des falsifications.
La teneur en matières protéiques et en matières
grasses variant dans chacun des 1G9 échantillons de
tourteaux et farines de lin purs qu'il a analysés, l'auteur
en conclut que l'analyse chimique seule est impuissante
à donner la certitude de la pureté des tourteaux et farine
de lin.
De là, la nécessité de recourir à l'analyse microsco-
pique comme moyen de vérification.
C'est l'examen microscopique qui a surtout attiré
l'attention de M. Van den Berghe.
Ses observations ont porté sur la cellulose brute et sur
la farine.
BULLETIN DES SÉANCES. 161
A) Cellulose brute. — Pour les examiner, il traite suc-
cessivement le tourteau par l'acide sulfurique(2.5p. 100),
la soude (2.5 p. 100), l'alcool et l'éther. Le résidu de
l'opération est mis à digérer pendant quelques heures à
froid avec une solution concentrée de chlorure de cal-
cium (1 à 5).
Le péricarpe des fruits, ainsi que le spermoderme
des graines étant devenus transparents, on peut alors
les observer sous le microscope et leur reconnaître cer-
tains caractères distinctifs dont l'auteur a utilement tiré
parti.
Ces péricarpes et spermodermes ont été photographiés
et 2i reproductions accompagnent le travail. Parmi
celles-ci, on remarque principalement, le lin, le colza,
les différentes espèces de moutardes, l'arachide, le
pavot, la nielle, le chanvre, le ricin, etc. etc.
B) La farine. — Les réserves alimentaires des graines
de lin étant surtout l'aleurone et des gouttelettes d'huile,
la solution d'iode dans l'iodure potassique ne doit
pas donner de coloration bleue quand le tourteau est
pur.
L'auteur termine en rappelant les accidents survenus
par l'emploi des tourteaux et farines de lin falsifiés. 11
relate un certain nombre de cas d'empoisonnement du
bétail, dus à la présence des graines de ricin, des
graines de nielle, des graines de moutarde.
L. Remy.
16-2 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
Ueber CAPiLLAR- analyse UND IHRE VERSCHIEDENEN ANWENDUN-
GEN , SOVVIE LEBER UAS EMPORSTEIGEN DER FARBSTFFE IN DEN
l'LANZEN. (L'maly se capillaire et ses différentes applications ;
l'ascension des matières colorantes dans les plantes), par
Friedrich G0PPEL8R0EDER; analyse par M. H. POTTELLET.
Dans ce très intéressant travail, l'auteur expose et
étudie successivement :
I. L'analyse capillaire.
Si dans un mélange aqueux d'acide picrique et de
curcumine, on plonge à une profondeur de quelques mil-
limètres, des bandes de papier non collé, on remarque
que l'ascension capillaire de l'eau est plus rapide que
celle des matières qui y sont dissoutes, et que celles-ci
ont des vitesses d'ascension inégales. Cette différence
dans la vitesse d'ascension avait été signalée par Schoen-
bein, professeur de chimie à l'université de Bâle. Les
trois corps dont il vient d'être question (eau, acide
picrique, curcumine) se séparent ainsi en trois zones
faciles à distinguer sur la bande de papier :
a) Une zone supérieure, étroite, ne contenant que
de l'eau ;
h) Une zone moyenne, large, renfermant de l'acide
picrique ;
c) Une zone inférieure, formée de jaune E MICROSCOI'IE.
la bactériologie et l'hygiène publique pourraient en reti-
rer d'immenses avantages.
Au point de vue de la science pure il y aurait lieu,
non pas comme le demande M. D'Arsonval de refaire la
physique et la chimie drins le champ magnétique, ce
qui serait inutile, mais de tenir compte des conditions
magnétiques et électriques du milieu dans lequel on
opère, au môme titre que l'on note actuellement sa tem-
pérature. Pour la bactériologie notamment, ces consta-
tions auraient une importance capitale.
Au point de vue philosophique enfin, l'exposé que je
viens de vous faire peut avoir une bien autre valeur. Il
en résulte une preuve en plus de l'identité des diverses
forces physiques qui ne sont que des manifestations
variables d'un même facteur, Vénerfjie. Il en résulte
aussi, et une fois de plus, que la force vitale n'est qu'un
mot; que les actes de la vie ne sont point soumis à
d'autres lois que celles (}ui résultent de l'application des
forces naturelles; qu'il n'y a par conséquent à faire
aucune distinction entre le monde organique et le monde
inorganique. Il en résulte encore que la science se sim-
plifie de plus en plus; que les notions acquises, à mesure
qu'elles s'accumulent se lassent en quelque sorte en se
coordonnant. 11 en résulte enfin (|ue, sur quelque point
de la biologie (jue la science porte ses investigations,
elle ne découvre en dernière analyse que deux éléments :
la Matière et la Force.
Discussion :
M. Errera. — J'avoue ne pas oser suivre Tau-
BULLETIN DES SÉANCES. i89
teur clans toutes ses déductions théoriques. Quelques
unes d'entre elles semblent un peu prématurées ou, si
l'on aime mieux, en avance sur l'état actuel de la science.
C'est là d'ailleurs une simple réserve plutôt qu'une
critique. Pour citer un exemple, il y a quelque har-
diesse à affirmer dès à présent Yidenlité des différentes
forces physiques vis-à-vis du protoplasma, comme l'a fait
l'auteur en terminant. Ne savons-nous pas au contraire
que les organismes sont doués de sensibilités spéciales
et que les diverses forces ne sont nullement équivalentes
pour eux?
Telle cellule, très sensible aux variations thermiques,
sera très indifférente aux changements d'éclairage. En
revanche une feuille verte a besoin de lumière pour
assimiler l'anhydride carbonique : pense-t-on qu'il suffise,
lorsqu'on la met dans l'obscurité de lui fournir beaucoup
d'énergie calorifique pour tenir lieu de l'énergie lumi-
neuse dont on la prive?
Pour tout dire, les phénomènes vitaux ne sont peut-
être pas aussi simples que pourraient le faire croire les
généralisations que M. Verhoogen vient de nous exposer.
M. Vcrlwogeii. — Il n'entre aucunement dans ma
pensée, comme semble le croire M. Errera, d'affirmer
l'équivalence des agents physiques. J'ai dit au contraire,
qu'ils sont des modalités de l'énergie. En d'autres
termes, si la qualité est la même pour tous, la quantité
diffère cependant. Ainsi les radiations solaires repré-
sentent l'énergie sous une très faible quantité. C'est
cependant encore de l'énergie qui, appliquée au radio-
mètre de Crookes, peut produire du mouvement. La cha-
leur au contraire repi^sente, si je puism'exprimer ainsi,
l'énergie sous une tension autrement considérable.
-190 SOCIÉTÉ BliLGE DE MICROSCOPIE.
Ces différences de quantité et aussi de forme, ne l'ou-
blions pas, impliquent naturellement la production
d'effets fort dissemblables. On peut donc parfaitement
admettre l'identité des forces sans croire à leur équi-
valence.
De la manière dont M. Errera envisage la question,
il y a lieu aussi, je pense, de faire entrer en ligne de
compte un autre facteur. S'il n'y avait qu'une force appli-
quée toujours d'une même façon à un seul protoplasme,
les lois de la biologie deviendraient d'une simplicité
mathématique. Mais il n'y a pas qu'une cellule : il y a
des races et des espèces, et dans une même catégorie
d'êtres réunis par des liens morphologiques, physiolo-
giques, chimiques même, il y a encore des susceptibilités
individuelles dont il serait injuste de méconnaître l'im-
portance. Telle cellule sera sensible à la lumière, qui ne
le sera pas à la chaleur et réciproquement, au même
titre qu'en chimie une combinaison donnée se produira
sous l'action de tel agent physique et non de tel autre. La
fleur de soufre et la limaille de fer se combinent très
bien si l'on chauffe ; on cherchera en vain des traces de
sulfure de fer dans le mélange si on s'est contenté de
l'exposer à la lumière. De même en physique, une barre
de fer se dilatera sous l'influence de la chaleur (andisque
l'action de la lumière n'y sera point appréciable. Ques-
tion de quantité en ce qui concerne l'excitant, de com-
position chimique et de groupement moléculaire en ce
qui regarde le corps influencé.
Il n'en est pas autrement en biologie. Si on admet
l'identité des agents physiques en ce qui concerne le
monde inanimé, et cette identité d'essence est univer-
sellement reconnue aujourd'hui, je ne vois point sur
DULI.ETiN DES SÉANCES. 191
quelles consklérations on s'appuierait pour nier cette
même identité en ce qui concerne les choses de la vie.
L'électricité, la chaleur, la lumière, le magnétisme res-
teront toujours autant de modes de l'énergie, qu'ils
s'adressent à une cellule vivante ou simplement à une
molécule inorganique.
Conformément aux usages étahlis, la société décide
de ne pas siéger pendant l'époque des vacances, et
s'ajourne au mois d'octohre prochain.
XMI 16.
BULLETIIV DES SÉAI\CES
DE LA
SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE
Tome XVII. N' X. 1890-1891.
Procès -verbal de rassemblée g^énérale
annuelle du 11 octobre 1891.
Présidence de M. Errera, président.
La séance est ouverte à 11 heures.
Sont présents : MM. Errera, Bauwens, Bray, Clau-
triau, Crépin, Delogne, De Wildeman, Lameere, Mar-
chai, Rouffart et Verhoogen, secrétaire.
Ouvrages reçus en hommage :
Bonney and Miss Raisin. — Report on some Rock-speci-
mens from tlie Kimberley Diamond mines, witli
notes by Rupert Jones (Geologica magazine, septem-
hre 1891).
R. Jones and Kirkby. — On the Ostracoda foimd in tlie
shales of the upper coal-measure at Stade lane, near
Manchester (Trans. Manchester geol. soc. Part. 111,
vol. XXÏ, décembre).
XVII ^^
494 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
R. Jones. — Address to the geologicai section of tlie
Britisfi association, Cardiff, 1891.
A. Lameere. — Prolégomènes de zoogénie (Bull, scient,
de la France et de la Belgique, t. XXIII, 1891 .
Balbiani. — Sur la formation des monstres doubles chez
les infusoircs (Journ. anat. et pliijs. de Pouchet et
Duval, t. XXVII, 1891).
— Sur les régénérations successives du péristome
comme caractère d'âge chez les Stentors et sur le
rôle du noyau dans ce phénomène (Zoot. Anz., 572
et 575, 189i;.
Des remercîments sont votés aux auteurs de ces
envois.
Le secrétaire donne lecture, au nom du Conseil, du
RAPPORT ANNUEL SUR LES TRAVAUX DE LA
SOCIÉTÉ
Messieurs,
Nous avons l'honneur de vous présenter au nom du
Conseil, le dix-septième rapport annuel sur la situation
de notre Société.
La Société belge de microscopie compte actuellement
165 membres : 14 membres honoraires, 40 membres
correspondants, 95 membres effectifs et IG membres
associés.
Nous avons eu le regret cette année de perdre un de
nos membres honoraires les plus distingués, M. le pro-
BULLETIN DES SÉANCES. 49S
fesseur Car! v. Nageli. Une lettre de condoléances a été
adressée au nom de la Société à la famille de l'illustre
savant.
Parmi les travaux que nous avons insérés dans nos
Bulletins, nous pouvons citer :
Communication préliminaii^e sur la métamérisation
du corps de l'insecte par M. A. Lameere.
Lupus de la conjonctive par M. Gallemaerts.
Le traitement de la tuberculose par la méthode de
Kocli, par M. Hendrickx.
Les monadines et leur place systématique, par M. De
Bruyne.
Les Bolétés, par M. Delogne.
L'origine des vertébrés, par M. Lameere.
La fibre nerveuse, par M. Héger.
Lin champignon pijrénomycète se développant sur le
test des Balanes, par M. Ch. Bommer.
Sur la morphologie des cladophora, par M. E. De
Wildeman.
Action du coinçant constant sur les microorganismes
pathogènes, par M. R. Verhoogen.
Nous avons continué la publication de nos annales
par la distribution du tome XV qui contient des travaux
de M. De Wildeman, sur XInfluence de la température
sur la marche, la durée et la fréquence de la caryoci-
nèse dans le règne végétal; de M. Enklaar (traduction
de M. Hegenscheidt) sur les limites de la physique et
de la chimie; de M. Yan Gehucbten sur les récentes
découvertes dans l'anatomie et l'histologie du système
nerveux central.
Le tome XYI paraîtra bientôt. Il contiendra des tra-
vaux de M. Firket, sur la nature du cancer, de M. Cli.
496 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
Boni mer, stir un champignon pyrénomycète se dévelop-
pant sur le test des Balaiies\ de M. P. Pelseneer, sur
les Organes des sens chez les mollusques, et de
M. P. Pelseneer, Stir l'œil de quelques gastropodes.
Plusieurs ti'avaux envoyés à la Société ont fait l'objet
d'analyses par MM. De Wildenian, Polellet et Remy.
M. le docteur Gallemaerts s'est vu obligé par suite de
ses occupations de renoncer aux fonctions de secrétaire
de la Société. M. le président s'est fiait notre interprète à
tous en lui exprimant les vifs regrets que nous cause
sa retraite.
Nous avons eu pendant l'année écoulée le plaisir d'en-
tendre des conférences très remarquables de MM. les
professeurs De Bruyne, Firket, Gilkinet, Héger,
Lameere, Pelseneer et Van Gebucbten. Le conseil est
heureux de renouveler ici ses remercîments à ces mes-
sieurs pour la preuve d'intérêt qu'ils ont bien voulu
donner à la Société et pour la façon brillante dont ils se
sont acquittés de la tâche qu'ils avaient assumée.
La publication des recherches de Koch ainsi que la
communication de M. Hendrickx ont donné lieu au sein
de notre Société à d'intéressantes discussions sur la
tuberculose.
Nous avons encore à adresser nos remercîments à
M. Cogit qui nous a envoyé de remarquables micropho-
togrammes coloriés, lesquels ont fait l'objet d'une notice
dans le bulletin, ainsi qu'à MM. De Wildenian et
Dewevre qui se sont occupés des projections oxhydri-
ques. Nous sommes heureux aussi d'exprimer notre
reconnaissance à M. Crépin qui veut bien nous per-
mettre de disposer de la grande salle des herbiers.
Nous voyons avec plaisir que la Société continue à se
UULLETIN DKS SÉANCES. 197
tenir au courant du mouvenient scientifique, et nous
espérons qu'elle saura, comme par le passé, soutenir
la réputation dont elle jouit dans le monde savant.
Aussi comptons-nous, Messieurs sur le concours dévoué
de tous les membres. [Applaudissements.)
BILAN ET BUDGET
M. Bauwens, trésorier, présente le bilan de l'exercice
1890-1891 qui se solde par un boni de fr. 46.28. Il
dépose en même temps le projet de budget pour l'exer-
cice 1891-1892.
Les comptes sont approuvés.
M. De Wildeman donne lecture du
RAPPORT SUR L'ÉTAT DE LA RIRLIOTHÈQUE
ET DES COLLECTIONS
Messieurs,
Aux termes des statuts de notre Société, le Bibliothé-
caire est tenu de vous faire, à l'asseinblée générale
d'Octobre, un rapport sur l'état de la Bibliothèque et des
collections.
Comme l'année précédente, nous pouvons dire, que
leur état est assez satisfaisant. Nous avons encore mal-
heureusement à regretter un grand nombre de lacunes
dans plusieurs de nos collections importantes ; quelques
sociétés nous ont déjà fourni les volumes manquants de
leurs publications et nous espérons, qu'au fur et à
mesure que nous pourrons avancer dans la mise en
498 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
ordre complet de la bibliothèque, nous pourrons com-
pléter, grâce à la bienveillance des sociétés avec les-
quelles nous sommes en relations d'échange, les collec-
tions qui actuellement sont encore dépareillées.
De nouvelles publications sont venues augmenter
encore notre liste d'échange; nous envoyons maintenant
nos Bulletins à 175 institutions savantes.
Plusieurs membres et même des personnes étrangères
à la Société nous ont envoyé leurs publications, dont
les titres ont été mentionnés dans les comptes rendus
mensuels des séances de la Société; parmi ceux-ci, il
faut citer : MM. Balbiani, Baumgarten, Behrens, Cox,
E. et J. Cutter, Deby, De Man, De Toni, De ^Yildeman,
Jabez Hogg, Kôlliker, Lameere, Remouchamps et Sugg,
Rupert Jones, Saccardo, Vanden Berghe, Ward.
SÉANCES MENSUELLES
L'assemblée décide que les séances mensuelles conti-
nueront à avoir lieu le dernier samedi de chaque mois
à 8 1/2 heures du soir.
ÉLECTIONS
Il est procédé à l'élection :
1° D'un vice-président en remplacement de M. le doc-
teur Van Ermengem sortant et rééligible;
M, le docteur Van Ermengem est réélu vice-président.
■2" D'un secrétaire en remplacement de M. le docteur
René Verhoogen sortant et rééligible ;
BULLETIN DES SÉANCES. 199
M. le docteur Yerhoogen est réélu secrétaire.
5° D'un trésorier en remplacement de M. Bauwens
sortant et rééligible;
M. Bauwens est réélu trésorier.
i" De deux membres du Conseil en remplacement de
MM. L. Coomans et A. Renard sortants et rééligibles ;
MM. Coomans et Renard sont réélus membres du
Conseil.
Le Conseil a désigné M. De Wildeman pour remplir
les fonctions de bibliothécaire-adjoint pendant l'année
1891-189-2.
Le secrétaire fait appel au dévouement des membres
pour la publication dans les Bulletins mensuels d'ana-
lyses des travaux qui paraissent dans les Bulletins étran-
gers. Il fait ressortir l'importance et la richesse de la
bibliothèque où se trouvent de nombreuses publications
qui n'existent pas dans les autres bibliothèques du
pays.
Il engage également les membres qui se proposent de
faire des communications lors des séances de la Société,
à l'en prévenir assez à temps pour qu'il puisse l'annon-
cer à l'ordre du jour.
La séance est levée à midi.
COMPOSITION DU CONSEIL ADMINISTRATIF
POUR L'EXERCICE 1891-1892
M. L. Errera, Président. 1890-1892
M. le D'- RouFFART, Vice-Président. 1890-1892
M. le D^ Van Ermengem, Id. 1891-1893
M. le D-- R. Verhoogen, Secrétaire. 1891-1893
M. L. Rauwens, Trésorier. 1891-1893
M. C. H. Delogne, Bibliothécaire-Conservateur. 1890-1892
M. L. CooMANS, Membre. 1891-1893
M. Crépin, Id. 1890-1892
M. A. Renard, Id. 1891-1893
M. Laurent, Id. 1890-1892
M. De Wildeman, Bibliothécaire-Conservateur-Adjoint.
Secrétariat : chez M. le D"" R. Verhoogen, 16, rue de la
Sablonnière.
Trésorier : M. Bauwens, receveur des contributions, rue
Ganshoren, 15, Koekelberg, lez-Bruxelles.
LISTE GENERALE
des
MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE
AU 11 OCTOBRE 1891.
illoiiibrcs honoraires (*).
MM. Abbe, prof, à l'Université d'Iéna (Allemagne).
Balbiani, prof, d'embryologie au Collège de France, Paris.
Cohn, F., prof, de botanique à l'Université de Breslau.
Fol, H., prof, d'embryologie à l'Université de Genève.
Jabez Hogg, docteur, 1, Bedford square, Londres.
Jones Rupert, prof. F. R. S., 10, Uverdale Road, King's
Road, Chelsea, Londres.
Koch, R., prof, d'hygiène à l'Université de Berlin,
von Kôlliker, A., prof, d'embryologie à l'Université, Wurz-
bourg.
Pasteur, membre de l'Institut, Paris.
Rauvier, L., prof, d'histologie au Collège de France, Paris.
Saccardo, directeur au jardin botanique de Padoue.
Smith, H. L.,prof. Hobart Collège, GenevaN. Y. (États-Unis.)
Sorby, Broomfleld (ShefHeld).
D'' Ward, R. H., Troy, New- York (États-Unis), 53, Fourth
Street.
membres eorrespoiiclaiits (**).
MM. Andrews, R. R., D. D. S., Haward street, 432, Cambridge,
Mass. (États-Unis.)
Baumgarten, professeur, à Tûbingen.
n Le nombre des membres honoraires est limité à quinze (art. 7 Ces Statuts).
(") Le nombre des membres correspondants est limité à quarante (art. 7 des
statuts).
202 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
MM. Behrens, D'' Wilhi, directeur du Zeitschrift fur mikroskopie,
Gôttingen.
Bertrand, C. Eg., professeur à la Faculté des sciences, Lille.
Bieler, vétérinaire, avenue Agassiz, Lausanne (Suisse).
Boeclver, docteur. Institut fur Milvrosls.opie, Wetzlar.
Bonté, docteur, J. H. C, secrétaire de l'Université de Cali-
fornie, Berkeley, Cal. (États-Unis.)
Brun, professeur à l'Université de Genève.
Bûtschli, professeur, à Heidelberg.
Cox, C. F., uo 100, East, 17th St., New-York (Etats-Unis).
Cox, D., Cincinnati, Ohio.
Crisp, Frank, secrétaire de la Société royale de Microscopie,
King's Collège, Londres.
Crosier, E. S., M. D., Masket street, 277, New Albany,
Indiana (États-Unis).
Curties, Thomas, membrede la Société royale de Microscopie,
244, High Holborn, Londres.
Cutter, docteur Ephraira, 1730. Broadway, New-York,
de Castracane (abbé). Comte François, Rome,
de Man, docteur J. G., Middelbourg (Pays-Bas).
Dod, A. P., 279 1/2, Main street, Memphis (Etats-Unis).
Engelmann, Th. W., prof, de physiologie à l'Université
d'Utrecht.
Gibier, docteur, aide naturaliste au Muséum, rue Palestro,
23, Paris.
Guinard, E., rue du Cardinal, 15, Montpellier.
Harrisson, docteur W. G., 26, Mount Vesnon Place, East
Baltimore (Maryland) États-Unis.
Hueppe, docteur, Ferd., professeur, Prague.
Kinne, C. Mason, 422, Califoruia street, San Francisco, Cal.
(États-Unis.
Lanzi, docteur Matteo, 6, via Cavour, Rome.
Lockwood, Samuel, Secretary to the New-Jersey Microsco-
pical Society, Freehold, Monmouth County (New-Jersey),
(États-Unis).
Mauler, E., 8, Terreaux, Neuchâtel (Suisse).
Maupas, à Alger (Algérie).
Metschnikoir, chef de service à l'Institut Pasteur, à Paris.
Rosenbusch, professeur de minéralogie à l'Université de
Heidelberg.
BULLETIN DES SÉANCES. 203
MM. Senoner, docteur, 14, Krieglergasse, Vienne.
Stevenson, W. C, 1525, Green street, Philadelphie, Pens.
(États-Unis).
Stidham, rev. J. F., Colombus, Ohio (États-Unis).
Strasburger, docteur Ed.., professeur à l'Université à Bonn.
Trois, conservateur de la collection scientifique de l'Institut
royal des sciences, Palais ducal, à Venise (Italie).
Van Bruyssel, chargé d'affaires de Belgique à Caracas
(Venezuela).
Ward, James W., Grosvenor Library, Buffalo (États-Unis).
Zimmermann, 0. E. R., docteur, Chemnitz (Saxe).
Zirkel, Ferd., prof, de minéralogie à l'Université de Leipzig.
Meiubrei§ effectifs (*).
MM. Barré, Philippe, chef de bureau au Ministère des chemins de
fer, postes et télégraphes, rue du Progrès, 233«, Bruxelles.
*Bauwens, L. M., receveur des contributions, rue Gansho-
ren, 15, Koekelberg.
Bayet, 30, Marché-aux-Grains, Bruxelles.
Berteau, Zenon, profes. à l'école moyenne de Schaerbeek,
rue Villegas, 23, Jette-Saint-Pierre.
Bommer, Ch., docteur en sciences, rue des Petits-Carmes, 19,
Bruxelles.
Bray, A., docteur en sciences, rue de Namur, 48, Bruxelles.
Carnoy, J.-B. (l'abbé), professeur à l'Université de Louvain.
Camusel, rue Wautier, 83, Laeken.
Cogit, E., boulevard Saint-Michel, 49, Paris.
'Chalon, Jean, docteur en sciences naturelles, Namur.
Clautriau, G., pharmacien et docteur eu sciences natu-
relles, à Marchienne-au-Pont.
Coomans, V., chimiste, rue Notre-Seigneur, 1, Bruxelles.
Coomans, L., pharmacien, rue Notre-Seigneur, 1, Bruxelles.
Xoppez, docteur en médecine, 17, boulevard du Jardin Bota-
nique, Bruxelles.
Coppez, H., étudiant en médecine, boulevard Botanique, 17.
Cousot, docteur en médecine, à Dinant.
*Crépin, directeur du Jardin Botanique de l'État, rue de l'As-
sociation, 31, Bruxelles.
Dans, ingénieur-industriel, rue du Commerce, 32.
(*) Membre fondateur.
204 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
MM. 'Davreux, Paul, inspecteur-adjoint de l'enseignement profes-
sionnel, rue Vondel, Schaerbeek.
Deby, Julien, ingénieur, 31, Belsize Avenue South Hamp-
stead, London.
De Fay, J., docteur en médecine, 5, rue de Fiennes,
Curegliem.
De Lacerda, Antonio, consul de Belgique, à Baliia (Brésil).
Delogne, C.-H., aide-naturaliste au Jardin Botanique de
l'État, Bruxelles.
Denaeyer, pharmacien, place Liedts, 3, Schaerbeek.
Denys, ingénieur, à Havre, près Mons.
Depaire, J.-B., conseiller communal, professeur à l'Univer-
sité de Bruxelles, rue Royale, 54, Bruxelles.
De Sélys-Lonchamps, Edm. (baron), sénateur, 34, quai de la
Sauvenière, Liège.
Destrée, E., docteur en médecine, rue de la Régence, 57,
Bruxelles.
De Wildeman, préparateur au Jardin botanique de l'Etat,
rue Verte, 54, Schaerbeek.
Drosten, Rob., rue des Boiteux, 21, Bruxelles.
Dubois, E., docteur en médecine, 7, rue du Gouvernement
provisoire, Bruxelles.
*Dupont, E., directeur du Musée royal d'histoire naturelle,
Bruxelles.
Durin, Th., chanoine honoraire, rue de Paris, à Moulins,
(Allier).
Duwez, docteur en médecine, rue Joseph II, 3, à Bruxelles.
Errera, Léo, docteur, professeur à l'Université, rue Stépha-
nie, 1, Bruxelles.
Félix, Jules, docteur en médecine, rue Marie-de-Bourgogne,
22, Bruxelles.
Florez, docteur en médecine, Jésus Maria, 5, Lima (Pérou).
Francotte, P., docteur en sciences, professeur à l'Athénée
royal et à l'Université libre, rue Gillon, 5ii, Saint-Josse-
ten-Noode.
Gallemaerts, E., docteur en médecine, rue de la Régence, 33,
Bruxelles.
Garbini, A., docteur en sciences naturelles, Leoncino, 38,
Vérone.
(•) Membre fondateur.
BULLETIN DES SÉANCES. 20S
MM. Gedoelst, docteur, rue du Canal, 20, Louvain.
Gevaert, G., docteur en médecine, rue du Gentilhomme, 2,
Bruxelles.
Gilsou, professeur à l'Université de Louvain.
Gravis, Aug., professeur de botanique à l'Université de
Liège, rue Bassenge, 33, Liège.
Heger, Paul, docteur en médecine, professeur à l'Université,
rue des Drapiers, 35, Bruxelles.
Hendrix, Léon, docteur en médecine, rue Montoyer, 14,
Bruxelles.
Houzeau de Le Haie, professeur, membre de la Chambre des
représentants, Hyon (Mons).
Hovelacque, M., licencié ès-sciences naturelles, rue des
Sablons, 88, Paris.
Jacobs, Ch,, docteur en médecine, rue des petits Carmes, 12,
Bruxelles.
Lameere, Auguste, docteur eu sciences, professeur à l'Uni-
versité de Bruxelles, chaussée de Charleroi, 121, Bruxelles.
Laurent, Em., professeur de botanique à l'École d'horticul-
ture de l'Etat, à Vilvorde, et à l'Institut agricole de
Gembloux.
Lebœuf Louis, docteur en méd., rue Rogier, 288, Bruxelles.
M>'® Leclerq, Emma, docteur en sciences naturelles, Rempart de
la Biloque, 320, Gand.
MM. Lewin, docteuren médecine, rue de la Concorde, 68, Ixelles.
Loiseau, 0., ingénieur, à Ougrée.
Lorthioir, docteur en médecine, rue Defacqz, 6, Bruxelles.
Mantin Georges, quai de Billy, 54, Paris.
Marchai, E., conservateur au Jardin Botanique de l'État,
professeur à l'École normale, 55, rue Vonck, Saint-Josse-
ten-Noode.
'Michelet, G., ingénieur, rue Pascale, 6, Bruxelles.
Nypels Paul, docteur en sciences naturelles, rue Forgeur, 7,
Liège.
Pechère V., étudiant en médecine, rue Marie-Thérèse, 16,
Bruxelles.
Petermann, A., docteur en sciences naturelles, directeur de
la station agricole de l'État, Gembloux.
Pierson. H., rue de la Poterie, 6, Paris.
{*) Membre fondateur.
206 SOCIÉTÉ BELGK DE MICROSCOPIE.
MM. Piron, pharmacien, rue du Comte-de-Flandre, 77, Molen-
beek-Saint-Jean.
Treudhomme deBorre, 11, rue Seutiu, Bruxelles.
Ramlot, docteur en médecine, rue de Florence, 17,
Bruxelles.
Remy, L., assistant de micrographie au Laboratoire agri-
cole de l'État, Liège.
Renard, A., professeur à l'Université de Gand, Wettereu.
Rouffart, E. docteur en médecine, boulevard du Régent, 9,
Bruxelles.
*Rutot, A., ingénieur, conservateur au Musée royal d'histoire
naturelle, rue du Chemin-de-Fer, 31, Bruxelles.
Rynenbroeck, L., étudiant en sciences, 2, chaussée d'Alsem-
berg, Uccle.
Simon, A., docteur en médecine, rue Haute, 106, Bruxelles.
Simon, J. B., docteur, rue Haute, 106, Bruxelles.
Slosse, Aug., docteur en médecine, rue de Galilée, 8,
Bruxelles.
Stappers, Léon, rue Jacobs, 59, à Anvers.
Stas, Jules, docteur en médecine, à Rupelmonde.
Sury, H., pharmacien, rue d'Havre, 12, Mons.
Thiriar, docteur en médecine, professeur à l'Université, rue
de Hornes, Bruxelles.
Tillier, Achille, architecte. Pâturages (Hainaut).
Tocheflf, étudiant en sciences, Stara Zagora, Bulgarie.
Van Beneden, Ed., professeur à l'Université de Liège.
'Vanden Broeck, Ernest, conservateur au Musée royal d'his-
toire naturelle, 39, place de l'Industrie, Bruxelles.
*Van den Corput, docteur, avenue de la Toison d'Or, 19,
Bruxelles.
Van den Kerkhove, Ern., rue d'Oran, 17, Marseille.
Van Ermengem, professeur de bactériologie à l'Université
de Gand, Wetteren.
*Van Heurck, Henri, docteur en sciences, directeur du Jardin
Botanique, rue de la Santé, 8, Anvers.
Venneman, professeur d'ophtalmologie à l'Université de
Louvain.
Verhoogen, R., docteur en médecine, 16, rue de la Sablon-
nière, Bruxelles.
(*) Membre fondateur.
BULLETIN DES SÉANCES. 207
MM. Von Sehlen, à l'Institut hygiénique de Munich.
Walker, industriel, boulevard Montebello, Lille (France).
Warlomont, René, médecin militaire, docteur en sciences
naturelles, Bruges.
*Weverbergh, docteur en médecine, avenue Brugmann, 205,
Bruxelles.
Ysebrant de Difque, rue Belliard, 66, Bruxelles.
lleiiibres associés.
MM. Bordet, étudiant en médeciue, rue de la Ruche, 42, Schaer-
beek.
Botte, docteur en médecine, rue de l'Hôtel des Monnaies, 9."5.
Brouwez, F., étudiant eu médecine, rue des Chevaliers, 15,
Bruxelles,
De Nobele, étudiant, rue des Plantes, 14, Bruxelles,
De Restia, pharmacien, rue Royale-Sainte-Marie, 152,
Schaerbeek.
Dewevre, Alfred, docteur en sciences naturelles, chaussée
de Watermael, 59, Watermael-Boitsfort.
Dineur, E,, docteur en médecine, chaussée de Haecht, 272,
Schaerbeek.
Fano, Léopold, étudiant, rue Royale, 233, Bruxelles.
Funck, Maurice, étudiant, rue de Livourne, 30.
Hegenscheidt, Alfred, étudiant, rue Gauthier, 30, Molenbeek
Saint- Jean,
Lor, Louis, rue de l'Écuyer, 14.
Massart, docteur en sciences naturelles, à Etterbeek.
D"" Mersch, rue du Trône, 90, Bruxelles.
Mills, Albert, docteur en médecine, boulevard Bischoft-
sheim, 25, Bruxelles.
Orgels, L., étudiant, 14, rue Wiertz, Ixelles.
Rins, L., rue Van Aa, Ixelles,
(*) Membre fondateur.
ACADEMIES, SOCIETES ET INSTITUTIONS
avec lesquelles
LA SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE
EST EN RELATIONS D'ÉCHANGE.
Belgique.
Académie royale des sciences, arts et belles-lettres de Belgique
Bruxelles.
Académie royale de médecine de Belgique, Bruxelles.
Association belge de photographie. Ch. Puttemans, Palais du
midi.
Bulletin scientifique et pédagogique de Bruxelles, M.Robie, direc-
teur à Forest lez-Bruxelles.
Fédération des Sociétés d'horticulture de Belgique, M. Lubbers,
au Jardin Botanique de l'État, Bruxelles.
Gazette médicale de Liège, place Saint-Pierre, 16, à Liège.
Musée royald'Histoire naturelle de Belgique, M. E.Dupont, direc-
teur, Bruxelles.
Société royale de Botanique, au Jardin Botanique de l'Etat,
Bruxelles.
Société entomologique de Belgique, au Musée royal d'histoire natu-
relle, Bruxelles.
Société scientifique de Bruxelles, rue des Ursulines, 14, Bruxelles.
Société belge de géographie, M. Dufief, rue Potagère, 171,
Bruxelles.
Société géologique de Belgique, M. G. Dewalque, Liège.
Société malacologique de Belgique, M. Lefebvre, rue des Parois-
siens, 7, Bruxelles.
Société belge de géologie, de paléontologie et d'hydrologie, place
de l'Industrie, 39, Bruxelles.
Société médico-chirurgicale du Brabant, M. le docteur De Becker,
100, chaussée de Tervueren, à Etterbeek.
Annales de la Société médico-chirurgicale, Hôtel-Vénitien, rue
Hamal, Liège.
BULLETIN DES SÉANCES. 209
Société des naturalistes dinantais, Dinant.
Société royale des sciences, à l'Université de Liège.
Société des sciences, lettres et arts du Hainaut, Mons.
Société royale des sciences médicales et naturelles, M. le doc-
teur Stiénon, rue du Luxembourg, 5, Bruxelles.
Université de Bruxelles.
Université de Gand.
Université de Liège.
Université de Louvaiu.
Alleiiiag;iic.
Botanisches Centralblatt, D*" Uhlworm, Cassel.
Deutsches Medizinal Zeitung, M. le D'' Grosser, Prenzlau.
Kaiserliche Leopoldinisch-Carolinische Akademie der Naturfor-
scher, D^ Kuoltauch, à Halle.
Jahresbericht ûber die Fortschritte in der Lehre von den patho-
genen Mikroorganismeu, professeur Baumgarten, à Tûbingen.
Naturœ novitates. M. Friedlander et fils, Carlstasse, 11, à Berlin.
Naturwissenscbaftliche Gesellschaft, Chemnitz.
Naturwissenschaftlicher Verein, Elberfeld.
Naturwissenscbaftlicher Verein des Reg. Bez., D"" Hering, bibliot.,
Francfort s/Oder.
Offenbacher Verein fur Naturkunde, Offenbach S/M.
Physikalisch-œkonomische Gesellschaft, Kœnigsberg.
Société d'histoire naturelle de Colmar, docteur Faudel, secrétaire
Colmar.
Société d'histoire naturelle, rue de l'Évêché, 25, Metz.
Verein fur Naturkunde. D"" Akermann, Cassel.
Zeitschrift fur wisseuchaftliche Mikroskopie uud raikroskopische
Technik, M. Behrens, rédacteur en chef, à Gottingue.
Zoologischer Anzeiger, professeur Carus, Querstrasse, 30, Leipzig.
Centralblatt fur algemeine pathologie undpathologischeanatomie.
M. Gustave Fischer, à lena.
Aiitriclie-Hoiig;i*ie.
K. K. Naturshistorischen Hofmuseum, Vienne.
K. Akademie der Wissenschaften, Vienne.
Mittheilungen der section fur naturkunde des « Osterreichischen
Touristen-club ", Burgring N° I. Vienne.
18
2i0 SOCIÉTÉ BELGE UE MICROSCOI'IE.
Bulletin international de l'Académie des sciences de Cracovie.
Institut I. etR. Géologique d'Autriche, Vienne.
K. K. Zoologisch-Botanische Gezellschaft, Herrengasse, 13, à
Wien I.
Naturforschender Verein, M. Stadboff, Briinn.
Naturwissenschaftlicher Verein fiir Steirmark, Gratz.
Ornithologischer Verein. Mittbeilungen, Red. Von Pelzeln und
C. Pallisch, à Vienne.
Société des sciences naturelles de Croatie à Zagreb, Agram.
Société royale hongroise des sciences naturelles, Budapest.
Société adriatique des sciences naturelles, Trieste.
Ungarischer Karpatben verein, Lôese.
Verein zur Verbreitung naturv\ issenscbaftlicher Kenntnisse, IV,
techn. Hochscbule à Vienne.
Ei«ipag;iic et l^orliigal.
Boletin de medicina y farmacia, calle del Hôpital, 93, Piso 2",
Barcelone,
Gazeta Sanitoria à Barcelone. Casas consistoriales.
Cronica cientiflca. Barcelone, Rédacteur M. le D"" Raphaël Roig
y torres. Ronda de S. Pedro, 38.
Gaceta Medica Catalana, D'' Rodriguez Mendez, à Barcelone.
Revista sciencias naturaes e sociaes (Sociedade C. Ribeiro), rua da
Paz, 126, à Porto.
Sociedade de Instrucçao do Porto. St-Domingos, 57, à Porto Largo.
Revista clinica de los Hospitales. Madrid, PI. de Isabel, II.
France.
Annales de l'Institut Pasteur, M. le professeur Duclaux, rue
Malebranche, 15, Paris.
Académie des sciences, lettres et beaux-arts de Dijon.
Bulletin scientifique du nord de la France, M. le professeur Giard,
Lille.
Feuille des jeunes naturalistes, M. Dolfus, 35, rue Pierre Charron,
Paris.
Journal de Micrographie, M. le docteur Pelletan, rue de Berne,
24, Paris.
Revue internationale de bibliographie médicale, M. le docteur
Raoult, 47, rue du Faubourg Saint-Jacques, Paris.
BULLETIN DES SÉANCES. ^H
Bulletin de la Société d'étude des sciences naturelles, à Béziers.
Revue des sciences pures et appliquées, 34, rue de Provence, à
Paris.
Le Botaniste. M. Dangeard, impasse Bagatelle, 3, Caen (Calvados).
Revue bryologique, M. Husnot, à Cahan,par Athis,COrne.)
Société Borda, à Dax.
Société des sciences physiques, naturelles et cliraatologiques, M. le
docteur Bertrand, secrétaire-général, rue Bruce, à Alger.
Société Linnéenne du nord de la France, M. René Vion, rue Voi-
ture, 8, Amiens.
Société des sciences physiques et naturelles. Hôtel des Facultés,
Bordeaux.
Société Linnéenne de Bordeaux.
Société de médecine de Caen (l'Année médicale), rue Froide, 2, à
Caen.
Société d'étude des sciences naturelles, 16, rue Bourdaloue, Nîmes.
Société d'agriculture, sciences, belles-lettres et arts, M. Loiselin,
secrétaire général, à Orléans.
Société des études scientifiques, Angers (Maine et Loire).
Société française de photographie, rue Louis-le-Grand, 20, Paris.
Société des amis des sciences naturelles de Rouen (Seine infé-
rieure).
Société d'histoire naturelle de Toulouse, 44, rue Saint-Rome.
Société d'histoire naturelle de l'Hérault, Montpellier.
Société des sciences naturelles, M. le secrétaire, à Semur (Côte
d'Or).
Société des sciences historiques et naturelles de l'Yonne, (Auxerre.)
Société des sciences naturelles, M. Le Jolis, directeur, à Cher-
bourg (Manche). •
Société Linnéenne de Normandie, Caen (Calvados), M. Lignier.
Société d'études scientifiques, 55, rue Pierre Charron, Paris.
Société Linnéenne de Lyon, place Sathonay, Lyon.
Graiiclc-Brcta^iie.
Brighton and Sussex natural history Society, Brighton.
Croydon Microscopical and natural history Club. M. B. Sturgé,
20, the Waldrons. Croydon.
Norfolk and Norwich, naturalist Society, Norwich.
Quekett Microscopical Club, Londres.
Royal Microscopical Society, King's Collège, Londres.
212 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
Royal physical Society of Edinburgh.
Patent Office Library, 25, Southàmpton Buildings, Loudou W. C.
Hollande.
Société hollandaise des sciences de Harlem.
Société néerlandaise de zoologie, D"- P.-P.-C. Hook, Leyde.
Société royale de zoologie (Natura artis magistra) d'Amsterdam.
Italie.
Academia pontificia de Nuovi Lincei, Palazzo délia Cancellaria,
Rome.
Académie des sciences de l'Institut de Bologne.
Académie des sciences, lettres et arts de Modène.
Académie royale des sciences de Turin.
Ateneo de Brescia.
Bollettino scientiflco, Pavie.
Comité géologique d'Italie, Via S. Lusama Rome.
Institut royal des sciences, lettres et arts de Venise.
Natura, Rivista délie Scienze e délie loro applicazioni aile Indus-
trie ealle arti, M. Paolo Mantegazza, rédacteur en chef. Trêves
fratelli, éditeurs, via Palerno, 2, Milan.
Neptunia, rivista mensile per gli studi di scienza pura ed applicata
sul more et sui organism. Red. D"" David Levi. Mounos S.
Samuele, 3422, Venise.
Notarisia, commentarium Phycologicum. Parte spéciale délia
Neptunia.
Société des naturalistes de Modène, D"" L. Piccaglia, secrétaire,
à Modène.
Societa italiana dei microscopisti, à Acireale (Sicile).
Revista de Scienze naturali e bolletino del naturalista, à Sieua.
R. Academia dei lîsiocritici ù Siena (Italie).
Nuova Notarisia, rassegna trimestrale consacrata alla studio
dellc alghe. M"" le D'" G. B. De Toni, institut et Jardin botanique
de Padoue.
Academia medico-chirnrgica di Perugia (Pcrousc).
Monitore zoologico italiano, Instituto anatoraico à Florence.
BULLETIN DES SÉANCES. , !2i3
Lui^eiuboiirg;.
Institut royal Grand-ducal. Section des sciences naturelles, place
Guillaume III, Luxembourg.
Aarsberetning, Bergens muséum (Bibliothèque).
Rédacteur des publications du « Tromsoë Muséum « à Trorasoë,
(Norwège).
Rédacteur des publications du « Stavanger Muséum », Stavanger.
Russie.
Académie impériale des sciences, Saint-Pétersbourg.
Xsociété impériale des naturalistes de Moscou, maison Arkarkha-
N^oflf.
Société des naturalistes de la Nouvelle-Russie, Odessa.
Société des naturalistes de l'Université de Kielf.
$!»iiècle.
Botaniska n(\iser, D'' Otto Nordstedt, 10, Kraftstorg, à Lund.
Académie des^ciences de Stockholm.
I§»iiisse.
Société des sciences naturelles (bibliothèque) Helmhaus, Zurich.
Institut national genevois, M. H. Pazy, secrétaire général, à
Genève.
Naturforschende Gesellschaft, Muséum, Bâle.
Naturforscheude Gesellschaft, Berne.
Gesellschaft Graubûndens, r. Juan Sand, Goire.
Schweizerische Entomologische Gesellschaft, M. Théod. Steck,
Berne.
Société helvétique des sciences naturelles, Berne,
Société des sciences naturelles, M. L. Coulon, Neuchâtel.
Société vaudoise des sciences naturelles, M. Bieler, vice-président,
avenue Agassiz, Lausanne.
Jahresbericht der Naturforschenden Gesellschaft, Chur.
2i4 SOCIÉTÉ BELr.E BE MICROSCOPIE.
Turquie.
iR,evue médico-pharmaceutique, 6B, Yuksek-Caldirim, Galata,
Constantinople.
Brésil.
Museu Nacional do Rio de Janeiro.
Boletin du Conimissao geographica e geologica da proyiucia de
S. Paulo : Le Roy King. Boskurlter, à Sao Paulo (Brésil).
Canada.
Le naturaliste canadien. Rédacteur, M. l'abbé Provancher, Cap
Rouge. Province de Québec,
Costa Kica.
Officine de deposito y Cauje de publicationes Hepublica de Costa
Rica (Amérique centrale).
Cuba.
Cronica médico-Quirurgica de la Habana. Calzada de la reina, \)2
apartada 465.
Etat!$-Lnis>^ trAïuériquc.
Àcâderay of sciences of Saint-Louis, Missouri.
Acaderay of science, Rochester (New- York).
Académie des sciences do Philadelphie.
Albany médical Aunals, 481,- Broadway, N. Y.
American Monthly microscopical Journal. Washington, D, C. W.
Smiley. •
American uaturalist, prof. Kingsley-Malden, Mass.
Boston Society ofnatural history, Boston.
Collège of Physicians of Philadelphie.
Essex Institute, Salem (Mass).
Journal ol' tlie Xow-York microscopical Society, M. Zabriskie,
Waverley Avenue, Flatbu.sh, L. S., New- York.
BULLETIN UES SÉANCES. 215
Journal of mycology. N. S. Department oi agriculture (section of
vegetable patliology), à Washington.
Minnesota Academy of natural sciences. Minneapolis. Minn.
Rochester Academy of science. G. W. Rafter, secrétaire, à
Rochester N. Y. (États-Unis).
Journal of comparative Neurology L. Herrig, professer ofbiology.
University of Cincinnati (Ohio).
Librarian of the Surgeon general's Office. U. s. Army, Washington.
M. L. Brithon h. D. of the Columbia Collège school of Miner, New-
York.
Scientiflc Association, Meriden, Connecticut. United States of
America.
The Library, Missouri Botanical garden, Saint-Louis Mo.
The microscope, 514, E. State Street. Treuton N. J.
TheTrenton Natural history Society, Trenton.
Wagner Free Institute of Science, Philadelphie.
Washington, Smithsonian institution.
Californie.
California Académie of Sciences à San Francisco (Etats-Unis).
Mexique.
Sociedad Cientiflca « Antonio Alzate ", à Mexico.
Observatorio Meteorologico maguetico central, Mexico.
Chili.
Sociedad Pedro R. Videla, Santiago de Chile.
Boletin de Medicina, Santiago de Chile, Delicias, 252.
IWouYelle Galles dit Niid.
Linneau Society of New-South Wales, Linnean Hall, Elisabeth
bay, Sydney.
Fletcher Microscopical Society of Victoria, à Sydney, Melbourne.
TABLE GENERALE DES MATIÈRES
CONTENUES DANS LE TOME XA'II
nu BlLLËTI^ DE L\ SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE
Pages.
BULLETIN DES SÉANCES DE LA SOCIETE.
Skaxce nu 2o octobre 4890 1
Communication préliminaire sur la métamérisation du
corps de l'insecte, par M. A. Lameere 2
Nouvelle communication sur un traitement de la tuber-
culose, par M. R. Koch Il
Skaxce m: 29 novembre 1890 25
Lupus de la conjonctive, par M. É. Gallemaerts. . . 26
Le traitement de la tuberculose par la méthode de
Koch, par M. L. Hendrickx 34
Analyse de l'ouvrage de M. Behrens : Leitfaden (1er bota-
nischen mikroshopie, par M. De Wildeman .... 37
Notes de technique 40
Séance du 27 décembre 4890 43
Discussion sur la tuberculose 45
Notes de technique 48
Troisième communication sur un traitement de la
tuberculose, par M. R. Koch 48
Séance du 34 janvier 4894 S9
Élection 60
Notes micrographiques 62
Séance du 28 février 4891 63
Les monadines et leur place systématique, par M. C. De
Bruyne 64
Les Bolétés, par M. C. Delogne 70
Séance du 41 avril 4894 89
Les organes des sens chez les mollusques, par M. P.
Pelseneer 90
18.
218 TABLE DES MATIÈRES.
Pages.
L'origine des vertébrés, par M. A. Lameere .... 91
Présentation de niicrophotogramnies colo iés . . . 121
Séance du 2o avril 1891 127
La fibre nerveuse, par P. Heger 128
Programme de l'Exposition d'Anvers 142
Séance du 30 mai 1891 147
Notice nécrologique sur Cari v. Naegeli 148
Un champignon pyrénomycète se développant sur le
test des Balanes, par M. Cil. Bommer loi
Sur la morphologie des Cladophora, par M. E. De
Wildeman lo4
Analyse du travail de M. Van den Berghe : Tourteaux
el farines de Un, par M. L. Remy ItiO
Analyse du travail de M. Goppelsroeder : Ueber capil-
lar analyse, par M. H. Potellet 162
Séance mensuelle du 27 juin 1891 107
Action du courant électrique constant sur les micro-
organismes pathogènes, par M. René Verhoogen . 168
AsSEMRLÉË générale du 11 OCTOBRE 1891 .... 193
Rapport annuel du Conseil 194
Budget 197
Rapport annuel sur l'état de la bibliothèque . . . 197
Élections 198
Conq)Osition du Conseil pour l'exercice 1891-1892. . 200
Liste générale des membres de la Société 201
Académies, Sociétés et institutions avec lesquelles la
Société est en relations d'échanges 208
FIN DE LA TARLE DES MATIÈRES.
ANNALES
DE LA
SOCIETE BELGE DE ÏICROSCOPIE
TOME XVIII
ier FASCICULE
BRUXELLES
A. MANCEAUX, LIBRAIRE-ÉDITEdR
12, rue des Trois-Tètes, 12
1894
ANNALES
DE LA
• ^
SOCIETE BELGE DE MICROSCOPIE
ANNALES
DE LA
SOCIETE BELGE DE ilCROSCO
iD
:e
TOME XVIIl
BRUXELLES
A. MANCEAUX, LIBRAIRE-ÉDITEUR
12, rue des Trois-Tètes, 12
4894
/MEMOIRES
NOTES SUR QUELQUES ESPÈCES
DU GENRE
TRENTEPOHLIA
(MARTIUSI
PAR
E. DE WILDEMAN
DOCTEUR EN SCIENCES NATURELLES
NOTES SUR QUELQUES ESPECES
DU GENRE
TRENTEPOHLIA ..un.
s)
Depuis que j'ai publié dansJes Annales du Jardin
botanique de Builenzorg (I) une élude sur les Trcnle-
polilia, récoltés dans les Indes néerlandaises, par
M" Weber van Bosse, d'autres travaux sur les espèces
de ce genre ont para dans cette même publication et
dans le Journal de Botanique de Morot.
iM. Hariota terminé la publication de ses « Notes sur
le genre Trentepolilia (2] », et M. Karsten a fait paraître
peu de temps après la publication de ma note, un tra-
vail assez important dans le premier fascicule du tomcX
des Annales de Buitenzorg. Il y a traité des espèces du
genre Trcnlejwlil la cl do celles des genres voisins P/n/-
copeltis et Mijcoidea (.")). M. Karsten ne connaissait pas
le travail, publié par moi, dans le volume IX, il s'est
fait ainsi qu'il a décrit des espèces déjà figurées et dénom-
mées dans mon mémoire.
(1) Les Trenlepoliita des Indes Néerlandaises in \nn. Jard. bot. de
Buileniorrj, voL IX, p. 127-Li2.
(2) iXotcs sur le genre TrcntepolUia in Journ. de Bot., 1889- 1890.
(j SOCIETE BELGE DE MICP.OSCOPIE.
Ces trois travaux ayant donc paru presque en même
temps, M. Hariot jugea utile depublierune note spéciale
sur les Trentepolilia des Indes néerlandaises, et d'exa-
miner la valeur des espèces, créées par M. Karsten et
par moi (1).
Nous allons examiner quelques-unes des espèces con-
tenues dans ces travaux et dont certaines ne sont pas
reconnues par M. Hariot. Nous aurons aussi l'occasion
de dire quelques mots, en passant, de formes étudiées
par M. Hariot, dans ses « Notes » et qui ne se trouvent
pas aux Indes, ou du moins n'y sont pas indiquées jus-
qu'à ce jour.
Dans ces « Notes » M. Hariot cheiche les caractères
(listinctifs dans la forme des cellules et dans la grandeur
relative de leurs deux diamètres; les caractères fournis
par les fructifications, sont, d'après lui, trop peu cons-
tants pour pouvoir servir à différencier les espèces.
Il arrive dès lors à décrire et à conserver comme
espèces distinctes des Trenlepolilia stériles. Il est cer-
tain que le seul bon caractère pour former des sections
dans le genre, est celui qui est fourni par la forme des
cellules. Mais comme je l'ai déjà fait voir antérieure-
ment, il est certaines espèces pour lesquelles cette forme
est assez variable, mais c'est surtout la grandeur rela-
tive des deux diamètres extrêmes qui est susceptible de
varier. Ce caractère peut à mon avis, moins que tout
autre, servir de base à la différenciation de deux espèces.
Sans vouloir attaquer ici la valeur de certaines de ces
espèces, il me paraît que l'ensemble des caractères, four-
nis par les cellules de ces Algues, caractères tirés de la
(i) A propos (les TrenlCj)ùhtia «les Iiitlcs néerlandaises hi Jouru.de
Loi.. 18tt'2. p. 1M.
MÉMOIRES. 7
grandeur des cellules et des modes de fructitication, est
à peine suffisant pour définir l'espèce. La couleur ne
peut être employée pour tous les cas, généralement elle
disparaît dans l'herbier, et de rouge qu'elle était passe
au vert-jaunâtre ou au blanc sale. Certes, la forme des
fructifications est très variable dans les espèces de ce
genre, et sur le même filament peuvent se trouver plu-
sieurs genres de cellules reproductrices, comme j'aurai
l'occasion de le démontrer tout à l'heure; mais j'estime
aussi, que dans bien des cas des filaments stériles ne
peuvent être rapportés avec certitude à l'une ou l'autre
espèce connue.
Nous étudierons dans cette note les espèces suivantes:
Trentepolilia Monilia DeW., T. torulosa DeW., T. ar-
borum (Ag.) Hariot, T. Wainioi Hariot, T. dialepla
Hariot et T. Pitlieris\). nov.
Trentepohlia torulosa DeW.
(Bull. Soc. bot. de Belgique 1888, ^' partie, p. 181).
(Annales du Jardin bot. de Buitenzorg, t. IX,
p. 159, pi. XIX, fig. 9-14-18).
PI. III, fig. 10.
Dans ces « Notes », puis après dans son article sur
les Trente}wlilia des Indes néerlandaises », M. Hariot
indique cette espèce comme synonyme du T. monilia
DeW. (1). Décrite sous le nom de 7'. torulosa dans le
Bulletin de la Société de botanique de Belgique sur des
échantillons, provenant du Chili et de l'Australie,
M. Hariot trouve qu'il faut appeler cette espèce T. rifji-
. Membrane lisse, mince, jamais squaini forme,
colorée en brun assez accentué. Cette teinte communique
à tout l'échantillon et à reçoive sur laquelle l'Algue
végète un aspect très spécial, qui difféi'encie, à première
vue, le T. Monilia du T. Torulosa.
Zoospnranges inconnus.
14 SOCIÉTr-; BELGE UE WICROSCOCIE.
Hab. -Amérique : Chili (Poeppig); Costa-Rica (Pittier
et ïonduz) ; Indes néerlandaises (Mad. Weber van Bosse.
Trentepohlia arborum (Ag.), Hariot.
(Notes sur le genre Trentepohlia, p. 20, fig. 8-9).
PI. 1; pi. H, fig. 8-10-16; pi. 111, fig. 1-7-12.
Sous ce nom, et d'après des échantillons authen-
tiques, l'auteur décrit une espèce à laquelle il donne
pour syuonyme le Cœnogoniiim confervoides Nyl., et le
Tr. pleiocarpa Nordst.
M. Hariot n'indique pas clairement ce qu'il fait dans
ce cas du C. disjunchim, admet-il que ce Lichen soit
synonyme du C. confervoides, et que, dès lors, il
devienne également synonyme du T. arborum'!
Si cela est l'opinion de M. Hariot, nous ne pouvons
admettre sa manière de voir, ayant eu l'occasion d'étu-
dier, parmi les Cœnogonium de l'Herbier Boissier, un
spécimen de celte forme de Lichen pourvu de nom-
breuses apothécies. En outre, l'Algue était stérile, on
ne pourrait donc certifier, d'une façon certaine, que
dans ce cas l'on ait bien affaire au Trenlcpolilia arbo-
rum, même comme gonidie, la caractéristique de cette
espèce, étant de posséder des zoosporanges pédicelles,
réunis en général par deux à plusieurs sur une cellule
renflée qui termine un rameau. 11 faudrait de plus, me
semble-t-il, si même l'on admettait que cette Algue fut
le T. arborum, que l'on dise qu'elle forme les gonidios
du Lichen, et non pas que le Lichen est synonyme.
Il n'y a pas de doute, que d'après les dessins de
M. Hariot, le T. pleiocarpa Nordst. doive être rapporté
MÉMOIRES. 43
au Conferva arhoriim Ag. qui doit devenir T. arboriun,
par suite des lois de la priorité. C'est bien la même
forme de friictilication, le même port. Les caractères
principaux de cette espèce sont les suivants, d'après
M. Hariot.
«Cellules de 16-28/^- d'épaisseur sur 40 à 60/x de long.
Zoosporanges rarement solitaires, ordinairement par
2-7, supportés par des cellules recourbées en crochet,
celles-ci réunies sur une cellule renflée, arrondie au
sommet, de 18 à 2V de large sur 24-52/y, de long ».
Ces caractères, et principalement celui que l'on tire
des organes de reproduction, rappellent dans leurs
traits généraux ceux du Mijcoidea parasitica Cunningli.
Les fructifications pédicellées naissent toujours à l'extré-
mité des rameaux principaux ou à l'extrémité des rami-
fications de l'axe. Lorsqu'on possède de nombreux
matériaux d'étude de cette espèce, on peut suivre tous
les stades de passage entre l'état jeune et l'état adulte.
Voici comment se développent ces organes. L'extré-
mité d'un filament se renfle et acquiert bientôt une forme
ovoïde. Des bourgeonnements apparaissent alors dans
la partie la plus large de l'ovoïde, d'abord sous forme
de petits mamelons, qui vont en s'accentuant et finissent
par se séparer de leur cellule mère, au moyen d'une
cloison fortement courbée en verre de montre. Le
mamelon, une fois séparé, s'allonge et se présente
bientôt sous la forme d'un cylindre à base un peu
renflée et terminé à son extrémité par une calotte sphé-
rique. Celte dernière qui se sépare du reste du tube par
une cloison transversale plane, donnera naissance au
zoosporange.
Cette cloison n'est pas de même épaisseur sur toute
16 SOCJÉTÉ BELGE DE MICROSCOIME.
son étendue, il existe un cercle central moins épais que
le bord. C'est par ce fait que l'on voit, le zoosporange
étant séparé du support, deux cercles concentriques dans
la cloison qui séparait le support et le sporange.
Quant au sporange lui même, primitivement globu-
leux, il devient souvent ovoïde et paraît alors attaché
par le côté, le plus gros des bouts de l'ovoïde étant dis-
posé au dessus.
Les cellules en crochet qui supportent ces zoospo-
ranges ne se forment en général pas en même temps, ou
n'acquièrcjit pas leur complet développement au même
?Tioment sur une même cellule rentlée ; il peut se
trouver ainsi des cellules en crochet flétries et des cel-
lules à peine séparées dans lesquelles on n'observe pas
encore de cellule mère des zoospores.
I/on pourrait se demander si ces zoosporanges pédi-
cellés, de forme assez spéciale, donnent naissance à des
produits qui sont en tout comparables à ceux qui naissent
dans les zoosporanges sessiles que l'on trouve chez
presque tous les espèces de ce genre, et même chez le
T. arborum, comme nous le verrons plus loin.
Comme nous venons de le voir, ce mode de fructifi-
cation est très semblable à celui du Mijcoidea parasitica
Cunningham, dont le développement a pu être suivi en
partie par M. Ward (1).
Dans cette espèce, 31. Ward (2) a observé, outre des
zoosporanges pédicellés, des zoosporanges sessiles logés
dans le thalle ou situés perpendiculairement à celui-ci.
(1) M. Waud, 0» tlie slnicl lire, dcvcloijment, and lifc-liistoni o[ tro-
pical cpiphiillous Lichen in Trausaction of Linn. Soc. London. 2e série
vol. -2. p. 87. '
(2) Loc. cit., pi. 2a.
MEMOIHES. 47
Malheureusement il n'a pu établir, d'une fiu-on claire,
la tbnction de ces deux modes de fructifications.
Dans leurs formes extérieures et dans leurs disposi-
tions, il existe une certaine analogie entre les organes
reproducteurs de cette Algue et ceux de certains Pero-
nospora (Champignon). On sait que ces derniers peuvent
donner naissance au détriment de leur cellule terminale
d'une conidie ou de zoosporcs. Ces deux organes ayant
originairement la même forme, on trouve donc une
conidie homologue à un zoosporange. N'en pourrait-il
pas être de même ici?
Les deux modes de fructification sont donc à étudier
en détail, mais leur étude n'est possible que sur des
matériaux vivants. C'est donc aux Instituts des régions
tropicales qu'il faut laisser le soin de tirer cette question
au clair.
Le Trentepofdia que M. Karsten décrit sous le nom
de T. bisporanfjiata{[)es{ bien identique au 7'. arbonim
(Ag.) Hariot, ce nom doit entrer dans la synonymie.
M. Hariot a créé également, d'après des échantillons
reçus de M. Wainio, une espèce nouvelle qu'il dédie à
ce lichénologue sous le nom de T. Wainioi. A cette
espèce doit se rattacher ce que Grunow a signalé sous
le nom de Cliroolepus flavum var. talnlensis (2). M. Ha-
riot indique ce rapprochement et j'ai pu me convaincre,
par l'examen d'échantillons originaux provenant des
collections de M. Nordstedt, que c'est bien à cette forme
de Trentepoliliaque se rapporte la variété de M. Grunow.
Mais je ne puis admettre la spécificité du 7'. Wainioi
(1) Karsten, loc. cit., p. 13, pi. III, fig. 3-5.
(2) Grunow. Reise seiner Majesteit Fregalte Novara um die Erde.
Alg., p. il.
xvm 2
18 SOCIÉTÉ DELGE DE MICROSCOIME.
Hariot, celte soi-disant espèce n'est autre qu'une forme
du T. arborum et dès lors ce nouveau nom devient
synonyme de cette espèce.
En étudiant les nombreux matériaux qui m'ont été
communiqués par M. Pittier, directeur de l'Institut
physico-géographique national de Costa Rica, récoltés
par lui ou par M. Tonduz, dans différentes régions de
ce pays, j'ai eu l'occasion d'étudier des Treulepolilia à
zoosporanges, sessiles et solitaires ou réunis en groupes
plus ou moins nombreux sur des ramuscules courts.
Ces derniers caractères sont bien ceux que l'on rap-
porte au T. Wainioi, et que l'auteur a reproduits dans
les dessins (fig. G et 7 du tiré à part) de ces « Notes sur le
genre Trentepoldia ». Mais comme le montrent les des-
sins des planches, jointes à cette note, on peut voir
sur la même branche à l'extrémité des rameaux des
zoosporanges pédicelles [T. arborum) et sur le côté des
zoosporanges sessiles ou réunis en espèces de grappes
{T. \Vaimoi){av. pi. 1, fig. 13).
M. Karsten avait attiré l'attention sur la présence de
ces deux modes de Iructilication, en décrivant son
T.bisporomj'mUi; le nom de l'espèce, à lui seul inditjue
déjà les deux formes de zoosporanges, mais on n'avait pas
attiré l'attention sur ce caractère.
Dans l'Herbier Martius (Jardin botanique de Bruxelles)
se trouvait avec l'indication C\i'«07o»///m? Surinam in
mûris n° 1264, un Trcnlcpo/ilia pur dont les tilameiils
portent des zoosporanges sessiles et des zoosporanges
pédicelles. Les ligures 15 et 15 de la pi. H et G et 7
pi. m montrent l'aspect sous lequel se présentent quel-
ques-uns de ces filaments.
Kn examinant {QCo'nogonium inlerple.vum Nyl.fllcrb.
MÉMOinES. 19
Lindig :2o61) récolté à la Nouvelle Grenade, j'y ai trouvé
des gonidies de formes analogues à celle que présente le
T. Wainioi; des rameaux latéraux portent de nom-
breuses zoosporanges sessiles.
Je rapporte donc les gonidies de ce lichen au T. ar-
borum (Âg.) Hariot.
Suivant les échantillons, on peut trouver tantôt chez
cette espèce (2\ arborum, s. lat.jdes rameaux entièrement
couverts de zoosporanges sessiles, tantôt des rameaux
possédant des zoosporanges pédicelles et sessiles mélan-
gés, plus rarement des rameaux qui ne possèdent que
des zoosporanges pédicelles. Quant à la grandeur des
zoosporanges, de quelque forme qu'ils soient, elle est
des plus variable.
On en trouve qui n'ont que iï y. de diamètre tandis
que sur le même filament d'autres ont plus de 50^,
et cela pour des zoosporanges arrivés à maturité,
puisque l'ouverture destinée à livrer passage aux zoospo-
res est ouverte.
Quant aux dimensions des cellules suivant leurs deux
axes, je ne crois pas que l'on puisse leur accorder une
importance considérable dans les caractères de cette
espèce. Dans le T. arborum, tel que nous devons le com-
prendre, on trouve des cellules qui ont 9,5 y. de large
sur 20 /-i de long, c'est-à-dire que leur longueur est envi-
ron trois fois leur largeur, dans d'autres cas la longueur
est trois aussi grande que le diamètre, parfois même plus,
dans les cellules terminales amincies, la longueur peut
égaler six fois la largeur. Si l'on étudie des Algues dont
la surface cellulaire a été enveloppée par les hyphes d'un
champignon, on pourra observer dans les cellules d'un
même filament de grandes variantes dans la longueurpar
i'O SOCIÉTÉ DELGE DE MICROSCOI'IE.
rapport à leur diamètre. La présence d'un grand nombre
d'Iiypbes empêche la croissance cellulaire, et l'on trouve
alors des filaments de T. arborum, dont les cellules ont
leurs deux diamètres à peu près égaux.
Le caractère sur lequel M. Hariot a basé la formation
de son genre ileterollialliis, c'est-à-dire la présence de
tilamenls couchés, rampants à la surface du subslratum,
doit, me semble-t-il, être employé avec prudence. Dans
notre espèce, par exemple, et d'ailleurs, dans la plupart
des formes de TreiUepohlia des tropiques, il existe un
système de filaments qui s'appliquent fortement sur le
substratum, et fixent la plante qui développe alors ses
filaments fructifies perpendiculairement à la couche
rampante. Les figures que nous donnons du système de
filaments couchés (PI. I, fig. 24, PI, II, fig. 8), mon-
trent la plus grande analogie avec la figure de ces fila-
ments chez le 7'. d'iHusa DeWild. (Hariot. xXotes sur
le genre Trentepolilia, p. 59, fig. 19).
Zeller a décrit, en 1875, dans ses études sur les Algues
récoltées par Kurz, dans l'Arracan et dans la Birmanie,
un Cliroolcpus hurzii, qui est devenu 7". lûirzii (Zeller)
De Toni. M. Hariot a figuré dans ses « Notes » deux
rameaux de cette plante, dont il a pu examiner un échan-
tillon (loc cit., p. 45, fig. 25). Par l'examen de la figure,
comme parle texte qui l'accompagne, c'est du T. Wainioi
que se rapproche cette espèce dont elle ne diffère guère.
M. Hariot, dit d'ailleurs, lui-même : « ces deux plantes,
qui pourraientn'êtreque des formes d'une même espèce».
Puis « peut-être aussi le T. Kurzil devra-t-il rentrer
dans le sous-genre llelerol/iallns ». Nous avons vu que
la présence d'un thalle rampant et la constance de /oo-
sporanges sessiles ou rajjprochées sur un court rameau,
MÉMOIRES. 21