•> J^% .%:-„.': V-^-V ^ 'a;? n. m'' f m ■^m^ SALi/rç. yTuQV^ :^p0VyORKBOTANlC^^^ An ■r. 11''^ ANNALES DE LA 1 J. ETE BELGE DE IICROSCOPIE E TOME XVII i^"" FASCICULE -*---'«>a.<Ç5tS3tvO»'»^.«*- BRUXELLES A. MANCEAUX, LIBRAIRE-ÉDITEUR 12, rue des Trois-Tètes, 12 1893 ANNALES DE LA ^ SOCIETE BELGE DE MICROSCOPIE ANNALES DE LA \m BELGE DE uuriij TOME XVII -»-.^v>a»fÇîtï8\si>'T^«-»— LISRARY NEW YORK 'CAL BRUXELLES A. MANCEAUX, LIBRAIRE-ÉDITEUR 12, rue des Trois-ïètes, 12 1898 yVlEMOIRES NOTES MYCOLOGIQUES PAR E. DE WILDEMAN NOTES MYCOLOGIQUES Sur le genre LAGENIDIUM Sghenk. Le genre Lacjenidium créé par Schenk en 1857, con- tenait, jusqu'à ces derniers temps, six espèces. Toutes étaient parasites d'algues d'eau douce, sauf une, parasite de grains de pollen. Tout récemment, dans ses études sur les zygotes (*), Klebahn a fait connaître sous le nom de Lag. Syncitiorum, un parasite très curieux qu'il a observé dans les cellules de VOedogonium Boscii Wittr. Il n'a pu observer les oospores. Au commencement de cette année, en examinant des rhizoïdes de Mousses, j'ai eu l'occasion de trouver un parasite singulier, qui se logeait à l'intérieur des cel- lules encore vivantes. Le thalle de ce champignon se présente sous la forme d'une grande cellule boursouflée (pi. I, fig. 2-5), à pro- tubérances nombreuses, irrégulières, remplissant sou- vent presque toute la cavité de la cellule de son hôte. Il peut arriver que certaines de ces protubérances s'allon- gent et prennent l'aspect de filaments (pi. I, fig. 6-7). (*) Studien iiber Ziiqoten II in Pringsh. Jahrbïïch. f. WissenschaflU Bot., M. XXIV, Heft II, p. 263. XVII 4 6 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. Ce thalle ne paraît jamais se cloisonner, il ne paraît pas non plus traverser les parois transverses des cellules du rhizoïde. Il est probable que la niasse se change entièrement en zoosporange, on voit en effet certaines portions de la cellule s'amincir à leur extrémité et venir s'appliquer contre la paroi cellulaire qu'ils percent (pi. I, tig. 2). C'est sans aucun doute par de pareilles extrémités que doivent s'échapper les zoospores. J'ai pu observer des thalles vivants, et j'ai même pu suivre le développement d'une de ces protul)érances sous le microscope, mais je n'ai pu réussir à conserver la culture assez longtemps pour pouvoir observer la sortie des zoospores. Ce thalle possède donc un aspect comparable à celui queZopfa figuré pour le Lag. entoplujtum dans la planche II, figure 14, de son travail sur les Phycomy- cètes (*). Les ligures de la planche I qui accompagne cette note représentent cet aspect. Le thalle de la forme que je décris ici, a d'ailleurs assez bien d'analogie avec celui qui vit dans les zygospores ôes Spirogyra. Les thalles vidés que l'on rencontre dans les rhi- zoidcs, ont probablement donné naissance à des zoo- spores qui ont été mises en liberté. Dans cet état, on peut très facilement les retrouver dans les cellules nour- ricières, grâce à leur contour persistant (pi. I, fig, 8-9). Quand le thalle est encore gorgé de protoplasme, il est en général difficile à apercevoir parce que le protoplasme de l'hôte existe souvent encore, masquant ainsi le parasite. (*) Zur Kennluiss der Phycomijcelen, in Nova Acla d. Ksi. Leop. CaroL. Deulsc/i, Ak. d. A'alit'rlursclicr, Bd. XI-VIl, n» 4, 1884. MEMOIRES. Dans les thalles privés de contenu, on trouve parfois des corpuscules arrondis qui présentent des points bril- lants. Ce sont peut-être des zoospores qui n'ont pu s'échapper par l'ouverture du zoosporange ; je ne les ai malheureusement observés que dans des échantillons conservés dans la glycérine (pi. l, fig. 1). Dans cet organisme naissent des organes reproduc- teurs, de forme tout à fait spéciale. Il ne m'a pas cepen- dant pas été possible de voir le mode de fécondation qui doit donner naissance à ces organes. Par ces caractères, ce nouveau champignon, paraît venir se placer dans le genre Lagenidium. Les oospores des Lagenidium, sont dans toutes les espèces où elles ont été décrites de forme spliérique, à membrane externe tantôt lisse, tantôt hérissée de nom- breuses pointes. Pour le champignon qui nous occupe en ce moment, l'oospore n'est, au contraire, jamais ronde, mais nettement elliptique. Elle peut bien parfois paraître arrondie, mais c'est lorsqu'elle est vue par l'une de ses extrémités. Elle est entourée par une membrane épaisse à contour irrégulier, tout à fait spécial. Cette enveloppe est double comme chez les autres espèces du même genre (pi. I. fig. 10, 11. Par les caractères généraux de son thalle, cette espèce nouvelle se rapproche du Lagenidium py g maeum Zopf, qui se présente aussi dans sa cellule nourricière, sous la forme d'un sac boursouflé. Le Lagenidium des rhizoïdes de Mousses se distingue cependant immédiatement de cette espèce voisine, par la forme de l'oospore, qui dans cette dernière est arron- die à membrane lisse, tandis qu'elles sont elliptiques 8 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. dans la nouvelle forme (pi. I, fig. 11). Très variables de grandeur, elles mesurent d'ordinaire de 10 à 14 /^ de large sur 20 à 50 /x de long. Elles sont parfois nom- breuses dans une cellule du rbizoïde, j'ai pu en compter jusqu'à douze. Dans les rhizoïdes latéraux, dont le diamètre est assez étroit, on les trouve échelonnés ; c'est dans ces circon- stances qu'elles sont les plus étroites et les plus longues (pi. I, fig. 10). Elles peuvent présenter dans ces cas une longueur triple de la largeur. Le contenu de l'oospore est légèrement granuleux et réfringent. Malgré toutes mes recherches, je ne suis plus parvenu à retrouver cette intéressante forme de champignon, c'est ce qui m'a engagé à publier le peu de données que j'ai pu réunir sur cet organisme. Peut-être d'autres observateurs, seront-ils plus heureux que moi. Pour rappeler les caractères des organes reproduc- teurs, je propose de donner à cette espèce le nom de Lagenidiiim? ellipticum. On pourrait donc résumer ainsi la diagnose de ce Lageuidiiim. L. ELLIPTICUM Nob. — Thalle formé par une seule celhile se boursouflant irrégulièrement, présentant des prolongements à aspect filamenteux. A l'extrémité des boursouflures coniques peut se former un col court qui vient s appliquer contre la paroi de la cellule, aux dépens de laquelle le parasite se nourrit. Zoospores et oogones inconnus. Oospores elliptiques à membrane irrégulière, épaisse, munie d'aspérités obtuses Inté- rieur de l'oospore assez fortement réfringent et granu- leux. Oospore d'environ 10 à 14 fx. de large sur 20 à /u, 30 de long. MÉMOIRES. 9 Hab. — Dans les cellules des rhizoïdes des Mousses. Jardin botanique de Bruxelles, Avril 1892. Il n'est peut être pas sans intérêt d'essayer de grouper les espèces qui appartiennent à ce genre et d'essayer de faire une clef analytique pour la détermination de ces champignons, d'autant plus que les ouvrages généraux dans lesquels le genre Lageuidium a été traité sont devenus incomplets. Si l'on base les caractères distinctifs sur la forme des oospores on arrive assez facilement à une dichotomie. 11 faut dire ici que le Lag. enecans décrit par Zopf (*), et qui est parasite des Diatomées, possède, comme j'ai pu l'observer des oospores arrondies à membrane épaisse et lisse. M. Zopf ne parait pas avoir vu ces organes de reproduction. Voici le tableau que l'on peut ainsi former. Genre LAGENIDIUM Schenk. Oospores elliptiques. L.f elliplicu/n Nob. Oospores arrondies. ' pi. 1. Oospores à parois lisses. Thalle constitué par une cellule irrégulièrement renflée; pa- rasite des grains de pollen. . L.pygmaeum Zopf Ueb. einigc nied. Al- genpilze, Halle 1887, pi. I,lig. 21-59, pl.lF, fig. 1-12. Kennlniss. Pliyc, p. 154 en noie. 40 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. Thalle formé par des filaments plus ou moins épais. Parasite des D/rt/o»iées. L. enccans Zopf Kcnntn. Pliycom., p. 134, Halle 188i. Parasite des cellules végétatives de Sjrirogijra. L. Rabenlioislil Zopf Kennln. Phycom.. 1884, p. 145, pi. 1, fig. l-:28, pi. Il, fig. 1-9. Parasite des zygospores de Spirogyra. . . . L. gracile Zopf Kenntn. Phycom., Ib84, p. 158. Oospores à paroi munie "d'aspérités. Parasite des zygospores de Spirogyra. . . . L. entopliytiim7jO[>^, Pringsh. Jahrb. f. wiss. Botan. 1, XXI. Zopf, Kennln. Phyc, 1884, pi. Il, fig. 10-18, pi. III, fig. 1-5. Parasite des cellules d'Oedogo nium L. Zopfii De W., Bull. Soc. belge microscopie, t. XVI, p. 159. De cette façon nous trouvons groupés ensemble les Lag. pijgmacum, Lag. enccans, Lag. Rabcnliorslii et Lag. gracile. Ces deux premières espèces sont en effet très voisines, le col qui permet aux zoospores de s'échapper est le même; le Lag. enccans présente une tendance à transformer son thalle en filament. Il forme ainsi le trait d'union entre les espèces à thalle, formé d'une cellule boursouflée et celles à thalle filamenteux, dont le type est à coup sûr le Lag. Hahenliorstii. MÉMOIRES. 41 Quant au Lag. Sijncitmriim Klebahn, il ne peut se classer dans ce tableau, puisque l'auteur n'a pu observer les oospores. Il n'est pas impossible que ce ne soit la même espèce que celle que j'ai observée et dénommée Lag, Zopfii {*]. M. Klebahn a bien vu dans certaines cellules de l'hôte des masses arrondies, à membrane lisse; mais il ne peut assurer qu'il y a un lapport quel- conque entre ces corps et le parasite désigné sous le nom de Lag. Synciliorum. La particularité remarquable que possède cet organisme d'empêcher la formation de la cloison est néanmoins très inléressante. Il Rhizophidium marinum n. sp. Parmi les quelques Cliijtridiacées intéressantes que j'ai eu l'occasion de trouver, je dois citer un parasite de végétaux marins. J'ai observé cette forme au commence- ment de 1892, sur des Diatomées du genre Melosira. Elle s'est développée en grande abondance sur ces Dia- tomées, qui avaient elles-même envahi les aquariums d'eau de mer de l'Institut botanique. Elle est constituée par des cellules arrondies, à contenu granuleux; le diamètre, assez variable suivant l'âge, mesure de 7 à 15 fx. Les rhizines me paraissent bien peu nombreuses, et dans bien des cas même il était impossible d'en apercevoir. Je n'ai pas eu l'occasion d'assister à l'ouverture d'un des sporanges. Une seule cellule de la Diatomée Bull. Soc. b. microscopie. t. XVI, p. 159. -12 SOCIÉTÉ BELGE DE WICROSCOPIE. supporte souvent un grand nombre de parasites. Par ses caractères, celle Chijtiidiacée paraît voi- sine du lUiizophiclwm globosimi (Braun) Schrôler, qui est assez commun sur les Dialomces d'eau douce. 11 ne m'a pas paru sans intérêt d'attirer l'attention des botanistes sur cette espèce à laquelle on pourrait donner le nom de Bliizopliidium marinnm nob. C'est la première forme de ce genre que l'on liouve signalée sur des végétaux marins; les Chylridiacées marines ne sont d'ailleurs pas très nombreuses, et en général peu connues. lïl SUB QUELQUES « CHAMPIGNONS » PARASITES DANS LES RACINES DES « Phanérogames ». Les parasites qui vivent dans les tissus des racines n'ont pas été l'objet d'un bien grand nombre de rccber- ches. Leur étude d'ailleurs n'est guère aisée, on n'observe que rarement le cycle complet du développe- ment d'un des cbampignons, et en général même on ne trouve que des étals non fructifies et ceux-ci ne per- mettent aucune détermination. J'ai eu l'occasion d'observer ainsi un e;rand nombre de formes appartenant à des groupes divers de cham- pignons, que leur état incomplet n'a pu faire rapporter à des genres connus. Dans le groupe des Chylridiacées, dont le cycle d'évo- lution est assez simple, nous ne trouvons jusqu'à ce jour que fort peu d'espèces, vivant dans les tissus des racines. MEMOIRES. IH Parmi les auteurs qui ont étudié spécialement ces parasites. Il faut citer Woronin. Dans sa remarquable étude sur le Plasmadiopliora Brassicae, ce curieux Mijxomijcèie qui détermine des renflements sur les racines des choux et modifie la structure cellulaire, il a signalé un Clujtridium Brassicae. Les auteurs récents ont fait rentrer cette espèce dans le genre Olpidhim sous le nom de Olp. Brassicae. En 1884, Borzi décrivit sous le nom de Bliizomyxa un parasite qui appartient également au groupe des Chyiridiacées. Ce champignon vit dans les poils et dans les cellules du tissu des racines d'un assez grand nombre de plantes phanérogames. Fischer a le dernier écrit sur cette espèce dans son travail sur les Pliiicomycèles, qui fait partie de la « Kryp- togamen Flora « de Rabenhorst. A l'article Rliizomijxa il émet quelques observations déduites des études qu'il a* pu faire sur ce champignon. D'après Fischer, le Bliizomyxa tel que le comprend Borzi, n'est pas une espèce, mais un ensemble de formes appartenant à des genres difïérents. Du fait que dans une même racine, dans une même cellule parfois, on rencontre des productions végétales différentes, il ne faut pas déduire qu'elles sont des stades de développement d'une seule et même espèce. L'on ne connaît pas suffisamment les végétaux de ce groupe pour pouvoir faire de pareils rapprochements. Il vaut mieuxdansl'état actuel de nos connaissances décrire les formes que l'on observe et les dénommer, quand elles ne peuvent rentrer dans le cycle d'une espèce connue. Pour pouvoir indiquer les stades de développement, 1 faut cultiver l'espèce et la suivre sous le microscope. U SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. Si cela a pu être fait pour certains parasites d'algues ou d'autres champignons; cela n'a pas encore été t'ait pour les parasites des tissus d'organismes supérieurs, l'on se heurte ici à plus de difficultés. Pour les Cluflrid lacées, les deux espèces citées plus haut sont les seules que l'on trouve relevées comme habi- tant des tissus de racines. Ayant trouvé au commence- ment de l'année 1892, dans les cellules des rhizoïdes des Mousses, un parasite qui présentait une vague res- semblance, avec le Rliizomyxa tel qu'il est figuré par Borzi (*), je voulus rechercher le champignon de cet auteur dans les tissus des plantes supérieures, pour voir s'il V avait concordance entre les deux formes. Tout d'abord je n'ai pas trouvé le Rhizomijxa, mais j'ai eu par contre la chance d'observer toute une série d'autres parasites dont quelques-uns constituent des types assez curieux. Devant interrompre pendant quelque temps mes observations sur ces organismes inférieurs, je passerai en revue successivement, les différents champignons que j'ai rencontrés. Je décrirai les formes qui m'ont paru nouvelles, afin d'attirer l'attention des mycologues sur l'intérêt que peut présenter l'étude des racines au point de vue des Cliylridiacées. Les parasites observés appartiennent au groupe des Clujtridlacées proprement dites et au groupe voisin des Prolnmy cèles. Les racines examinées ont été celles du Brassica ole- racea, Brassica napus, Brassica (var. cuit.), Thlaspi arvense, Capsclla hitrsa-pastovis, LimoscUa aqualicay Graminées à divers états de développement, toutes ces Bonzi, RhizDimjxa niiovo Ficomicelc. Messiiia 1881. MÉMOIRES. IS plantes provenant du Jardin botanique; de Graminées, croissant dans des pots de fleurs des serres tempérées. Enfin les parties souterraines des Plantago Psyllium, Veronica longifolia (jeunes plantules) et de Graminées croissant dans des pots ou parmi les Mousses à l'institut botanique. Dans i'énumération qui suit, je suivrai l'ordre adopté par Fischer dans le travail dont j'ai parlé plus haut. CHYTRIDIACEES Gen. OLPIDIUM Braun. Dans la « Kryptogamen Flora von Deutschiand » de Rabenhorst (*), Fischer, classe les espèces du genre Oipi- dium suivant leur habitat; les formes qui vivent dans les cellules des phanérogames sont d'après cet auteur au nouibre de trois. Ce sont O.Lemnae ¥m]h,0,Brassicae (Woron.) Fisch., 0. simnlans DBy et Woron. L'article publié par Schrôter sur les Cliijtridiacées dans les « Natùrlichen Planzenfamilien » (**) indique une quatrième espèce sous le nom de 0. trifolii (Pass.) Fisch. Cette espèce vit dans les cellules épidej-miques du Trifolium repens. Fischer la range dans le genre Syncliitrium , c'est sous le nom de S. tri/olii que celte espèce a été décrite par Passerini (***]. O Bd. IV, Pliycomycelen. p. 28. n Engler et Prantl, toc. cit., livraison 76, p. 68. (•■*) Fischer, loc. cit., p. 51, 16 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. Olpidium brassicae (Woron.) Fisch. (Woron. Plasmodiophora Brassicae, Pringsh. Jarhr- buch II, p. 557, pi. XXXI, fig. 12-18.) PI.II, fig. 1-6,7-8, 17-25. Cette forme a été décrite comme nous l'avons vu plus haut en 1878 par Woronin sous le nom de Clujtridium, c'est Fischer qui l'a fait passer dans le genre Olpidium. Lorsque l'on examine des racines de Brassica, il n'est pas rare d'y trouver ce parasite; il se présente comme l'a décrit Woronin, sous l'aspect de zoosporanges arron- dis. Ceux-ci ont un diamètre qui varie de 14 à 20 /^. Ces zoosporanges sont munis d'un col très variable en longueur. Tantôt il traverse les parois de plusieurs cel- lules et peut acquérir ainsi une longueur quintuple de celle du diamètre du zoosporange. Tantôt il est presque nul. Je n'ai pas observé de cols aussi longs, en général les 0. lirassicae, que j'ai trouvés étaient localisés dans les cellules épidermiques de la racine, et le col était relativement court. Le col du zoosporange est ordinai- rement un peu courbé comme cela est figuré dans quelques dessins de Woronin et dans notre pi. II. liii 2 5 6 On observe aussi dans ces mêmes cellules, des para- sites qui se rapportent peut-être à la même espèce, mais ils sont dépourvus de col. L'ouverture du zoosporange se fait par une espèce de pa[)ille, qui perce la membrane de la cellule nourricière. On trouve souvent ces Olpi- diums en grand nombre serrés les uns contre les autres, comme le montre la lig. 7, pi. IL II n'est pas impos- MÉMOIRES. n sihle que cette forme appartienne à une autre espèce. Cette figure se rapporte d'ailleurs à un parasite des racines du Capsella bursa-pastoris. Je l'ai également retrouvé dans des cellules du tissu des racines de Gra- minées provenant du Jardin botanique, (pi. II, fig. 8). Le peu de caractères distinctifs de ces zoosporanges les fait ranger dans le groupe de VO. Brassicae. Les zoospores que j'ai observées provenaient des 0. Brassicae typiques, elles concordent avec la descrip- tion et les figures de Woronin. Les spores durables ont été également décrites par Woronin. Cet auteur n'a pas cependant pu suivre les transformations par lesquelles passe ce parasite avant d'arriver à ce stade de repos. Il a déduit du fait que le zoosporange et la spore durable se trouvaient côte à côte dans les mêmes cellules, la conclusion que celles-ci devaient dériver de celles là. Ni Woronin, ni les auteurs qui ont observé \0. Brassicae ne nous donnent la grandeur de ces spores durables. J'ai eu l'occasion d'observer dans les cellules de la racine de jeunes plantes de Z^rf/isica oleracea, des glo- bules d'aspect identique à celui décrit et figuré par Woronin. Les fig. 18, 20, 21 de la pi. II, représen- tent assez imparfaitement cet état. Ces spores durables? sont légèrement jaunâtres à membrane assez épaisse, présentant un double contour; ce dernier est irrégulier bosselé. L'aspect général est vaguement étoile à pointes obtuses. Elles sont remplies de protoplasme, et possèdent dans leur intérieur un ou plusieurs corps réfringents, dont un est toujours prépon- dérant. Ces spores ont de 7 à 10/xde diamètre, elles sont donc plus petites que les zoosporanges. 18 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. Si l'on fait des préparations microscopiques des tissus qui contiennent ces parasites, si on les monte dans la glycérine les zoosporanges se retrouvent facilement ; ils ne sont pas du tout altérés. Mais on est très étonné de ne plus revoir du moins avec leur forme primitive les spores durables qui se trouvaient dans la prépa- ration. Au commencement de mes recherches, j'ai été assez surpris de ne plus retrouver les spores en ques- tion, je trouvais bien dans les celulles de petits amas de protoplasme coagulé à contour très irrégulier, mais ils ne paraissaient avoir aucun rapport avec les spores durables. Je suivis alors sous le microscope l'action de la glycé- rine. En partant d'une préparation à l'eau de laquelle j'ajoutai au bord de la lamelle une goutte de glycé- rine, je vis la spore durable au fur et à mesure que la glycérine diffusait dans le liquide, diminuer de volume. Puis tout le contenu se ratatine; une partie de la mem- brane épaisse que l'on observe sur la spore fraîche parait suivre le retrait occasionné par la plasmolyse, tandis que la couche externe prend une forme sphérique. Cette dernière enveloppe très mince, est parfois peu visible, elle parait même quelquefois absente. On ne comprend pas bien, si l'on a vraiment affaire à une spore durable, conservatrice de l'espèce, que l'action de la glycérine soit si énergique, alors que sur les sporanges jeunes l'action plasmolysante du même réactif est si peu accusée. Les fig. i9, 2:2, :25, 25, nous représentent des spores durables après l'action de la glycérine. Woronin n'a pas observé la germination de cette spore durable, je n'ai pas pu suivre non plus son déve- MÉMOIRES. -19 loppement. Woronin n'a donc pas prouvé d'une manière certaine que cette spore durable appartient bien au cycle d'évolution de VO. Brassicae. Je crois que cet organisme est différent de ce que l'on doit dénommer 0. Brassicae; de nouvelles recher- ches sont donc à faire sur ces formes avant de pouvoir décrire le mode de vie de cette dernière espèce. Si donc les différents Olpidiiims que nous avons décrits dans ce paragraphe, formaient une espèce, son habitat n'est pas localisé aux choux. Le parasite se ren- contrerait dans les cellules des racines d'autres Cruci- fères, dans celles du Capsella bursa-pastoris et même dans des racines de Graminées. Olpidium borzu sp. nov. PI. m, fig. 7-48. Sous ce nom, je signalerai une espèce de CInjtridiacée que j'ai observée dans les racines du Brassica oleracea, et du Capsella bursa-pastoris. Dans sa forme générale elle se rapproche de l'O. Simu- lans de De Bary et Woronin ; elle en diffère par son habitat. L'espèce de De Bary et Woronin habite les cellules épidermiques des jeunes feuilles de Taraxacum. Notre 0. Borzii n'est peut-être qu'une forme souterraine de l'espèce créée par les deux auteurs cités plus haut. Les zoosporanges de l'O. Boi^zii sont assez variables. Ils présentent en général la forme d'un ellipsoïde plus ou moins allongé. Dédié à M. BoRZi, directeur du Jardin botanique de Palerme. 20 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. Leur diamètre mesure environ \Q ju; la longueur du zoosporange oscille entre deux et sept fois la lar- geur. Le parasite se loge dans les cellules des différents tissus de la racine qu'il a une fois envahie. Il occupe cependant de préférence, les cellules épiderniiques et les poils radicaux. Dans ces derniers l'on observe parfois des séries de deux zoosporanges ou plus disposés à la file. L'émission des zoospores se fait par un ou plusieurs cols, tantôt droits, tantôt recourbés; courts ou assez longs. Les plus longs que j'ai observés avaient 16 z-^- environ. Lorsque le col par lequel s'échapperont les zoospores est unique il se trouve en général, disposé vers le centre de la cellule, plus rarement à l'une de ses extrémités. Si le zoosporange possède deux cols ils sont placés chacun à une extrémité de la cellule. Quand le parasite est très allongé, il existe parfois une troi- sième sortie pour les zoospores, située vers la partie centrale de la cellule. La fig. 17, pi. III, représente un pareil Olpidlum; il se trouvait dans une cellule de la racine d'un Cap- sella. Les zoospores très nombreuses qui naissent dans ces cellules sont elliptiques; elles sont animées d'un mou- vement très rapide. Elles présentent en leur centre un globule réfringent, et sont munies d'un seul cil dirigé en avant comme c'est le cas ordinaire chez les CInjlri- diacées. Je n'ai pu les mesurer. Je n'ai ni observé de spores durables, ni suivi le déve- loppement d'une zoospore. MÉMOIRES. 'Si ASTEROCYSTIS RADICIS IIOV. geiî . , HOV. Sp. PI. III, fig. 1-6, 19. Ce nouveau nom s'applique à l'état de repos d'un organisme qui appartient fort probablement au groupe des Cliyt7ndiacées. Je place cet organisme à la suite du genre Olpidium parce que, l'état de repos seul a été observé, et se rapproche le plus au point de vue de la forme, des spores durables de ce genre. Ce parasite est très commun; je l'ai rencontré dans presque toutes les racines que j'ai examinées, il y en avait fort peu exemptes de cet organisme. Parmi celles-là se trouvaient entre autre des racines de Senecio vulgaris, qui ne présentaient pas trace de parasites. Les Asterocijstis sont des cellules arrondies ou ellip- tiques, à membranes munies d'aspérités, dues probable- ment au retrait de certaines portions de cette mem- brane. L'aspect de la cellule représente aussi vague- ment celui d'une étoile. Cette étoile est entourée d'une ligne qui parait continue. Le centre de la cellule est occupé par un globule globuleux ou ellipsoïdal, assez réfringent. J'avais d'abord cru voir dans cette cellule, la spore durable de VO. Brassicae, mais en examinant avec soin, je me suis convaincu qu'il n'y a pas la moindre analogie entre ces deux spores durables. Dans celle de VOlpidiîim, le protoplasme remplit toute la cavité cellu- laire comme nous l'avons vu plus haut, il existe un glo- bule brillant à l'intérieur et le contour est irrégulier. Dans notre forme, le globule central occupe une assez grande portion de la cellule mais pas la totalité de la XVII 2 22 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. cavité, il est légèrement granuleux et réfringent. Il est séparé de la memi3rane et celle-ci présente dans son con- tour extérieur une ligne continue sans aspérités. Les fig. i8, 20, 21 de la planche II, et '5 à 6 de la pi. III examinées comparativement, feront d'ailleurs saisir les différences fort nettes qui existent entre ces deux organismes. Suivant la grandeur de la cellule dans laquelle se trouvent les parasites, et suivant leur nombre dans chaque cellule, la grandeur et la forme des Asterocijslis variera. Lorsqu'ils sont uniques ou peu nombreux dans une cellule relativement grande, ils seront globuleux. Si la cellule est relativement petite, rectangulaire en coupe, l'un des diamètres de la Clujlridiacée acquerra une plus grande longueur. Si les parasites sont nom- breux dans une même cellule, les Asterocystis seront en général globuleux. Une cellule contient parfois dix cystes, elle peut même en contenir davantage. Dans les formes ellipsoïdales, la longueur du cyste peut dépasser quatre à cinq fois sa largeur. Cette der- nière est assez variable, les cystes les plus petits que j'ai observés avaient 18 /x environ, les plus grands 55 /u. Celte spore durable?, se loge indifféremment dans toutes les cellules de la racine, aussi bien dans l'épi- derme et les poils radicaux que dans les tissus sous- jacents. On peut trouver des radicelles encore très jeunes, dont les cellules sont déjà envahies'par ces Asle- rocyslis. La fig. 19 pi. III, nous montre une cellule épider- niique ayant formé un poil, la cellule possède en son intérieur six parasites, le poil lui-même deux. Cette figure représente une cellule épidermique d'une très MEMOIRES. jeune racine de Graminée provenant des serres tempé- rées du Jardin botanique. La figure 1 de la même plan- che montre trois cellules successives remplies chacune d'Asterocijstis; ce sont des cellules de la racine d'une plantule de Plantago psylUum, provenant de cultures faites à l'Institut botanique. La glycérine n'a aucune action plasmolysante sur ce parasite; les préparations microscopiques conservées dans ce milieu, sont très comparables à celles que l'on étudie sur le frais. Le contenu cellulaire seul devient un peu plus réfringent. Je n'ai pas eu l'occasion d'observer la germination de ces cystes, je ne sais donc à quelle forme les rattacher, c'est ce qui m'a engagé à les décrire sous le nom d'Aste- rocystis afin d'attirer l'attention des botanistes sur ces organismes. J'ai trouvé ces cystes dans les racines des plantes sui- vantes : hrassica oleracea, Brassica (choux ^ommé), Brassica Napiis, Capsella biirsa-pasloris, Tlilaspiarvense, Plan- tago psylliiim, Veronica longifoliay Limosetla aqitatica et de plusieurs Graminées. Pleotrachelus radicis nov. sp. PI. 111, fig. 20-25. Le genre Pleotrachelus a été créé en 1889 par Zopf, dans son travail (.<.Zur kenntniss der Phycomyceteny^ {*). La forme qui avait amené Zopf à créer ce nouveau genre In Nov. Acta Caes. Leop. CaroL Nul. Cur. Bd, 47, p. 173, pi. XVI, fig. 2S-36. 24 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. avait été rencontrée par lui dans les gemmes du Pilobo- lus cristallinus. Le zoosporange seul organe que Zopf ait trouvé, occasionne des transformations qui donnent à cet organe du champignon, une forme très différente de celle qu'on lui connaît ordinairement. Ce parasite est constitué par un sporange globuleux détaille variable, muni d'un plus ou moins grand nombre de cols par lesquels s'échappent les zoospores. En examinant au point de vue de leurs parasites végé- taux des racines de Thlaspi arvense, j'ai été très étonné d'y rencontrer un parasite qui avait la plus grande res- semblance avec le Pleotraclielus fulgens Zopf. Le parasite que je désigne sous le nom de Pt. radicis se compose d'une cellule globuleuse ou ovoïde. Cette cellule est munie d'un grand nombre de protubérances, ouvertes à leur extrémité. Elles paraissent analogues aux cols figurés et décrits par Zopf dans le PL fulgens. Le nombre des cols de notre parasite paraît être beau- coup plus considérable que celui indiqué par Zopf, même dans les cas où le parasite en est relativement peu fourni. Par analogie avec la forme de Zopf, j'appellerai cet état, zoosporange, quoique je n'ai jamais pu voir à l'in- térieur de la cellule des zoospores; je n'ai donc pu les voir sortir. La membrane très épaisse du zoosporange, et les cols épais, eux aussi, sont colorés légèrement en jaune. Le contenu de cette cellule, observée dans l'eau se présente sous la forme d'une sphérule qui occupe le centre, celte masse conservée dans la glycérine ne varie pas d'aspect, elle est un peu plus réfringente que dans l'eau (pi. III, fig. 20-25). MÉMOIRES. 25 Le diamètre du PL radicïs est assez variable, les parasites que j'ai observés ont une largeur de 63 /x à 80/Ci. Certaines racines de ces Tlilaspi sont littéralement bourrées de ces zoosporanges ; ils occasionnent par leur grandeur des boursouflements de la racine, dont ils écartent les tissus, faisant changer de direction les fais- ceaux fibro vasculaires. Je n'ai pas suivi la série des transformations précé- dant la formation de ce zoosporange, ni celles qui suivent. On trouve cependant dans ces mêmes racines, cer- taines cellules globuleuses à contenu granuleux, et à membrane épaisse et lisse. Ces cellules sont peut-être des stades jeunes du parasite que je viens de décrire. Rhizomyxa hypogaea Borzi. (Rliizomyxa, nuovo Ficomicete. Messina 4884.) Pi: 11, fig. 9-16. Comme nous l'avons vu plus haut, c'est à Borzi que nous devons la connaissance de ce genre nouveau. Fischer est le seul qui à ma connaissance ait eu l'occa- sion de retrouver cette espèce et de l'étudier; le résultat de ces recherches a été de faire quelques objections au genre et à l'espèce de Borzi (*). Pour Fischer en effet le Rliizomijxa est constitué par un ensemble de formes; ce que Borzi décrit comme stades agames et sexuels de sa Cliijlridiacée, seraient des représentants de Cham- pignons différents appartenant aux groupes Clujtridia- cées. Un coup d'œil jeté sur les planches qui accom- (') Fischer, loc. cit., p. 67. 26 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. pagnent le mémoire de Borzi, fait voir en effet des dessins qui paraissent devoir se rapporter à des espèces très diff'érentes. Ainsi la fig. 4 de la pi. I, nous représente un Olpi- diîim, et les fig. de la pi. II devraient être rapportées à un Olpidiopsis. Les fig. 1-5, et 5-14 de la planche I, seraient donc les seules qui se rapporteraient d'une façon cei'tainc au Rliizomyxa Injpogaea, espèce d'ailleurs encore fort peu connue. Comprise ainsi ce Champignon est constitué par une masse protoplasmique paraissant privée de membrane; cette masse remplit en général toute la cavité cellulaire, mais on peut la rencontrer aussi sous forme de masses plus ou moins arrondies. La totalité de la masse protoplasmique, se change en sporangiosore ou en cystosore. Borzi a observé ces deux sortes d'organes reproducteurs. Il a eu l'occasion de voir la sortie des zoospores, et a pu ainsi étudier la forme de ces dernières. Quant au cystosore, il ne sait ce que les petites cellules qui les composent deviennent dans la suite. Cette Cliijlridiacée se rapproche ainsi beaucoup de celle queCornu a fait connaître sous le nom de Woronina; les espèces connues de ce genre possèdent un cycle d'évolution très semblable. J'ai observé ce parasite à l'état de sporangiosore dans les cellules des racines d'un certain nombre de Grami- nées; de jeunes plantules croissant parmi des Mousses à l'Institut botanique étaient surtout fortement attaquées par ce parasite. Je n'ai eu l'occat-ion d'observer que l'état où la masse protoplasmique ne présente pas encore de modification en son intérieur en vue de former des zoosporanges, et MÉMOIRES. 27 celui ou ces derniers sont bien délimités. Certains parasites que j'ai pu voir paraissaient se trouver dans un état intermédiaire, mais cet état était plus près du stade définitif que du stade initial (PI. II, tig. i2). Les cellules affectées par le parasite se reconnaissent facilement de leurs voisines, leur contenu est plus com- pact, d'aspect grisâtre; dans les cas observés les vacuoles sont assez nombreuses mais de petite taille. Les masses protoplasmiques sont de taille variable suivant la grandeur des cellules au détriment desquelles elles vivent. Tantôt leRliizomyxa remplit toute la cellule, tantôt une portion seulement; dans ce dernier cas le protoplasme du reste de la cellule parait avoir disparu. A l'état de sporangiosore, on trouve tout naturelle- ment ou des cellules remplies de petits zoosporanges dont doivent s'échapper les zoospores, ou seulement de petits amas de ces mêmes cellules. Le Wiizomyxa occupe indifféremment toutes les cel- lules des tissus de la racine, qui sont externes au cylindre central. On en rencontre dans l'épiderme comme dans le tissu sous-jacent, je n'en ai cependant pas observé dans les poils radicaux. Les petites cellules qui dérivent de la fragmentation de la masse protoplas- mique ont environ 5/x de diamètre. Ce parasite a été signalé dans les racines d'un grand nombre de plantes. Borzi indique les espèces suivantes : Agroslis alba, Aira Cupaniana, Anagallis arvensis, Bartsia Trixago, Biscutella lijrata, Borrago o/ficinalis, Briza maxima, Calendida arvensis, CampamUa diclio- tomciy Capsella Biirsa pastoris, Cerastium glomeratum, Chenopodium urbicum, Delpliiniiim longipes, Erigerou canadensis, Fedia Cornucopiae, Lamium amplexicaïUe, 28 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. Linaria reflexa, Lotus ornitliopodioïdes, Medicago tri- buloïdes, Foa annua, Polycarpon telraplujllum^Selaria glmica, Silène colorata, Stellaria, média, Trifolium resiipinatiim. A cette liste déjà longue Fischer ajoute : Triglochin palustre, Juncus Gerardi et Ranunculus sceleratus {*). l»R0T01iYCETACEES Protomyces radicicolus Zopf. PI. II, fig. 26-28, PI. III, fig. 26-50. Le genre Protomxjces Unger, comprend une assez nombreuse série d'espèces, vivant en parasite au détri- ment des tissus de la feuille ou de la tige de Phanéro- games. Berlese et De Toni dans le Sylloge fungorum de Sac- cardo (**)ont relevé dix-neuf espèces. Ces dix-neuf espèces d'après la diagnose du genre seraient toutes foliicoles. La dix-neuvième habite cependant les racines du Poa anima, et en suite de ce genre d'habitat elle a été dénom- mée Protomyces rliizobius par Trail qui l'a découverte. Une autre espèce radicale a été décrite par Zopf en 188i, elle manque dans le Sylloge, c'est le Proto- myces radicicolus, qui a été trouvée dans les racines du Stiftia chrysanlha. Je ne connais l'espèce de Trail que par sa description dans le Sylloge (***), je n'ai pu me procurer le travail origi- Fischer, loc. cit.. j). 69. O Saccardo, SiiUoçfe lunuorum, vol, VII, p. 319. (•") Saccardo, loc. cit., p. 522. MEMOIRES. 29 nal dans lequel cette espèce a été signalée pour la pre- mière fois. La description du Sylloge est trop courte pour pouvoir arriver à une conclusion quelconque rela- tivement à ces deux espèces, il n'est cependant pas impossible que ces espèces n'en forment qu'une. Trail a signalé en 1891, le même Protomyces à Dec (Old Aber- deen], dans les racines du Poa anima (Trans. of the crypt. soc. of Scotland, Jan. 1891). J'ai eu l'occasion de trouver dans les racines de Limo- setla aqiiatica, une forme de Champignon entièrement comparable à celle que nous trouvons figurée par Zopf (*). C'est donc sous le nom que Zopf a donné à ceProtomijces que je signalerai l'espèce observée. Ce parasite se présente sous la forme d'un mycélium relativement mince, de 4 à 7 /x environ de diamètre. 11 circule entre les cellules du tissu en écartant les parois cellulaires. Le mycélium est cloisonné et demande quelque attention pour pouvoir être suivi dans les tissus. 11 vient de l'extérieur de la racine. On peut suivre à la surface de la racine, le trajet des filaments du champignon; ils viennent s'accoler contre les parois cellulaires, tout en se ramifiant, et pénètrent dans l'intérieur de la racine entre deux cellules qu'ils écartent et on les voit alors se ramifier richement(pl. Ilï, fig. 26, 1^). A l'intérieur de la racine, les filaments mycéliens s'anastomosent. Ce n'est en général que dans le paren- chyme entourant le cylindre central, que le parasite se développe abondamment. Par ci par là, le mycélium pousse dans les cellules de petits prolongements, par lesquels se fait la nutrition; ces suçoirs ont été figurés Zopf, loc. cit. XVII 3 30 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. par Zopf (*]. On les retrouve également dans d'autres espèces du même groupe [Mclanotaeniiim endogenum D. By in Beitr. z. Morpliol. und Plnjsiol. d. Pilze, V, pi. IV, fig. 27, 88). A l'extrémité ou dans une portion quelconque du fila- ment, qui se renfle, se forment les spores. Si ces der- nières apparaissent à l'extrémité, elles sont en général globuleuses, à membrane épaisse et colorée en jaune, le contenu est plus ou moins réfringent. Quand la spore naît d'une façon intercalaire, elle est ellipsoïdale ou ovale, terminée en pointe plus ou moins forte à cbaque extré- mité. On rencontre souvent aussi des sporanges bosse- lés et de forme très irrégulière. Ces sporanges dont les diamètres sont très variables écartent les cellules, des tissus entre lesquels ils ont pris naissance. Ils finissent ainsi par amener la disjonction des cellules qui entourent le cylindre central, et par occasionner la mort de la racine. J'ai trouvé des sporanges de 28/xdc diamètre et globu- leux, d'autres dont la longueur était triple de la largeur; j'ai pu en obseryer qui avaient jusqu'à 51 /x de large. La forme qui a été décrite par Trail, possède des spo- ranges dont le diamètre varie de 50 à 55 /x. La germi- nation de cette spore, n'a pas été observée par Zopf, Trail ne paraît pas l'avoir vue non plus; je n'ai pas été plus lieureux que ces deux auteurs. On ne sait donc pas encore jusqu'à ce jour, si la multiplication de cette espèce se fait comme cliez le Protomyccs niaa^osjwrus Unger, si bien étudié par De I>ary et Woronin. Bruxelles, décembre 1892. (*) Zopf, Ioc. cil. pi. ^ Société Belge de Miavscopie . Tome XI Vf ri. / Ann. Soc.Bel^e de jVVicroscopie, Ixvir.Pl.H t5 ^ 4- r> 10 E deWildemfln cicL.Ticxt.cieiin Ann. Soc.Beic^e de /4icro6copie, l.XviT.Pl. m. E . dç^ildeman a.cl. nal.clelin. EXPLICATION DES PLANCHES PLANCHE I Lagenidium ellipticum Nab. FiG. 1. — Thalle vidé, il reste des masses globuleuses qui repré- sentent peut-être des zoospores. FiG. 2. — Thalle ayant poussé des protubérances vers l'extérieur. FiG. 3-5. — Différents aspects du thalle. FiG. 6. — Thalle avec oospores, et avec une portion filamenteuse. F:g. 7. — Thalle devenant filamenteux. FiG. 8-9. — Thalles dépourvus de leur contenu. Fig. 10. — Rhizoïde latéral avec deux oospores plus fortement grossies. Fig. 11. — Oospore assez fortement grossie. PLANCHE II Fig. 1-6. — Différents aspects présentés par VOlpidium Bras- sicae. Fig. 1-4. — Parasites des racines du Chou pommé, la figure 1 nous montre un zoosporange à col relativement court. Fig. 7-8. — Aspects sous lesquels se présentent les zoosporanges, globuleux, voisins de VO. Brassicae. (Fig. 7 dans le Capsella biirsa-pastoris, flg. 8 dans une racine de Graminée.) Fig. 9-11. — Différents aspects de la masse protoplasmique, con- stituant le Rhizomyxa hypogaea Borzi proparte (racines de Graminées.) Fig. 12. — Etat intermédiaire entre les stades représentés dans les trois figures précédentes et dans les quatre figures sui- vantes. Fig. 13-16. — Zoosporanges? Dans les figures 13, 15, 16, ils rem- placent tout le contenu cellulaire. Fig. 17-25. — Cystes de VOlpidium Brassicae? dans le Brassica oie race a. Fig. 17, 18, 20, 21. ~ Avant l'action d'un réactif. Fig. 22, 23, 25. — Après l'action de la glycérine; dans les figures 32 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. 23 et 25, les masses protoplasmiques ratatinées sont encore munies d'une enveloppe externe. FiG. 24. — Une cellule du tissu avec deux spores durables, vue à un grossissement assez faible. FiG. 26-29. — Spores et mycélium du Prototnyces radicicolus, dans les racines du Lhnosella aquatica. FiG. 27-28. — Spores terminant des filaments. FiG. 26-29. — Spores intercalaires ; la figure 29 montre les anas- tomoses entre les filaments mycéliens. FiG. 30. — Une cellule de Brassica napus avec trois Asterocystis. PLANCHE III PiG. 1, 6, 19. — Différentes formes d" Asterocystis radicis l^idb. FiG. I. — Trois cellules, de la racine du Plaûtago psyllium, montrant un grand nombre de parasites logés dans chacune d'elles. FiG. 2. — Asterocystis allongé {PL psyllium). FiG. 3-6. — Dans les racines du Chou pommé. FiG. 19. — Cellule de l'épiderrae avec poil (Graminée), dans laquelle des Asterocystis se sont développés jusque dans le poil. FiG. 7-18. — Différentes formes de VOlpidium Borzii Nob. FiG. 7-9. — Dans le Brassica oleracea, flg. 8, 10, 11, dans le Thlaspi arvense, flg. 12-13, dans le Capsella Bursa-pastoris. FiG. 10. — Deux zoosporanges dans un poil radical. FiG. 16. — Zoosporange à deux cols. FiG. 17. — Zoosporange à trois cols. FiG. 20-25. — Formes différentes du Pleotrachelus radicis Nob dans les tissus de la racine du Thlaspi arvense. Les figures 20, 23, 25, représentent des zoosporanges glo- buleux, les figures 21, 22, des zoosporanges ovoïdes. FiG. 26-30. — Fragments de Protomyces radicicolus, parasite dans les cellules radicales du Limosella aquatica. FiG. 26. — Le 'mycélium du champignon venant de l'extérieur, en a son point de pénétration dans la racine. FiG. 27. — Spore intercalaire, amincie à ses deux extrémités. FiG. 28-30. — Spores terminales globuleuses , ellipsoïdales et pyriformes. EN VENTE CHEZ LE MEME ÉDITEUK. Dambre. — Traité de médecine légale et de jurisprudence de la médecine, par A. Dambre, docteur en médecine, chirurgie «^t accouchements; membre de la Société médico-psycholo- gique, de médecine pratique, et d'anatomie pathologique de Paris. 3^ édition, revue par un professeur. 1 vol. grand in-8° de 612 pages. 8,00 Delfraysse. — Nouveau guide pi'atique de médecine populaire positive, basée sur l'action physiologique de médicaments complexes, d'après leur finalité thérapeutique et divisés en spécifiques pour chaque maladie, selon les méthodes des doc- teurs Belloti et Finella, par le docteur E.-G. Dellraysse de Fraysses. 1 vol. in-16, 214 pages. ' 3,00 Cartonné. 4,00 Denaeyer. — Les végétaux inférieurs, thallophytes et crypto- games vasculaires. Classification en familles, en genres et en espèces, par A. Denaeyer, pharmacien chimiste, membre de la Société belge de microscopie, membre de la Société royale de botanique de Belgique, ofl^cier de l'ordre de la Rose du Brésil, etc. Premier fascicule : Analyse des familles, avec photomicrographies. 2,00 Fascicules 2 et 3 — 399 figures hors texte — pour les sous- cripteurs. 6,00 Les fascicules 2 et 3 contiennent une monographie com- plète des Schizomycètes et des Myxomycètes. Meneubourg. — Traité pratique d'obstétrique ou de la partu- rition des principales femelles domestiques, comprenant tout is). PI. vn, fig. 4. Sous ce nom M. Sorokine a décrit dans son aperçu systématique des Chytridiacées (*) une espèce qui n'est pas admise par M. Fischer (**); elle rentre en même temps que les deux variétés créées par M. Sorokine (var. longirostre, var. brevirostre) dans VOlpiduim enlopliy- Irum Br. Les deux variétés que nous venons de citer ne nous paraissent en effet pas devoir être considérées comme distinctes; leurs caractères sont basés uniquement sur la plus ou moins grande longueur du col des zoosporanges, caractère qui doit être influencé tout naturellement par la grandeur de l'hôte et par l'endroit d'où part le col. Pour ne pas reléguer au rang de synonyme une espèce dont le cycle d'évolution est encore peu connu, et pour- rait être autonome, je conserverai le nom donné par Sorokine. Ainsi considérée l'O. algarum vient en tous cas se placer dans le voisinage de l'O. entopfiijttim Br. J'ai trouvé cette espèce dans les cellules du Desmidium Swarlzii, dans des récoltes, faites en juillet 1895, a Aperr.u syslémati(|ue des Chytridiacées. récoltées en Russie et dans l'Asie centrale, in Archives Botaniques du Nord de la France, t. H. (*") Fischer, Loc. cit., p. 25. XVII 5 SO SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. Genck (campine limboiirgeoise). La figure 4 de notre pi. YII, montrenl un fragment de l'Algue contenant quelques zoosporanges. Comme on peut le voir, ils sont très comparables dans leur forme à ceux que Sorokine a figuré dans le travail, cité plus haut. Par la comparaison des figures de ce travail et de celles que nous joignons à ces notes, on trouvera que notre forme est intermédiaire entre les variétés longi- rostre et brevirostre de Sorokine. Olpidium Saccatum Sorok. (Sorokine loc. cit., p. 28, fig. 55 a. d). PI. VI, fig. 17-25. Sous ce nom, M. Sorokine décrit, dans le travail déjà cité, une Chytridiacée, qu'il a observée dans un certain nombre de Desmidiées dans les environs de Tachkend. Cette Chytridiacée est constituée par une cellule en forme de sac, étranglée vers le milieu. Elle possède un col très court, ne se prolongeant pas au dehors de la cellule nourricière, l'ouverture de zoosporange s'arrête au niveau de la membrane de la Desmidiée. D'après M. Fischer, cette espèce serait très voisine de VOlpidium endogenum Br. (*). L'étranglement observé vers le milieu du zoosporange serait dû à la forme de l'Algue dans laquelle VOlpidiiim végète [Avilir odesmiis d'après Soro- kine). ïl est indiscutable que l'étranglement provient de la structure de l'hôte; on peut d'ailleurs observer dans les cellules des diverses Desmidiées attaquées par ce parasite, des zoosporanges qui ne sont pas étranglés vers le milieu. Loc. cit., p. 24. MÉMOIUES. 51 Je ne puis cependant pas admettre la manière de voir de M. Fischer. L'Olp. saccatiim Sorok. me paraît être une espèce autonome différente de VOlp. endogemim Br. Elle ne possède en effet pas le renflement globulaire qui siège dans le col avant la sortie de l'hôte. Autre caractère qui me semble avoir son importance, c'est que le col ne se prolonge pas à l'extérieur delà cellule nourricière comme cela se présente chez VOlp. endogenum Br. J'ai pu étudier cette espèce sur de nombreux exem- plaires, un grand nombre de Cosmarium, récoltés à Genck (Campine limbourgeoise) en Juillet 1895, étaient attaqués par ce parasite. Les dessins (fig. 17-25) de notre pi. VI, montrent que notre forme est en tout comparable à celle figurée par M. Sorokine. La figure représente un Olpidium qui s'est développé dans l'un des hémisomates d'un Cosma- rium et qui a conservé une forme ellipsoïdale, sans étranglement. La figure qui montre un stade patholo- gique de la division d'un Cosmarium, nous présente au contraire, dans la cavité cellulaire, une cellule d'0//)if/nr. (Cfr. Sorok. p. 50, fig. 55), on trouve qu'il y a la plus grande analogie entre les deux formes. Chez les échan- tillons que nous avons observés, il n'y a point de doute, il existe une soudure entre les différentes cellules, qui forment une véritable chaîne. Dans les descriptions et les dessins de Mijzocytmm publiés par Zopf, nous ne trouvons pas trace de renflement dans le col zoosporan- gial, ce col est cylindrique étroit et son diamètre reste à peu près constant dans toute sa longueur. Dans une autre récolte algologique, faite dans le Ru de Chefna sur La Fange (territoire de la commune de La Reid, prov. de Liège), j'ai observé des Closterhim infestés par le même parasite; on retrouve le même ren- MÉMOIRES. 55 flement globulaire situé près du zoosporange et contre la membrane externe du Closterium. I^a fig. 8 de notre pi. VI, montre l'aspect sous lequel se présentait une cel- lule de ces Closterium; comme on le voit la ligure que nous reproduisons sur cette planche a beaucoup d'ana- logies avec celle publiée par M. Sorokine {loc. cit. p. 50, fig. 35). Dans une autre station encore (Marais à Préfayhay, près de Spa), j'ai eu l'occasion d'observer dans les cel- lules du Closterium attenuatum, un parasite un peu différent de celui dont je viens de parler, mais qui doit cependant se rapporter à la même espèce. Par la forme du col, ces échantillons se rapprochaient du Lagenidium entopliytîim Zopf, comme le montrent les lig. 7, 9, 10 de notre pi. YI (Cfr. Zopf /oc. cit. pi. XIII fig. 10). Ce col est irrégulier plus ou moins allongé, onduleux et toujours renflé assez fortement sous la membrane externe de la cellule nourricière. 11 diffère donc un peu de celui que nous venons de décrire dans les deux formes citées plus haut. La fig. 10, pi. VI par exemple nous montre deux cols extrêmement allongés et irréguliers. Dans les échantillons provenant de cette récolte, j'ai pu remarquer aussi, que la portion extérieure du col par laquelle s'échapperont les zoospores est retrécie,et parfois d'une très grande longueur. J'ai mesuré de ces prolon- gements tubulaires qui possédaient jusque 150 /^ de long (fig. 7, pi. VI); dans l'espèce de Zopf, le col du zoospo- range est au contraire relativement fort peu développé à l'extérieur de l'hôte. D'après les caractères que nous venons d'exami- ner, je crois que l'on peut élever ces formes au rang d'espèce; je proposerai le nom de Myzocytiiim megasto- se SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. mum, rappelant le caractère du col zoosporangial. Quant aux oospores, elles se forment comme dans le type, par la fusion du contenu de deux cellules conti- guës ; leur forme définitive ne m'a pas semblé différer grandement de celle que possèdent les oospores du M. pj'oliferiim Zopf. Notre espèce nouvelle devra donc répondre à la dia- gnose suivante. Myzocytium megastomum nov. sp. Thalle formé de cellules plus ou moins nombreuses, soudées entre elles et formant une chaîne à l'intérieur des cellules de l'hôte. Cellules du thalle se transfor- mant en zoosporange^, en conjuguant deux à deux pour former des oospores. Zoosporange à col renflé à l'intérieur et contre la paroi de l'hôte; renflement tantôt globulaire (fig. f», pi. VI), tantôt irrégidièrement lagéni forme (fig. 9 et 10, pi. VI). Col extérieur par- fois très long, mesurant jusque 150 //.. Anthéridies et oogones mélangés souvent aux zoosporanges, et disposés côte à côte. Oospores à membrane épaisse, double et lisse. Hab. — Dans certaines Desmidiées {Spirotaenia ^ Closlerium), à Ruy, Ru de Chefna et à Préfaybay (pro- vince de Liège, août 1895). * Les espèces comprises dans le genre Myzocijtrium sont dès lors les suivantes. Mijzocytium proliferum Zopf. MÉMOIRES. ' 57 M. vermicoltim (Zopf), Fischer. M. megastomiim De W. M. Iinea7'e Cornu. Je ne sais si c'est avec raison, que M. Fischer élève le M. proliferum var. vermicoltim Zopf au rang d'es- pèce. L'habitat dans des hôtes différents peut, il est vrai, servir dans certains cas à différencier des espèces, mais il me semble que dans le cas qui nous occupe, les conditions de vie des deux espèces ainsi formées sont à peu près identiques, les caractères morphologiques sont d'ailleurs tout à fait semblables. C'est au Mijz. vermico- lum (Zopf) Fischer, que ce dernier rapporte le Bicri- cium lethaie Sorok [loc. cit., p. 55, tig. 45). Dans son travail sur les Saprolégniées (*), M. Cornu signale trois espèces appartenant à ce genre, ce sont : Myz. glohosum (Pringsh), qui devient Mijz. proliferum Zopf, Myz. entopliytum (Pringsh.) Cornu et le Mijz. lineare Cornu. Le Myz. enlopliytum n'est pas un Myzo- cytium. Ce champignon doit être classé dans le genre Lagenidium. Quant au Myz. lineare, la description qu'en donne l'auteur est bien insuffisante pour que l'on puisse se faire une idée de ce qu'est le champignon. Lorsque M. Reinsch a fait paraître son travail sur quelques Saprolégniées, parasites d'Algues (**), M. Cornu a publié dans une note qu'il a présentée à la Société de botanique de France (***), quelques observations sur les espèces Monographie des Saprolégniées, in Annales des se. nat., ô^ série, t. XIX (liol.), p. 21. (") Beobachtungen liber einige nette Saprolegnieae, liber die Parasiten in Desmldienzellen und liber die Staclielkngeln In Aclilyaschlauclien, in Pringsh. Jahrb., il, p. 285-508. (*") Remarques sur quelques Saprolégniées in Bull. Soc. bot. de France, 1887, p. 226. S8 SOCIÉTÉ BELGE DE MICHOSCOPIE. nouvelles introduites dans la science par M. Reinsch. Il rapporte un certain nombre des espèces que M. Reinsch avait figurées sans dénominations à des formes déjà connues. C'est ainsi que les figures G, 15, M de la plan- che XVII, du travail de ce dernier deviennent pour M. Cornu, des représentations de son Myz. lineare. Si on examine ces figures, on trouve que les caractères du thalle ne coïncident pas du tout avec ceux de la descrip- tion générique. D'après le peu de données que l'on possède, on serait tenté de faire représenter à ces dessins une forme de Lagenidiiim (L. enecans Zopf par exem- ple; comparer les dessins fig. 15 et 14, pi. XVII, de Reinsch avec notre fig. 52, pi. IV). Quant à la figure G, du travail de M. Reinsch que M. Cornu rapporte égale- ment à la même espèce, il y a de grandes réserves à faire. Le Myz. lineare me parait constituer une espèce peu connue et son intercalation dans le genre Myzocytium est très douteuse. On pourrait former des espèces de ce genre un tableau analytique en se basant sur les caractères suivants. MVZOCYÏIUM ScHENK, 1858. Zoosporanges à cols tubulaires non ren- flés à l'intérieur de l'hôte et générale- ment courts, et peu proéminents en dehors de la cellule nourricière. Parasite de cellules vé- gétales (Algues) . . Myz. proliferum Schenk. Verli. (1. phvs. med. Gos. Wiitzb. , IX. i). 20; Zopf, Kenntiiiss Phvcom., l. XIV, tig. G-54. MÉMOIRES. 59 Parasite de cellules animales (Anguillules) .... Mijz. vermicolum (Zopf), Fischer. ZopT, Kennln. Phycomvc, l. XIV, tin. Ô5-37; Fischer, loc. cit., p. 75. Zoosporanges à cols renflés à l'intérieur de la cellule nourricière, irrégulière- ment Jagéniformes ou sphériques. Cols parfois fortement proéminents à l'exté- térieur de la cellule de l'hôte. Parasite dans les cellules d'Al- gues (Desmidiées) . . . Myz. megastomiim De W. PL VI, fig.6-10; pi. VII, fig. 19-20. Sp. dubia. Mijz. lineai^e Cornu Monog. Saprolegniées, Ann. se. nat., 5' série, t. XIX, Bot., p. 21. Chytridium decipieïns Br. {Ueber Chytridium, Âbli. Berl. Ac, 1855, p. 54, t. V, fig. 1-4). Pl.vh,fig. 5-11. Sous ce nom Braun décrivait en 1855dans les « Abhand- lungen»de l'Académie des Sciences de Berlin, une espèce qu'il avait observée dans les oogones des OEdogonhim, se développant au détriment de l'oospore. Cette intéres- 60 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. santé Chytridiacée n'a pas été retrouvée fort souvent depuis. Elle semble végéter uniquement sur les espèces du genre OEdogoniiim et sur cellesdu genre Bulbocliaete dans l'oogone desquels on a signalé le même parasite. M. Fischer dans sa flore d'Allemagne, range cette espèce dans le genre Rliizopliidium (*), quoique l'on n'ait jamais observé de rhizoïdes qui sont, d'après cet auteur, un des caractères essentiels des espèces de son genre nouveau. Je préfère conserver à l'espèce le nom que lui a donné Braun, car il me semble fort probable que des rhizoïdes n'existent pas, du moins je n'ai pu les déceler. Dans son travail sur les Chytridiacées de l'Asie centrale, M. Soro- kine a figuré la même espèce, en lui conservant le nom créé par Braun (**). J'ai rencontré ceCliijtridium assez abondamment dans les oogones ouverts d'OEdogonmm provenant de mes récoltes algologiques de Genck (Campinelimbourgeoise). Ce parasite se présente sous la forme de cellules ovoidales, munies d'un col court, qui vient s'ouvrir en général au niveau de l'ouverture de l'oogone ; c'est par ce col que se fait l'évacuation des zoospores. Les parasites sont tantôt uniques tantôt au nombre de deux dans un organe. Le contenu de l'oogone est détruit, refoulé sur le côté et on ne retrouve de l'oospore qu'une masse informe colorée en brun noirâtre. Les spores dura- bles que j'ai eu l'occasion d'observer, sont ovoïdales, à membrane épaisse, lisse et parfois au nombre de deux dans un oogone, comme le montre la figure 9 de notre planche VIL La grandeur des zoosporanges, ainsi que celle des (*i Fischer, loc. cit., p. 109. (**) SoROKiNE, loc. cit., p. 21. lig. 26. MEMOIRES. 61 spores durables est très variable; elle dépend en pre- mier lieu de la grandeur de l'oogone dans lequel le développement du parasite s'est effectué, et en second lieu du nombre de parasites que contient l'oogone. Le C/iytridium decipiens est fort probablement assez répandu quoique on ne l'ait signalé en Europe qu'à deux reprises. Sa découverte en Asie, par Sorokine, et sa pré- sence en Amérique centrale (Costa Rica) d'où je l'ai vu dans les récoltes botaniques de M. H. Pittier, directeur du Muséum à Costa Rica, fait supposer que cette espèce est ubiquiste. RhIZOPHIDIUM SpHAEROCARPUM (ZoPf) FlSCH. RiiiziDiUM Sphaerocarpum Zopf. (Zopf. Kenntn. Pbys., t. XIX, fig. 46-27). Pl.VI.fig. d^5;pl. Vll,fig. 18. J'ai signalé en 1890, dans les Annales de la Société belge de Microscopie (*) sous le nom de Rliizidiiim Sphaerocarpum Zopf, une espèce, récoltée à Peutby, par M. Marcbal. Ce sera sous le même nom, modifié par M. Fisober, que je signalerai une forme, vivant sur les cellules de Mougeotia et de Spirogyra, que j'ai observée dans mes récoltes d'Ardennes. Cette Cbytridiacée est des plus simples dans sa struc- ture, elle se compose d'une cellule (zoosporange) arron- die qui, peu avant sa débiscence présente un mancbon à sa partie supérieure. Dans les conditions où j'ai observé celte espèce dans C) Chytridiacées de Belgique in Ann. Soc. belge de inicroscopie, t. XIV, j). 15. 62 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. les Ardennes, je ne pouvais rien ajouter, quant à son point d'attache. Je signale surtout ce Rliizopliidhim pour une particularité que présentaient toutes les Algues qui étaient attaquées par de pareils organismes. Comme le montrent les figures io à 15 de notre planche VI, à chaque place du filament oii s'est développé un Cham- pignon, il s'est également formé une courbure dans la cellule de l'Algue; courbure dont le Champignon occupe la concavité. Ce changement dans la direction du fila- ment, qui ne peut être rapporté à d'autres causes qu'à celle de la présence du parasite, est parfois si accentuée que l'Algue est entièrement courbée en U comme le représente notre fig. 16, pi. VI. Les figures 15 et li sont tout aussi curieuses à cet égard; dans la première, deux zoosporanges se sont développés sur les deux côtés opposés d'un filament et à une certaine dislance l'un de l'autre; ils ont ainsi provoqué des zig-zag dans la direc- tion du filament, lui donnant un aspect très semblable à celui des Gonatonema (*]. Bien d'autres formes ont encore été observées, mais leur état souvent très incomplet, ne permettait pas de les rapprocher avec certitude d'espèces connues et m'empêche de les décrire ici. Parmi les espèces bien définies, que j'ai eu l'occasion d'observer, je citerai : AncijlisLes Closlcrii Pfitzer. — Dans divers Closte- vium, à Genck, à Ruy et à Desniez. O C(r. Cooke Brit. Frcsim. Atgac, vol. I, p. 108, vol. II, pi. XLIV, llg. 3. MEMOIRES. 63 Olpidiopsis Sclienkiana Zopf. — Dans des Spiro- (jijra à Desniez, au camp de Casteau et à Auderghem (È. Marchai). Seplocarpus corijnephoriis Zopf. — Sur diverses Dia- tomées à Préfayhay. Ectrogella Baclllariaceum Zopf. — Winanplanche. Bruxelles, octobre 1895. Ann. Soc. Belge de Microscopie, t. XVII. PI. IV. E. de Wildeman ad. iiai. delin. Bellotli, phot. Ann. Soc. Belge de Microscopie, t. XVII. PI. V. E, de Wildeman ad. iial. delin. BclloUi, phot. Ann. Soc. Belge de Microscopie, t. XVII. PI. VI. E. de Wildeman ad. iiai. delin. Bellotti, phol. Ann. Soc. Belge de Microscopie, t. XVII. PI. VIL E. de VVildeman ad. iiai. deliii. beliotti, phoi. EXPLICATION DES PLANCHES PLANCHE IV Tetracladium marchalianum nov. sp. Fig. 1-13. ,FiG. 1-11. — Différents aspects sous lesquels se présente le Cham- pignon. Toujours formé de quatre branches entre lesquelles se trouvent logés de 1 à 3 bourgeons. Dans la figure 7 la quatrième branche est vue de face., elle se présente donc en projection sous la forme d'un petit cercle. Fig. 12 et 13. — Formes un peu différentes, présentant un seul bourgeon central globuleux (Jardin botanique de Bruxelles). Fig. 14-16. — Champignons formés par quatre branches ; il n'y a pas trace de bourgeonnement. Fig. 17-18. — Formes dérivées. Fig. 19. — Champignon à cinq branches. Fig. 20. — Champignon à trois branches, Fig. 21. — Deux petites tétrades. Fig. 22-28. — Champignons à trois branches terminées en pointe aiguë. Fig. 29. — Tétrade dont le filament basilaire est fortement renflé et paraît divisée en trois cellules ; une des ramification pré- sente une courte branche. Fig. 30. — Cellule de Spirotaenia, dans laquelle 's'est développée le Myzocytmm inegastotnutn nov. sp. Fig. 31. — Cellule du même parasite agrandie et montrant l'ostiole élargie à l'intérieur de la cellule nourricière. Fig. 32. — Cellule de Diatomée occupée par un Lagenidium enecans Zopf ; les quatre masses noires sont le reste du pro- toplasme et des chromatophores. XVII 6 66 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. PLANCHE V FUSARIUM ELONGATUM lîOV, Sp. FiG. 1. — Conidie, falciforme encore attachée à uq support. FiG. 2. — Mycélium très ténu, en a et en b une conidie falci- forme. FiG, 3, 4, 5, 10 — Différents aspects sous lesquels se présentent ces conidies. FiG. 6, 7, 13, 14. — Conidies ayant formé des filaments raycé- liens. FiG. 8, 12. — Conidies, dont les cellules ont proliféré vers l'inté- rieur de la conidie. FiG. 9. — Support rameux ; en vie ils étaient colorés légèrement en brun. La masse noire de la base représente de la matière organique agglutinée autour des filaments, ce qui empêchait de découvrir leur origine. FiG. 11. — Conidie se brisant vers le milieu. FiG. 15. — Fragment de conidie ayant germé. PLANCHE VI FiG. 1. — Portion d'une cellule de Closterium occupée par le Lagenidium Closterii nov. sp. FiG. 2-4. — Fragments du thalle de la même espèce. FiG. 5. — Une oospore un peu plus fortement grossie et montrant la membrane externe irrégulière, rugueuse. FiG. 6. — Myzocijtium niegastomum sp. nov. dans une cellule de Spirotaenia. FiG. 7. — Deux cellules de la môme espèce, montrant le renfle- ment du canal excréteur, et ce dernier très allongé (Dans un Closterium aitenuaticm. FiG. 8. — La même espèce dans une cellule du même Closterium. FiG. 9. — Closteriiwi envahi parle même parasite; quelques cel- lules sont transformées en zoospoi'anges, d'autres en oogones et anthéridies, il existe des oospores. FiG. 10. — Quelques aspects présentés par les zoosporanges de ce même Myzocytium. MEMOIRES. 67 F:g. 11-12. — Myzocytium proUferum Zopf, dans des cellules de Spirogi/ra (d'après les préparations de M. Ém. Marchai). FiG. 13-16. — Filaments de Mougeotia, attaqués par le Rhizo- phidium sphaerocarpum (Zopf) Fischer. Dans la figure 15, on voit fort bien les courbures succes- sives; dans la figure 14 les courbures successives dans le même sens. La figure 16 montre une forte courbure en U. Olpidium saccatum Sorok. FiG. 17-23. — Différents aspects sous lesquels se présente cette espèce dans la cellule du Cosmarium. FiG, 19. — Une cellule non étranglée. FiG. 23. — Un Olpidium doublement étranglé. PLANCHE VII * Cladochytrium Hippuridis nov. sp. Figures 1-3. FiG. 1-2. — Fragment du tissu de VBippuris vulgaris ayant été envahi par le Champignon. FiG. 3. — Une spore durable un peu plus fortement grossie. FiG. 4. — Fragment de Desmidiée attaquée pari' O^pio?mm^/^rt- rum Sorok. Chytridium decipiens Br. FiG. 5-7, 10-11. — Différents aspects sous lesquels se présentent les zoosporanges de cette espèce dans les oogones d'Oedo- gonium. Les masses colorées en noir sont les restes de l'oospore. FiG, 8-9. — Spores durables à l'intérieur des oogones. Olpidium immersum Sorok. Figures 12-15, 17. FiG. 12-15. — Aspects de cette espèce, logée dans la cellule du Cosmarium. 68 SOCIÉTÉ BELGE DE MIGROSCOPIE. FiG. 17. — La même espèce dans un Staurastrum. FiG. 16. — Olpidiopsis SchenMana Zopf, ayant occasionné le renflement d'une cellule de Spirogi/ra (Desniez). FiG. 18. — Rhizophidiuni spJiaerocarpum (Zopf) Fischer, sur une cellule de Spirogyra; la courbure est bien marquée. FiG. 19-20. — Divers aspects des cellules du Myzocyimm mega- stomum dans le Closterium aitenuatum. SUR LA PRODUCTION DE L'/llii1IilOI]| DAM Ll SOL PAR LIS iCROBIS PAR Emile MARCHA.L IXGÉNIEUR AGRICOLE. SUK LA PRODUCTION DE L'AillIOA'IAOOE DANS LE SOL PAR LES MICROBES L'oxydation progressive de l'azote des matières orga- niques, dans le sol, constitue le phénomène auquel dans son ensemble Schloesing et Muntz (*) ont donné le nom de nilrificalion . Les travaux récents de P. Frankland (**), de Waring- ton (***) et surtout les belles et minutieuses études de Winogradsky (****), ont précisé d'une façon remarquable nos connaissances à ce sujet, et nous savons aujourd'hui que la transformalion de l'azote organique en nitrates constitue un phénomène complexe et s'accomplit en plusieurs phases auxquelles président des agents parti- culiers : 1" La transformation de l'azote organique en ammo- niaque ou ammonisation, comme on pourrait l'appeler. 2" L'oxydation de l'ammoniaque en acide nitreux. D'après Winogradsky, elle se produit sous l'influence {*) Schloesing et, Muntz, Recherches sur la nitrificalion. Comptes rendus, t. LXXX et suiv. ("j P. Frankland, Ueber einige iiipische Microorganismen im Wasser und im Boden. Zeitschrifl l. Hygiène, t. VI, p. 375. ("*) Wakington, Journal of the Chemical Society.iHlQ et années suiv. ("") WiNoGUADSKY. Rcclicrches sur les organismes de la nilrificalion. Annales de l'insi. Pasteur, 1890 cl 1891. 72 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. d'organismes incapables de s'attaquer à la matière orga- nique dont ils redoutent même la présence. Enfin 5° la transformation de l'acide nitreux en acide nitrique, terme final de ce processus de minéralisation. Comme le fait M. le professeur Errera dans son cours, on peut désigner ces deux derniers phénomènes respec- tivement sous les noms de nitrosalion et de nitrutaiion. L'étude des agents de l'ammonisation a fait de ma part l'objet d'un travail (*) que je ne fais que résumer ici. 11 est nécessaire de distinguer, dès maintenant, la pro- duction d'ammoniaque aux dépens de la matière orga- nique de celle qui résulte de l'hydratation de l'urée (fermentation ammoniacale de l'urée) ou de la réduction des nitrates (dénitrification) sous l'influence des microbes étudiés pour la première fois par Gayon et Dupetit. L'ammonisation est donc le phénomène primaire à la faveur duquel l'azote des substances organiques retourne progressivement à l'état minéral. Les ferments ammo- niacaux préparent le terrain aux ferments nitreux et nitriques. De plus, dans certaines conditions où, par suite de l'acidité du milieu, la production de nitrates est rendue impossible (dans l'humus des forêts, le sol des landes, etc.), la minéralisation de l'azote organique s'arrête au stade ammoniaque. Les produits de l'activité des microbes ammonisants peuvent servir directement comme source d'azote à la nutrition des plantes, les recherches de Muntz (**), de (') Bulletin de l'Académie royale de Belgique, t. XXV, p. 7:27. (■') Muntz, Sur le rôle de l'ammoniaque dans la nutrition des végétaux. Comptes rendus, t. CIX, p. 646. MÉMOIRES. 73 Laurent (*], de Griffiths (**) ayant montré que, même en sol stérilisé, les sels ammoniacaux sont assimilables par les végétaux. Une première question se pose ici. La production d'ammoniaque, dans la terre arable, doit-elle être exclu- sivement attribuée à des microbes? Ne peut-elle s'ac- complir sous l'influence de facteurs purement cbimiques ? Des expériences récentes de Muntz et Coudon (***) ont démontré qu'un sol stérilisé, enrichi à l'aide de sang desséché, par exemple, ne présente aucune formation d'ammoniaque, tandis que la même terre, pourvue de microbes, en produit abondamment. Des essais similaires m'ont conduit aux mêmes résul- tats. Voici les conditions expérimentales dans lesquelles je me suis placé. Dans deux ballons contenant 250 grammes d'une terre ne renfermant que des traces d'ammoniaque, il était ajouté 25 centimètres cubes de la solution albumi- neuse incoagulable dont il sera parlé plus loin. Les récipients de culture ainsi préparés étaient stérilisés à l'autoclave, pendant une heure, à 115°. Après refroidis- sement, l'un d'eux était ensemencé avec quelques gouttes du liquide trouble obtenu en délayant un peu de terre de jardin dans de l'eau stérilisée, l'autre ne recevait aucun germe. {') Laurent. Recherches sur la valeur comparée des nilrales et des sels ammoniacaux comme aliment de la levure de bière et de quelques autres végétaux. Annales de l'Insl. Pasteur, 1889, p. 362. n GRiFFriHs, Chemical Neivs, t. LXIV, p. 147; 1891. (*") Muntz et Coudon, La (ermentatioii ammoniacale de la terre. Comptes rendus, février 1895. 7i SOCIÉTÉ BELGE DE MICHOSCOPIE. Après vingt jours de séjour dans la chambre ihermo- slatique chauffée à 50", j'ai dosé l'ammoniaque par dis- lillation sur la magnésie dans l'extrait chlorhydrique des deux terres. Les chiffres suivants furent obtenus. 1. Ballon stérile traces d'ammoniaque. 2. Ballon avec microbes du sol S^^n'g.S. La nécessité de l'action des microbes apparaît nette- ment ici. Quelles sont, parmi les nombreuses espèces micro- biennes qui peuplent les couches superficielles du sol, celles qui interviennent d'une façon prépondérante dans l'ammonisation? Sont-ce des moisissures, des formes bourgeonnantes ou des bactéries? 11 s'agissait pour résoudre ces questions : 1" D'isoler du sol les espèces microbiennes (moisis- sures, formes-levures, bactéries) qui y sont les plus fré- quentes; 2" De rech(ircher celles d'entre elles qui sont suscep- tibles de transformer les substances azotées en ammo- niaque. Pour l'isolation des microbes du sol, j'ai eu recours à la méthode de séparation de Koch sur gélatine, en cris- lallisoirs de Pétri. De chaque échantillon de terre, il était fait au moins deux cultures, l'une en gélatine alcaline avec bouillon et peptone, l'autie en gélatine et jus de pruneaux légè- rement acide, pour la recherche des moisissures et des levures. Ces essais ont porté sur les terres les plus diverses : MÉMOIRES. 73 terres arables, fumées ou non fumées, sablonneuses, humeuses ou calcaires, terres de landes, de forêts, ainsi que sur différents terreaux, composts, fumiers et purins provenant des environs de Bruxelles. Ces très nombreuses cultures sur plaque m'ont fourni plus de trente espèces bactériennes et une vingtaine de moisissures et de formes-levures. Au nombre des bactéries les plus fréquentes dans la terre arable, je citerai : Bacillus mijcoïdes Flligge, fliio- rescens liquefaciens Flùgge, fliiorescens putidiis Fliigge, jantliinus Zopf, mesentericus vulgatus Flùgge, mesen- tericus ruber Globig, termo Dujardin, Proteus vulgaris Hiiuser, une Sarcine très analogue à la Sarcina tutea Schroter, et quelques Micrococcus : Micrococcus roseiis Flùgge, luteus Scbroter, flaviis Flùgge, candicans Flùgge. Moins constantes sont les formes suivantes : Bacillus arborescens Frankland ; un Bacille à colonies formées de filaments droits ou élégamment spirales que je rap- porte au Bac. figurans décrit par Crookshank (*), le Bac. subtilis, moins fréquent qu'on pourrait le supposer dans le sol, un Bacille court, analogue au Micrococcus prodigiosus, produisant à 30° dans les solutions albu- mineuses une matière colorante rouge d'une rare inten- sité; une forme du Bac. coli commimis. Bac. briinneus Schroter, cremoïdes Zimmermann; quelques Micro- coccus parmi lesquels le Micrococcus ureae Yan Tie- ghem; enfin, un assez grand nombre de formes que je ne suis pas parvenu jusqu'ici à identifier avec des types décrits, et que je ferai connaître dans un mémoire ulté- rieur. O Crookshank, Manuel pratique de baciériologie, p. 199. SOCIETE BELGE DE MICKOSCOIME. Au nombre des moisissures, se trouvaient notam- ment : PeniciUlum glaiicum, cladosporioïdes, Miicor Mucedo, racemosiis, Botnjtis cinerea, vulgaris, divers Stempliylium, Cladosporium et états polymorphes, Alternaria tenuis, des Aspergillus, dont une espèce nouvelle intéressante que j'ai appelée Aspergillus terri- cola (*); nombre de formes bourgeonnantes, tbrmes Torula, Monilia, etc., le Streplotlirix Fœrsleri. Ces espèces microbiennes étant isolées, il s'agissait de déterminer celles qui prennent part à la fermentation ammoniacale. Dans ce but, j'ai pris comme point de départ l'albumine de l'œuf. Les matières albuminoïdes constituent, en effet, de tous les matériaux azotés du sol, ceux qui s'y trouvent en plus grande quantité, qu'ils proviennent de débris végétaux ou animaux, d'engrais divers, sang desséché, déchets de laine, etc. Je pensais, d'autre part, que les microbes suscep- tibles de transformer l'albumine en ammoniaque pour- raient a fortiori oxyder les autres subtances azotées, aminés, amides, acides amidés, qui constituent déjà une étape plus avancée dans la voie de la minéralisation. Comme on le verra plus loin, cette hypothèse s'est en grande partie véritiée. J'ai donc fait usage de solutions de blanc d'œuf à 10 7o, renfermant environ 2 grammes par litre d'azote albuminoïde. 11 était désirable, pour se rapprocher des conditions naturelles, d'employer des solutions albumineuses diluées, la matière organique azotée ne se trouvant dans (') Marchal, Sur une espèce nouvelle du genre Aspergillus. Revue mycologique, lb9ô, ii" 5. MEMOIRES. 77 le sot arable qu'en quantités relativement faibles (0^' ,2 à 5 grammes d'azote organique par kilogramme de terre). Ces liquides ont été stérilisés par le procédé que j'ai décrit précédemment (*) et qui consiste à ajouter, par litre de bouillon albumineux, 10 centimètres cubes d'une solution au '/uioo de sulfate ferreux. La présence de ce sel entravant la coagulation de •l'albumine, on peut sans inconvénient stériliser à haute température. Les liquides ainsi obtenus ne présentent pas trace d'ammoniaque; le réactif de Nesslcr n'y donne lieu h aucune coloration. Les bactéries du sol, à l'état de cultures absolument pures, ont été ensemencées dans des ballons Pasteur renfermant une dizaine de centimètres cubes de solution albumineuse. Ces cultures ont été placées à la chambre thermosta- tique à 50° pendant 15 jours. Après ce temps, on a recherché si les liquides de culture renfermaient de l'ammoniaque. Dans une partie de la liqueur, on essayait la réaction de Nessler; une autre portion était chauffée avec de la magnésie calcinée et l'on recherchait l'alcali volatil dans les vapeurs par le papier de tournesol. Ces deux essais se sont toujours montrés concordants dans leurs résultats. La simple coloration en jaune du liquide, ou la forma- tion d'un précipité par le réactif de Nessler, indiquait si la quantité d'ammoniaque produite était insignifiante ou notable. (*) Marchal, Bulletin de l'Académie royale de Belgique, t. XXIV, p. 325, 78 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. Les espèces suivantes m'ont présenté une réaction ammoniacale très intense : BaciUus arborescens. — coli commimis var. — figurans. — fluorescens putidus. — fluorescens liquefaciens. — mesentericus vulgalus. — mycoïdes. — subtilis. — termo. BaciUus janthinus. — spec. 1. — spec. 2. — spec. 5. — spec. -4. Micrococcus albicans. Proteus vulgaris. Sarcina Uitea. Chez la plupart des autres espèces, la réaction, bien que très nette, présentait beaucoup moins d'intensité. Enfin il en est quelques-unes qui n'en ont pas produit de trace ; de ce nombre est un Proteus non liquéfiant, à colo- nies sur gélatine envahissantes et caractéristiques {Pro- teus Zenckeri de Hàuser?) et un long Bacille liquéfiant la gelée et donnant une culture jaune sur pomme de terre. Il est à remarquer que l'absence d'ammoniaque cor- respondait toujours à un développement très faible de l'espèce considérée dans le milieu albumineux, dévelop- pement qui s'est très probablement effectué aux dépens des petites quantités de principes carbonés et azotés non albuminoïdes que renferme le blanc d'œuf. On peut donc dire que les bactéries capables d'attaquer la molécule albuminoïde la désorganisent, en brûlent le côté carboné, laissant comme résidu fammoniaque. Nous verrons qu'il en est de même pour les moisis- sures. La production d'ammoniaque aux dépens d'albumine, par les bactéries, ne constitue donc pas une fonction propre à quelques organismes, comme le sont la nitro- sation et la nitratation ; elle est l'apanage d'un grand nombre de microbes. MÉMOIRES. 79 11 y a quelques années déjà, Duclaux (*) a montré que, dans la maturation des fromages, la caséine est trans- formée en composés ammoniacaux sous l'influence de microbes particuliers; plus récemment, Perdrix (**) a signalé la production d'ammoniaque dans les cultures de bactéridie charbonneuse ; enfin Bienstock (***) a isolé des fèces plusieurs organismes présentant à un haut degré cette propriété. En dehors des bactéries du sol, je l'ai observée chez un certain nombre d'espèces, tant saprophytes que pathogènes, notamment : Bacilliis antliracis, diplite- riae, c/wlerae simm, tiiberculosis avium, typhosus, megateriiim, chez le Bacille rouge de Kiel, le Vibrio Metsclinikovi, le Micrococcus prodigiosiis. Au contraire, le Bac. pijocyaneits, qui se développe très chétivement dans les solutions albumineuses, n'y produit pas d'am- moniaque. J'ai cherché ensuite à déterminer quel était le pou- voir ammonisant particulier de quelques-unes des espèces les plus énergiques. Ces dernières ont été ense- mencées dans des ballons renfermant 25 centimètres cubes d'une solution albumineuse dosant par litre 1^',365 d'azote organique (moyenne de trois dosages concordants effectués par le procédé Kjeldahi). Les ballons ensemencés ont été placés, pendant vingt jours, à 50% dans la chambre thermostatique. Après ce temps, on y a dosé l'ammoniaque produite. O Duclaux, Le lait, p. 215. (") Perdrix, Sur La iransformation des matières azotées dans les cuL- tures de bactéridie charbonneuses. Annales de l'Inst. Pasteur, 1886, p. 054. (■") Bienstock, Ueber die Bactérien der Faces. Zeilschrifl f. klinische Médecin, XUl. 80 SOCIÉTÉ BELGE DE MICHOSCOPIE. Dans ce but, le liquide de culture est introduit avec une pincée f) de magnésie calcinée dans le ballon de l'appareil distillatoire de Schloesing. Le tableau ci-après présente les cbiffres obtenus. Dans ce tableau, la seconde colonne indique les nom- bres obtenus directement par l'analyse des 25 centi- mètres cubes de culture, la troisième donne les mêmes chiftres rapportés au litre, c'est-à-dire multipliés par 40. ESPECES BACTERIENNES. AZOTE AMMONIACAL dans 25 cm3. AZOTE AMMONIACAL par litre. Bacillus arborpscens — flgurans — fluorescens putidus . . — jluorescens liquefaciens . — mesentericus vulgatas . — mi/coïdes ...... — subtilis — termo — janthinus — spec. 1 , — spec. 2 — spec. 3 — spec. 4 , , Proteus viUgaris Sarcina lutea Milligrammes. 6,7 8,0 7,5 5,6 10,1 16,0 8,1 6,3 7,9 13,5 - ■7,7 9,0 5,5 12,1 9,5 Grammes. 0,268 0,320 0,300 0,224 0,404 0,640 0,324 0,252 0,316 0,540 0,308 0,3J0 0,220 0,484 0,330 POUR-CENT d'azote organique transformé. 19 23 22 16 29 46' 23 19 23 39 22 25 16 36 97 (') l/aiiinioniaquc se trouvant dans les cullurcs à Télat de carbonate aminonique, il sulîU d'une quantité très faible d'alcali pour la dé-agcr. MÉMOIRES. 81 On voit que, de toutes les Bactéries isolées du sol, le Bacillus mijcoïdes est celle qui a le plus énergiquement transformé l'albumine en ammoniaque; en vingt jours, près de la moitié de l'azote organique mis à sa dispo- sition est passé à l'état d'alcali volatil. C'est ce microbe que j'ai choisi pour en étudier, d'une façon plus approfondie, l'action sur les matières albu- minoïdes. Quant aux moisissures, j'ai déjà signalé leur action et la part qu'elles peuvent prendre dans l'ammonisation (*). Action du Bacille mycoïde sur l'albumine. Mécanisme du phénomène. — Pour établir l'équation du phénomène, je me suis basé sur les considérations suivantes : A. Lorsqu'on ensemence du Bacille mycoïde dans une solution albumineuse neutralisée, on constate qu'après quelque temps, la réaction devient fortement alcaline : cette alcalinité est due à la présence de carbo- nate d'ammoniaque dans le liquide de culture. ]^a simple ébullition de ce dernier fait dégager la plus grande partie de l'alcali volatil ; après ce traitement, il donne encore un précipité avec le réactif de Nessler, dû à de petites quantités d'ammoniaque unie à des acides gras. L'addition d'une très petite quantité de magnésie calcinée provoque, à l'ébullition, le départ de la totalité de l'ammoniaque. En même temps que de l'ammoniaque s'est formée, Marchat>, Be faction des moisissures su7' l'albumine. Bull. Soc. belge de microscopie, t. XIX, p. 65. XVII 7 82 SOCIETE BELGE DE MICROSCOPIE. une grande quantité d'albumine a disparu. L'azote de l'albumine disparue correspond sensiblement à celui de l'alcali formé. B. Si l'on analyse l'atmosphère mise en rapport avec la culture, on constate à la fin de l'expérience : 1" Une absorption considérable d'oxygène; 2" L'émission concomitante d'acide carbonique. Le volume d'acide carbonique émis est notablement inférieur à celui de l'oxygène absorbé, une portion notable du premier restant fixée dans la liqueur sous forme de carbonate d'ammoniaque. 5" L'absence complète d'hydrogène et d'azote dans les produits gazeux de la fermentation. Dans ces recherches, en atmosphère confinée, j'ai fait usage, entre autres dispositifs, de l'appareil suivant, analogue à celui que Roth (*) a préconisé depuis pour la culture des anaérobies.- C'est un ballon A contenant la solution albumineuse, fermé par un tampon d'ouate traversé par un tube de verre a, portant à sa partie supérieure un bout de caoutchouc et une pince. Le tout est stérilisé à l'autoclave à M5°. Après refroidissement, on ense- mence de la façon ordinaire, en soulevant le tampon d'ouate que l'on replace rapidement en ayant soin de l'enfoncer jusqu'en b, de manière à FiG. 1. O HoTii. Urher cin rinfachrs Ycrfaliren dcr Anaërobenzïœlitung. Ccntralbl. f. Uaklcriologit', Bel. XIU, 189Ô, n» 7. MÉMOIRES. 83 laisser au-dessus un espace libre. Par le tube a, on fait venir un courant d'oxygène pur dans le cas présent, d'hydrogène ou de gaz d'éclairage quand il s'agit de cultures anaérobies. On laisse passer le gaz pendant longtemps afin de purger complètement l'appareil de l'air qu'il renfermait; lorsque ce résultat est atteint, on ferme la pince et on coule, dans l'espace laissé libre au-dessus du tampon d'ouate, de la paraffine fondue qui, en se figeant, produit une fermeture hermétique. L'atmosphère du ballon est ainsi constituée d'oxygène pur; après culture, on fait passer les gaz dans l'eudio- mètre pour rechercher les modifications qu'ils ont subies. C. Lorsqu'on dose simultanément l'acide carbonique et l'ammoniaque produits par la respiration du microbe, on constate que ces corps se dégagent dans une propor- tion qui se rapproche beaucoup de celle qui correspond à la combustion complète de l'albumine. Pour effectuer ces dosages, j'ai eu recours au dispositif suivant : Un ballon d'un demi-litre A, contenant 50 centi- mètres cubes d'une solution albumineuse faible, est fermé à l'aide d'un bouchon en caoutchouc percé de deux trous livrant passage à des tubes de verre fermés par un tampon de coton; l'un d'eux est muni d'une pince à sa partie supérieure. Après stérilisation et ensemencement, le tube b est réuni à un tube à boules B contenant 10 centimètres cubes d'acide sulfurique titré, et celui-ci au flacon C ren- fermant de l'eau de baryte. Le tube à boules D à potasse protège l'appareil contre l'acide carbonique extérieur. Le microbe se développe, produit de l'ammoniaque 84 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. et de l'acide carbonique; ce dernier sature tout d'abord l'alcali formé et l'excédent est absorbé par la baryte. FiG. 2. Oe temps en temps, on renouvelle l'atmospbère de la culture; dans ce but, D est réuni à une trombe. Pour débarrasser d'acide carbonique l'air inspiré en a, on le fait passer dans un tube d'absorption à potasse. Après quinze jours de culture à 50% on provoque dans l'appareil une circulation lente et prolongée d'air pour cbasser en C l'acide carbonique produit. Par le tube a, on introduit quelques gouttes d'acide sulfurique, afin de décomposer le carbonate d'ammoniaque formé, et on plonge le ballon A dans un bain d'eau à 40" pour faciliter le dégagement de l'acide carbonique. Après avoir fait passer de l'air pendant un temps suffi- sant, on dose l'ammoniaque dans le ballon A et dans le MEMOIRES. tube à boules B, qui a pu retenir des vapeurs ammonia- cales, et Tacide carbonique dans le flacon C. J'ai obtenu les chiffres suivants : Milligrammes. Ammoniaque 8,0 Acide carbonique .... 71,6 Rapport entre ces deux corps : 1 : 8,9. Or, le rapport théorique entre l'ammoniaque et l'acide carbonique produits par la combustion complète de l'albumine est, en poids, de 1 : 10,55 (en prenant comme point de départ la formule de Zinoffski). Le déficit en acide carbonique est dû, sans doute, à la fixation d'une partie du carbone dans le liquide de culture à l'état d'acide gras. D. En dehors de l'acide carbonique et de l'ammo- niaque, l'analyse décèle la présence, en petites quantités, dans les liquides fermentes, des corps suivants : peptones, leucine, tyrosine, acides gras (acides formique, butyrique et propionique). Les peptones ont été caractérisées, dans le liquide débarrassé des albuminoïdes par la réaction du biuret ; la leucine et la tyrosine, dans l'extrait glycérique, par leurs formes cristallines. Pour la recherche des acides gras, j'ai distillé 500 centimètres cubes de culture additionnés d'acide sulfurique. Dans le distillât, l'acide formique a été mis en évidence par un sel d'argent; les acides butyrique et propionique par le procédé deDuclaux (*). E. Le soufre de l'albumine se retrouve à l'état d'acide sulfurique. DucLAUx, Annales de chimie et de physique, série V, l. III, 1874. 86 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. De ces différents faits, on peut déduire la conclusion suivante : Sous l'influence du Bacille mycoïde, l'oxygène se porte sur les éléments de l'albumine, le carbone est * transformé en acide carbonique, le soufre en acide sul- furique, une partie de l'bydrogène en eau, et l'ammo- niaque se dégage en quelque sorte comme résidu. La production d'ammoniaque apparaît ici comme le corollaire d'un phénomène respiratoire. Envisagé de la sorte, le dégagement d'ammoniaque, aux dépens de l'albumine, peut être rapproché de la production de soufre aux dépens d'hydrogène sulfuré, telle que Winogradsky l'a indiquée pour les sulfobac- téries (*). Dans les deux cas, une partie de la molécule est oxydée, fournissant au microbe une certaine quantité d'énergie, et l'ammoniaque, comme le soufre, constitue le résidu de la réaction. L'analogie ressort nettement de la comparaison des deux équations. Sulfobactéries : H2S+0 = H20 + S. Microbes ammonisants : C"2H'I2A;5'SS022 -t- 7702 = 29H20 + 7200= + SO^ -\- ISAzU^ (carbonate et sulfate ammonique). Cette combustion complète de l'albumine par le microbe est influencée par divers facteurs : température, aération, réaction et concentration du milieu. WitiOGKAhSKx, Recherches sur les sulfobactéries. Annales de Tlnst. Pasteur, l. 111, 1889. MEMOIRES. 87 Influence de la température. — La température active, d'une façon remarquable, les phénomènes d'oxy- dation qui s'accomplissent dans le sol. Schlœsing et Muntz ont montré que c'est vers 55° que la nitrification atteint son maximum d'intensité. J'ai cherché à déterminer quelle est, pour l'ammoni- sation, la température optima. Dans ce but, j'ai ensemencé du Bacille mycoïde dans des ballons renfermant 25 centimètres cubes d'une solu- tion diluée de blanc d'oeuf dosant ¥',oQ^ d'azote orga- nique par litre. Les 50 ballons ensemencés ont été partagés en séries de 5, qui furent placés simultanément aux températures suivantes : 0° à 5°, 10% 20% 50% 57% 42". Après trente jours de culture, j'ai obtenu les quantités suivantes d'ammoniaque : TEMPÉRATURE. BALLONS 1. BALLONS 2. BALLONS 3. BALLONS 4. BALLONS 3. MOYENNES. 0° à 50 Traces. Traces Traces. Traces. Traces. Tracée. IS Jlilli^r. 1,5 Milligr. 3,0 Milligr. 2,5 Milligr. 1,8 Milligr. -0 Millier. 2,2 20 8,1 9,8 10,1 11,5 8,3 9,6 30 16,8 18,0 14.1 15,1 15,3 15,8 37 0,3 13,2 12,1 10,2 -0 11,2 42 0.0 0.0 0,0 0,0 0,0 0,0 Les résultats moyens indiqués dans la dernière colonne de ce tableau montrent que de 0" à 5" il n'y a eu que des traces d'ammoniaque dans les liquides de culture; le Ces dosages n'ont pu être effectués à cause d'accidents survenus au.x. cultures. 88 SOCIETE BELGE DE MICROSCOPIE. réactif de Nessler n'y déterminait qu'une coloration jaune peu intense ; le microbe s'est cependant développé abondamment à cette température; toutefois, le stade floconneux a persisté jusqu'à la fin, les filaments ne se résolvant pas en spores. A dO", la production d'ammoniaque est encore faible ; elle ne devient notable qu'à 20% pour atteindre son maximum vers 50". A 57% le phénomène a perdu de son intensité, le développement du microbe est moins luxuriant, il cesse complètement à 42% Le Bacille mycoïde ne compte donc pas parmi les nombreuses espèces thermophiles que M. Globig (*) parait avoir isolées du sol. Influence de l'aération. — En l'absence de nitrates (**), le bacille mycoïde est essentiellement aérobie; il est incapable de se développer dans le vide de même que dans une atmosphère d'hydrogène ou d'acide carbo- nique. L'oxydation de l'albumine étant intimement liée à la respiration du microbe, elle s'accomplit le mieux lorsque l'oxygène se trouve en grande quantité dans le milieu ambiant. C'est ce qu'une expérience très simple montre de la façon la plus évidente. On ensemence du Bacille dans les divers récipients suivants, qui reçoivent chacun 55 centimètres cubes de solution albumineuse : (') Gloiîig, Ueber Baclerien-Waclisllmm bis iJ0°-70°. Zeilschrifi f. Hygiène, l. III. (") On verra plus loin que celte restriction est nécessaire. MEMOIRES. 89 1. Ballon dans lequel on fait ultérieurement le vide. 2. Tube long et étroit, où la profondeur du liquide est de 12 centim. 3. Ballon ordinaire — — 5 — 4. Ballon très large — — 2.5 — Les quatre cultures sont abandonnées pendant quinze jours à 50°. Après ce temps, on y dose l'ammoniaque. Voici les résultats obtenus : CULTURE. AMMONIAQUE dans 25 cm3. AMMONIAQUE par litre. Milligrammes. Grammes. 1 0,0 0,000 2 4,2 0,168 3 8,5 0,340 4 12.5 0,500 Dans le vide, il n'y a eu aucun développement et aucune production d'ammoniaque, et l'on voit qu'en présence d'air, les quantités d'alcali formées sont d'au- tant plus fortes que l'épaisseur de la couche liquide est moins grande, autrement dit que la surface exposée au contact de l'air est plus considérable. Influence de la réaction du milieu. — La réaction du milieu est, plus qu'on ne le pense généralement, un facteur important dans la chimie du sol ; elle influe d'une façon remarquable sur les procès qui s'y accomplissent. En sol acide, la décomposition des matières orga- niques est très lente; si, par l'application de chaux, de marne, d'un phosphate très basique, on vient modifier cette réaction, la minéralisation des substances orga- 90 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. niques s'accomplit rapidement, ce qui se traduit natu- rellement par une vigueur toute particulière de la végé- tation. C'est que les agents par excellence de l'oxydation des matières organiques, — les bactéries, — se développent de préférence dans un milieu alcalin. Winogradsky a montré que le ferment nitreux ne peut se développer que s'il existe dans le milieu une base, un carbonate de magnésie, de chaux, etc. Si donc la réaction est acide, la nitrosation est entravée. Il était intéressant de rechercher la sensibilité du fer- ment ammonisant aux variations de réaction du milieu. J'ai ensemencé du Bacille mycoïde dans du bouillon neutralisé (*), additionné de quantités croissantes d'acide sulfurique. Voici les résultats obtenus : CULTURE. ACIDE SULFURIQUE par litre. ÉTAT DE LA CULTURE. 1 GramiiiL'S. 0,1 Développement. 2 0,2 Id. 3 0,5 Id. 4 1,0 Pas de développement. 5 2,0 Id. 6 3,0 Id. 7 4,0 Id. 8 5,0 Id. (*) L'emploi de la solution albuiiiineuse m'était interdit dans cette expérience, l'acide emi)loyé précipitant l'albiunine. MÉMOIRES. .91 Comme on le voit, des quantités de 0^%1 à 0^',5 d'acide par litre n'ont pas entravé le développement du microbe ; dans ces trois cultures, la réaction est deve- nue, après quelque temps, fortement alcaline. Après quinze jours de séjour à la chambre thermos- tatique à 50°, l'alcalinité de la culture 5 correspondait à 0^'",525 de potasse caustique par litre. On suit facilement les variations de réaction dans ces expériences en ajoutant à la culture quelques gouttes de teinture de tournesol, dont on voit se modifier la colo- ration. Le ferment ammonisant supporte donc un certain degré d'acidité. Ce fait explique sa présence dans l'humus des bois, dans certains terrains où je l'ai rencontré. Indépendamment de l'action des moisissures, l'ammo- nisation peut donc s'accomplir dans des sols acides où la production des nitrates est impossible. Des nombreuses analyses de terres diverses effectuées par Petermann (*), il résulte que les composés ammo- niacaux se rencontrent normalement dans les sols de prairies, de sapinières, de landes et de bruyères, qui tous présentent généralement une certaine acidité. Si le bacille mycoide résiste à une faible acidité, le milieu alcalin n'en est pas moins celui qui favorise le plus son développement; il résiste à l'addition aux solu- tions nutritives de quantités relativement considérables de potasse caustique. Petermann, Recherches de chimie et de physiologie appliquées à l'agriculture^ Bruxelles, 1886, p. 560. 9i SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. CULTURE. POTASSE CAUSTtQUE par litre. ÉTAT DE LA CULTURE. 1 Grammes. 0,1 Développement. 2 0,2 Id. 3 0,5 Id. 4 1.0 Id. 5 2,0 Id. 6 3,0 Pas de développement. 7 4,0 Id. 8 5,0 Id. 9 6,0 Id. 10 10,0 Id. L'alcalinité des cultures est encore, par suite de la production d'ammoniaque, peu à peu augmentée. Influence de la concentration des solutions. — Per- drix (*) a fait voir que plus un bouillon est riche en matière azotée, plus est faible la proportion de cette matière transformée en ammoniaque par la bactéridie charbonneuse. J'ai recherché s'il en était de même avec le Bacille mycoïde. J'ai donc cultivé le microbe dans des solutions de moins en moins riches en azote albuminoïde. Les résultats obtenus ont été les suivants : (*) Perdrix, loc. cil. MKMOllŒS. 93 SOLUTION AZOTE ALBUMINOÏDE au début dans 25 cm3. AZOTE AMMONICAL à la fm dans 25 cm3. POUR CENT d'azote organique transformé. 1 2 3 4 5 6 7 8 Slilligrammes. 80,0 (*} 64,0 48,0 32,0 16,0 6,4 3,2 1,6 milligrammes. 34,3 29,5 22,7 18.0 13,8 6,3 3,3 1.4 42,9 46,1 47,3 56,2 86,2 98,4 100,0 100,0 Dans les solutions très diluées, l'azote organique a été complètement transformé en ammoniaque; c'est ce qui a eu lieu dans les trois dernières solutions (la diffé- rence de 0"""^,2 entre l'azote albuminoide et l'azote ammoniacal de la dernière solution rentrant dans les limites d'erreur des dosages). Ensuite, à mesure que la concentration augmente, la proportion d'ammoniaque diminue. En même temps on constate que les produits résiduels de l'activité du microbe, les acides odorants, apparaissent en quantités beaucoup plus considérables. Les cultures en solutions étendues ne dégagent aucune odeur; les liquides concentrés, au contraire, présentent (■) Soluiion à 20 o/o environ de blanc d'œuf dans laquelle l'azoto a élé dosé par le procédé Kjeldahl; elle a été rendue incoagulable par l'addi- tion de 15 cin^ de solution au Viooo ^^ sulfate de fer par litre. Les autres solutions eu dérivent par dilution. 94' SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. une odeur très intense à la fois butyrique et ammonia- cale. Action du bacille mycoïde sur les différentes substances AZOTÉES. Substances albumindides . — Je n'ai parlé jusqu'ici que de l'action du Bacille mycoïde sur l'albumine de l'œuf, mais j'ai tenu à m'assurer aussi que son action est identique sur les autres substances albuminoïdes et sur les peptones. J'ai opéré de la façon suivante. Dans des ballons contenant 25 centimètres cubes de la solution minérale que voici : , Eau 1000 Phosphate bipoiassiquc 1 Chlorure de sodium ....... 0,S Sulfate de magnésium 0,S, j'ai ajouté respectivement les substances suivantes : caséine, fibrine, gélatine, gluten, légumine, myosine, peptone. Deux ballons sont ainsi pourvus des mêmes composés albuminoïdes; après stérilisation, l'un d'eux est ense- mencé de Bacille mycoïde, l'autre est laissé stérile et servira de témoin. Après vingt jours de culture à 50°, j'ai obtenu les résultats consignés dans le tableau qui suit. MEMOIRES. 95 1 SUBSTANCES DOSES dans 25 cm3 de liquide minéral AMMONIAQUE dans le ballon témoin (*). A M JI N I A Q U E dans les cultures. Caséine . Fibrine . Gélatine . Gluten . Légumine Myosine . Peptone . Grammes, 0,2 0,2 0,25 0,2 0,2 0,1 0,25 Traces. Milligrammes. 0,0 0,0 0,0 Traces. 2,3 Traces. Milligrammes, 10 11,6 18,5 4,5 12,4 8,5 22,0 Ces diverses substances, et particulièrement les pep- tones, ont donc été énergiquement transformées en ammoniaque. Il en est de même de la serine du sang. Du sérum, dilué au quart, contenait, après quinze jours du culture à 50°, 1G,"""^5 d'ammoniaque dans 25 centimètres cubes. On vient de voir que la caséine est comburée par le microbe ; sa destruction est bien plus complète encore lorsqu'on prend comme milieu de culture du lait normal stérilisé. Dans ces conditions, le bacille se développe avec beaucoup d'énergie, le lait change bientôt d'aspect, la crème se sépare et vient occuper la surface du liquide, tandis que le sérum sous-jacent se colore peu à peu en jaune, puis en jaune brun qui se fonce de plus en plus. Après un mois de culture, j'ai observé, dans des laits Provenant d'impuretés. 913 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSGOPIE. différents , les quantités suivantes d'ammoniaque : Lait 1 iSmnigjS dans 2b centimèlres cubes, Lait 2 39""ns,3 dans 25 centimètres cubes, ce qui fait respectivement 1^'",852 et 1»%572 d'ammo- niaque produite par litre. Malgré ces grandes quantités d'ammoniaque, le lait ne présentait pas, après culture, une forte réaction alcaline. Ce fait est dû à la production, aux dépens de la lac- tose, d'acides qui ont neutralisé l'ammoniaque au fur et à mesure de sa production. Substances azotées non albuminoïdes, — J'ai dit que la leucine et la tyrosine sont des produits résiduels de l'activité du microbe; ces substances peuvent-elles, à leur tour, être transformées en ammoniaque? En est-il de même de la créatine, de l'asparagine, de l'urée? Pour répondre à ces questions, il a été fait des cul- tures du Bacille mycoïde dans la liqueur minérale de tantôt, additionnée de 5 grammes par litre de saccha- rose et des corps azotés à étudier. Voici les résultats obtenus après dix-huit jours de culture à 50°. ODANTITÉS AMMONIAQUE AMMONIAQUE SUBSTANCES dans 25 cm3 dans daus de liquide minéral les témoins ('). les cultures. Grammes. Milligrammes. Milligrammes. Leucine . . . 0,1 1,5 5,8 Tyrosine. . . 0,1 1,0 6,7 Créatine . . . 0,1 Traces. 3,4 Asparagine. . 0,25 Traces. 22,0 (*) Provenant d'impuretés. MÉMOIRES. 97 L'asparagine, la leucine, la tyrosine, et à un moindre degré la créatine, ont donc été transformées en ammo- niaque. Il n'en est pas de même de l'urée. Ce corps se dédou- blant facilement en carbonate d'ammoniaque, j'ai pré- paré les solutions par le procédé indiqué par Leube (*) et qui consiste à stériliser à part l'urée solide et bien desséchée, qui supporte alors sans danger une tempé- rature de 100^ L'urée était disposée dans de petites ampoules de verre que l'on mettait quelques heures à l'étuve à air chaud et qu'on laissait tomber ensuite dans les ballons renfermant la solution minérale sucrée stérilisée. Comme des contaminations auraient pu se produire pendant ces manipulations, les récipients de culture étaient mis deux jours à la chambre ihcrmostatique et l'on n'ensemençait que ceux où ne se manifestait aucun trouble bactérien. Dans ces solutions, le Bacille mycoïde n'a présenté aucun développement. L'urée ne constitue donc pas un aliment azoté pour ce microbe. Le nitrate d'urée et les sels ammoniacaux sont dans le même cas. A plusieurs reprises, j'ai essayé de cultiver le bacille dans une solution minérale sucrée, addi- tionnée de 2 grammes par litre de sulfate d'ammo- niaque; jamais je n'ai observé le moindre trouble dans la liqueur. Nitrates. — La culture avec nitrates comme source d'azote est des plus intéressantes et montre combien les Leube, Ueber die aminoniakoUsche Hamgàliriing. Virchow's Archiv, t. C, p. 540. Wll 8 98 SOCIÉTÉ RELGE DE MICROSCOPIE. aptitudes physiologiques du microbe varient avec le milieu. Si l'on ensemence du Bacille mycoïde dans la solu- îron minérale sucrée de tout à l'heure, additionnée de 2 grammes par litre de nitrate de soude, on constate que, durant les premiers jours, le développement est extrêmement lent. Après deux ou trois jours cependant, apparaissent dans le liquide des flocons denses et nom- breux. Si l'on traite une portion du liquide de culture par le réactif de Griess {*) et une autre partie par le réactif de Nessler, on constate la présence simultanée de nitrites et d'ammoniaque; ce dernier se trouve surtout en grande quantité. Ce processus de réduction, déjà signalé chez ce microbe par de Blasi et Russo Travali (**), présente une énergie telle, qu'après dix à quinze jours, tout l'azote nitrique est transformé en ammoniaque, et le liquide de culture ne donne plus de réaction avec la diphénylamine sulfurique. Il est curieux de voir le même microbe agir tantôt en oxydant, vis-à-vis de l'albumine, tantôt en réducteur, en présence de nitrates. Les phénomènes d'oxydation et ceux de réduction ne sont donc pas nécessairement l'apanage d'organismes distincts : tous deux sont intimement liés à la respira- tion des microbes, respiration normale dans le cas de l'oxydation, respiration intramoléculaire lorsqu'il s'agit de réduction. Acide sulfanilique, acide chlorhydrique, chlorure de naphlyla- mine. (") Ue Di.Asi et Russo Travali, Gazelta ch'mvca ilaliatia, 1880, p. 440. MÉMOIRES. 99 Le Bacille mycoïde se développant en aérobie dans les solutions de blanc d'œuf, brûle l'albumine à l'aide de l'oxygène de l'air, tandis que dans les solutions de nitrates additionnées de sucre, il brûle ce dernier en enlevant l'oxygène nécessaire à cette combustion aux nitrates, corps oxygénés et très facilement réductibles. Les recherches de Laurent (*) ont montré, en effet, que les nitrates sont aisément réduits, non seulement sous l'influence d'agents organisés (bactéries, levures, moisissures), mais encore de facteurs purement phy- siques (lumière solaire). S'il en est ainsi, si le bacille peut emprunter l'oxy- gène nécessaire à sa respiration aux nitrates, il doit pouvoir, en présence de ces sels, vivre en l'absence d'oxygène libre, vivre en anciérobie. C'est ce que l'expérience a prouvé. Le Bacille mycoïde ensemencé dans une solution sucrée additionnée de nitrates, en atmosphère d'hydro- gène ou d'acide carbonique, s'est développé aussi bien que dans un ballon témoin où l'air avait accès. Ici encore il y a eu réduction des nitrates en nitrites et en ammoniaque, et combustion du sucre en acide carbo- nique et en eau. Les deux phases de cette fermentation anaérobie peuvent être représentées par les équations suivantes, dans lesquelles (CH-0) représente l'hydrate de carbone en présence. 1. SAzO'H + (GH^O) = 2Az02H + H^O + CO^. 2. 2Az02H + 5(CH20) = 2AzH5 + ÔCo^ -f H20. Comme le sucre, l'albumine peut, en l'absence (*) Laurent, Notes sur la réduction des nitrates par les plantes et /uar /a /«mit're 50teire. Bulletin de l'Académie royale de Belgique, 1890 et 1891. 400 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. d'oxygène mais en présence de nitrates, être oxydée par le microbe, tandis que lorsqu'il n'existe pas dans le milieu de substance facilement réductible, la production d'ammoniaque aux dépens de l'albumine nécessite le concours de l'oxygène libre. Action du Bacille mijcoide sur les hydrates de car- bone. — L'étude de la nutrition carbonée du Bacille mycoïde présente certaines difficultés spéciales prove- nant de ce fait, que ce microbe se développe très mal dans les solutions dépourvues de matières organiques azotées. J'ai donc dû me borner à ajouter à des solutions de blanc d'œuf différents bydrates de carbone. Dans ces conditions, la culture prend un aspect tout particulier; dès le second jour, la liqueur se trouble : la réaction est devenue acide et l'albumine s'est précipitée. Cette production d'acide s'observe avec la glycose, la saccharose, la lactose, la dextrine et l'amidon; elle est très faible avec l'inuline et nulle avec les gommes. Cette réaction acide n'est cependant pas définitive; sous l'influence d'une zymase sécrétée par le microbe (*), les flocons d'albumine précipitée se dissolvent peu à peu, et, par la production d'ammoniaque, la réaction devient neutre et puis enfin franchement alcaline. Ceci montre combien est peu fondée la distinction qu'ont établie cer- tains auteurs entre les bactéries acidifiantes et les bacté- ries a Ica nuisantes. Ces variations de réaction dépendent essentiellement de la nature du milieu. (') Celle zymase est très probablement du groupe des trypsincs : elle oeul, en eft'et, agir en milieu alcalin et donne naissance, à côté de I)eiitones, à de la leucine, lyrosine, etc. MÉMOIRES. -101 CONCLUSIONS 1. L'oxydation graduelle dans le sol de l'azote des matières organiques en nitrates ou iiitrification, s'ac- complit en trois phases principales : A . Vammonisation ou transformation de l'azote orga- nique en ammoniaque; B. La nitrosation ou transformation de l'ammo- niaque en nitrites; G. La nitratation ou transformation des nitrites en nitrates. 2. L'ammonisation s'accomplit essentiellement sous l'influence des microbes divers (bactéries, levures, moisis- sures) qui pullulent dans les couches supérieures du sol. Dans la terre arable, l'action des bactéries est prédo- minante; dans les terres humeuses, acides, les moisis- sures interviennent pour une part importante dans le phénomène. 5. Parmi les bactéries du sol arable, le Baccillus my- coïdes ou bacille de la terre (Erde Bacillus des auteurs allemands) est à la fois un des plus répandus et celui dont l'action sur les matières azotées est la plus énergique. 4. Sous l'influence de ce microbe, l'oxygène se porte sur les éléments de l'albumine : le carbone est trans- formé en acide carbonique, le soufre en acide sulfu- rique, l'hydrogène partiellement en eau, laissant l'am- moniaque comme résidu de cette oxydation. t02 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. Il y a également production, en petites quantités, de peptones, leucine, tyrosine et d'acides gras odorants. 5. Les conditions optima pour l'activité du microbe ammonisant sont les suivantes : A. Une température élevée, voisine de 50°; B. Une aération complète; C. Une légère alcalinité de milieu; D. Une faible concentration des solutions albumi- neuses. • . 6. Le Bacille mycoïde s'est montré apte à transformer en ammoniaque non seulement l'albumine de l'œuf, mais encore la caséine, la fibrine, la légumine, le gluten, la myosine, la serine et les peptones. La créatine, la leucine, la tyrosine et l'asparagine subissent les mêmes modifications; au contraire, l'urée, le nitrate d'urée ainsi que les sels ammoniacaux ne sont pas attaqués par le microbe, pour lequel ils ne consti- tuent pas un aliment. 7. Le Bacille mycoïde, ammonisant et aérobie en présence de matières organiques azotées, devient déni- trifiant et anaérobie quand il existe dans le milieu des corps facilement réductibles (nitrates). En l'absence de toute oxygène libre dans des solutions renfermant une matière organique (sucre, albumine), il réduit les nitrates en nitrites et en ammoniaque. Il est donc capable de dégage)' de l'ammoniaque par deux processus tout à fait opposés : par oxydation dans un cas, par réduction dans l'autre. MÉMOIHES. 103 Le présent travail a été exécuté à l'Institut botanique de Bruxelles; c'est pour moi un devoir bien agréable de remercier ici publiquement M. le professeur Errera, ainsi que ses assistants, MM. les docteurs Clautriau et Massart, pour les précieux conseils qu'ils m'ont prodi- gués dans le cours de mes recbercbes. Institut botanique de Bruxelles, novembre 1895. — «^BOaocO^Sc- STATUTS DE LA SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE -«>^8o-e»- CHAPITRE PREMIER. DISPOSITIONS GENERALES. Article premier. La Société prend pour titre : Société belge de Mici'oscopie. Art. 2. Son but est de propager le goût des études micrographiques, d'en faire apprécier l'utilité, de con- courir aux progrès de la science par des publications, par la formation de collections et d'une bibliothèque, et, par telles autres mesures qui peuvent être jugées utiles. Elle entend l'étude de la micrographie dans son accep- tation la plus étendue, embrassant toutes les sciences médicales, naturelles et industrielles. Art. 5. La Société a son siège à Rruxelles. Art. 4. La Société ne peutêtre dissoute que du consen- tement des quatre cinquièmes des membres effectifs. La dernière assemblée générale qui prononcera la dissolu- tion, disposera en faveur d'un établissement scientifique des collections, bibliothèque et archives. 106 STATUTS. Art. 5. Aucune modification ne peut être apportée au présent chapitre des statuts, sans le consentement des quatre cinquièmes des membres efïectifs, convoqués spécialement à cet effet en assemblée générale par le Conseil. Si cette première assemblée ne réunit pas le nombre de membres nécessaire pour former cette majorité et par suite ne peut délibérer valablement, une seconde assem- blée générale sera convoquée de la même façon, à un mois d'intervalle, et pourra prendre décision sur les questions portées à l'ordre du jour de la première assem- blée, à la majorité des quatre cinquièmes des membres présents. Les chapitres suivants peuvent être modifiés par une assemblée générale, spécialement convoquée à cet eff'et par le Conseil, et du consentement des trois quarts des membres effectifs présents à la réunion. CHAPITRE II. DES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ. Art. 0. La Société est composée d'un nombre illimité de membres effectifs et de membres associés. Le droit d'admission des membres effectifs et des membres associés appartient aux assemblées de la Société, sur la présentation du Conseil administratif; l'admission a lieu à la majorité des voix et au scrutin secret. Art. 7. Le diplôme de membre honoraire ou de membre correspondant peut être décerné aux personnes STATUTS. 107 qui ont rendu ou qui peuvent rendre des services à la Société. Le nombre des membres honoraires est limité à quinze; celui des membres correspondants à quarante. Le droit de nomination des membres honoraires et membres correspondants appartient aux assemblées de la Société, sur la présentation du Conseil. Les membres honoraires et correspondants ont comme les membres effectifs le droit d'assister aux assemblées, ils ont voix délibérative dans les questions scientifiques. Nul ne peut faire partie de la Société comme membre associé s'il a moins de 15 ou plus de 24 ans; les mem- bres associés n'ont pas voix délibérative. Art. 8. Les membres effectifs paient une cotisation annuelle de 15 francs; les membres associés paient une cotisation de 5 fr. Les membres effectifs résidant à l'étranger ont la faculté de remplacer cette cotisation annuelle par un versement unique de 200 francs. Art. 9. Tous les membres peuvent consulter les col- lections, livres, etc., de la Société, en se conformant aux règlements spéciaux. Les membres effectifs et honoraires ont droit à un exemplaire des annales de la Société. Les membres correspondants et les membres associés n'ont droit qu'au bulletin mensuel. CHAPITRE m. DES ASSEMBLÉES DE LA SOCIÉTÉ. Art. 10. Les membres de la Société se réunissent de 108 STATUTS. plein droit annuellement en assemblée générale, le deuxième dimanche d'octobre, à M heures du matin, à Bruxelles, au local de la Société. L'ordre des travaux de cette assemblée est fixé comme suit : 1° Elle entend le rapport du Conseil sur l'état de la Société ; 2" Elle arrête son budget ; 0° Elle fixe les jours des assemblées mensuelles de la Société ; 4° Elle délibère sur les propositions qui lui sont sou- mises par le Conseil ou qui sont appuyées par neuf membres effectifs ; 5" Elle nomme au scrutin secret le Président, les Vice-Présidents, le Secrétaire, le Trésorier et les mem- bres du Conseil. Les décisions prises par l'assemblée générale le sont à la majorité absolue des membres effectifs présents. Art. 11. Le Conseil a le droit de convoquer la Société en assemblée générale extraordinaire; il est tenu de la réunir, dans le délai d'un mois, à la demande signée de douze membres effectifs. Art. 11'"'*. Toute convocation des membres de la Société, en assemblée générale extraordinaire, doit être envoyée au moins quinze jours avant la date iixée pour la réunion. La convocation doit indiquer in extenso les proposi- tions sur lesquelles rassemblée est appelée à délibérer. Aucune décision ne pourra être prise sur des questions ne figurant pas à l'ordre du jour porté sur les avis de convocation. STATUTS. 109 CHAPITRE IV. DE l'administration DE LA SOCIÉTÉ. Art. 12. La direction de la Société est confiée à un Conseil qui la représente. Ce Conseil se compose d'un Président, de deux Vice- Présidents, d'un Secrétaire, d'un Trésorier, d'un Biblio- thécaire-Conservateur et de quatre membres. Art. 15. Le Conseil est chargé de prendre les mesures et de faire les règlements nécessaires pour assurer la prospérité de la Société, l'ordre dans ses travaux et publications, et la conservation des collections, biblio- thèque, mobilier, etc. Ses décisions ne sont valables que pour autant qu'elle soient prises par la majorité absolue de ses membres. Art. 15**^^. Le Conseil nomme chaque année deux membres chargés de se partager les attributions de Secré- taire-adjoint, de Bibliothécaire-Conservateur-adjoint; la durée de leur mandat est limitée à un an; ils sont réel igi blés. Art. 14. Le Président est nommé pour deux ans et n'est pas immédiatement rééligible. Les autres membres du Conseil sont également nommés pour deux ans; ils se renouvellent par moitié tous les ans et peuvent être immédiatement réélus. TABLE GENERALE DES MATIERES CONTENUES DANS LE TOME XVII DES ANNALES DE LA SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE (MÉMOIRES) Pages. Notes Mycologiques, par É. De Wildeman (1*^'' fasci- cule) 6 Notes Mycologiques, par É. De Wildeman, (2*' fasci- cule) 33 Sur la production de l'ammoniaque dans le sol par les microbes, par É. Maj{CHAL 69 Statuts de la Société belge de Microscopie 105 EN VENTE CHEZ LE MÊME EDITECK. y-^C^ Dambre. — Traité de médecine légale et de jurisprudence de la médecine, par A. Dambre, docteur en médecine, chirurgie et accouchements; membre de la Société médico-psycholo- gique, de médecine pratique, et d'anatomie pathologique de Paris. 3*^ édition, revue par un professeur. I vol. grand in-8° de 612 pages. 8,00 Delfraysse. — Nouveau guide pratique de médecine populaire positive, basée sur l'action physiologique de médicaments complexes, d'après leur finalité thérapeutique et divisés en spécifiques pour chaque maladie, selon les méthodes des doc- teurs Belloti et Fineila, par le docteur E.-G. Delfraysse de Fraysses. 1 vol. in-16, 214 pages. 3,00 Cartonné. 4,00 Deiiaeyer. — Les végétaux inférieurs, thallophytes et crypto- games vasculaires. Classification en familles, en genres et en espèces, par A. Denaeyer, pharmacien chimiste, membre de la Société belge de microscopie, membre de la Société royale de botanique de Belgique, officier de l'ordre de la Rose du Brésil, etc. Premier fascicule : Analyse des familles, avec photomicrographies. 2,00 Fascicules 2 et 3 — 399 figures hors texte — pour les sous- cripteurs. 6,00 Les fascicules 2 et 3 contiennent une monographie com- plète des Schizomycètes et des Myxomycètes. Ueueiibourg. — Traité pratique d'obstétrique ou de la partu- ritiondes principales femelles domestiques, comprenant tout ce qui a rapport à la génération et à la mise bas naturelle, les soins à donner à la mère et au nouveau-né, de suite après la naissance, pendant l'allaitement et l'époque du sevrage, par M. Deneubourg. 1 vol. grand iu-8° de 583 pages, avec 38 figures dans le texte. 8,00 Francotte. — La diphtérie considérée principalement au point de vue de ses causes, de sa nature et de son traitement, par le docteur X. Francotte, assistant à l'Université de Liège. 2® édition. Bruxelles, 1885. Vol. in-8°, 416 pages, avec pi. lithogr. 8,00 Francotte. — Résumé d'une conférence sur la microphotogra- phieappliquée à l'histologie, l'anatomie comparée et l'embryo- logie, par P. Francotte. 1887. 2,00 Liahousse. — Recherches histologiques sur la genèse des gan- glions et des nerfs spinaux, par le docteur Lahousse, à An- vers. Broch. in-8° de 30 pages et une planche. 2,00 Poskiii. — « Les trous » au mauvais air de Nivezé (Spa). No- tice sur les sources naturelles d'acide carbonique, par le doc- teur Ach. Poskin, médecin consultant aux eaux de Spa. Br. ni-8'', de 42 pages. 1,00 llcyiine. — Topograi)hie médicale de la Belgique. Etudes de géologie, de climatologie, de statistique et d'hygiène publique, parle docteur Meynne, médecin de régiment, etc. 1865. 1 vol. iu-S", 582 pages et cartes. 10,00 BULLETIN DE LA SOCIETE BELGE DE IIICROSCOPIE DIX-SEPTIÈME ANNÉE BRUXELLES A. MANCRAUX, ÉDITEUR Rue des Trois-Têles, 12 (Monlagne de la Cour) 1891 BULLETIN UE LA lÉTE -BELGE DE ilCROSCOPl E DIX-SEPTIÈME ANNEE N" I. BKUXELLES A. MANCIÎAUX, ÉDITEUR Rue des Trois-lêlos, 12 (Monlai^ruî de la Cour) 1890 mimm des séances BE LA SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE Tome XVII. N" ï. 1890-181)1 Pi'ocès-vorhal de la séaiico iiieiiNiielle «lu *^5 o«tol>B*o 1890. Présidence de M. Rolffart. La séance est ouverte à 8 1/^ heures. Sont présents : MM. Bauwens, Bray, Francolte, Gevaert, Lameere, Roufïart, De Wildemaii, ff. de secré- taire. MM. Rynenbroek et Tochefï assistent à la séance. MM. Errera et Galleniaerts s'excusent de ne pouvoir assister à la séance. M. G. Mantin remercie pour sa nomination de menïbre effectif. OuvrfKjcs reçus en honumiife : Lameëke. — Sur l'unité d\)r'ujine du type arthropode . L'assemblée remercie le donateur. XVII 1 â SOCll'TÉ BliLGE DE MICROSCOPIE. Présentations de membres effectifs : Le Conseil propose l'admission comme membres effectifs de MM, A. Tochelf, éliidianl en sciences naliireiles, rue d'Orléans, 49, présenté par MM. Bauwens et E. De Wil- deman. et Rynenbroek, étudiant en sciences naturelles, chaus- sée d'Alsemberg, 2, à Uccle, présenté par M. le docteur Gallemaerts et E. De Wildeman. MM. A. Tocbeff et Rynenbroek sont proclamés mem- bres effectifs. M. le Président accorde la parole à M. Lameere pour sa communication préliminaire sur l'embryologie de la Blatte. Il est décidé que ce travail paraîtra dans le Bulletin. M. Bray fait ensuite une analyse du travail de M. le docteur Neubauss, sur la microphotographie; M. le Pré- sident l'invite à rédiger sur cet ouvrage un compte-rendu qui paraîtra dans le Bulletin. La séance est levée à 9 \/îl heures. Coiiiiiiiinicaiioia |»i*éliiiiiiiaii*o huv la iiiô^aiiié- riNaiioii «lu «^orp»;» de riii«^ceto, par A. Lamekuk. Nous avons commencé à l'Institut zoologique de l'uni- versité de lleidelberg, sous la direction de M. le profes- BULLETIN DES SÉANCES. 3 sciir Biïtschli, des reclierclies sur l'embryologie de la Blatte, pour servir de base à une étude sur l'organologie générale des Insectes. L'espèce que nous avons choisie est la Plufllodromia germanica L., Blatte germanique, appelée bêle de gaz dans certaines parties de notre pays. Les Blattes pondent leurs œufs dans une ootbèque que l'on ouvre pour les fixer au moyen de l'eau à 80*' : après enrobage à la paraffine, nous colorons les coupes sur la lame par la solution d'hématoxyline de Grenacber. Nous ne nous occuperons dans cette communication que de la composition métamérique du corps et du dénombrement des appendices. L Ordre de succession des pièces buccales. Depuis Savigny, l'on admet généralement que la bouche des Insectes est bordée de trois paires de mem- bres qui se suivent dans cet ordre à partir de l'extrémité antérieure du corps : l"les mandibules ; 2" les mâchoires; 5" la lèvre inférieure. Meinert est d'une opinion différente; se basant sur des études anatomiques faites sur la bouche des Dip- tères, il admet que l'ordre de succession des pièces est le suivant : 1" la lèvre inférieure; 2" les mâchoires ; 3" les mandibules. Il a étendu ses recherches aux Chilo- podes, et dans son ouvrage intitulé : Caput Scolopcn- drœ, il reconnaît également que chez ces Arthropodes, les mandibules ne constituent que la troisième paire de membres. Les embryons jeunes de la Blatte à un stade où les 4 SOCIÉTH BELGE DE MICROSCOPIE. anneaux de la tête ne sont pas encore fusionnés, mon- trent que l'opinion de Savigny est seule admissible : de bonne heure, en effet, l'on peut voir les mfîchoires et la lèvre inférieure se différencier des mandibules par la présence de leurs palpes, et l'on constate que ces appen- dices sont portés par des anneaux postérieurs à l'anneau mandibuiaire. II. CoMi'OsrnoN métamérique de la tête. Des opinions très divergentes se sont fait jour sur le nombre des anneaux qui entrent dans la composition de la tête de l'Insecte : on se base généralement pour résoudre la question sur le nombre des paires d'appen- dices cépbaliques, mais il n'y a pas accord sur ce qu'il faut en réalité considérer comme appendices; c'est ainsi que l'on regarde souvent comme tels les pédoncules mo- biles qui portent les yeux chez certains Crustacés, et par analogie, l'on est tenté de considérer les yeux com- posés des Insectes comme décelant la présence d'un anneau spécial. Il faut toutefois remarquer que c'est seu- lement chez les Crustacés supérieurs qu'il existe des appendices oculaires, et que d'autre part certaines pro- ductions spéciales du revêtement externe du corps peu- vent devenir mobiles chez un grand nombie d'Arthro- podes sans constituer cependant des membres vérita- bles. Sans parler des ailes et des branchies des larves aqua- tiques, qui n'ont rien à voir avec les appendices métamé- riques, citons, à titre d'exemple, la longue corne mobile qu'offre la tête d'un (^oléoptère Lauieliicorne, VOdonleiis I5ULLKT1N DES SEANCES. mnb'Uicornis. La théorie qui fait des yeux une paire d'appendices n'a donc guère d'arguments pour elle. Il y a d'ailleurs un autre critérium beaucoup plus sûr pour déterminer le nombre des anneaux du corps d'^un Arthropode : c'est le dénombrement des cavités entéro- cœliennes dont les parois constituent le mésoderme. A chaque paire de ces cavités, lesquelles envoient un prolongement dans les appendices, correspond un anneau. Nous constatons sur nos coupes qu'il ne se développe que quatre paires de cavités entérocœliennes dans la partie de l'embryon qui constituera la tête future; il n'y en a point qui corresponde aux yeux : la première porte les antennes ; les suivantes, les mandibules, les mâchoires et les deux pièces qui forment la lèvre inférieure. Il y a de plus une cavité impaire antérieure qui correspond au labre : celui-ci constitue par conséquent un appendice unique. La tête de l'Insecte se montre donc formée de quatre anneaux, et de la cavité antérieure impaire médiane du labre. Nous savons aujourd'hui que ces cavités entérocœliennes sont les homologues des loges mésentériques des Anthozoaires : la cavité du labre de l'Insecte correspond à la loge médio-ventrale qui déter- mine la bilatéralité de ces Cœlentérés. iii. homologie des appendices chez les divers Arthuopodes. Il règne une confusion extrême dans cette question, parce que les naturalistes ne se sont pas placés sur le véritable terrain qui permettait de la résoudre. 6 SOCIETE BELGE DE MICROSCOPIE. A la suite d'Emile Blanchard, l'on a considéré les ché- licères des Arachnides comme homologues des antennes des Insectes, parce qu'elles sont innervées par un nerf qui part de la masse nerveuse supra-œosophagienne. Mais Balfour a fait observer que le cerveau des Araignées comprend deux ganglions : l'un, qui seul se développe en avant du stomodseum dans l'embryon, innerve les yeux; l'autre, qui innerve les chélicères, fait primitive- ment partie de la chaîne ventrale, et ne passe que plus tard au-dessus de l'œsophage pour venir faire partie du cerveau. L'opinion d'Emile Blanchard fut par conséquent écartée, et l'on admit que les Arachnides ne possèdent point d'appendices correspondant aux antennes des [nsectes. D'autre part, le cerveau des Crustacés se montre formé de trois ganglions : le premier, ophthalmique, innerve les yeux; les deux suivants envoient des nerfs aux antennules et aux antennes. Mais l'embryologie des Crustacés a montré qu'il n'y a chez ces Arthropodes, pas plus que chez les Arachnides, de membres préoraux : le stomodseum prend en efïet naissance en avant de la première paire de pattes chez le Nauplius, et ce n'est qu'ultérieurement que les cellules qui innervent les futures antennules et antennes passent au-dessus de l'œsophage. En outre Pelseneer a démontré que chez VApus cancri/ormis adulte, on peut encore reconnaître que les deux premières paires d'appendices sont des membres [)ostoraux. Les (uilennulcs des Cjrustacés sont donc les honiohxjiws des cliélicères des Arachnides, mais à quoi correspondent-elles dans le corps de l'Insecte? Laissant d'abord de côté la question de l'innervation BULLETIN DES SEANCES. 7 et de la position de la bouche, qui n'est que secondaire, nous devons admettre que la première paire de cavités entérocœliennes chez l'Insecte et chez l'Araignée sont homologues. Or, dans nos coupes d'embryons de Blatte, nous observons que cette première paire de cavités entéro- cœliennes correspond aux antennes, couime elle corres- pond aux chélicères chez les Arachnides. En outre, les antennes de nos embryons sont dis- posées absolument comme les autres appendices méta- mériques, c'est-à-dire qu'elles ne se projettent pas en avant, mais qu'elles sont dirigées en-dessous et en arrière : elles simulent des pattes primitives, comme d'ailleurs aussi les membres buccaux ; de plus, et c'est là le point important, elles naissent en arrière de l'ou- verture buccale : le slomodseum se forme en effet en un point situé en avant de la première paire de cavités entérocœliennes. // iiy a donc pas de membres préoraux chez les Insectes. Enfin, en ce qui concerne l'innervation, le cerveau des Insectes est constitué non pas d'un seul, mais de deux ganglions; le premier est seul primitivement supra-œsophagien, c'est le ganglion ophthalmique; le second est constitué par des cellules qui sont situées primitivement sur les côtés et en arrière du stomodaeum, mais qui plus tard passent au-dessus de l'œsophage : c'est ce ganglion qui innerve les antennes. A Ions ces points de vue, les antennes des Insectes correspondent donc aux chélicères des Arachnomorphes et aux antennules des Crustacés. SOCIETE BELGE DE MICROSCOPIE. IV. Appendices abdominaux. Ainsi que l'ont reconnu Biitschli et Graber, chacun des anneaux de l'abdomen des Insectes porte une paire d'appendices embryonnaires : nous les observons éga- lement sur nos préparations dans les stades très jeunes; ils s'effacent bientôt, à l'exception de deux paires qui méritent quelque attention , la première et la der- nière. La dernière paire d'appendices se développe avant ceux des autres anneaux abdominaux, et elle s'accroît au lieu de disparaître -.l'extrémité du corps étant recourbée, elle est ramenée sous le ventre, de telle façon que l'em- bryon de Blatte montre longtemps un aspect absolument comparable à celui d'une Podure. Plus tard cette cour- bure disparaît, les appendices deviennent terminaux, et constituent les cerques de l'animal adulte. La première paire de pattes abdominales prend aussi un plus grand développement. Graber a déjà observé le fait sur l'embryon de la Mante religieuse. Est-ce l'indi- cation d'un stade oîi l'Insecte avait huit pattes comme l'Araignée? Le mode de disparition de cette paire d'appendices est tout à fait extraordinaire et n'a pas encore été signalé. La partie ectodermique de la patte se gonfle en une sorte de ballon pédicule dont l'attache avec le corps s'amincit de plus en plus : à un moment donné, le membre se détache, et tombe dans la cavité de l'amnios, où l'on peut sur les coupes en retrouver les débris dans les stades immédiatement ultérieurs. BULLETIN DES SEANCES. V. Numération des somites de l'Insecte. Nous comptons dix anneaux à l'abdomen embryon- naire de la Blatte; de sorte que le thorax en comptant trois et la tête quatre, le corps de l'Insecte se trouve formé en tout de dix-sept somites. XVII 1. Nous publions ci-dessous comme annexe à notre Bulletin, la traduction de l'important article du docteur Koch. ' Nouvelle communication sur un traitement de la tuberculose, par M. le professeur R. KOCH. Lors du dernier Congrès international des sciences médi- cales, j'ai fait mention d'un moyen par lequel j'ai réussi à rendre des animaux indemnes contre l'inoculation de bacilles des tubercules, et même à arrêter le processus tuberculeux chez des animaux déjà atteints de tuberculose. Maintenant nous venons de faire, chez l'homme, avec ce remède, des expériences dont voici le résultat : Je déclare qu'au fond j'aurais préféré terminer complète- ment les expériences, surtout en ce qui concerne la collec- tion d'expériences suftîsantes relativement à l'emploi du remède dans la pratique, .l'aurais voulu aussi étudier et éta- blir des règles exactes sur la méthode de la fabrication de cet agent sur une grande échelle, avant d'en parler au public médical. Mais, à l'heure actuelle, malgré toutes les précautions prises, on en a tant parlé et, il est vrai, d'une manière si exagérée et si peu exacte qu'il me semble bon d'orienter les médecins sur l'état actuel de cette question, afin qu'il soit, impossible qu'on s'en fasse des idées fausses. Il est vrai que je ne puis pas en dire beaucoup encore et que je dois laisser entièrement de côté plus d'une question bien importante. Les expériences ont été faites sous ma direction par MM. Libbertz et Pfuhl. Les malades ont été choisis dans les cli- niques de MM. Brieger, W. Levy, Fraentzel, von Bergmann. Je remercie tous ces messieurs et leurs assistants pour le bon concours qu'ils ont bien voulu me prêter et sans lequel, je crois, je n'aurais pas réussi à poursuivre jusqu'ici, en si peu de mois, des expériences qui mettent en jeu une si grande responsabilité. Sur le remède lui-même et sur sa composition, je ne puis XVII 2 42 SOCIÉTÉ BliLGE DE MICROSCOPIE. rien dire encore, les recherches des méthodes de fabrication sur une grande échelle n'étant pas encore terminées. J'en donnerai les détails ultérieurement. Le remède est un liquide limpide, brunâtre, qui, sans prendre même des précautions particulières, ne se décompose pas; avant de s'en servir, il faut le diluer; mais ces liquides dilués avec de l'eau distillée se décomposent; il s'y développe des végétations microbiennes; ces liquides se troublent et ne sont plus applicables. Pour empêcher la décomposition, il faut stériliser par la chaleur les liquides dilués et les conserver dans un flacon bouché avec un bouchon d'ouate, ou, ce qui est plus commode, il faut les diluer à l'aide d'une solution d'acide phénique de 0.5 p. 100. Mais, malgré tout, l'action des liquides dilués, soit stérilisés, soit préparés à l'aide de l'acide phénique, semble s'aff'aiblir au bout de quelque temps, et c'est pour cette raison que je me sers toujours de solutions fraîchement préparées. Le remède ingéré par la bouche n'exerce point d'action : pour obtenir une action précise, il faut l'employer en injection sous-cutanée. Nous nous sommes servis pour nos injections d'une petite seringue à ballon de caoutchouc, elle n'a point de piston et cette seringue reste facilement aseptique par le lavage seul avec de l'alcool absolu. Je crois que c'est à ce mode de procéder que nous devons de n'avoir pas observé un seul abcès, bien que nous ayons fait plus de mille injec- tions. Comme lieu d'application nous avons choisi la peau du dos dans la région comprise entre les omoplates et dans la région lombaire, parce que, d'après nos expériences, c'est dans ces régions que l'injection était presque indolore et ne provoquait généralement aucune réaction locale. Duant à l'action du remède sur l'homme, nous avons observé dès le commencement que l'homme réagit contre cet agents d'une manière imporlante et facile à constater, mais tout autrement que le cobaye, l'animal choisi pour ces expé- riences. C'est une constatation nouvelle de celle règle impor- tante dont l'expérimentaleur ne peut jamais trop tenir compte. BULLETIN DES SÉANCES. 13 à savoir que l'on ne peut pas, des résultats des expériences faites chez l'animal, conclure à des effets identiques chez l'homme. En effet, nous avons constaté une réaction bien plus sen- sible chez rhonnne contre le remède, que ce n'était le cas chez le cobaye. On peut faire à un cobaye indemne une injection sous-cutanée de "2 centimètres cubes du liquide non dilué et même une plus forte encore, sans que l'animal pré- sente quelque symptôme perceptible. Chez l'homme sain, une injection sous-cutanée de 0.25 centigrammes du liquide non dilué, suflit pour produire une action considérable. En rapportant ces chiffres au poids du corps (1/1500), on trouve que la proportion qui n'a pas d'action visible sur le cobaye, suffit pour produire chez l'homme une action éner- gique. Pour connaître les symptômes produits par une injection de 0,25 centimètres cubes chez l'homme, je me suis fait une injection au bras; voici ce que j'ai observé : trois à quatre heures après l'injection, tiraillements dans les membres, dis- position à tousser, dyspnée, symptômes qui augmentaient rapidement; dans la cinquième heure frisson très violent, durant presque une heure; en même temps nausées, vomisse- ments, élévation de température jusqu'à 39°6; au bout de douze heures, ralentissement de tous les symptômes, le lendemain, la température était normale. Pendant quelqutîs jours, je ressentis une lourdeur et une lassitude dans les membres et il y avait aussi une rougeur autour du point d'in- jection qui était un peu douloureux. Chez l'homme sain, la dose minima qui puisse agir est, d'après nos observations, d'environ 1 centim. cube de la solu- tion obtenue en diluant le liquide originaire au centième (soit 1 centim. cube du liquide originaire). A cette dose seulement les individus éprouvent de légères douleurs dans les membres et une lassitude passagère. Quelques-uns ont présenté, en outre, après l'application de cette dose, une élévation de la température à 38° et un peu au-delà. A côté de la grande différence d'action du remède chez U SOCIETE BELGE DE MICROSCOIME. l'homme, d'une part, et chez le cobaye, d'autre part, il y a, par contre, sur quelques points relatifs à l'action produite, une assez grande analogie entre ce qui se passe chez l'homme et chez l'animal. La plus importante de ses qualités est raction spécifique de ce remède sur les processus tuberculeux, de quelque genre qu'ils soient. Je laisse de côté les expériences sur le cobaye, et je vais décrire la réaction très étrange de l'homme tuberculeux à l'égard de ce liquide. Nous avons vu que l'homme indemne ne réagit nullement ou presque pas à la dose de 1 centim. cube. Le même fait a été observé sur les hommes malades, à la condition que ceux-ci n'eussent pas été atteints de tuberculose. Mais dh que vous injectez à un homme tuberculeux 1 centigramme de ce liquide, vous obtenez mie réaction énergique, tant générale que locale. La dose est, pour les enfants de trois à cinq ans : 0,001 (le dixième de la dose de l'adulte) ; chez des enfants très affai- blis et chétifs nous avons obtenu, par la dose de 0.0005, une réaction énergique mais sans danger pour la vie des petits malades. La réaction générale débute par un accès de fièvre, qui, commençant dans la plupart des cas par un frisson, élève la température au-dessus de '-^9°, même de 40° et 41°; en même temps on observe : excitation à tousser, douleurs dans les membres, grande lassitude, plus souvent nausées et vomis- sements. Chez quelques-uns nous avons constaté un léger ictère, et chez quelques autres un exanthème au cou et à la poitrine ressemblant à celui de la rougeole. L'accès commence quatre à cinq heures après l'injection et dure douze à quinze heures. Dans des cas exceptionnels, nous avans vu se mani- fester l'ensemble de ces symptômes plus tard, et chez ces malades l'accès était moins intense. Les malades sont légè- rement fatigués par l'accès et, lorsque celui-ci est terminé, ils déclarent généralement se sentir mieux qu'avant le pro- cessus. La réaction locale s'observe le plus nettement chez les BULLETIN DES SEANCES. 15 tuberculeux, dont l'affection tuberculeuse est visible, c'est-à- dire chez les malades atteints de lupus tuberculeux. Chez ces malades le remède produit des altérations qui nous font connaître, d'une manière surprenante, l'action spécifique antituberculeuse de ce moyen. Quelques heures après l'in- jection faite sous la peau dorsale, c'est-à-dire à un point bien éloigné des parties atteintes, les régions lupeuses commen- cent — d'ordinaire même avant la manifestation du frisson — à gonfler et à rougir. Pendant la fièvre, le gonflement et la rougeur augmentent de plus en plus et cet état arrive même au point que le tissu lupeux présente ça et là une couleur brun-rouge et devient nécrosique. Si les foyers lupeux sont plus limités, on voit que la région, fortement tuméfiée et d'un brun-rouge, est entourée d'une auréole blanchâtre d'une largeur de près d'un centi- mètre, qui à son tour est entourée d'une zone rouge vif. Après l'abaissement de la température, la tuméfaction des régions lupeuses diminue peu à peu, de telle sorte qu'elle peut avoir disparu au bout de deux ou trois jours. Les foyers lupeux eux- mêmes sont couverts de croûtes formées d'un sérum s'écou- lant en gouttes et se séchant à l'air; elles se transforment en escharres qui se détachent spontanément au bout de deux à trois semaines et présentent, parfois déjà après une seule injection du liquide, une cicatrice lisse et rouge. En général, il faut cependant plusieurs injections pour obtenir ce résultat. Un point à noter, c'est que dans ce processus les altérations décrites sont exclusivement limitées aux régions atteintes de lupus ; les plus petites nodosités, presque invisibles et cachées dans le tissu cicatriciel, prennent même part à ce processus et deviennent visibles par suite du gonflement et du changement de couleur, tandis que le tissu cicatriciel proprement dit, dans lequel les processus lupeux se sont terminés, ne subit aucun changement. L'observation d'un malade atteint de lupus tuberculeux et traité par ce liquide est tellement instructive et convaincante, que je conseille à celui qui veut se rendre compte de l'action ■16 SOCIÉTÉ BELGE DE MICHOSCOI'IE. de ce liquide de commencer par le traitement d'un lupus tuberculeux. Les réactions locales dans les cas de tuberculose des ganglions lymphatiques, des os et des articulations, etc., sont moins frajipantes, mais toujours encore perceptibles à l'œil et au toucher. On observe dans ces cas une tumé- faction, une augmentation de la douleur et, si les parties atteintes sont situées à la surface, on constate aussi de la rougeur. Pour le moment, la réaction qui se fait dans les organes internes après l'injection échappe à notre observation, à moins qu'on ne veuille rapporter à une réaction locale l'augmenta- tion de la toux et des crachats des tuberculeux que l'on vient d'injecter pour les premières fois. 11 faut admettre pourtant aussi que chez ces malades il se passe des modifications ana- logues à celles qu'on observe directement chez les lupeux. On a observé les phénomènes de réaction dans tous les cas, chez tous les malades tuberculeux, auxquels nous avons fait des injections : // n'y a pas un seul cas où le liquide en question liait manifesté so)i action toujours identique. Voilà pourquoi je crois pouvoir dire que, pour l'avenir, ces injections nous servi- ront comme un moyen précieux pour le diagnostic. A l'aide de ce liquide, on pourra diagnostiquer la présence de la tuberculose même dans les cas où l'on n'aura pas réussi à trouver des bacilles ou des fibres élastiques dans les expec- torations et où l'on n'aura pas non plus réussi à diagnostiquer la tuberculose par l'exploration physique. Les affections tuberculeuses des glandes, la tuberculose latente des os, une tuberculose douteuse de la peau, etc., seront facilement reconnues comme processus de la tuberculose vraie. Dans les cas de tuberculose des poumons et des articula- tions, où le processus pathologique semble être éteint, l'injection permettra de s'assurer si réellement l'extinction du processus est complète, ou s'il existe encore quelques foyers, pouvant un jour donner lieu à une nouvelle évolution de la maladie, tout comme l'étincellt' cachée sous des cendres BULLETIN DES SÉANCES. 47 trompeuses peut se rallumer à tout moment et développer une nouvelle tlamme. Mais l'importance de l'action du liquide comme remède, comme agent curatif, est beaucoup plus grande que celle qui se rapporte à la question du diagnostic. J'ai dit plus haut que le tissu lupeux, après la diminution de la tuméfaction et de la rougeur, consécutives à l'injection, ne revient pas à son état antérieur; au contraire, le tissu lupeux est plus ou moins détruit et disparaît. Parfois, ce processus se déroule de manière que le tissu atteint se mor- tifie immédiatement après une seule injection et se détache ultérieurement comme un tissu mort. Chez d'autres malades,, il semble qu'il y ait plutôt une sorte d'atrophie ou de fonte du tissu, qu'il s'agisse d'un processus qui, pour aboutir à une guérison, paraît avoir besoin de l'influence répétée de l'action du liquide. Je ne puis dire exactement aujourd'hui de quelle manière se font ces processus, les examens histo- logiques nécessaires faisant encore défaut. Mais ce qui est constaté, c'est qu'il ne s'agit pas d'une destruction des bacilles des tubercules contenus dans les tissus; seul, le tissu qui contient les bacilles des tubercules est atteint par l'action du liquide. Dans ce tissu on voit une tuméfaction et une rougeur considérables, c'est-à-dire des altérations notables de la circulation, d'où dépendent sans doute des modifications altérant profondément la nutrition, de sorte que le tissu doit se mortifier. Cette mortification se fera plus ou moins rapi- dement et profondément, suivant la façon dont l'action du liquide est utilisée. Le liquide, je le répète, ne tue donc pas les bacilles des tubercules, mais le tissu tuberculeux, ce qui fait voir sa limite d'action. 11 ne peut agir que sur le tissu tuberculeux vivant; il n'agit point du tout par exemple sur des masses caséeuses déjà mortifiées, des os nécrosés, etc.; il n'agit pas non plus sur le tissu mortifié par l'action du liquide lui-même. Use peut bien qu'il y ait encore dans ces masses de tissu mortifié des bacilles des tubercules vivants, qui, ou bien sont expulsés ■18 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIR. avec le tissu nécrosé, ou bien peuvent pénétrer sous des conditions particulières dans le tissu avoisinant vivant. Il faut faire bien attention à cette qualité du remède, quand on veut mettre à profit toute son action pour la guérison. II faut donc d'abord nécroser le tissu tuberculeux encore vivant, puis tâcher avec la plus grande énergie d'éliminer le tissu nécrosé, l'extirper même au besoin. Dans le cas où l'extirpa- tion n'est pas applicable et où l'activité seule de l'organisme ne peut effectuer qu'une expulsion lente, il faut continuer l'application du liquide pour garantir le tissu vivant com- promis d'une rèimmigration des parasites. Le fait que le liquide mortifie le tissu tuberculeux et n'agit que sur le tissu vivant, nous explique encore une qualité bien particulière de cet agent : c'est que l'on peut en injecter des doses rapidement croissantes. On pourrait de prime abord attribuer cela à l'accoutumance; mais cette idée est réfutée par ce fait que l'on peut augmenter la dose dans le courant de trois semaines environ jusqu'à cinq cents fois la première dose; ceci ne peut plus être considéré comme l'effet de l'fia- bitude, car une telle adaptation rapide des malades à un médicament est sans exemple. Il faut dire plutôt qu'au commencement il y a eu une grande quantité de tissu tuberculeux vivant ; et que par con- séquent une petite dose de la substance active a suffi pour produire une réaction énergique; or, comme par chaque injection on fait disparaître une certaine quantité du tissu capable de réaction, il faut, au fur et à mesure, des doses de plus en plus grandes pour obtenir le même degré de réaction que précédemment. Toutefois j'accorde que le malade prend, en effet, jusqu'à un certain point, l'habitude du remède. A partir du moment où le tuberculeux, traité par des doses de plus en plus croissantes, ne manifeste qu'une réaction aussi faible que celle qu'on observe chez l'homme sain après l'in- jection, on peut admettre que tout tissu tuberculeux suscep- tible de réaction a cessé de vivre. BULLETIN DES SEANCES. 19 En conséquence, pour que le malade, tant qu'il y a encore des bacilles dans l'organisme, soit à l'abri d'une nouvelle infection, il faut continuer le traitement; mais alors il faut employer des doses lentement croissantes et établir des inter- ruptions dans le traitement. L'avenir nous démontrera si cette idée et les conclusions que j'en tire sont justes. A l'heure actuelle, j'ai fait mes expé- riences sur cette base. Nous avons procédé de la manière sui- vante : Presque chez tous les lupeux, nous avons injecté la dose entière de un centigramme, nous avons laissé passer la réac- tion, et au bout de une à deux semaines, nous avons injecté de nouveau un centigramme, et nous avons continué de cette manière jusqu'à ce que la réaction soit devenue de plus en plus faible, pour cesser enfin complètement. Ainsi, chez deux malades, atteints de lupus tuberculeux de la face, les régions lupeuses se sont couvertes de cicatrices lisses après trois ou quatre injections ; l'état des autres lupeux s'est amélioré de la même manière au fur et à mesure de la durée de leur traite- ment. Tous ces malades étaient atteints de lupus depuis bien des années, et l'afï'ection avait été rebelle jusqu'ici à un grand nombre de méthodes de traitement auxquelles chacun d'eux avait été déjà soumis. Nous avons traité de la même manière des cas de tubercu- lose des ganglions, des os, des articulations. Le succès obtenu a été le même que chez les lupeux : amélioration rapide dans les cas récents et légers, amélioration lente dans les cas graves. Chez la plupart des tuberculeux, les conditions se présen- tent un peu différemment. Il faut dire d'abord que les malades atteints de tuberculose pulmonaire prononcée, sont beaucoup plus sensibles à l'égard du liquide que les malades atteints d'aff"ections tuberculeuses chirurgicales. Nous avons constaté bientôt que la dose d'un centim. cube était trop forte pour les phtisiques et nous avons obtenu chez ceux-ci une réaction énergique après l'injection de deux millim. cubes et même de un millim. cube du liquide. Mais, en débutant par 20 SOCIKTE BELGE DE MICROSCOPIE. cette dose minima, on peut bientôt augmenter rapidement la dose, et, au bout de peu de temps, les phtisiques supportent les mêmes doses que les autres malades. Généralement nous injections à un phtisique, pour la pre- mière fois, un millim. cube et, si l'injection était suivie d'élé- vation de la température, nous injections chaque jour la même quantité, jusqu'à ce qu'il ne se produisît plus de réac- tion. A ce moment seulement, nous injections deux millim. cubes jusqu'à ce que cette injection ne fût plus suivie de réaction, et ainsi de suite, en augmentant chaque jour la dose d'un millim. cube; nous sommes arrivés ainsi à des doses d'un centim. cube et plus. A mon avis, ce procédé doit donc être suivi chez les malades qui ont peu de forces, car il permet d'administrer aux malades les doses nécessaires, presque sans fièvre. Quelques phtisiques, dont les forces étaient encore assez bonnes, ont été traités soit à l'aide de doses immédiatement élevées, soit à l'aide de doses rapidement croissantes, et il m'a semblé que le résultat favorable se faisait sentir d'autant plus vite. L'action du liquide chez les phtisiques était telle que les quintes de toux et les expectorations, après avoir d'habi- tude augmenté d'abord quelque peu à la suite des premières injections, allaient ensuite en diminuant à l'ordinaire; puis ces symptômes décroissaient de plus en plus pour disparaître enfin complètement, au moins dans les cas où la marche fut la plus favorable; en même temps, les expectorations, jusqu'ici purulentes, devinrent muqueuses. Le nombre des bacilles ne commençait généralement à baisser que quand l'expectoration avait pris un aspect mu- queux (il faut noter ici que l'on n'a choisi pour ces expé- riences que des malades présentant des bacilles dans leurs crachats). Les bacilles, alors, disparaissaient complètement pour un temps, mais se retrouvaient de nouveau, de temps à autre, jusqu'à ce que l'expectoration cessât entièrement. En même temps les sueurs nocturnes se supprimaient, l'aspect général s'améliorait, et le poids des malades augmen- BULLETIN DES SÉANCES. 21 tait. Les malades traités dans le stade initial de la phtisie furent tous délivrés, en l'espace de quatre à six semaines, de la totalité des symptômes de leur maladie, de sorte qu'on put les considérer comme guéris. Des malades, porteurs de cavernes dont les dimensions n'étaient pas trop grandes, ont été aussi considérablement améliorés et à peu près guéris. C'est seulement chez les phtisiques dont les poumons conte- naient des cavernes nombreuses et vastes, que, (en dépit d'une diminution encore manifeste des crachats accompagnée d'un amendementdes phénomènes subjectifs), aucune amélio- ration objective ne fut constatée. A la suite de ces expériences, je suis disposé à admettre qu'une phtisie commençante peut être GUÉRIE d'une manière CERTAINE A l'aIDE DE CE REMÈDE (1). Cette conclusion s'applique encore, mais en partie seulement, aux cas dans lesquels l'affection n'est pas trop avancée déjà. Mais les phtisiques qui portent de grandes cavernes et chez lesquels il existe, la plupart du temps, des complications (telles que la pénétration dans les cavernes de divers microbes susceptibles de produire la suppuration, ou la formation dans d'autres organes d'altérations pathologiques qu'on ne peut enlever, etc.), ne retireront guère qu'exceptionnellement un bénéfice durable de l'emploi de ce remède. Cependant les malades de cette catégorie furent aussi améliorés passa- gèrement dans la plupart des cas. On doit en conclure que, chez eux aussi, le processus morbide originel, la tuberculose, a été influencée par le remède de la même manière que chez les autres malades et que, d'habitude, il manque seulement en pareil cas la possibilité d'éliminer les masses de tissus (I) Au sujeldecelle déclaration, il faut néanmoins faire encore quelque réserve, attendu qu'actuellement il n'y a pas et il ne peut pas y avoir encore d'expériences décisives permettant de savoir si la guérison est définitive. Il va de soi qu'on ne saurait exclure encore îà présent la possibilité d'une récidive. On peut fort bien admettre, toutefois, qu'on viendrait à bout des récidives aussi aisément et aussi rapidement que de la première atteinte. Il se pourrait aussi, d'autre part, que les individus une fois guéris aient acquis une immunité durable, analogue à celle qui s'observe à l'occasion d'autres maladies infectieuses. C'est là également une question qui doit demeurer encore ouverte. 22 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. nécrosés à côté des processus de suppuration secondaires. Involontairement on est amené ainsi à se demander si l'on ne devrait pas porter encore une assistance utile à quelques- uns de ces malades si gravement atteints, en combinant le nouveau traitement avec quelque intervention chirurgicale (dans le genre de Fempyème, par exemple), ou avec d'autres facteurs curatifs. Ce que je voudrais surtout déconseiller formellement, c'est l'application de ce remède tentée, en quelque sorte d'une manière schématique et sans distinction, chez tous les tuberculeux. L'indication la plus simple à formuler consiste dans l'appli- cation de ce traitement dans les cas de phtisie commençante et d'affections chirurgicales simples; mais, pour toutes les autres formes de la tuberculose, le jugement du médecin reprend forcément tous ses droits, car il est indispensable ici d'individualiser soigneusement et de mettre en même temps en œuvre tous les autres modes d'assistance susceptibles de fournir un appui à l'action du nouveau traitement. Dans bien des cas, j'ai eu cette impression très nette que la façon dont les soins sont donnés aux malades exerce sur l'ac- tion curative une influence qui est bien loin d'être sans impor- tance; aussi je préférerais aux traitements à domicile ou dans les établissements ambulants, l'application de la cure nouvelle dans des établissements appropriés, où l'on pourra mieux assurer l'observation minutieuse des malades et les soins les plus rationnels. On ne saurait encore déterminer, en ce moment, dans quelle mesure il sera avantageux de combiner avec la méthode nouvelle l'application des procédés de traite- ment reconnus utiles jusqu'à ce jour, tels que l'usage des cli- mats de montagne, de la cure à l'air libre, des modes spéciaux d'alimentation, etc.; mais je crois que ces divers facteurs de la cure, joints à l'emploi du traitement nouveau, seront, eux aussi, d'une utilité très grande dans un très grand nombre de cas, notamment dans les cas jusque-là négligés et graves, ainsi que dans le stade de convalescence (1). (I) En ce qui concerne la lubcrculose de l'encéphalo ou du larynx et BULLETIN DES SÉANCES. 2.S Le point capital du nouveau mode de traitement réside, comme je l'ai dit déjà, dans son application aussi précoce que possible. La période initiale de la phtisie représente le vérita- ble objectif du traitement, parce que c'est à l'égard de celle-ci qu'il peut exercer son action intégralement. Aussi ne saurait- on insister suffisamment sur la nécessité qui s'impose aux praticiens, désormais plus encore que jusqu'à présent, d'éta- blir le diagnostic de la phtisie d'aussi bonne heure que possible. Jusqu'ici la recherche des bacilles dans les crachats était restée considérée, comme un examen d'intérêt secon- daire, assurant il est vrai le diagnostic, mais sans autre utilité pour le malade et par suite trop souvent omis, ainsi que j'ai pu m'en convaincre en ces derniers temps chez un grand nombre de phtisiques qui avaient passé entre les mains de plusieurs médecins, sans que leur expectoration eût été l'ob- jet d'un seul examen. Il en doit être autrement dans l'avenir. Tout médecin qui néglige d'établir, à l'aide de tous les moyens qui lui sont offerts et notamment à l'aide de l'examen des crachats sus- pects, le diagnostic aussi précoce que possible de la phtisie, se rend coupable d'une faute professionnelle grave envers son malade, parce que de ce diagnostic et de la précocité du trai- tement spécifique consécutivement institué, peut dépendre cette vie humaine. Dans les cas douteux, le médecin devrait, à l'aide d'une injection d'essai, acquérir une certitude à l'égard de l'existence ou de l'absence d'une tuberculose. Le procédé nouveau ne constituera un réel bienfait pour l'humanité souffrante que le jour où il aura rendu possible d'instituer en temps opportun le traitement de tous les cas de tuberculose, et où il aura permis de ne plus laisser se développer ces formes négligées et graves, qui ont entretenu jusqu'à présent une source inépuisable d'infections sans cesse renouvelées. la tuberculose miliaire, nous avons eu à notre disposition un matériel trop restreint pour nous permettre de grouper à cet égard un nombre d'expériences suffisant. 24 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. En terminant, je désire faire observer que je me suis abstenu intentionnellement dans cette communication de toute don- née statistique et de toute description des cas particuliers, parce que les médecins dans les services desquels se trouvent les malades soumis à nos expériences, comptent fournir eux- mêmes les observations des divers cas, et que je ne veux rien relater à l'avance de ce qui se rapporte à leurs observations présentées sous une forme aussi objective que possible. PAKATOLOÏDINE tel est le nom donné par M. Koch à son nouveau remède. (Semauie médicale) BILLETII\ DES SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE Tome XVII. NMI. 1890-1891. Procés-verbal de la séanee lueiisuelle du 99 novembre 1890. Présidence de M. Errera, président, i La séance est ouverte à 8 1/4 heures. Sont présents : MM. Bauwens, Bordet, D"" Coppez, H. Coppez, Delogne, de Pitteurs, DeWildeman, Errera, Francotte, Fanck, Jacobs, Hendrix, M"" Leclercq, Lewin, Lor, Nypels, Rynenbroeck, Slosse, Tocheff, Vanden- broeck, et Gallemaerts, secrétaire. M. le docteur Thiriaux assiste à la séance. Ouvrages 7'eçiis en hommage : D"" J.-G. De Man. — Quatrième note sur les nématodes libres de la !\ler du Nord et de la Mane/ie (Mém. soc. zool. de France, 1890.) E. De Wildeman. — Note sur la dispersion des Ceplia- XVII 3 26 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. leuros virescens et Plitjcopeltis arundinacea (Mont.) De Toni (Notarisia n" 20.) J. Deby. — Bihliogimpliie récente des Diatomées III; Nécrologie (Nuova 'Xotarisia, octobre 1890.) W. Behrens. — Leitfaden der botanischen Mikrosho- pie (Ilarald Brnhn, Brannsclnueig). J.-B. Cox. — Tlie new apocliromatic objective (T/ie microscope 1890.) — — Diatoms-Tlieir nutrition and locomotion (The microscope 1890.) L'assemblée vote des remerciments à MM. De Man, De Wildeman, Debv, Behrens et Cox. Lupus «le la conjonctive, par le D' E. Gallemaerts. Au moment où- la question de la tuberculose est à l'ordre du jour, il ne sera pas sans intérêt de dire quel- ques mots au sujet de l'étiologie du lupus, et de rappeler rapidement les opinions des auteurs qui ont le plus con- tribué à établir l'identité de cette affection etde la tuber- culose. La question de l'étiologie dulupuspeut être envisagée à différents points de vue, notamment au point de vue de la clinique, de l'anatomo-pathologie et de la bac- tériologie. Je n'ai pas l'intention de développer longue- guement ce sujet; il est traité d'une façon complète par l'un de nos membres, M. le docteur Dubois-Havenith dans un excellent travail qui ne tardera pas à voir le jour. En I87r> déjà, Friedliinder se basant sur la présence BULLKTIN DES SÉANCES. 27 (Je cellules géantes dans le lissii lupeiix, avait émis, l'un des premiers, l'hypollièse que le lupus et la tuberculose sont des affections de même nature. Après cet auteur, Lang (1875), Colomiatti, Idelson (1879), Stilling (1877) et d'autres se rangèrent à la même opinion qui fut vivement combattue par Chiari (1879) et Jarisch (1880). La structure du lupus fut le mieux étudiée par Baum- garten; ses recherches portèrentprécisémentsur le lupus de la conjonctive (*). En comparant les nodules du lupus et ceux de la tuberculose, il y rencontrait les ressemblances sui- vantes : ces nodules sont tous deux formés d'un tissu de granulations, c'est-à-dire qu'on y rencontre des cel- lules immigrées, des cellules épithélioïdes, et enfin des cellules géantes. Si tels sont les caractères communs, il en est cependant aussi d'essentiellement différents. D'abord, les produits du lupus se rapprochent beaucoup plus des tissus de nouvelle formation que les tubercules proprement dits; le nodule dans le lupus, même quand ilest complètementdéveloppé, ne seprésenteque comme un foyer circonscrit de tissu granulaire; il contient des vaisseaux en môme temps qu'il renferme des cellules géantes; ce nodule peut s'enflammer, se résorber ou bien se cicatriser. Le tubercule vrai est toujours un gra- nulome privé de vaisseaux, et subit un processus nécro- biotique que l'on ne rencontre jamais dans le lupus : la caséification. Birch-Hirschfeld, deux années après la publication du travail de Baumgarten, s'appuie sur les mêmes considé- (*) Balmgakten. Ucber Lupus tind Tuberculose, besonden der Conjunc- liva{Arcli. Virchow, 1880, p. 597). 28 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. rations que lui pour repousser l'identité de la tuberculose et du lupus, tout en admettant la nature infectieuse de cette dernière maladie. Lorsque le bacille de Kocb fut découvert, on se trou- vait en présence d'un nouveau critérium, et la question, indécise jusqu'alors en raison des divergences d'opinion basées sur des faits cliniques et anatomo-patbologiques, fut étudiée de nouveau et définitivement tranchée en faveur des partisans de l'identité des deux affections. En effet, Koch, dans son grand travail sur l'étiologic de la tuberculose, rapporte 7 cas de lupus dans lesquels il retrouva les bacilles caractéristiques au sein des cellules géantes; ces bacilles étaient rares il est vrai, car il fallait parfois examiner 27 à 42 coupes avant d'en trouver un seul. Mais la preuve de la nature tuberculeuse du lupus était donnée d'une manière plus concluante, par la méthode des inoculations. Ainsi, avec les produits des 7 cas de lupus introduits dans l'œil du lapin, Koch détermina chaque fois une tuberculose de l'iris, puis une tuberculose généralisée. Enfin, un lupus hypertro- phique fournit à Koch une culture pure de bacilles tuber- culeux. La preuve de la nature tuberculeuse du lupus était ainsi donnée d'une façon péremptoire par la décou- verte de Koch. Après lui, Schuchardt et Krause (1885) Lachman (1884), Kobner (188-4), Martin (1885), Pétrone (1884) et plus tard Cornil et Leloir (1886), démontrèrent l'exis- tence du bacille de Koch dans le lupus, les uns en pro- cédant à l'examen bactériologique des tubercules du lupus, les autres en ayant recours à des inoculations. Paul Bert (1885) alla même jusqu'à préconiser le lupus comme un vaccin contre la tuberculose. BULLETIN DES SÉANCES. 'i'J La démonstration du fait est surtout intéressante en ce qui concerne le lupus de la conjonctive. Pasçenstecher (1885] détermina avec les produits de o cas de lupus de la conjonctive, une tuberculose irienne par inoculation dans la chambre antérieure. Parinaud (1884), Gayet (1885), Rbcin (1886), Stolting (1886), retrouvèrent le bacille dans les coupes microscopiques. Plus récemment encore, Trousseau {") fit part à la Société française d'oph- talmologie du résultat de ses expériences avec un lupus de la conjonctive. L'existence des bacilles de Koch fut déterminée par Haensell ; l'inoculation dans la chambre antérieure de l'œil du lapin détermina deux fois sur les deux cas opérés la tuberculose de l'iris; l'inoculation dans les lames de la cornée ne réussit qu'une fois sur deux. Le lupus de la conjonctive est une affection rare ; je n'en ai pour ma part observé que deux cas, que M. le professeur Coppez a présentés à sa clinique; cette affec- tion se développe parfois spontanément, mais le plus souvent elle se déclare chez des sujets déjà atteints par l'extension d'un lupus de la paupière ou de la joue. On trouve sur la muqueuse conjonctivale des végétations plus ou moins nombreuses et développées, d'un rouge très vif, ulcérées par places. Les préparations que je vous présente, proviennent d'un lupus de la conjonc- tive développé chez une jeune fille de 22 ans, en traitement dans le service du docteur Coppez. Elle était malade depuis quatre ans. L'affection avait débuté par le nez, de là elle s'était étendue à la joue. Chose remarquable, les gencives sont gonflées et présentent (1) Trousseau. Lupus et tuberculose oculaire. (Bvll. Société {rançaise optUalm.), p. 86, an. 18S9. 30 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. l'aspect (l'un lissii granulaire qui saigne facilement. En retournant la paupière supérieure, on peut constater l'aspect velouté de la conjonctive; et dans le cul-de-sac existe une végétation rougeâtre, occupant presque la moitié de la longueur de la paupière. L'excision de la végétation fut faite à l'œil gauche par M. Coppez, avec application consécutive du thermo-cautère au niveau de la plaie. On peut constater dans les préparations obtenues que la structure répond complètement à la description de Baumgarten ; c'est un tissu de granula- tion, les cellules géantes sont très rares, mais par contre les vaisseaux y sont très abondants. D'autre part, en traitant les préparations par la méthode de Ziehl, on y décèle l'existence de nombreux bacilles de Koch. Cette constatation est donc une confirmation nouvelle d'un fait observé par beauci)up d'auteurs. Et si l'on considère comme tuberculeux, tous les processus pathologiquesqui se développent sous l'influence du bacille de Koch, il est permis d'affirmer, en nous basant sur ces recherches, que le lupus et la tuberculose ne sont que des modalités différentes de la même affection. Il reste à examiner un dernier point. On peut se demander pourquoi la tuberculose conjonctivale est si rare; pourquoi la conjonctive présente-t-elle une espèce d'immunité contre la tuberculose? La conjonctive offre cependant une surface exposée à l'inoculation des germes tuberculeux autant, si pas plus, que les autres muqueuses. L'explication de ce fait étrange nous semble fournie par des expériences intéressantes, instituées par le docteur Valude, de Paris (*). (*) Vai,ui)E. Etude expérimentale sur Vinoculalion tuberculeuse des parties baignées par les larmes (1887). BULLETIN DES SÉANCES. 31 Cet auteur a essayé de déterminer la tuberculose con- jonctivale par inoculation directe. Il pratiqua 6 inocu- lations dans la conjonctive saine, 5 dans la conjonctive présentant des plaies. Aucune ne donna la tuberculose. Les inoculations pratiquées dans la glande lacrymale eurent le même insuccès. D'autre part, et ses expérien- ces concordent avec celles d'autres auteurs, il réussit cinq fois sur six, à produire la tuberculose par inocula- tion sous-conjonctivale. Enfin la tuberculisation du sac lacrymal fut vainement essayée; elle échoua chaque fois qu'elle fut tentée. Ne peut-on pas en conclure, comme le fait Valude, que cette immunité de la conjonctive est due à la présence du liquide lacrymal qui la baigne constam- ment, s'écoule par le canal lacrymal, est renouvelé sans cesse, et conserve par conséquent toutes ses propriétés microbicides pour le bacille de Koch. Une semblable conclusion n'a rien d'exagéré; elle nous semble justifiée par les résultats de l'observation et de l'expérimentation. Le traitement de la tuberculose pai* la lué-* tliocle de Koeli, par le docteur L. Hendrix. Notre « Bulletin » a publié l'important article dans lequel Koch expose sa méthode de traitement delà tuber- culose, décrit les propriétés de sa lymphe et définit les résultats divers de son application aux malades tubercu- leux. Ce travail est en apparence plein de promesses, en réalité plein de réticences, et contraste avec le style ferme et les allures nettes auxquels les mémorables tra- vaux antérieurs de l'illustre bactériologue nous avaient habitués. Contrairement à ses habitudes, au lieu de nous 32 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. présenter une œuvre complète, terminée, n'exigeant plus du public scientifique qu'un travail de contrôle, Koch nous livre aujourd'hui une étude préparatoire, et semble demander à la clinique le complément des recherches faites au laboratoire ,'et la confirmation des promesses qu'il paraît ne formuler qu'avec une certaine hésitation. Nous ne sommes encore qu'à la première période de cette étude complémentaire et il est impossible pour le moment, et probablement avant une longue période d'ex- périmentation, de formuler un jugement sur la valeur de la méthode. C'est pourquoi je serai très réservé sur tous ces points d'appréciation, et très bref dans l'expo- sition de l'état actuel de la question. Un premier point semble éclairci. C'est l'incontestable valeur diagnostique de l'inoculation. Toutes les affirma- tions de Koch sur ce sujet paraissent se réaliser. La lymphe est un réactif d'une sensibilité exquise vis-à-vis du tissu tuberculeux. Il en révèle l'existence partout où il se trouve et en signale la présence dans les points ignorés. Chaque jour surgissent à ce point de vue des révélations inattendues et, cette propriété subsistât-elle seule, le procédé de Koch constituerait déjà une trou- vaille d'une valeur inestimable. Cependant de toutes parts, et j'en ai observé moi-même, sont signalés déjà des faits d'exception (Rosenbach, Gerhardt, Leytlcn) observés chez des malades manifestement tuberculeux qui n'ont pas présenté la réaction caractéristique. Ces faits, rares exceptions du reste en présence de centaines de faits positifs, se multiplieront évidemment. Ils demandent à être étudiés de près, mais ce n'est que quand on pos- sédera des notions exactes sur le mode d'action des liquides, et des examens histologiques approtondis, que BULLETIN DES SÉANCES. 33 l'on pourra en déterminer exactement la signification et l'importance. Reste la valeur thérapeutique du remède. Il convient ici d'être plus réservé encore. La confiance absolue que l'on ressentait devant les assertions de Koch avait donné lieu, au début, à d'étranges illusions. On s'imaginait que le traitement nouveau guérissait d'une manière sûre et rapide toutes les affections tuberculeuses localisées, telles que le lupus, la tuberculose chirui'gicale et laryn- gée, ainsi que les formes plus disséminées, telles que la tuberculose pulmonaire, à condition que celle-ci ne fût pas parvenue à un stade trop avancé. Plus le temps passe et mieux on s'aperçoit qu'il faut en rabattre et remettre à plus tard la constatation du résultat définitif. En réa- lité, tous ceux d'entre nous qui sont allés à Berlin et qui ont pu observer les cas les plus anciens en traitement, ont bien vu que le liquide de Koch exerce sur le tubercule une action manifestement favorable, qu'il le mortifie (*), qu'il en favorise l'élimination de l'organisme, quand celle- ci est possible, que, s'il ne détruit pas le bacille, il lui fait perdre de sa vitalité et lui fait subir des altérations évi- dentes, que d'une manière générale, l'organisme semble profiter des modifications subies par le tubercule. Mais, après deux mois environ d'expérimentation, qui de nous peut dire avec certitude avoir vu un seul cas formel de guérison? Nous avons vu sans doute des lupus arrivés à un point d'amélioration tel qu'il confine à la guérison. Nous avons vu un ou deux cas de tuberculose osseuse qui (•) Kromayer [Deutsche med. W'ocli., 1890, n» 49) mel en doute cette manière de voir de Koch. Sur un lambeau de lupus excisé pendant la réaction, 7 1/2 heures après l'inoculation, il a constaté l'absence de signes de mortification du tubercule proprement dit, mais bicnl'infiUra- lion purulente des tissus vasculaires périphériques. 34 SOCIETE BELGE DE BIICROSCOPIE. semblent guéris. Le professeur Fraeiitzel a congédié comme rétablis, mais en faisant les réserves les plus formelles, deux tuberculeux de la poitrine. Kocb affirme en avoir fait sortir trois guéris. Mais en général nous avons été obligés de constater, et les observations qui nous sont parvenues depuis nous confirment dans cette appréciation, que dans l'immense majorité des cas, si une amélioration générale a été constatée, la giiérison est encore attendue et paraît devoir se faire attendre longtemps. Je n'insisterai donc pas sur ces points et puisque je parle à des micrograpbes, je préfère attirer votre atten- tion sur les modifications que présentent, sous l'influence des inoculations du liquide de Kocb, les bacilles tuber- culeux. Les observations sur ce point n'ont pu être faites jusqu'à présent que sur les bacilles trouvés dans l'expec- toration des tuberculeux de la poitrine. Cbez ceux-ci, on observe en général, après les premières inoculations, une augmentation de la toux et de l'expectoration, dans laquelle les bacilles sont plus abondants; ils apparais- sent en agglomérats nombreux, noyés dans des petites masses visqueuses, qui semblent des tubercules dégéné- rés et éliminés, au milieu desquels ils paraissent consti- tuer des cultures pures. Bientôt l'expectoration diminue, les bacilles sont moins nombreux, disparaissent pendant quelque temps pour reparaître souvent plus tard. En même temps ils s'altèrent, et ce sont ces altérations que vous pourrez vous-mêmes constater sous ces microscopes, en les comparant aux bacilles normaux, placés à côté. Elles proviennent d'un malade qui a subi pendant quatre semaines environ le traitement par les inoculations. Vous verrez que les bacilles sont beaucoup plus petits BULLETIN DES SÉANCES. 3S que les bacilles normaux, qu'ils sont surtout plus étroits, presque filiformes, qu'à part les deux extrémités, ils sont mal colorés, que ces deux extrémités, délail carac- téristique, sont noiablement et très visiblement tumé- fiées, de sorte que le bacille affecte la forme d'un biscuit ou plus exactement d'une haltère. Vous verrez aussi que beaucoup de ces bacilles présentent sur différents points de leur longueur une sorte d'étranglement qui leur donne l'aspect moniliforme. Mais je me hâte d'ajouter que cette dernière altération, quoique de beaucoup plus fréquente dans ces cas-ci, n'est pas absolument caractéristique. Elle s'observe notamment aussi, mais plus rarement et d'une manière moins générale, chez les tuberculeux encore vigoureux, présentant des cavernes et ayant résisté longtemps à leur afïection, en un mot, dans les vieilles cavernes. Les bacilles, quoique altérés, ne meu- rent pas, ainsi que Koch l'a constaté lui-même. Ils sont susceptibles de culture et d'inoculation, et l'on a observé que quand le traitement a été suspendu pendant une quinzaine de jours, ils reprenaient leurs caractères mor- phologiques primitifs. Il ne parait pas, du moins par ce qu'on sait de l'expé- rience acquise jusqu'à présent, que le tubercule mortifié, ou du moins altéré, et avec lui les bacilles encore vivants qu'il renferme, ait une tendance à s'éliminer de l'orga- nisme, à l'exception toutefois des tubercules tout à fait superficiels, tels que le lupus, n'infiltrant que les couches superficielles de la peau, ou le tubercule osseux compli- qué de fistule. C'est là probablement que réside l'incer- titude et peut-être le danger de la méthode. Il se peut et c'est sans doute ainsi que le processus évolue, que les bacilles restent emprisonnés dans le tubercule mortifié 36 SOCIÉTÉ BELGE DE MICKOSCOPIE. sur lequel ils n'exercent plus aucune action et qui leur constitue une enveloppe impénétrable. Mais que, sous l'influence d'une cause quelconque, un traumatisme, une inflammation, cette enveloppe vienne à se briser : les bacilles, rendus à la liberté, se répandront dans le tissu sain avoisinant et provoqueront une récidive locale, ou bien, danger plus grand, tomberont dans la circulation générale et infecteront l'organisme. C'est pourquoi, ainsi que l'a parfaitement saisi et exposé le docteur Kœhler, il serait peut-être sage, après guérison par l'inoculation, d'extirper cbaque fois que ce sera possible (lupus des couches profondes de la peau, infiltrations sous-cutanées, ganglions, tubercules des os ou des articulations) le foyer mortifié. Tous ces points sont encore du domaine de la théorie pure et seront résolus par l'expérimentation et l'étude histologique. Abstenons-nous donc de formuler un juge- ment, quel qu'il soit et laissons à un avenir, peut-être prochain, le soin de nous éclairer sur la valeur de la découverte de Koch. A la suite de cette communication une discussion s'engage. M. le docteur Coppcz est d'avis qu'en présence du nombre relativement faible d'injections qui ont été faites, il n'est pas possible d'aflirmer qu'aucune afl'ection géné- rale autre que la tuberculose, ne puisse donner la réac- tion à la suite d'injection du liquide Koch. De plus, il est d'avis que ces injections peuvent présenter de graves dangers notamment dans les cas de péritonite tubercu- leuse, de méningite. Si la réaction ne se produit plus après quelques injections, ce n'est pas, d'après M. Coppez BULLETIN DES SÉANCES. 37 parce qu'il y a guérison, mais à cause de l'accoutumance au poison. M. Hendrix répond que l'expérimentateur doit tou- jours s'entourer des plus grandes précautions et que jusqu'ici les accidenis ont été très rares. M. Gallemaerts demande si les altérations des bacilles ne se rencontrent pas chez les tuberculeux qui n'ont pas été soumis au traitement. M. Hendrix insiste sur ce point que dans les prépara- tions fournies après l'injection, on constate les déforma- tions non pas de quelques bacilles, mais de presque tous. M. Slosse fait remarquer que l'on constate à la suite des injections, une amélioration dans l'état général, une augmentation de poids, une diminution de l'expectora- tion ; ce qui prouve que la situation est devenue meil- leure. M. Lewin signale deux cas de tuberculose pulmonaire avec bacilles, dans lesquels il n'y a pas eu de réaction. Enfin plusieurs membres sont d'avis que la méthode n'ayant été expérimentée sur l'homme que depuis le commencement du mois de septembre, il est difficile en ce moment d'en déterminer la valeur. Bibliog;rapliie Behrens. — Leitfaden der bolanischen Mikroshopie. Ce travail, constitue pour ainsi dire, une nouvelle édi- tion de la première partie du grand travail, que M. Behrens a publié sur les travaux microscopiques de laboratoire. M. Behrens divise ce traité en deux parties; la pre- 38 SOCIÉTÉ BELGE DE MiCROSCOPlE. niière traitant du microscope et des appareils accessoires, la seconde des préparations microscopiques. Après avoir exposé sommairement la théorie des ima- ges dans les microscopes simples et composés, il passe à la description de ces instruments. L'objectif et l'ocu- laire sont successivement décrits, le stativ et ses diffé- rents modèles viennent ensuite. Parmi ceux-ci il en est un qui est encore peu connu c'est le microscope d'aqua- rium, de Schulze. Il est composé d'un [microscope hori- zontal, pouvant se mouvoir dans trois directions à l'aide de vis. 11 se place devant un aquarium à paroi parallèles et de peu d'épaisseur. Au côté de l'aquarium, opposé au microscope, on adapte une plaque, percée d'un trou, qui peut se déplacer à volonté. La lumière est projetée vers cette ouverture au moyen d'un miroir. Les appareils d'éclairage, de chauffage, le pouvoir définissant du microscope, font l'objet de quelques observations. Puis vient la description des appareils de stereosco- pie, de microspectroscopie, de polarisation, et des micro- mètres oculaires et objectifs. Puis viennent les chambres à dessiner et les appareils de photographies, mais ceux-ci n'occupent qu'un espace très restreint, leur étude faisant d'ailleurs l'objet de traités spéciaux. Nous arrivons ainsi à la seconde partie de l'ouvrage ayant rapport aux préparations elles-mêmes. Après avoir décrit les ustensiles servant à la prépara- tion des objets, l'aulcur nous indique les règles géné- rales à suivre, pour la récolte, la culture des matériaux d'études; il étudie alors les solutions qui devront fixer les matériaux trais. BULLKTIN DES SÉANCES. 39 Les matériaux fixés doivent dans bien des cas être découpés en tranches, permettant l'analyse microsco- pique, il s'agit donc de les encastrer dans une substance qui permette de faire la coupe facilement. L'auteur décrit ici les différentes méthodes d'inclu- sion, qui peuvent être employées avec succès dans les recherches botaniques, Certaines préparations doivent subir avant l'examen, certains traitements tels que : la macération, la calcina- tion, etc., cela forme l'objet d'un autre chapitre. Pour rendre les coupes plus transparentes, l'on emploie comme on sait généralement de la potasse caustique en solution, ou deThypochlorite de potassium ou de sodium. La première de ces deux solutions absorbe comme on saitfacilementl'anhydridecarboniquede l'air. M. Behrens fait usage d'un flacon spécial pour conserver la solution. Ce flacon à large goulot est fermé par un bouchon en caoutchouc, qui est percé de deux trous; par l'un passe un tuyau recourbé, qui plongedans le vase jusqu'au fond, l'autre bout peut se fermer par un tuyau en caoutchouc qui se bouche par une bagueltede verre. La seconde ouver- ture du bouchon porte un entonnoir dans lequel on placera la substance absorbant l'acide carbonique. Cet entonnoir est fermé par un bouchon, qui est traversé par un tube ouvert aux deux bouts. Pour employer l'appareil, on remplit le flacon aux 5/4, on bouche en ayant soin de tenir le tube recourbé fermé. Puis on ouvre ce tube et on ferme l'autre; il suffit alors de placer sa main sur la portion du flacon qui contient de l'air, pour que la chaleur augmentant le volume fasse sortir quelques gouttes par le tube recourbé. Viennent ensuite les différentes méthodes de colora- 40 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOI'IE. tion, avec indication des formules de préparation des liquides colorants. Le chapitre, traitant de l'objet vivant, donne les diffé- rentes méthodes employées, et décrit entre autres la méthode indiquée par Klercker, dont j'ai déjà donné la description dans le bulletin de la Société. Le travail se termine alors par l'indication des liquides conservateurs, la fermeture des préparations et leur clas- sement. Ce traité est, comme on le voit, très complet malgré son peu d'étendue, et rendra beaucoup de services à l'étudiant qui s'occupe de microscopie botanique; il sera pour lui un vade-mecum au courant de la technique microscopique actuelle. É. D. W. I\[otes «le tecliiiiqiie M. W. Migula vient de décrire dans le Zeitsclirift fur wissenchaltliche M'ikroskopie, Bd. VII, Heft 2, p. 172, une nouvelle méthode pour la conservation d'organismes inférieurs en préparations microscopiques. Le nouveau médium qu'il propose est formé par le sérum du sang. Après avoir stérilisé et filtré le sérum, cette dernière opération devant être faite assez vite, on ajoute au liquide filtré 10 p. 100 de glycérine; puis on le place à l'étuve à une température de 45 à 50" C. Quand l'évaporation est suffisante, on retire et on obtient ainsi une masse gélatineuse semi liquide; on l'enferme dans des vases bien fermés, que l'on place à l'abri de l'humidité. Pour l'emploi, on prend une minime quantité de la BULLETIN DES SÉANCES. 44 masse ainsi formée, on la dissout dans dix à quinze fois son volume d'eau distillée, ce qui demande un certain temps. On place une goutte de ce liquide sur le porte- objet et on y laisse tomber à l'aide d'une pipette l'orga- nisme que l'on veut étudier. On laisse évaporer soit à l'air, soit mieux à l'étuve vers 50°; les rayons solaires peuvent également remplir le même but. On laisse évaporer, jusqu'à ce que la masse qui se trouve sur le porte-objet ait acquis la consistance du sérum dont on était parti. On couvre la préparation après avoir enduit la face du cover, tournée vers la préparation, d'un liquide formée de : Glycérine 40 parties. Alcool absolu 20 — Eau distillée 40 — On place la préparation pendant deux heures encore à l'étuve et on ferme à la manière ordinaire. Cette méthode conviendrait très bien pour les algues inférieures telles que les Volvocinées, les Flagellâtes et pour les Infusoires. É. D. W. M.Overton a décrit dans le même journal une méthode spéciale pour la préparation d'algues dans le baume du Canada. Les objets à inclure, ayant été préalablement fixés et colorés sont placés dans une certaine quantité de gly- cérine diluée, qu'on laisse séjourner dans un vase ouvert jusqu'à ce que l'eau contenue dans la glycérine se soit évaporée, les objets sont alors transportés dans l'alcool absolu. Si l'on veut employer ensuite, pour éclaircir la prépa- ration, de la térébenthine, de l'essence de girolle, on place XVII. 3. 42 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. l'objet dans un verre de montre, en contenant une solu- tion de 10 p. iOO dans l'alcool absolu. Le verre de mon- tre est placé dans un vase fermé, dans lequel sont placés quelques morceaux de chlorure de calcium. L'alcool est absorbé et les objets s'imprègnent de l'huile, d'où on peut facilement les transporter dans le baume. De cette manière on peut monter des algues sans avoir de rata- tinement. É. D. W. N. B. Nos lecteurs sont priés de supprimer les deux dernières lignes de la page 24 du Bulletin n° I; elles n'appartiennent pas à la communication originale de Koch. BILLETIN DES SÉAI\CES DE LA SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE Tome XVII. N° III. 1890-1891. Procès» vei'baB de la séance uiensuclle du ^7 déceiubi'C 1890. Présidence de M, Errera, président. Sont présents : MiM. Bauwens, Clautriau, Coomans, Crépin, De Wildeman, Dineiir, Errera, Funck, GedoeL^t, Hendrix, Laurent, Lor, Roufïart, Rynenbroeck et Ga!- lemaerts, secrétaire. Le procès-verbal de h séance de novembre est ap- prouvé. Ouvrages reçus en hommage : Rupert Jones. — On some jossiL Estlieriae (Geolog. magaz., vol. VII, n°515). — On some Devonia and Silurian Ostracoda from Norlli America y France, and tlie Bospliortis (Qua)t. Jour, of (kol. soc, nov. 1890). XVII 4 44 SOCIÉTÉ BELGE DE MIGROSCOPIE. RupERT Jones. — Notes on tlie Paleozoic Bivalved Entomostraca (Ann. and Magaz. of Nat. Hislorif, oct. 1890). L'assemblée vote des remerciements à M. Rupert Jones. Propositions du Conseil : Le Conseil propose l'admission comme membres effec- tifs de : MM. H. Coppez et R. Verhoogen. En même temps le Conseil propose à l'assemblée de compléter la liste des membres correspondants par les noms de : MM. Baumgarten, professeur d'anatomie à Tubingue, Butschli, professeur à Heidelberg, Metschni- koff, chef de service à l'Institut Pasteur et Maupas, à Angers. Ces propositions sont adoptées. Communications : M. De Wildeman expose la suite de ses recherches sur l'action de h chaleur dans la division cellulaire. Ces expériences ont été faites sur des algues appartenant au au groupe des Dcsmidiées et aux genres Cosmarium et Closlerium. Le résultat obtenu est analogue à celui que que l'auteur a obtenu sur la Spiroyyra dans un travail précédent (*). Il attire en même temps l'attention sur la division du (■) Ti-aviiil sous presse dans le Journal de ta Sock'lc des sciences médi- cales CL nalurellcsdc Bruxelles. BULLETIN DES SÉANCES. ■^45 noyjiU qui se faitcaryocinétiquement et sur diverses par- ticularités que l'on remarque dans ces mêmes noyaux en vie. Une série de préparations microscopiques montrent les différents stades de la réduplication, que M. De Wil- deman expose en s'aidant de ligures tracées au tableau noir. L'assemblée décide l'impression du travail dans les Annales. M. le Président donne lecture dé la lettre suivante : G and, le 3 novembre 1800. Cher Collègue, Je regrette de n'avoir pu assister à la séance de la Société de Microscopie : je ne suis revenu de Berlin que lundi soir. Je le regrette d'autant plus que je ne suis pas d'accord avec mon excellent confrère M. le docteur Hendrix, sur le point de savoir quelle interprétation il faut donner des modifications morphologiques que les bacilles tuber- culeux présentent parfois dans les crachats des malades traités par la nouvelle méthode. Je suppose que la pré- paration, qu'il a montrée à la société, vient de Fraentzel. J'ai vu des préparations venant du même auteur. Je ne suis nullement convaincu qu'il s'agisse là de bacilles altérés, dégénérés ou ayant subi une modification struc- turale quelconque sous l'influence de l'inoculation de la lymphe de Koch. Il faut être extrêmement réservé sous ce rapport, d'abord parce que Koch a affirmé, après de nombreuses expériences surles animaux, que son remède n'agit nullement sur la vitalité des micro-organismes 46 SOCIÉTÉ BELGE HE MiCROSCOPIE. tuberculeux, ensuite parce que les modifications de forme, que j'ai constatées dans les préparations de Fraentzel, n'ont rien de bien caractéristique et peuvent se rencontrer dans des crachats fuberculeux quelconques. Il y a plus : un même crachat peut fournir, presqu'à volonté, des bacilles droits, réguliers dans leur forme, et des bâtonnets segmentés, grenus, noueux, comme les montrent les préparations de Fraentzel. (1 suffît, pour cela, de légères modifications dans le mode de traite- ment. Ce qui me confirme dans mes doutes, c'est une con- versation que j'ai eue à l'Institut d'hygiène de Berlin avec des bactériologistes très entendus. Exprimant mon étonnement au sujet de l'assurance avec laquelle Fraent- zel avait conclu de ses préparations à une action directe du vaccin de Koch sur les bacilles tuberculeux, M. Pfeiffer, l'assistant du maître, m'a appris que son étonnement avait été aussi grand que le mien; qu'il regrettait beau- coup de voiries conclusions deFrâentzelexprimées aust i formellement, alors qu'elles avaient pour base des obser- vations très contestables. Le docteur Klïhne, de Wies- baden, bien connu par ses remarquables recherches sur les méthodes de coloration des micro-organismes, a fait, en ma présence, les mêmes réserves. Il a déclaré que les préparations de Fraentzel ne prouvaient absolumeiit rien et qu'il était possible d'obtenir des altérations bacil- laires analogues à celles que Fraentzel considère comuic produites par le remède de Koch, par les procédés habi- tuels de coloration et avec des produits tuberculeux quelconques. Je vous écris ceci dans l'intérêt de la vérité scienti- fique. Si vous le jugez bon, veuillez eominiiniqucr ces BULLETIN DES SÉANCES. > 47 quelques réflexions à la société, en mon nom, dans sa prochaine séance. Croyez-moi, cher collègue. Votre bien dévoué, D' Van ErmeiNGEm. A la suite de cette communication, M. le docteur Hendrix prend la parole : Je pense, avec M. le docteur Van Ermengen, qu'il faut faire les réserves les plus formelles sur les conclusions de Frsentzel au sujet des altérations de forme que subis- sent les bacilles sous l'influence de la lymphe de Koch, et il faut évidemment, pour qu'elles soient admises, qu'elles aient subi un contrôle rigoureux. La préparation que j'ai montrée à la Société provient du service de ce clinicien. Je me bornerai seulement à faire remarquer qu'elle a été prise au hasard au milieu d'une foule d'au- tres absolument semblables, que le procédé qui a été suivi pour la préparer est celui, devenu classique, de Ziehl, que les préparations comparatives, faites sur les crachats des malades avant leur inoculation, ont été faites absolument dans les mêmes conditions, et qu'il est par conséquent assez remarquable, que les mêmes sujets qui, avant d'être soumis au traitement de Koch, fournissaient des bacilles normaux, ont tout d'un coup et tous, éliminé des bacilles altérés. • Je reconnais néanmoins que Fraentzel est jusqu'à pré- sent le seul qui ait observé les altérations qu'il signale et que, en présence de l'opposition assez générale que rencontrent ses observations, il est bon, jusqu'à plus ample informé, que nous nous tenions sur la réserve. 48. SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. ]\'otes de technique. Dans une note de M. Pike publié dans The Micros- cope, l'auteur recommande diverses solutions conserva- trices. Il a entr'autres trouvé de grands avantages pour la conservation des algues soit marines, soit d'eau douce, dans l'emploi d'une solution composée de : Eau distillée .... 50 grammes. Sel gemme 0,12 — Alun calciné .... 0,06 — Acide carbolique. . . 1 goutte. M. Ripart employait pour la conservation des algues d'eau douces, telles que Spirogyra, Zygnema, etc., des solutions de Phénate de soude, à la dose J p. 1000 et de 10 pour 1000, La première solution sert à la conserva- tion en grand ; la deuxième sert pour les préparations microscopiques, mélangées à la glycérine. Pour obtenir une bonne conservation il recommande de bien laver les algues, pour les débarrasser des impu- retés qu'elles pourraient contenir et de les placer dans des flacons complètement remplis du liquide à base de phénate. E. D. W. Troi^^ièiiie eoiUBiisiiiieatioii $i»ur un traiteniesot «le la tuberculose, par M. le professeur R. Koch, membre honoraire. Depuis la communication que j'ai faite, il y a deux mois, au sujet de mes recherches relatives à un nouveau procédé de guérison de la tuberculose, beaucoup de médecins ont reçu le remède en question et ont été BULLETIN DES SÉANCES. 49 ainsi mis en mesure de connaître, à l'aide de leurs pro- pres recherches, les propriétés de ce médicament. En parcourant toutes les publications faites jusqu'ici sur ce sujet, ainsi que les lettres qui me sont parvenues, je constate que les données fournies par moi ont été pleinement confirmées. Tout le monde s'accorde à reconnaître que ce remède exerce une action spécifique sur le tissu tuberculeux et que, par conséquent, il peut être employé comme un réactif très délicat et très sûr pour la démonstration de processus tuberculeux latents et pour le diagnostic des cas douteux. En ce qui con- cerne l'action curative de ce remède, la plupart des médecins constatent que, malgré la brièveté relative des cures entreprises, chez beaucoup de malades une amé- lioration plus ou moins accentuée s'est déjà déclarée. Dans maints cas, la guérison même, comme on me l'a annoncé, a été obtenue. D'après quelques renseigne- ments isolés seulement, ce remède pourrait non seule- ment devenir dangereux dans des cas de tuberculose trop avancée (ce que l'on peut admettre sans difficulté), mais encore activer le processus tuberculeux et, par conséquent, exercer par lui-même une action nocive. Depuis un mois et demi, j'ai eu l'occasion de réunir moi-même toute une série de nouvelles expériences con- cernant la puissance curative et la valeur diagnostique de ce remède, sur cent cinquante malades environ affectés de tuberculoses les plus diverses, à l'hôpital municipal de Moabit; tout ce que j'ai constaté dans ces derniers temps concorde avec mes observations précé- dentes, et je n'ai rien à modifier à mes déclarations anté- rieures (*). (*) En ce qui concerne la durée de la guérison, je tiens à faire remar- 50 SOCIETE BELGE DE WICROSCOPIE. Tant qu'il s'agissait seulement d'examiner la justesse des données que j'ai fournies, il n'était pas indispensa- ble de savoir ce que contient le remède en question ni d'où il provient. L'absence même de notions relatives à la composition de ce remède assurait, en revanche, l'in- dépendance du contrôle. Maintenant que ce contrôle a été effectué, à ce qu'il me semble, dans une mesure suffi- sante et qu'il a nettement mis en relief l'importance du remède en question, la tâche prochaine qui s'impose aux médecins a pour objet d'étendre l'étude de ce remède au delà de la sphère actuelle et de chercher à appliquer encore aux autres maladies, susceptibles d'une telle indication, les principes qui ont servi de base à cette découverte. Cette tâche exige naturellement la connais- sance complète du remède en question, et, par suite, je crois le moment venu de fournir à ce sujet les rensei- gnements indispensables. C'est ce que je vais faire main- tenant. Mais, avant d'étudier la composition de ce remède, je crois nécessaire, pour permettre de mieux comprendre son mode d'action, d'indiquer très brièvement la voie qui m'a conduit à cette découverte. Lorsqu'on inocule à un cobaye sain une culture pure de bacilles de la tuberculose, la plaie d'inoculation se referme généralement et parait guérir dans les premiers jours; c'est seulement entre le dixième et le quator- zième jour que se produit un nodule induré qui ne tarde (.juer ici que, parmi les malades dont j'avais provisoirement signalé la guérison, il en est deux qui ont été reçus à nouveau à l'hôpital de Moa- bit, pour y être soumis à une observation prolongée, et que, depuis trois mois, ils n'ont expectoré aucun crachat bacillifère ; chez eux, en outre, les symptômes physiques se sont graduellement amendés jusqu'à com- plète cessation. BULLETIN DES SÉANCES. al pas à s'ouvrir et à former une ulcération qui persiste jus- qu'à la mort de l'animal. Les choses se passent tout autrement lorsqu'on inocule ainsi un cobaye affecté préalablement de tuberculose. Les cobayes qui convien- nent le mieux à celte étude sont ceux qui ont été infectés avec succès quatre à six semaines auparavant. Dans ces conditions, l'animal présente aussi, au début, l'aggluti- nement de la petite plaie d'inoculation, mais il ne s'y forme point de nodule et dès le premier ou le second jour on voit se produire, au point d'inoculation, une altération toute particulière. Cette région devient dure et prend une coloration plus foncée; d'ailleurs, cette altération ne se limite pas exclusivement au lieu de l'ino- culation, mais s'étend à la région voisine, jusqu'à une distance de 1/2 à 1 centimètre. Durant les jours sui- vants, on constate, de plus en plus nettement, que la peau ainsi altérée présente les caractères nécrosiques ; elle est entièrement éliminée, et il reste alors une sur- face ulcérée, dont la guérison se fait habituellement d'une manière rapide et durable, sans que les ganglions lymphatiques voisins soient infectés. Ainsi, les bacilles de la tuberculose inoculés exercent sur la peau d'un cobaye sain une action toute différente de celle qu'ils produisent sur la peau d'un cobaye tuberculeux. Mais cette action manifeste n'appartient pas en quel- que sorte exclusivement aux bacilles vivants de la tuber- culose; on l'observe également, lorsqu'on injecte des bacilles privés de vie, aussi bien par l'exposition pro- longée à une basse température (comme je l'ai expri- menté au début) que par la chaleur de l'ébullition, ou par l'effet de certains agents chimiques. Une fois ces faits particuliers découverts, j'en ai pour- Si SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. suivi l'étude dans les directions les plus variées. J'ai constaté, en outre, que des cultures pures du bacille de la tuberculose, privées de vie, broyées et délayées dans l'eau peuvent être injectées en quantité considérable sous la peau de cobayes sains, sans produire autre chose qu'une suppuration locale (*). Au contraire, des cobayes tuberculeux sont tués par l'inoculation de doses même minimes de ces cultures délayées ; ils périssent dans l'espace de six à quarante-huit heures, suivant les doses employées. La dose maxima à laquelle on peut arriver, sans tuer l'animal, est susceptible de provoquer une nécrose étendue de la peau dans la région où a eu lieu l'inoculation. Si la solution est encore plus diluée, de façon à paraître à peine trouble, les animaux inoculés demeurent en vie, et lorsqu'on continue ces injections avec des intervalles d'un à deux jours, on voit bientôt se produire une amélioration notable dans l'état général : la plaie d'inoculation, ulcérée, se rapetisse et finit par se cicatriser, ce qui n'arrive jamais lorsqu'on n'a pas recours à ce genre de médication. Les ganglions lympha- tiques tuméfiés diminuent, l'état de la nutrition générale s'améliore et le processus morbide finit par s'enrayer, s'il n'était pas trop avancé préalablement et si l'animal ne succombe pas à l'épuisement précédemment pro- voqué. Ces faits me fournirent les bases pour l'étude d'un traitement curatif de la tuberculose. Mais, en pratique, l'emploi de pareilles dilutions de bacilles delà tuberculose privés de vie rencontra des diffi- cultés. En effet, les bacilles de la tuberculose ne sont pas, (*) Les injections de ce genre doivent être rangées parmi les moyens les plus simples et les plus sijrs pour obtenir des suppurations dépour- vues de bactéries vivantes. BULLETIN DES SÉANCES. 53 en quelque sorte, résorbés, ou ne disparaissent pas de quelque autre manière dans les lieux d'inoculation, mais ils y demeurent longtemps inaltérés et y produisent des foyers de suppuration plus ou moins considérables. Ce qui, dans le procédé en question, exerçait une action cura- tive sur le processus tuberculeux devait donc consister en une substance soluble qui a été en quelque sorte accaparée par les liquides de l'organisme baignant les bacilles de la tuberculose et qui a été transmise assez rapidement dans le courant des sucs organiques, tan- dis que la substance pyogène reste apparemment dans les bacilles de la tuberculose ou, du moins, n'entre en dissolution qu'avec une extrême lenteur. Il s'agissait donc uniquement d'eftectuer aussi, en deliors du corps, le processus qui s'accomplit dans l'organisme et d'ex- traire des bacilles de la tuberculose la substance curative, là où cet isolement serait possible. Pour satisfaire à cette tâcbe, il a fallu consacrer beau- coup de peine avant de parvenir enfin à retirer des bacilles de la tuberculose la substance active à l'aide d'une solution de glycérine à 40-50 p. 100. C'est à soixante que s'est élevé le nombre des liquides ainsi obtenus avec lesquels j'ai institué mes recberches ulté- rieures sur les animaux et enfin sur l'homme, et avec lesquels j'ai pu mettre d'autres médecins en mesure de répéter les expériences. Le remède à l'aide duquel fai institué le nouveau traitement curatif de la tuberculose est donc un extrait glycérine tiré des cultures jmres du bacille de la tuber- culose. Dans le simple extrait fourni par les bacilles de la tuberculose passent aussi, naturellement, outre la sub- stance. active, toutes les autres matières solubles dans la. o4 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. solution de glycérine à 50 p. 100 et il s'y trouve, par suite, une certaine proportion de sels minéraux, de substances colorantes et d'autres matières extractives inconnues. Quelques-unes de ces substances peuvent en être assez facilement éliminées. La substance active est, en effet, insoluble dans l'alcool absolu et peut être ainsi précipitée, non pas à l'état pur toutefois, mais encore associée à d'autres matières extractives également inso- lubles dans l'alcool. Les matières colorantes peuvent être encore éliminées, ce qui permet de retirer de cet extrait une substance incolore, à l'état sec, qui contient le prin- cipe actif sous une forme beaucoup plus concentrée que la solution glycérinée primitive. Toutefois, pour l'emploi du médicament dans la pra- tique, cette épuration de l'extrait glycérine n'offre aucun avantage, attendu que les matières ainsi éliminées sont sans action sur l'organisme humain; le processus d'épuration ne ferait donc qu'augmenter le prix du remède inutilement. Relativement à la constitution de la substance active, on ne peut formuler, provisoirement du moins, que des hypothèses. Celle-ci me semble être un dérivé de matières albuminoïdes et paraît se rapprocher beaucoup de leur constitution ; mais elle n'appartient pas au groupe des matières désignées sous le nom de toxalbu- mines, car elle supporte des températures élevées, et, dans le dialysateur, elle traverse facilement et rapide- ment la membrane. La proportion de cette substance qui existe dans l'extrait est, selon toute apparence tout à fait minime ; je l'estime à une fraction bien inférieure à 1/100. Si ma supposition est exacte, nous aurions donc affaire à une substance dont la puissance d'action BULLETIN DES SEANCES. à l'égard des organismes affectés de tuberculose dépas- serait de beaucoup tout ce que nous connaissons parmi les matières médicamenteuses les plus énergiques. Pour ce qui concerne le mode suivant lequel nous devons nous représenter l'action spécifique de ce remède à l'égard de la tuberculose, il va sans dire que diverses hypothèses peuvent être émises. Sans vouloir prétendre, à l'aide de mes vues, arriver à fournir la meilleure explication, je me représente les phénomènes comme il suit : les bacilles de la tuberculose, en s'accroissant dans les tissus vivants, comme dans les cultures artificielles, y produisent certaines substances qui influent sur les éléments vivants environnant les cellules, d'une manière variée et sans doute nocive. Parmi ces substances, il s'en trouve une qui, à un degré de concentration déterminé, tue le protoplasma vivant et y provoque une altération qui aboutit à l'état désigné par Weigert sous le nom de nécrose de coagu- lation. Dans le tissu devenu nécrosique, les bacilles trouvent alors des conditions tellement défavorables à leur nutrition, qu'ils deviennent incapables de s'accroître et que, dans certaines circonstances même, ils finissent par mourir. Je m'explique ainsi ce phénomène remar- quable qui consiste en ce que, dans des organes récem- ment affectés de tuberculose (par exemple, dans la rate ou le foie, parsemés de granulations grises, chez un cobaye] on trouve de nombreux bacilles, tandis que les bacilles sont rares ou manquent tout à fait, quand la rate, colossalement tuméfiée, se trouve constituée presque entièrement par une substance blancluUre à l'état de nécrose de coagulation, ce qui s'observe fréquemment après la mort naturelle cbez les cobaves tuberculeux. 56 SOCIETE BELGE DE MICUOSCOPIE. Le bacille isolé ne peut provoquer la nécrose à grande distance ; car, dès que la nécrose atteint une certaine extension, la croissance du bacille et, en même temps, la production de la substance nécrosante diminuent; il se produit ainsi une sorte de compensation réciproque, d'où il résulte que la végétation des bacilles isolés demeure aussi remarquablement limitée qu'on l'observe, par exemple, dans le lupus, dans les ganglions scrofu- leux, etc. En pareil cas, la nécrose ne s'étend, habi- tuellement, que sur une partie d'une cellule qui, dès lors, prend, au cours de sa croissance ultérieure, la forme de la cellule géante; en adoptant cette manière de voir, je poursuis la voie tracée par Weigert dans son interprétation de la formation des cellules géantes. Si donc, on augmentait artificiellement, dans le voi- sinage du bacille, la richesse du tissu en substance nécrosante, la nécrose s'étendrait alors davantage et les conditions de nutrition deviendraient ainsi beaucoup plus défavorables pour le bacille qu'elles ne le sont d'ha- bitude. D'une part, les tissus, devenus dès lors nécrosi- ques dans une étendue plus grande, se désagrégeraient, se détacheraient et entraîneraient avec eux les bacilles inclus, partout où les circonstances le permettraient, pour les éliminer au dehors ; d'autre part, les bacilles seraient troublés dans leur végétation à un tel point que leur mort serait singulièrement facilitée dans ces cir- constances (beaucoup plus défavorables que leurs con- ditions biologiques habituelles). C'est précisément dans sa puissance à provoquer de telles modifications que consiste, à mon sens, l'action du remède. Il contient une certaine quantité de substance nécrosante, dont une dose déterminée lèse, même chez l'individu sain, cer- BULLETIN DES SÉANCES. 57 tains éléments histologiques (peut-être les leucocytes ou des cellules qui s'en rapprochent) et produit ainsi la fièvre avec tout l'ensemble de symptômes carac- téristiques. Chez le tuberculeux, une proportion beaucoup plus faible de cette substance suffit déjà pour provoquer en des points particuliers (notamment dans ceux où des bacilles tuberculeux végètent et où ils ont imprégné les tissus ambiants de cette substance nécrosante) une nécrose plus ou moins étendue des cellules, en même temps que des phénomènes corrélatifs intéressant l'en- semble de l'organisme. Cette manière de voir fournit, provisoirement du moins, une interprétation plausible de l'action spécifique qu'exerce sur un tissu tuberculeux le remède inoculé à des doses bien déterminées; elle permet de comprendre aussi la possibilité d'augmenter ces doses avec tant de rapidité, et elle explique enfin l'action curative incontestable du médicament dans des conditions quelque peu favorables. [Deutsche med. Woclienselirift, 15 janv. 1891.) BULLETIIV DES SÉAI^CES DE LA SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE Tome XVII. N" IV. 1890-1891. Procès-verbal de rassemblée générale extraordinaire du 31 janvier 189t. Présidence de M. Errera, président. Sont présents : MM. Bauwens, Bray, Coomans, Crépin, Delogne, De Wildeman, Errera, Francotte, Lameere, Lewin, Rouffart, Tocheff, Verhoogen, et Gallemaerts, secrétaire. M. Vanden Broeck fait excuser son absence. Ouvrages reçus en hommage : Kolliker. — Zur feineren Anatomie des centralen Nervensy stems. Erster Beitrag : Das Kleinliini. Zweiter Beitrag : Das R'ûckenmark. [Zeitsclir. f. wiss. zool., XLIX, 4; LI. 1. 1890). — Ueber die erste Entivickelung der Nervi olfactorii. XVI 1 5 60 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. {Sitzungsb. Wûrzb. Pliys. Med. Gesellscliaft, Juli 1890). Remouchamps et Sugg. — L'acide pfiénique, la créoline et le lysol. Étude comparative de leur action sur divei^s microorganismes. (Travaux du laboratoire d'hygiène et de bactériologie de l'Université de Gand; extrait du Mouvement liygiénique, 1890). De WiLDEMAN. — Note sur TEnteromorpha intestinalis; Linné. [Notarisia, n" 21, 1890). — — Tableau comparatif des Algues de Belgique. [Soc. R. Botanique de Belgique. Dec. 1890). Des remercîments sont votés aux auteurs de ces envois. L'ordre du jour appelle l'élection du Secrétaire en remplacement de M. le docteur Gallemaerts, démission- naire. M. le Président prend la parole et prononce l'allocu- tion suivante : Messieurs et chers confrères, Vous connaissez l'objet de notre assemblée d'aujour- d'hui. Par suite de ses occupations croissantes et de devoirs nouveaux récemment assumés, M. le docteur Gallemaerts se voit obligé, à notre grand regret, de quitter le secrétariat de la Société qu'il occupe d'une façon si distinguée 'depuis plus de cinq ans. Je n'ai pas à vous rappeler quelle est l'importance du Secrétaire dans une société scientilique. C'est lui véritablement qui la fait marcher, c'est vers lui que viennent converger BULLETIN DES SEANCES. 61 tous les efforts, c'est de lui que partent toutes les impul- sions. M. le docteur Galleinaerts a rempli ces fonctions délicates avec un dévouement qui ne s'est jamais démenti et auquel je me réjouis de pouvoir rendre ici un solennel hommage. Je vous propose, Messieurs, d'adresser à notre excellent confrère, M. le docteur Gallemaerts, un vote de remerciments chaleureux en reconnaissance des services signalés qu'il a rendus à la Société belge de microscopie. [Applaudissemenls unanimes). Il est procédé ensuite à l'élection, et M. le docteur René Verhoogen est nommé Secrétaire de la Société. M. le Président souhaite cordialement la bienvenue au nouveau Secrétaire et l'assure que tous ses confrères se feront un plaisir de l'aider du mieux qu'ils pourront dans l'accomplissement de la mission qu'il accepte. [Applaiiclissements). M. R. Verhoogen remercie la Société de l'honneur qu'elle a bien voulu lui faire en l'appelant aux fonctions de Secrétaire. Il prendra exemple sur son prédécesseur et promet de n'épargner rien de ce qui dépendra de lui pour aider à la prospérité de la Société. Après quelques observations de M. Francotte concer- nant l'envoi des échanges au local de la Société, la séance est levée. Ilotes miero^rapliicfties. M. Certes (*) en cultivant des Algues, recueillies à 62 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. l'entrée des citernes d'Aden, a trouvé un Spirille nou- veau, remarquable par sa grandeur. Il peut comprendre jusqu'à 70 tours de spire. Sa longueur varie de 5 à ■250 /x, suivant le nombre de celles-ci. Ces tours sont juxtaposés étroitement, que l'on exa- mine un orcfanisme vivant ou fixé. L'auteur a pu observer la formation des spores, qui apparaissent un peu partout; elles sont ovalaires. Des cils ou desflagellums n'ont pu être mis en évidence, mais il est cependant probable qu'ils existent, car, fixés par une de leurs extrémités, ces organismes déterminent un tourbillon intense dans le liquide. Cette forme a été dénommée par M. Certes, Splrobacilliisgigas. E. D. W. Erratum. — Dans la liste des membres correspon- dants nommés lors de la précédente séance, il faut lire : M. Maupas à Alger et non à Angers. (*) Certes. Sur un spirille géant développé dans les cultures de sédi- ments d'eau douce d'Aden. {Bull. Soc. zool. de France, XIV, p, 522; Revue gén. des Sciences, 1891, p. 24), BULLETli\ DES SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE Tome XVIÏ. N" V. 1890-1891. Pi*ocès-ver31)al de la $<éaiicc mensuelle du 28 février 1891. Présidence de M. Errera, président. La séance est ouverte à 8 l/:2 heures. Sont présents : MM. Bauwens, Bordet, Clautriau, Delogne, De Wevere, De Wildeman, Errera, Gedoelst, Lameere, M"'' Leclercq, Massart, Rouffart etVerhoogen, secrétaire. M. De Bruyne assiste à la séance. OuvrMjes reçus en hommage : .Tarez Hogg. — An Inquiry into a cliaracleristic orga- nisen of Dipliteria [Médical Press. Jan. 1891). — — A Searcli for a cliaracterislic organism of Cancer [Médical Press. Dec. 1890). — — Ouglit Hospital Patient to pag? [Hggiene, a Sauitarg and social Magazine). XVI l (i 64 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. E. De WiLDEMAN. — Observations algotogiques [Bull. Soc. royale de Botanique, ['" partie). Des remercîments sont votés aux auteurs de ces envois. Sur la proposition de M. le Président, la Société décide de s'associer à la manifestation organisée en l'hon- neur de M. J. Stas. Une adresse lui sera remise à cette occasion au nom de la Société. Communications : Lies Moiiadiiies et leiii* place systéiuatif|iie, par M. le docteur C. De BruYlNE, assistant à l'Université de Gand. (Résumé d'une conférence donnée le 28 février 1891) ('). Notre organisme n'est en dernière analyse qu'une vaste association de petits corps nommés cellules. L'examen microscopique d'une portion quelconque, par exemple, du sang qui s'échappe d'une blessure, des par- ties solides du crachat, des pellicules qui nous tombent de la tète, etc., etc., nous le prouve surabondamment et l'embryologie démontre que l'origine première de notre {') Cette conférence était accompagnée de projections à la lumière oxhydrique. Les photogrammes employés représentaient : 1) Une amibe comme type d'un organisme unicellulaire ; 2) Pseudospora Bene- déni, Yampijrelia pendilla , Colpodella piignax vivant en parasites sur des algues; 5) l'évolution de Prokvnonas Spirogyrae, et de Proiomonas amyli; 4) un plasmode de Monadine en voie de formation; 5) zoospores d'algues et de cliampignons ; 6) Flagellâtes adultes ; 7) les globules blancs du sang; s) deux cellules conjonctives pigmentaires; 9) évoluliou com- plète de Chondrioderma diff'onne (Myxomyccle); 10) Pseudoplasmodium ûe Dlrluosleliinn mucoro'ldes ; 1 l)id. 'd'une Labijrintkulée; 12) différentes formes de Cijsles; 1.5) germination et évolution de la spore de Triclûa wan'ft; 14) sporocyste de Gregarina blatlarum ; 15) évolution complète de Cotpoda cucullus (Infusoirè). BULLETIN DES SÉANCES. 63 organisme n'est qu'une simple cellule, la celiulc-œufou. ovule. Il en est de même du corps de tous les animaux et de toutes les plantes : ce sont de simples colonies de cellules où la division du travail maintient la vie du tout. Ces cellules vivent chacune en quelque sorte d'une vie indépendante et dans certains cas on peut les isoler du corps et les maintenir vivantes, sauf à réaliser les conditions normales de température, etc.. C'est ainsi que Lieberkùhn réussit à conserver en vie pendant 85 jours des globules blancs du sang dans une éprou- vette et que sur des animaux morts depuis plusieurs jours déjà et en état de putréfaction avancée, on peut parfois constater la présence de cellules encore parfaite- ment vivantes. C'est aussi ce qui explique la possibilité de la transfusion du sang, les greffes animale et végé- tale, la transplantation des dents, la soudure d'organes coupés, etc., etc.. . La nature nous fournit d'innombrables exemples d'or- ganismes constitués d'une seule de ces cellules et qui pour ce motif ont reçu le nom d'imiceUiilaires. Chez eux on rencontre toutes les manifestations de la vie, et ce au même degré que chez ceux résultant du groupement de cellules. Ces petits êtres qui par leur association constituent le corps et par leur activité déterminent la vie des animaux et des plantes, méritent donc bien qu'on s'occupe d'eux et l'on conçoit aisément que leur étude dans tous ses détails ait donné bien souvent la clef de plus d'un des mystères qui régnent au fond de notre être. De là tout l'intérêt matériel et philosophique que peut présenter ce genre de recherches. 66 SOCIÉTÉ BELGE DE MICKOSCOPIE. M"® Leclercq vous a longuement entretenus l'an der- nier des organismes inférieurs, de leurs mœurs, de leurs affinités, etc. Je traiterai plus spécialement des Mona- dines sur lesquelles j ai été amené à concentrer mon attention. Les Monadines sont des organismes unicellulaires de fort petite taille (il y a en a qui n'atteignent que quelques millièmes de millimètres) qui pullulent aussi bien dans nos eaux salées que dans nos eaux douces, dans le sol humide, sur et dans le corps des animaux et des plantes. Elles infestent surtout nos végétaux aquatiques sur les- quels elles vivent en parasites et y déterminent parfois de véritables maladies. Des recherches sur ce terrain donneraient plus d'un détail instructif au point de vue de la pliytopatlwlogie. On les observe plus rarement à l'état de saprophytes sur des débris animaux ou végé- taux. Les Monadines ont dans le choix de leurs hôtes des préférences marquées, ce qui a contribué à leur faire donner des appellations spécifiques rappelant les noms des plantes sur lesquelles on les rencontre. Ex. Diplo- pliysalis nilellariim (Zopl), Protomonas amyli (Cienk.), Gymnococcus Licmopliorae (De Br.). A leur tour elles deviennent parfois victimes du parasitisme soit de leurs pareils, soit de Saprolégniées. Leur évolution comprend d'une façon générale les stades suivants : zoospore, amibe, (plasmode) et cyste. Dans certaines conditions la zoospore est précédée d'un autre stade initial, la spore; enfin il est des Monadines qui pendant leur évolution ne passent pas par l'état de zoospore : Cienkovvski les a séparées des premières qu'il a nommées pour ce motif, Monadinac zoosporeac. Là zoospore est une manière de cellule minuscule BULLETIN DES SÉANCES. 67 munie à un endroit déterminé d'un ou de plusieurs pro- longements appelés cils, qui, par leur agitation et bat- tements actifs et parfois très énergiques, déterminent la progression de l'organisme. Par le retrait (résorption) de son cil (ou de ses cils) la zoospore passe à l'état d'amibe. Ce stade est caractérisé par l'émission sur toute la sur- face du corps de prolongements épais ou ténus nommés pseudopodes qui englobent ou embrassent les matériaux nutritifs et entraînent toute la masse du corps : c'est ainsi que l'amibe rampe à la surface des corps solides. Deux ou plusieurs amibes d^ine même espèce de Mona- dine se rencontrant peuvent se fusionner et donner lieu •A un plasmode iplasmodium ou plasmodie). Après quel- que temps l'amibe (ou l'association d'amibes, le plas- mode, s'entoure d'une membrane solide, produit d'ex- crétion à la surface, et se transforme en cijste. Le cyste est une sorte de stade de repos et son contenu se divise en un nombre déterminé de parties qui, à la rupture de la membrane, sortiront soit à l'état de spore, àQ zoospore on cVamibe. La spore n'est, somme toute", qu'un autre stade de repos caractérisé par ce fait que chaque portion résultant de la division du contenu cys- tique se trouve être renfermée dans une membrane pro- tectrice spéciale, dont la rupture (qui ne se produira que dans les conditions favorables), mettra en liberté soit une zoospore, soit une amibe. D'autres organismes présentent tout ou partie de ce cycle évolutif. Examinons rapidement dans quels groupes nous rencontrons ces stades soit isolés, soit réunis. La zoospore existe chez les Chytridiacées, les Sapro- 68 SOCIÉTÉ BELGE DE JllCROSCOl'lE. légniées, quelques Algues, les Myxomycètes, les Mona- dines, certains Infusoires. Le stade amibe est fort répandu dans les deux règnes : Chytridiacées, Myxomycètes, Monadines, certains Infu- soires, Rhizopodaires, Grégarines. Le plasmode, d'abord observé chez les Myxomycètes se rencontre aussi chez les Chytridiacées (?) les Mona- dines et a été décrit chez Actinophrijs sol. Le plasmode agrégé ne se rencontre que chez certains Myxomycètes, chez les Labyrinthulées, chez iMyxodictyon sociale. Enfin le cijste est encore plus répandu que l'amibe, mais il est loin d'avoir partout la même signification. Dans le règne végétal on lui a donné le nom de sporange, dans le règne animal au contraire il a conservé cette appellation. Le sporange des Fougères, des Mousses et de certains Thallophytes, est une partie du corps trans- formée en organe slrucluré et diffère en cela du cystedes Monadines où il n'est qu'un produit anhyste d'excrétioUy protégeant l'organisme tout entier à l'état de repos. On le rencontre avec ces caractères chez les Myxomycètes, les Monadines, les Infusoires et les Grégarines. La série de stades de zoospore, amibe (plasmode) et du cyste, proprement dit, ne se rencontre donc que chez les Chytridiacées (?) les Myxomycètes et les Labyrinthulées. Mais les Chytridiacées possèdent, en outre, la multipli- cation par zygospore, ce qui les fait d'emblée classer parmi les Pliycomycètes zoosporés. Il nous faut aussi négliger momentanément les Labyrinthulées parce que leur biologie est encore entourée de quelque obscurité. Les Myxomycètes au contraire présentent dans leur BULLETIN DES SÉANCES. 69 évolution un parallélisme complet avec les Monadines, et nous sommes ainsi naturellement conduit à classer ces deux groupes importants sur une même branche de l'ar- bre généalogique. Or, les trois stades évolutifs des Myxomijcètes et des Monadines se rencontrent a l'état adulte chez les ani- maux à l'exclusion des végétaux : les Flagellâtes ne sont que des zoospores d'une forme spéciale; les Rliizo- podaires, parmi les organismes uni-cellulaires, le globule blanc du sang, la cellule migratrice, la cellule con- jonctive pigmentaire, etc., réalisent à l'état adulte le stade amibe; le plasmodium et le pseudoplasmodium se rencontrent parfois dans le règne animal (voir plus haut), jamais dans le règne végétal ; il en est de même du cyste. Les organismes qui ne présentent dans leur évolution que des stades animaux, ne pourraient rai- sonnablement être classés parmi les végétaux, et par cette affirmation j'entre de plein pied dans la question si sou- vent débattue déjà au sujet de la place qui revient aux Myxomycètes dans le règne organique. Déjà en 1888, dans une communication préliminaire, j'ai exposé brièvement mes vues personnelles sur la ques- tion; j'y rencontre la plupart des arguments invoqués en faveur de la thèse contraire et je conclus, ainsi que je viens de le faire ici, à classer les Myxomycètes dans le règne animal (*). Entre les Monadines et les Myxomycètes existent des transitions graduelles d'une signification et d'une importance capitales, et je n'hésite pas à y voir (*) Arrivé à cel eriuroit de ma conférence, j'ai donné lecture (avec quelques commentaires) de quelques passages de ma brochure sur les Myxomycètes (Gand, 1888), à laquelle je renvoie le lecteur. .70 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. avec Cienkowski, Zopf et d'autres, deux subdivisions des Mycétozoaires (de Bary) : les Monadines et les pAimy- cétozoaires (Myxomycètes) qui, par leur phase princi- pale, l'amibe, se rapprochent des Protozoaires rhizopo- daires. LES BOLETES Analyse des espèces de Belgique et des pays \oisiiis, avec indication des propriétés comestibles ou vénéneuses, par C. H. Delogxe. Les Bolétés constituent une tribu de la famille des Polyporées et sont caractérisées par leur hymenium formé de tubes séparables, rarement de lames anasto- mosées et réticulées; spores fusiformes, elliptiques, ovoïdes ou globuleuses. Ce sont des plantes cliarnues, putrescentes (rarement marcescentes : Strobilomyces) ordinairement terrestres. Les espèces de celte tribu atteignent presque toutes des dimensions assez considérables. Les unes sont vénéneuses, les autres sont comestibles et possèdent même une grande valeur alimentaire. Certains animaux tels que les boeufs, les chèvres, les chevreuils, les écu- reuils les mangent avec avidité. Pour arriver à connaître les bonnes des mauvaises espèces il faut savoir les distinguer spécifiquement. Nous avons principalement fait usage de caractères que l'on peut utiliser au moment de la récolte. C'est aussi pour faciliter la détermination sur le terrain que nous avons disposé les dichotomies dans un ensemble synoptique qui permet de trouver instantanément le BULLETIN DES SÉANCES. H groupe auquel appartient l'espèce que l'on a en vue, de manière que le choix reste limité à un petit nombre d'espèces. L'astérisque indique que l'espèce n'a pas encore été signalée en Belgique. Les deux premières dichotomies sont exprimées l'une par A, l'autre par B; les deux suivantes par a et par b; pour les autres il faut faire correspondre 1 avec 1, 2 -avec 2, etc. A. Hymenium conslitué par des tubes. a, Hyménophore mucroné Boletinus, 1. b. Hyménophore lisse. 1. Tubes se séparant facilement de l'hyménophore . . Boletus, 2. 1. Tubes se séparant difficilement de l'hyménophore. 2. Tubes courts; pores pliciformes, sinueux; chapeau visqueux ou velu ; spores ovoïdes ou fusiformes . . . Girodon, 3. 2. Tubes longs, adnés au stipe; pores grands, anguleux; cha- peau muni de mèches floconneuses épaisses; spores glo- buleuses, purpurines Strobilomyces, 4. B. Des lames plus ou moins anastomosées surtout près du stipe; spores fusiformes, jaunes Phylloporus, S. 1. BOLETIMUS, Halchb. Chapeau large de 6-8 cent., squamuleux, jaune sale; stipe grêle, creux, floculeux sous l'anneau; tubes décurrents; pores grands, composés, jaunâtres, verdissants; chair cilrine, douce, inodore. — Kalchb. le. 31. Sapinières. — Automne. Comestible B. cavipes Opat. *i. BOLETLS, Dill. •A. Tubes de couleur gaie, ord. jaunes, ni blancs ni gris (Euchroi). a. Tubes adnés au stipe. t. Stipe non bulbeux, ni réticulé. 2. Chapeau non visqueux. 5. Chapeau velu (Sabtomentosi). 4. Chair jaune. 5. Espèces non cespileuses. 6. Stipe égal ou subégal. 72 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. 7. Stipe strié supérieurement, rougeâtre ou jaune brun ; ciiapeau brun roux, souvent muni de cre- vasses rouges; tubes un peu déprimés autour du stipe ou décurrenis ; pores assez grands, anguleux, jaunes, verdissants; cliair rouge sons l'épiderme; odeur faible. — Bull. 490 f. 5; Quel. Jur., t. 16 f. 5;Gill. Bois, pelouses. — Été, Aut. Suspect. B. chrysenteron Fr. 1, 7. Stipe non strié, jaunâtre, souvent taché de brun; chapeau jaune roussâtre, couvert de petites écail- les brunes et pileuses; tubes adnés, jaune bru- nâtre, à la fin brun sale, à orifice petit; odeur agréable. — Fr. Swer. 66; Gill.; Lenz f. 39; Krmbh. 54 f. 15-18 et 73 f. 7-14; Harz. IS; Rost. t. 16. Sapinières. — Aut. Suspect. . B. variegatus Sw. 2. 6. Stipe atténué inférieurement; pores grands, angu- leux, jaunes. 7. Stipe plein puis creux, atténué à la base, jaune d'or, ponctué de brun, surtout au sommet et mar- qué d'un cercle orangé rougeâtre sous les pores ; chapeau large de 5-6 cent., fauve ocracé, obtus, puis plan, irrégulier, mou, spongieux, tomenteux fibrilleux; pores subdécurrents ; chair jaunâtre dans le chapeau, rougeâtre dans le stipe. Sapinières. — Sept. . B. armillatus Bom. et R. 3. 7. Stipe plein, atténué en racine, couvert d'une prui- nosité rougeâtre; chapeau large de 3-7 cent.; gris olivâtre ou jaune terne ou gris cendré, â bords enroulés; tubes jaune citron; pores inégaux, bleuissant ou verdissant sous les doigts ; chîiir molle, bleuissant à la cassure; goût amer. — Opat. Bol. t. i ; Quel. Jur. 16 f. 3. Bois de cliênes ou de hêtres. — Été. Aut. *B. radicans Pcrs. 4. 5. Espèce cespiteuse; mycélium jaune d"or; chapeau soyeux tomenteux; stipe ferme, ventru, lisse, sulfurin; tubes adnés, décurrenls-courts ; pores petits, composés ; chair rougeâtre sous les tubes, bleuissant à la cassure puis redevenant jaune. — Journ. of bot., 1873, t. 162. Parmi les branches pourrissantes de sapin. *B. sulphureus Fr. 5. BULLETIN DES SÉANCES. 73 4. Chair blanche ou pâle, ne changeant pas ou changeant peu à l'air. 5, Siipe strié; chapeau olivacé ou subolivacé, large de 5-6 cent., mou ; pores anguleux. 6. Slipe jaune, rougeâlre à la base, strié de brun noi- râtre; tubes verdâires; pores petits, jaunes, irrégu- liers ; chair blanche, jaune sous les tubes et à la base du stipe, ferrugineuse sous l'épiderme de cha- peau. — Batt. t. 29 C; Britz. Bol. f. 9. Sous les sapins. — Aut. Comest. . *B. striipes Fr. 6. 6. Slipe jaune ou pâle olivacé, strié derougeâtre; cha- peau parfois fendillé par la sécheresse; lubes jau- nes puis verdâtres, déprimés autour du slipe; pores grands, irréguliers; chair blanchâtre, concolore sous répiderme du chapeau, bleuissant quelquefois légèrement à l'air. — Boit. 84;Schf. H2; Krmbh. 57f. 8-H; Bull. .ïQô ; Gonn. et Rab. VII. t.5f. 1; Pat. 670. Bois. — Été. .\ut. Comest.? B. subtomentosus L. 7. 5. Stipe lisse, floculeux, renflé de haut en bas, jaune sale, brunâiro vers la base; chapeau large de 8-10 cent., brun, souvent fendillé ; lubes adnés, jaunes, à la fin jaune verdâlre; pores petits, subarrondis; *hair non changeante à l'air, brun rougeâlre sous la cuticule du chapeau.— Schf. 126; Krmbh. Ô6f. 19.20; Britz. Bol. f.29. Bois, surtout à ta base des troncs. — Aut. B. spadiceus Schf. 8. ô. Chapeau glabre, souvent pruineux (Subpruinosi). 4. Chapeau non fendillé en réseau ; espèces non parasites. 5. Tubes seulement adnés, non décurrenls. 6. Stipe non radicant. 7. Pores anguleux, jaunes. 8. Tubes non déprimés-arrondis près du stipe; stipe grêle, lisse, glabre, rouge fauve en haut, roux brun intérieurement; chapeau pourpre noir; chair lilaciiie à l'air. — Rostk. t. 46. Bois de hêtres .... *B. lilaceus Rostk. 9. 8. Tubes déprimés-arrondis près du slipe; slipe ferme, subégal, rouge de sang, jaune à la base et couvert d'un pointillé 1res fin; chapeau rouge de sang, ]iulvérulenl ; chair jaune, rouge sous la cuticule du chapeau et bleuissant légèrement à l'air. — Rostk. t. 10 ; Pat. 669. Bois.— Été. Aut. Comest. B. versicolor Rostk. 10. li SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. 7. Pores ronds, petits, jaunâtre-, verdissant un peu à la fin ; stipe forme, lisse, jaune, bariolé de rouge; chapeau large de 4-6 cent., bosselé, bai purpurin, couvert d'une pruine blanchâtre ou grise; chair ferme, blanchâtre, rouge sous la cuticule, verdis- sant ou bleuissant parfois légèrement à la cassure. — Bull. 393 f. B. G. Bois, pelouses. — Aut. . . . B. pruinatus Fr. H. G. Stipe atlénué-radicant, glabre, ferme, pourpre; tubes allongés, jaune sale, verdâtres au toucher; pores petits ; chapeau bai pourpre, large de 6-16 cent, et à marge obtuse; chair blanc sale. — Rostk. t. 8. Sapinières B. purpurascens Rostk. 12. o. Tubes adnés, grands, décurrenls sur le stipe; pores iné- gaux ; stipe allongé, grêle, striolé, glabre, flavescent; chapeau mince, convexe, pulvérulent, fauve cannelle, large de 5-3 cent. ; chair blanche, lutescente à l'air. — Rostk. t. 9. Sapinières *B. cinnamomeus Rostk. 15. 4. Chapeau convexe-plan, soyeux puis glabre, jaune sale, bientôt fendillé en réseau, large de 3-5 cent. ; tubes décur- renls, courts ; pores grands, arrondis, puis anguleux, jaune d'or; stipe égal ou subégal, fibrilleux ; chair ferme, jaune. — Rostk. t. 7 ; Bull. 451 f. 1 ; Saund. et Sm. t. 43; Gill. ; Pat. 665. Bois, sur le Sderoderma vulgare et S. verrucosiim. — Aut. B. parasiticus Bull. 14. 2. Chapeau vis((ueux (Viscipelles). 3. Pas d'anneau. 4. Stipe lisse. 5. Chair ne bleuissant pas. 6. Saveur plus ou moins poivrée, aigrelette ; pores sim- ples, anguleux ; chapeau convexe puis plan, large de 2-6 cent. 7. Chapeau cannelle clair; tubes adnés-décurrents ; pores dentelés, cuivrés puis rouilles ; siipe jaune fauve, recouvert par un mycélium jaune clair à la base ; chair jaune, poivrée. — Fr. Swer. 67 ; Sow. 34 ; Rostk. 6 ; Krmbh. 37 f. 16-20 ; Corda in Sturm XI t. 60; Bull. 451 f. 2 ; Gill.; Pat. 673. Bois surtout sous les sapins. — Été'. Aut. Suspect. B. piperatus Bull. 15. 7. Chapeau rouge sanguin; tubes adnés ; pores jaune d"or, bleuissant ou verdissant sous la pression; BULLETIN DES SÉANCES. 75 stipe jaune, slrié ou bariolé de rouge; chair jaune ou Jjlanc jaunâtre, rougissant sous l'épiderme, aigrelelte. — Sow. 223 ; Lév. in Paul. 181 f. 3. 4 ; Luc. 24. Bois de hêtres. — Été. Aiit. Cornes t. ? B. sanguineus Wiih. 10. 6. Saveur douce; pores composés, dentés. 7. Chapeau large de 5-8 cent., convexe, puis plan, jaune brunâtre, à marge aiguë; tubes courts, décurrenls; pores grisâtres, fauves, puis ferrugi- neux; stipe égal, glabre, à peu près de même couleur que le chapeau ; chair blanchâtre.— Krmbh. 75 f. 1-6; Klolz. 578; Huss. I, t. 34; FI. d. 1018. Sapinières. — Aut. Comest. . B. bovinus L. 17. 7. Chapeau large de 5-6 cent., convexe puis plan ou déprimé, jaune livide, lavé d'incarnat, brun ferru- gineux étant sec; tubes courts; pores olivacés, puis jaune d'or; stipe de même couleur que le chapeau, atténué à la base; chair jaune pâle grisâ- tre. — Krmbh. 36 f. 8-11 ; Rostk. 4; Britz. Bol. f. 6. Bois mé.és. — Aut. Comest. B. mitis Krmbh. 18. 5. Chair molle, blanchâtre ou légèrement jaunâtre, bleuis- sant à l'air près des tubes; pores simples, anguleux, assez larges, blanc jaunâtre, puis jaune verdâlre; tubes adhérents et un peu déprimés autour du stipe; stipe subégal, lisse, couleur de paille, couvert d'une pruinc ou d'une pubesccnce brune; chapeau large de 3-5 cent., bai ou brun. — Fr. Swer. 50; Rostk. 5; FI. Bat. 804 ; Klolz. 579; Lenz f. 35; Krmbh. 56, f. 12-18. Bois, surtout sous les sapins. —Eté. Aut. B. badius Fr. 19. 4. Stipe granuleux ou squamuleux. 5. Chapeau large de 6-8 cent., convexe, brun, pâlissant; pores nus, amples, composés, (divisés en 2 {)etils) pâles puis jaunes; tubes allongés, adhérents, jaunâ- tres; stipe un peu aminci en bas, ferme, blanc puis brunâtre, subréticulé par de petites écailles appri- mées; chair ferme, blanche. — Luc. 240. Sapinières. — Été. Aut. . . . *B. collinitus Fr. 20. 5. Chapeau large de 6-10 cent., convexe, ou convexe puis plan, jaune brunâtre, à cuticule séparable; pores sim- ples, irrégulièrement oblongs ou arrondis, couverts de gouttelettes laiteuses; tubes courts, adnés ou peu décurieiils ; stipe jaunâtre, muni suiloul vers le haut 76 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. de granulations concolores puis brunes; chair molle, jaunâtre. — Fr. Swer, 25; Lenz f. 51; Schf. 125; Letell. 604; Rostk. t. 5; Krmbh.54, f. 11-14; Sow. 420; Gonn. et Rab. Vil. t. 6 f. 1 ; Barla 51 f. 4-12. Bois surtout de conifères. — Été. Aut. Comest. B. granulatus l. 21. 3. Un anneau; tubes et pores jaunes. 4. Pores non linéaires; stipe ponctué ou réticulé au dessus de l'anneau. 5. Stipe ponctué au dessus de l'anneau. 6. Pores simples, jaunes; stipe non glanduleux. 7. Slipe ponctué de blanc jaunâtre au dessus de l'an- neau, jaune roussâtre au dessous; anneau fugace; pores anguleux ; tubes décurrents ; chapeau large de 8-10 cent., convexe plan, jaune d'or, subferru- gineux; chair sulfurine. — Fr. Swer. 76; Huss. II. t. 12; Priée f. 110; Grev. 185; Bull. 552; Krmbh. 31 f. 1-10; Gonn. et R. 5 f. 2; Ventur. 47 r. 1-2. Bois, bruyères. — Été. Aut. Comest. ? B. elegans Schum. 22. 7. Stipe blanchâtre ou jaunâtre, ponctué de brun au dessus de l'anneau qui est membraneux, jaunâtre, puis bai ou brun; pores ronds; tubes adnés; cha- peau large de 5-12 cent., et plus, jaune, jaune brun ou brun; chair blanche ou légèrement jau- nâtre. — Schf. 114; FI. dan. 1155; Rostk. in Sturm 4 t. 1 ; Klolz. 577; Harz. t. 6; Barla 51 f. 1-5 ; Gonn. et R. Vil, t. 6. f. 2; Krmbh. t. 55. Bois, sapinières. — Été. Aut. Comest. B. luteus L. 23. 6. Pores grands, anguleux, composés, décurrents, jaune sale; stipe grêle, subégal, pâle, visqueux et muni, au dessus de l'anneau, de glandes fugaces; chapeau large de 2-5 cent., jaune sale; chair pâle. — Pers. M. E. II, t. 20 f. 1-5; Krmbh. 4 f. 53-57. Sapinières humides. — Été. . . B. flavidus Fr. 24. 5. Stipe réticulé au dessus tie l'anneau ; pores grands, angu- leux, jaunes ; tubes décurrents, jaunes; chapeau large de 4-6 cent, ou plus, jaune pâle, couvert d'une visco- sité brunâtre qui finit par disparaître; chair légère- ment jaunâtre. — Boit. 169 ; Sow. 265 ; Krmbh. 56, f. 2. Sapinières. — Été B. flavus With. 25. 4. Pores linéaires, jaunes; tubes adnés, jaunes; stipe égal, lisse, jaune, ord. marqué d'une ligne plus obscure au lieu d'anneau ; chapeau large de 4 cent., légèrement vis- BULLETIN DES SEANCES. 77 queux, jaune verdâtre ; chair jaunùLre ou incarnate. — Fr. le. 178, f. 1. Sapinières. — Été B. pulchellus Fr. 26. 1. Stipe bulbeux, ord. rouge. (Calopocles). 2. Stipe réticulé. 3. Chapeau pubescent ou sublomenleux; pores bleuissant sous la pression. ■4. Tubes adnés, raccourcis près du slipe; porcs pelils, angu- leux; odeur et saveur nulles ou douces, faibles. 5. Chapeau large de 10-12 cent, et plus, brun rougeâtre; pores sulfurins, bleuissant ou verdissant au toucher, adnés, courts; tubes sinués, fins; stipe épais, bulbeux- radicant, sulfurin, rosé ou rouge vers la base et à réseau blanc; chair compacte, jaune ptde, bleuissant à l'air, rosée à la base du stipe. — Schf. 130; Rostk. 26; Brilz. Bol. f. 13; Pal. 664. Bois, surtout sous Les sapins. — Été. Aiit. *B. appendiculatus Schf. 27. 5. Chapeau large de 6-9 cent., chamois olivâtre; pores jaune pâle, bleuissant au toucher ; tubes adnés, jaunes; slipe épais, conique puis subégal, rouge pourpre, jaune sous les tubes; réseau blanc ou incarnat; chair compacle, blanchâtre ou pâle jaunâtre, bleuissant à l'air. — Schf. 515; Fr. Swer. 69; Roslk. 27; Harz. 69 ; Krmbh. 57 f. 1-7 ; Saund et Sm. t. l-4;Luc. 170. Bois, surtout de conifères, bruyères.— Été. Aut. Suspect. B. calopus Fr. 28. 4. Tubes adnés-déprimés, presque libres autour du stipe. 3. Slipe réticulé, plus ou moins coloré de pourpre. 6. Stipe coloré de jaune de pourpre et de brun; tubes jaunes, jamais rouges à l'ouverture. — Krmbh. 53 f. 15-lo. Bois. — Été. Aut. Suspect. . . B. pachypus Fr. 29. 6. Stipe pourpre, jaune en haut; tubes jaunes, puis à ouverture rouge; chapeau maculé de noir au tou- cher. — Roslk. t. 28; Saund. et Sm. t. 17. Bois mêlés. —Été B. torosus Fr. 50. 5. Stipe lisse ou finement réticulé, blanc citrin, épais, ovoïde; pores petits, ^Manc cilrin ; chapeau blanchâtre, avec une teinte verdâtre; chair douce, blanc citrin, bleuissante. — Krmbh. 53 f. 10-12; Roques t. 8 f. 2. Bruyères, bois arides. — Été. Aut. Yénén. B. albldus Roques 51. 3. Chapeau glabre. 78 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. A. Chapeau large de 4-6 cent., brun olivâtre ; pores inégaux plusou moins labyrinthes, jaunâtres, pâle ou gris olivâtre; tubes adhérents; slipe claviforme, bulbeux, rouge, jaune au sommet, couvert au milieu et jusque près de la base de nombreuses ponctuations rouges formant souvent des stries; chair jaunâtre, bleuissant puis devenant blan- châtre; odeur et saveur nulles. — Schf. U5j Rostk. 32; Vent. 36 f. 3-4. Bois. — Été. Aut. Siisp. ... B. olivaceus Schf. 32. ■i. Chapeau large de 8-10 cent., rouge brique, jaune à la cir- férence; pores petits, arrondis, d'un beau jaune ; tubes jaunes, verdissant à l'air; stipe robuste, jaune, à réticu- lation jaune sous les tubes, rouge ou pourpre ailleurs; chair jaune foncée, verdissant promptement, à la fin roussâtre saie, rougeâtre à la base. Parmi les graminées le long des chemins. — AuL B. testaceus Gill. 53. 2. Stipe non réticulé, jaune sous les tubes sur un espace de 1-2 cent., finement ponctué de rouge en dessous, insensiblement ren- flé de haut en bas où il se termine en massue arrondie; chapeau large de .j-8 cent., brun olivacé. jaunâtre vers les bords qui sont aigus et dépassent les tubes ; tubes bleuissant ou verdissant à l'air; pores petits, irréguliers, arrondis, rougeâtres; chair jaune, bleuissant promptement à l'air. Dois de chênes. — A iil *B. clavicularis Gill. ô-i, b. Tubes libres ou presque libres autour du stipe. 1. Tubes non rouges (Edules). 2, Stipe non réticulé. 5. Tubes non libres; chapeau soyeux ou floculeux. ■4. Stipe glabre. 3. Stipe de couleur pâle ou jaunâtre ; cha|)eau soyeux, convexe, puis plan. 6. Chapeau large de 1-2 décim. blanchâtre, café au lait ou roussâtre, devenant granuleux; pores d'un blanc gris; tubes fins, allongés; stipe gros, ovoide, glabre ou finement réticulé, concolore au chapeau ; chair ferme, blanche, rougissant à la base du stipe; odeur et saveur agréables. — Paul. 170 (mal); Fr. Swer. 43 ; Huss. U. t. 25 ; Hogg et J. t. 13. fJois. — Été. Comestible excellent. *B. aestivalis (Paul.) Fr. 35. 6. Chapeau large de 10-12 cent., cannelle pAle. se ger- çant parfois ; pores petits, arrondis, jaunâlres puis bruns; tubes icmi-librcs;. slipe coni(iue ou cylindri- BULLETIN DES SÉANCES. 79 que, lisse, jaune pâle ; chair pâle, non changeanle. — Paul. 171 f. ^2-5; Roslk. 50 ; Krmbh. lii f. 12-14. Bois des montagnes. — Eté. Aut. Comest. *B. obsonium (Paul.) Fr. 36. 5. Stipe bariolé de jaune et de rouge, ovale, puis fusi- .fornic, lisse; pores arrondis, jaunes puis verdâtres; tubes pclits, semi-libres; cliapeau lai'ge de 4-5 cent., subtomcnteux, brun marron ou brun olivâtre, à marge repliée ; chair jaune, invariable ou devenant bleuâtre, verdâtrc ou même rougoâtre. — Vittad. 19; Ventur. 55 f. 3-5; Krmbh. 75 f. 13-20. Bois feuilLus. — AiU. Comest . *B. fragrans Viiiad. 37. 4. Stipe velu ou squamuleux, jaune, obèse, subbulbeux ou presque égal; pores petits, jaunes; tubes presque libres, longS; jaunâtres; chapeau large de 1-2 cent.; épais, chà- lain, floculeux, puis granuleux, ridé et gercé; chair blanche ou blanchâire, jaunâtre sous l'épiderme, non changeante. — Schl. 108; Harz. 51 ; Fr. Swer. '<2; Gill. Bois. — Été. Aut. Comest. . . . B. impolitus Fr. 58. 3. Tubes libres. 4, Chapeau large de 10 cent., roux fauve, à marge mince, aigué; pores moyens, égaux; tubes jaunes non chan- geants, longs, devenant libres ; stipe court et bulbeux ou long et égal, granuleux et munis de flocons fugaces; chair jaune non changeante. — Mich. 68 f. 2; Krmbh. 76 f. 6-9. Bois leiiillus *B. sericeus Krmbh. 39. 4. Chapeau marron, k marge obtuse ; pores pclits, arrondis, blanchâtres puis jaunâtre; tubes libres; stipe bulbeux, lisse et concolore au chapeau supérieur, roussâtreou brunâtre et lacuneux à la base; chair blanche, non changeanle, rouge sous l'épiderme; espèce subcespi- teuse. — Fr. Swer. 51 ; FI. d. 1792. Bois. — Aut. Comest *B. vaccinus Fr. 40. 1. Stipe réticulé ou subréticulé; tubes semi-libres ou presque libres. 3. Chair blanche ; chapeau brun; tubes blancs, puis jaunâtres ou jaune verdâire, à orifice étroit, rond, concolore; pores d'abord blancs; stipe ayant jusque 15 cent, de haut. 4. Stipe robuste, ord. ventru, atténué au sommet ou presque égal, blanchâtre ou fauve clair; tubes longs, semi-libres ; chapeau brun plus ou moins foncé, glabre, moile, par- fois aréole, large de 5 à 25 cent, à cuticule non ou à peine séparablc, rouge en dessous. — Fr. Swer. 13 ; Sovv. 111; xvii 7 80 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. Lenz f. 34; Schf. 154; Bull. 60. 494;' Krmbh. 51 ; Villad. 2-2; Vent. 8; Harz. 4, 41; Barla 54; Tratt. Aust. f. 54; Gill.; Belg. hort. XXIV, t. 5. BOIS. — Été. Aut. Comesl. (Le Cèpe, B. comestible.) B. edulis Bull. 41. 4. Stipe épais, à peu près égal, chamois clair ou olivacé et réticulé par des ponctuations roussâtres ; tubes courts, sublibres ; chapeau noir ou brun noir, sec, ord. velu, large de 7-9 cent., à cuticule séparable, non rouge en dessous. — Rostk. 15; Krmbh. 56 f. 1 7; Quel. 16 f. 2 ; Gill. Bois mêlés. — Été. Aut. Comesl. ( B. bronzé). B. aereus Bull. 42. 5. Chair jaunâtre, non changeante; tubes courts, jaune d'or, k orifice étroit, rond, concolore; stipe épais, jaune, rouge à la base; chapeau rouge sanguin. — Britz. Bol. f. 16; Krmbh. t. 7. Bois à sol. sablonneux. — Été. Comest. (B. royal). *B. regius Krmbh. 43. t. Porcs ord. rouges, d'abord fermés; tubes libres (liuridi). 2. Tubes jaunes à l'intérieur. 3. Stipe réticulé ou ponctué. 4. Chair jaune. 3. Chapeau non rouge. 6. Chapeau d'abord tomenteux ou velouté. 7. Plus petit que 5. /«n"rfi/5; slipe moins épais, cylin- drique, intérieurement rougeâtre et couvert de sfiuamules ou de ponctuations rouge noirâtre. — Harz. t. 56; Lotell. 612; Barla l. 55, f. 6. 7. Bois surtout de conifères entre les broussailles. — Eté. B. erylhropus Pers. 44. 7. Chapeau large de 5-20 cent, et même plus, convexe, à la lin un |)cu visqueux, brun terne, brun olivacé ou roux fuligineux ; pores arrondis, rouge orangé, bleuissant sous la pression; tubes longs, jaune verdâtre, libres; slipe long de 7-8 cent, très épais, ventru, jaune ou jaune rougeâtre, marqué d'un réseau plus foncé ; chair jaune, verle ou bleue h l'air. — Schf. 107; Fr. Swer. 12; Grév. 121; Krmbh. 58 f. 11-17; Rostk. l. 51 ; Boit. 85; Berk. Oui. 15 f. 5; Bull. 100; Barla 55 f. 1-5. Bois, bruyères, pâturages. — Été, AuL. V^jch. (Comest. pour Bull., etc.) ! . . . B. luridus Schf. 45. 6. Chapeau glabre, sec, livide verdâirc ou jaune sale. BULLETIN DES SÉANCES. 81 convexe, large de 6-8 cent. ; pores petits, orangés, rouges; tubes libres, jaunes; stipe court et ovoïde puis allongé, concolore au chapeau super., rouge ou varié de jaune et de rouge infér., k peine réticulé ; chair jaunâtre bleuissant h. l'air; odeur et saveur acides. — Leteil. Hist. f. 52; Krmbh. 38 f. 7-10. Bois, pâturages humides. — Été. Aut. Vénén. B. lupinus Fr. 46. 5. Chapeau rouge pourpreou violacé, sec, pruineux pubes- cent; pores petits, irréguliers, orangé-purpurin; tubes fins, jaunâtres puis verdâtres, libres ou sublibres; stipe ferme, jaune, pointillé et réticulé de veines pourpres; chair jaune, bleuâtre ou bleu verdâtre à l'air; celle du stipe pourpre à la base et au centre. — Fr. Swer. 41; Krmbh. 37f. 12-lS; Barla 53 f. 8-10; Saund. et Sm. 4-3. Bois. ^ Été. Aut. Vénén. . . B. purpureus Fr. 47. 4. Chair blanche, douce puis vireusc, rougeâtre ou violacée à l'air; odeur désagréable; pores petits, ronds, rouge pourpre, ou rouge sanguin puis jaune orange; tuljcs libres, jaunes ; stipe ovoïde, pruineux, jaune rougeâtre, orné d'un réseau rouge sang; chapeau large de 1-3 décim., convexe, épais, glabre ou presque glabre, lubri- fié puis pruineux, brunâtre puis blanc grisâtre. — Lenz f. 51; FI. Bat. 1040; Huss. I. t. 7; Quel. Jur. 15 f. 1; Krmbh. 58 f. 1-8; Vivian. 40. Bois, bruyères, pâturages. — Été. Àiu. Très vénén, B. Satanas Lenz 48. 3. Stipe lisse, égal, rouge fuscescent, jaune au sommet, long de 11 cent, et plus; pores rouges oranges; tubes libres, jaunes; chapeau large de 10 cent, et plus, tomenteux, Itrun olivacé; chair jaune, verdissant à l'air puis bleuissant et devenant enfin cendré sale. — Rostk. 35; Britz. Bol. f. 20. Bois feuiUus. — ^lU *B. luridiformis Rostk. 49. 2. Tubes d'un gris verdâtre à l'intérieur; pores petits, orangés- rouges ; stipe bulbeux rouge cendré au sommet, jaune paille au milieu, réticulé-brunâtre, fuligineux à la base; chapeau large de 8-10 cent., glabre, sec, cendré, fuligineux; chair jaunâtre, [uïle, bleuissant rarement. — Sw. Bot. 246; Sapinières. — y4ut B. sordarius Fr. 50. B. Tubes d'abord blancs ou gris (Tephroleuci). a. Stipe solide. \. Spores brunes ou roses. 2. Spores brunes; tubes grands, anguleux, inégaux (Favosi). 8^2 SOCIETE BELGE DE MICROSCOPIE. 3. Chapeau sec; pas d'anneaux; tubes adnés au stipc en cou- che arrondie, ■i. Slipe atténué, conique. 5. Stipe squamuleux, blanchâtre; pores assez grands, anguleux, blanchâtres ; lubes blanchâtres, plus courts autour du stipe; chapeau large de 5-8 cent., flocon- neux, puis squamulenx et fendillé, blanc sale. — Krmbh. 4f. 26; Batt., 50 C. Bois feuiUus, surtout sous les hêtres. — Axa. *B. asprellus Fr. 51. 5. Slipe glabre, lisse, bicolore, brun fuligineux au som- met, blanchâtre à la base, long de 5-6 cent.; pores sinueux, gris-olivacé'; tubes allongés, libres, blanchâ- tres; chapeau convexe, villeux, soyeux, fuligineux, oli- vacé; espèce subcespiteuse. — Brilz. Bol. f. 24. Sapinières. — AiU *B. îuligineus Fr. 52, 4. Stipe égal ou un peu atténué au sommet, poudreux, fine- ment pointillé, brun rougeâtre ou fuligineux, long de 10-12 cent. ; pores amples, anguleux, gris lougeâlre, brunissant au toucher; tubes longs, semi-libres, de même couleur (jue les pores; chapeau large de 8-15 cent., convexe puis plan, sec, velouté, gris livide, brun ou olivâtre, noircissant au toucher; chair blanche bleu- issant sous les tubes; odeur de poisson; spores brun noir. — Sterb. t. 3; Kalchb. 52 f. 1 ; Gill. Bois herbeux. — Été. /lut. Comest. délicieux (Kalchb). Sus- pect (Quel.) B. porphyrosporus Fr. 55. 5. Chapeau visqueux; un anneau; tubes adnés. -1. Chapeau large de 5-8 cent, subsquamuleux, d'un blanc sale, maculé de taches livides, et couvert d'une viscosité jaunâtre évanescente ; pores composés, d'abord blancs lubes adnés, subdécurrenls ; stijie d'un blanc sale, scro- biculé à la base, réticulé au dessus de l'anneau. — Huss. I. t. 25. Sous les mélèzes. — Sept. . . . B. laricinus Pcrk. 5i. 4. Chapeau large de 4-5 cent, mou, glabre, visqueux, jaun'i- Ire sale, à bords minces, droits, garnis d'appendices fibrilleux très-fugaces; pores simples, inégaux, livides; tubes adhérents; slipe visqueux, blanc, puis blanc jau- nâtre, réticulé de noirâtre au dessus de l'anneau; odeur pénétrante; chair blanche, jaunissant près de l'extérieur. — Fr. le. 178 f. 3; Gill. Sous les mélèzes. — AU t. Comesl. . . B. viscidus l. :i:j. 2. Spores roses nu d'un blanc rosé; tubes adnés au slipe. (llyi>orrliodi). BULLETIN DES SÉANCES. 83 3. Pores anguleux, grands.; chapeau mou. 4. Chapeau large de 2-5 cent., glabre, lisse, brun marron peu foncé ou brun jaunâtre; slipe atténué au sommet, réli culé; porcs blancs puis incarnats; hymenium tonvexe; chair blanche, incarnate à l'air; saveur amèrc. — Fr. Swer.52; Rostk. 43; Krmbh. 74 f. 1-7; Bull. 379; Gill.; Pat. 674. Bois. — Été. Aut. Vénén .... B. felleus Bull. 36. 4. Chapeau large de 2 !/2 cent., pruineux, un peu visqueux slipe pruineux; pores hlanchàlres puis roussàtres. Bois de hêtres *B. pumilus Saut. 57. 3. Porcs ronds. 4. Chair blanche, non changeante à l'air; tubes blancs, rous- sàtres étant pressés, formant une surface déprimée autour du stipc ; stipe lisse, rugueux au sommet, long de 10-U cent. ; chapeau large de 8-11 cent., velu, puis glabrescent, fusccscent, alutacé; saveur douce. Prairies enclavées dans les bois. —Aut. *B. alutarius Fr. 58. 4. Chair blanche, roussâtre à l'air; tubes rose pâle, i)lus fon- cés sous la pression, écartés du stipe ; stipe conique tuberculeux, long de 8 cent, et plus ; chapeau d'abord couvert par le voile puis nu, brun alutacé. — Rostk. t. 48. Bois *B. roseus Wint. 59. 1. Porcs ronds; si)Ores ferrugineuses (Versipelles). 2. Tubes libres. 5. Slipe squamulcux plus long que le diamètre du chapeau. 4. Slipe atténué ; espèces très variables. 5. Stipe parsemé d'aspérités écailleuses, noirâtres, brunâ- tres ou rougeâtres; pores petits, ronds, blanchâtres tubes formant un hyménuim convexe; une corline fugace; chapeau large de 5-12 cent., glabre, visqueux à l'élat humide, fendillé étant sec; chair blanche, légè renient bleuâtre ou ardoisée à l'air; odeur particu lière nulle; saveur comme un peu salée. — Fr. Swer 14; Vilt 28; Vent. 9. 10; Roslk. 40; Harz. 2; Bull 489 f. 1; Sow. 175; Krmbh. 55 f. 1-6; Gonn. et Rab VU. t. 5 ; Gill.; Barla 55 f. 6-12; Roze et R 54 f. 1. Bois. — Été. Aut. Comest . . . . B. scaber Fr. 60. Chapeau et slipe de couleur orangée. — Bull. 489 f. 2, Var. auuantiacus. Chapeau et stipc blanc. — Roslk. 48, Var. niveus. 5. Slipe couvert de petites mèches écailleu.scs noirâues et molles au toucher, pores pelils. ronds, grisâtres; tubes formant une surface concave; un voile annu- 84 SOCIÉTÉ BELGK DE MICROSCOPIE. lairc fugace; odeur forte, désagréable; saveur douce puis piquante. — Schf. 103; Krmbh, 52; Sow. 110; Rostk. 59; Batt. 30 f . A ; Quel. Jur. t. 17; Pat. 66S. 666. 667. Bois, surtout dans les sapinières. — ^ut, Comest. B. versipellis Fr. 61. i. Stipe fusiforme. ponctué, ord. squamuleux; pores petits, blancs puis prenant la couleur des tubes qui sont allon- gés, livides, fucescenls ; chapeau convexe, mou, glabre, visqueux étant humide, d'un blanc roussâtre, presque marron, fendillé étant sec; chair blanche, incarnat cui- vré, enfin cendré violacé. — Kalchb. le. 55 f. 1 ; Gill. Bois sous les trembles. Comestible délicieux. *B. duriusculus Schulz. 62. 5. Stipe non squamuleux, muni de côtes rugueuses; pores petits, arrondi", blancs ainsi que les tubes: chapeau con- vexe, lisse, glabre, sec, bai ou brun, large de ;j-6 cent. — Rostk. 41; Sow. 420. Bois. — ^ut *B. rugosus Fr. 63. 2. Tubes adnés, jaunâtres ; pores petits, arrondis , blanc jaunâ- tre ; stipe fusiforme, squamuleux, pâle; chapeau convexe, fendu en réseau, roux pâle ou roux olivâtre; chair blanche bleuissant un pou et se maculant surtout au stipe de rouge ou de rougeâtro, molle et se corrompant vile. Bois. — Fin de l'Été. Aut. . . . *B. tessellatus Gill. 6i. b. Stipe farci ou creux jamais réticulé; pores petits, ord. libres; spo- res blanches. (Cariosi). 1. Chapeau non visqueux; porcs ronds ou arrondis. 2. Stipe velu, villcux ou pruineux; chapeau velouté ou flocon- neux; pores blancs. 5. Chair d'un bleu foncé à la cassure, -i. Chair dure, d'abord blanche, donnant par compression un suc bleu; slipe épais, dur, ventru, fragile, villeux, de même couleur que le chapeau; chapeau large de 5-14 cent., tnnienteux ou floconneux, mat, gris sale, jaune paille, puis brunâtre, parfois fendillé en réseau. — Bull. 569; Fr. Swor. 80; Lelell. 654; Harz. 71; Rostk. 44; Krmbh. 35 f. 7-9; Barla 37. Bois.— Été. /lut. Suspect. Comesl.? B. cyanescens Bull. 65. 4. Chair d'un bleu indigo îi l'air; stipe larci. caverneux, dur, velouté, puis crevassé, blanc ; rentlé à la base ; cha- peau large de 10 cent, il'un blanc pur; tubes courts. — Lév. An. Se. n. 1848 t. 9 f. 1-2. Bols sablonneux. — Été. Comest.? *B. lacteus Lév. 66. BULLETIN DES SÉANCES. 85 3, Chair blanche, non changeante, très-dure ; slipe cylindrique ou subbulbeux à la base, ord. atténué au sommet, brun marron, velouté; chapeau large de 8 cent., velouté, pres- que glabre, avec reflet satiné, brun marron. — Bull. ô'^S; Krmbh. i f. 28-30; Barla 32 f. 11-15; GUI, Bois à sol siliceux. — Été. ^ut. Comest. B. castaneus Bull. 67. 2. Slipe glabre, lisse, plein, puis creux ; chapeau glabre; pores arrondis; chair non changeante. 3. Stipe égal, luisant; pores blancs puis citrins; tubes longs; chapeau large de 5-8 cent., dur, lisse, lissant, fauve rou- geâtre ; chair blanche ou blanchâtre. — Rostk. 45; Inz. Sic. II. t. 3. f. II. f Bois, prairies stériles. — Été. . . . B. fulvidus Fr. 68. 5. Slipe rouge supérieurement atténué et jaune à la base ; pores flaves; tubes courts; chapeau large de 3o cent., mat, rouge ; chair molle, jaunâtre. — Krmbh. 36 f. 21-24. Bois, prairies stériles. — ^ut. . B. rubellus Krmbh. 69. 1. Chapeau visqueux; chair blanche sans odeur ni saveur particu- lière. 2. Chapeau large de 8 cent., blanc, légèrement aréole; cuticule épaisse, séparable et dépassant les tubes de 2-3millim.; pores petits, ronds ; tubes longs (10-12 mill.) libres, pâles; stipe atténué de la base au sommet, blanc. Bois, sous les chênes. B. aibus Gill., B. Gilletii sacc. et Cub. 70. 2. Chapeau large de 4-6 cent., blanc puis jaune pâle; tubes petits, courts, subdécurrents, blancs puis jaune verdâtre ; slipe suljégal, souvent atténué â la base, glabre de même couleur que le chapeau; espèce cespiteuse. Bois, sous les sapins. — Juillet. Sept. B. albus Lamb., B. Lambottei Sacc. et Cub. 71. 3. GYRODOM, Opat. A. Pas de volva. a. Stipe non bulbeux. 1 . Tubes décurrents ou subdécurrents. 2. Chapeau plus ou moins visqueux. 3. Stipe égal; chapeau à marge aiguë. 4. Chapeau large de 5-10 cent., blanc, puis cilrin, visqueux ; stipe grêle, blanc, muni d'un réseau formé de ponctua- tions rouges; chair à odeur ingrate, longtemps invaria- ble, puis violacée à l'air. — FI. Bat. 956. Bois, bruyères *G. Oudemansii Harlsen 1. 86 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. 4. Chapeau d'abord jaune, puis roussâtre, subvisqueux ; slipc roussâlre, pâle, flave en haut; chair jaune, verdis" sant puis roussâlre à l'air. — Rostlw 19. Bois humides d'aunes et de bouleaux. — Été. --lui. *G. rubescens Trog 2. 3. Stipe atténué inférieurement, blanc maculé de roux; cha- peau large de 2 1/2 cent., blanc puis citrin; chair blanche; spores subcylindriques. — Aulun III, l. II. Bois, bruyères *G. fusipes Heuflcr 5. 2. Chapeau sec, soyeux puis glabre, paille ou blanc cilrin, lavé de bistre ou de gris, large de 5-9 cent.; slipeégalou dilaté en haut, lisse, taché de vert et de roux ; pores plissés et jau- nes, verdissant sous la pression ; chair jaunâtre puis bleue, verdâtre et rougeâtre; spores ovales. — Bull. 490 f. 2; Quel. Jur. 15 f. 2: Bois humides. — yéut *G. lividus Bull. 4. 1. Tubes non décurrcnls; spores ellipsoïdes, oblongucs. 2. Chapeau large de 5-6 cent-, pubesceni, olivâtre, panaché de rose, puis brun bistre; pores sinueux, jaunâtres puis verts ; stipe pubescent, pruineux, jaunâtre, rouge au milieu; chair jaunâtre, instanlanémcnt bleu verdâtre, puis violette à l'air, rouge à la base du sLipe. — Quel. Ass. fr. 1886, l. 9. f. 6. Bois. — Été *G. Mougeotii Quel. 5. 2. Chapeau large de 5-8 cent., sec, glabre, roux brun; tubes iné- gaux; fauves ; pores 11 la fin allongés plissés; stipe égal, lisse, roussâtre, pâle; chair blanche non changeante. — Rostk. 1. 11. Bois sec parmi les Myrtilles . . . . *G. Sistotrema Fr. 6. b. Stipe bulbeux ou subbulbeux; tubes décurrents, courts; spores ovoïdes. 1. Stipe réticulé, atténué au sommet, brusquement bulbeux à la base, à bulbe égalant presque le chapeau; tubes blancs; pores petits, inégaux ou pres(jue ronds, blanchâtres ou gris carné; chapeau large de 6-8 cent., glabre, brun ocracé, maculé de brun rouge par le toucher. Bois de chênes *G. Filiae (Gill.) Sacc. et Cub. 7. 1. Stipe obèse, subbulbeux, maculé et strié de rouge ferrugineux; tubes jaunes ; pores sinueux, â la fin d'un rouge ferrugineux ; chapeau glabre, visqueux, d'un blanc fauve. Bois • . *G. placidus Bonord. 8. B. Un volva ; stipe égal, lisse, concolore ; chapeau glabre, lisse. — Pers. Myc. Il, 17 f. 2. Bois. — Print. fi'té. Aut ''G. velvatus (|>ers.) Fr. 9. Obs. La dernière espèce serait suivant le Dr Quélet (FI. Myc. p. 411) Amanitopsis vaginata à lames déformées par un Hypomyces. BULLETIN DES SÉANCES. 87 4. STROBILOIIVCES, Berk. A. Tubes longs, plus courts aulour du stipe; stipe lomenteux, fuligi- neux inféricurement, semi-annelé et vacuole supérieurement; cha- peau large de 8-10 cent, portant sur les bords les débris du voile membraneux. — Cliev. Par. 6 f. 10. Bois *S. floccopus Vahl. 1. B. Tubes adhérents, plus longs que l'épaisseur du chapeau ; stipe sillonné au sommet, et portant des débris brunâtres du voile ; cha- peau large de 4-8 cent, et plus. — Krmbh. 74 f. I'^. 15 ; Rostk. 38 ; Quel. 16 f. 1 ; Vent. 43 f. 1. ^2; Pers. Myc. II. t. 19; Pat. 675. Bois sons les terrasses des chemins creux. Boletus srobilaceus Fr., S. squarrosus (Pers.) Gill. et Luc. 2. 5. PHYLLOPORt]l«$, Quel. Chapeau large de5-8cent., souvent excentrique, tomenteux, bai ou brun pourpré; lames épaisses, larges, rameuses ou alvéolées, jaunâtres, rougissant à la pression; stipe ferme, fibrilleux, pointillé ou poudré de rouge; chair jaunâtre, rosée ou vineuse sous la cuticule. — Kalchb. le. 16 1". 1. Bois, bords des chemins. — Été. Flammula paradoxa Kalchb.; P. Pelletieri (Crouan) Quel. BILLETIN DES SÉANCES DE LA SOCIETE BELGE DE MICROSCOPIE Tome XVII. N" VI. 1890-1891. Procès-verbal fie la séance iiieiisiielle du 11 a%ril 1891. Présideinck de m. Errera, président. La séance est ouverte à 8 1/2 heures. Sont présents : MM. Bauwens, Bray, Delogne, De Wevre, De Wildeman, Errera, Francotte, Gedoelst, Lameere,M"® Leclercq, Roufïîirt et Verhoogen, secrétaire. M. Pelseneer assiste à la séance. Ouvrages reçus en liommuf/e : E. De Wildeman. — Premières reclierclies au sujet de r influence de la température sur la marche, la durée et la fréquence de la carijocinèse dans le règne végétal (Mémoire couronné par la Société des sciences médi- cales et naturelles, 1890). Rupeuï Jones. — On some fossil Estkeriac. {Geologicai Mag.,\o\. VIII, février 1891.) 90 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. PiLPERT JoiNES. — 0)1 somc Estlieviae and Esllieriaclike s/iells from tlie carbonifcrous sliales of Western Scot- land{Trfins. Gcol. Soc. Glascoîv, mars 1890). Ch. F. Cox. — Proloplasm and life, two hiological essays, New-York, 1890. Des remei'cîments sont votés aux auteurs de ees envois. Communications : L«|iioSi, par Paul Pelseneek, professeur à l'École normale de Gand. Dans une conférence sîf/' les organes des sens chez les Mollusques, M. Paul Pelseneer expose, au point de vue morphologique, avec projections à l'appui, la structure compai'ée des divers organes de la sensibilité spéciale de ces animaux, dont il montre les différences anato- miques et physiologiques avec les appareils portant les mêmes dénominations chez les Vertébrés. Il décrit, pour chaque oidre d'organes, la disposition la plus archaïque existant encore dans les espèces actuelles, et en fait connaître l'évolution phylogénétique dans le temps, par comparaison des différents états d'un même appareil chez les diverses formes de Mollusques. De la nature des conformations ai'chaïques observées, et de l'analogie de ces confoi-mations dans les organes sensoriels dilïérents, il conclut à leur origine commune, aux dépens de cellules de la sensibilité générale : oi'igine due à la spécialisation de ces dernières par l'action des divers agents physlcjucs sur les parties du corps les plus exposées à leurs effets. nULLRTIN DKS SÉANCES. 91 II constate que les résultats de l'anatomie comparée sont confirmés par l'observation du développement indi- viduel normal et de la régénération des ornçanes senso- riels détruits, et que l'ensemble des faits observés montre la grande variabilité des organismes vivants, sous l'in- fluence des agentsextérieurs, par réaction contre ceux-ci. Le détail de cette conférence sera publié aux Annales de la Société. LVrig'iiie «les VertéPjrés, conférence donnée à la Société belge de Microscopie le 7 mars 1891, par M. Aug. Lameere", professeur à TUniversité de Bruxelles. Mesdames, Messieurs, Depuis l'introduction dans la Science de la théorie de la transformation des espèces, la classification des orga- nismes est devenue véritablement naturelle; elle est l'expression synthétique de la parenté des êtres vivants, et elle constitue le reflet de nos connaissances sur leur structure. Mais, établir une classification généalogique d'orga- nismes aussi compliqués, aussi nombreux et aussi diffé- renciés que les Animaux, n'est point chose aisée : le pi'o- blème se heurte à des difficultés de tout genre, et l'on conçoit qu'il ne puisse être résolu qu'à la longue. Cepen- dant, dans l'état actuel de la Science, nous commençons à entrevoir les traits principaux des vicissitudes auxquelles les Animaux ont été soumis dans la suite des âges, et leurs relations de parenté se dessinent de jour en jour avec plus de netteté. Le temps me fait défaut pour vous exposer le système zoologique dans sa généralité, et je 92 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. prendrai parmi les questions qu'il embrasse, celle qui intéresse probablement davantage la plupart d'entre vous, l'origine des Vertébrés : faire l'histoire des transforma- tions subies par des organismes inférieurs pour consti- tuer ce type élevé, c'est retracer en effet une partie de l'histoire de l'Homme même. Permettez-moi d'abord de vous rappeler brièvement quels sont les caractères essentiels de la structure des Vertébrés. Ces animaux ontle corps segmenté, comme les Vers et les Insectes, mais cette segmentation ne se trahit que dans la disposition des organes internes : la répé- tition des vertèbres, le mode d'origine des nerfs qui partent de la moelle épinière, en sont la manifestation la plus frappante chez l'Homme. Dans l'embryon de tous les Vertébrés et pendant toute la vie chez les Poissons, elle est très nettement accusée par la division des masses musculaires latérales du corps en tranches disposées les unes derrière les autres, ce que tout le monde aura pu constater sur les divers poissons servis sur nos tables ; ces tranches musculaires sont creuses dans l'embryon : elles forment ce que l'on nomme les protovertèbres. Comme tous les animaux véritables, les Vertébrés offrent une cavité digestive; celle-ci n'est pas accolée directement à la peau, constituant un simple renfonce- ment dans le corps de l'organisme, ainsi qu'il en est chez les Eponges, les Polypes et les Méduses : elle est séparée des téguments externes par une autre cavité, appelée cavité générale, cavité péritonéale ou cœlomc. Cette différence fait qu'en fendant le corps d'une Méduse, par exemple, l'on pénètre directement dans la cavité digestive, et l'animal n'est point susceptible d'être dis- séqué; tandis qu'en ouvrant au contraire une grenouille. BULLETIN DES SÉANCES. 93 on l'encontre d'abord la cavité péritonéale, dans laquelle font hernie les circonvolutions de l'intestin que l'on peut dégager entièrement du corps sous forme d'un véritable tube. Les Vertébrés ont un svstème nerveux essentiellement représenté par un cylindre creusé d'un canal central, placé longitudinalement sous la peau dans la partie du corps qui étant tournée vers le haut, constitue le dos de ces animaux. Entre le système nerveux et le tube digestif se trouve une baguette cellulaire pleine et rigide, la corde dorsale, laquelle se conserve pendant toute la vie chez certains Vertébrés inférieurs, mais elle n'est chez les autres qu'un organe embryonnaire qui disparaît, rem- placé par une abondante production d'éléments squelet- tiques fournis par les protovertèbres. A ces caractères il faut ajouter comme trait essentiel du type Vertébré que la rorde dorsale s'étend dans toute la longueur de l'animal, mais qu'elle ne dépasse pas en avant le tube digestif et le système nerveux, celui-ci se prolongeant au contraire au delà pour se renfler en cerveau. Il est nécessaire d'insister sur cette particularité, car elle diflérencie nettement les Vertébrés d'autres animaux segmentés qui offrent comme eux un cœlome,un système nerveux dorsal et une corde dorsale et qui, à raison de ces caractères, doivent leur être réunis pour consti- tuer un embranchement auquel on a donné le nom de Chordés ou Cliordozoairea . Ces animaux sont d'une part le célèbre Ampliioxiis, les Tuni<;iers de l'autre, L'Ampliioxus ^ été considéré comme un ancêtre des Vertébrés, et il leur a même été souvent réuni, mais à 94 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSGOPIE. tort. Il conserve à l'état adulte une structure qui en bien des points rappelle celle des embryons de Vertébrés, mais il offre également un certain nombre de particularités secondaires qui ne se présentent jamais chez aucun de ces derniers, et qui font qu'il ne peut leur être réuni ou même être regardé comme une forme rappelant les ancê- tres de ce grand groupe. Le caractère qui éloigne le plus VAmpliioxus des Ver- tébrés est le fait que sa corde dorsale subit une modi- fication secondaire se produisant assez tardivement dans son développement embryonnaire: elle s'allongeen avant pour dépasser le tube digestif ainsi que le système ner- veux, et elle s'étend jusqu'à la partie la plus antérieure du corps, dans cette région qui correspond à la tête des Vei'tébrés; de là l'institution d'un sous-embranchement des Céplialochordes que l'on a créé pour VAmpliioxus seul, et que l'on place dans l'embranchement des Chordés à côté du sous-embranchement des Vertébrés. Viennent maintenant les ïuniciers qui doivent con- stituer un troisième sous-embranchement des Chordés, et qui ne peuvent à aucun titre être considérés comme les ancêtres des Vertébrés ou des Céplialochordes. Ce fut une véritable révolution dans la Science que la découverte par Kowalewsky du développement embryon- naire des Ascidies, ces animaux ressemblant à des sacs et qui avaient jusqu'alors été considérés comme voisins des Mollusques, avec lesquels ils n'ont absolument rien de commun. Ils sortent de l'œuf sous forme d'une larve qui extérieurement rappelleassez bien l'aspect d'un têtard de grenouille, et qui offre dans sa structure les carac- tères essentiels des Chordés, notamment une corde dor- sale. Celle-ci n'est toutefois développée que dans la BULLETIN DES SEANCES. 93 partie postérieure de l'organisme : de là le nom d'Uro- chordes donné aux Tuniciers. On crut un moment avoir trouvé dans ces êtres la transition si désirée entre les Vertébrés et des animaux inférieurs : on pouvait en effet s'imaginer que la forme ancestrale était une Ascidie et que la larve du Tunicier avait servi de point de départ à l'évolution d'organismes supérieurs. Mais l'impossibilité de rattacher les Ascidies à d'autres ani- maux invertébrés a dû faire rejeter cette hypothèse, et a fait admettre l'opinion que leur larve rappelle leur état primordial : les Tuniciers seraient ainsi des Chordés pri- mitifs qui se seraient fixés à un certain moment de leur existence et qui auraient subi par ce fait une révolution considérable dans leur organisation. L'embryogénie de ces animaux démontre en outre que cette nouvelle adap- tation de l'organisme adulte a retenti sur tout son déve- loppement : celui-ci se présente comme manifestement altéré (*], n'ayant plus la pureté, la simplicité qu'offre l'évolution de l'œuf de VAmpliioxus ou des Vertébrés les plus inférieurs. La larve des Tuniciers ne nous représente donc plus actuellement la structure origi- nelle de l'organisme ancestral de ce groupe d'animaux, et elle ne peut non plus être considérée comme rappe- lant un état de développement auquel nous pourrions rattacher les Vertébrés et les Céphalochordes. L'étude de l'embryogénie des Tuniciers ne nous a donc pas fait faire un pas dans la question de l'origine du type Vertébré; elle a abouti simplement à nous montrer la place exacte que les Tuniciers doivent occuper dans la classification zoologique : ils constituent un sous- (*) Ed. Van Beneden ei Ch. Julin. Recherches sur la morphologie des Tuniciers. Arch. de Biologie, t. VI, 1883. 96 SOCIÉTÉ BELGE DE MICKOSCOPIE. embranchement dans l'embranchement des Chordo- zoaires. Les Vertébrés, les Céphalochordes et les Urochordes forment donc trois groupes parallèles provenant d'un ancêtre commun, et s'il fallait chercher parmi ces trois sous-embranchements celui qui représente encore le mieux le type ancestral des Chordés, nous devrions don- ner la préférence aux Vertébrés, car c'est d'un Vertébré très primitif seulement que nous pourrions faire dériver à la fois YAmphioxtis et les Tuniciers. La question de l'origine des Vertébrés se réduit donc à trouver l'ancêtre de l'animal segmenté, pourvu d'un cœlome et de protovertèbres, présentant une corde dor- sale et un système nerveux situé dans la région supé- rieure du corps. Ici nous nous trouvons en présence d'une véritable difficulté : nous n'en pouvons trouver de meilleure preuve que dans la multiplicité des opinions qui régnent à l'égard de la question. L'idée qui prédomine actuel- lement est que les Vertébrés proviennent d'un Ver, mais de quelle forme de Ver, c'est sur quoi les auteurs sont loin d'être d'accord : les uns invoquent des rapports entre les Vertébrés et les Annélides marines les plus inférieures; d'autres, au contraire, vont chercher des liens de parenté des Chordés avec des Vers d'organisa- tion élevée, les Némertiens; d'aucuns ont cru trouver l'ancêtre tant désiré dans ce fameux Halanoglossus qui a l'apparence d'un ver, et qui est en réalité une modifi- cation de type Echinoderme ; il en est enfin qui ont cher- ché à établir une relation des Vertébrés avec les Arachno- morphes ou avec les Crustacés. Ia's partisans de ces différentes manières de voir se BULLETIN DES SÉANCES. 97 bornent généralement à établir des analogies sur des données anatomiques, sans pousser à fond leurs investi- gations : ils ne s'expliquent pas sur l'origine de l'orga- nisme qu'ils considèrent comme l'ancêtre des Vertébrés, de telle façon que leur conception fragmentaire ne plane pas sur l'ensemble du règne animal. Dès 1885, cependant, A. Sedgwick, professeur de Zoologie à l'Université de Cambridge, a émis une hypo- thèse, déjà entrevue par divers auteurs (*), qui donne à mon sens la clef de toute la classification zoologique. Cette hypothèse semble avoir été laissée dans l'ombre : je ne connais pour ma part que mon maître M. Ed. Van Beneden,qui l'ait prise en considération et qui, à diverses reprises, ait insisté sur son énorme importance (**). Exposons d'abord les faits d'une manière purement objective en prenant comme point de départ les pre- miers stades du développement de VAmpliioxîis lesquels nous sont connus d'une manière complète, grâce aux recherches approfondies de Hatschek, professeur de Zoo- logie à l'Université de Prague (***). Les phénomènes que nous offre l'embryogénie de VAmpliioxiis, peuvent être considérés comme exempts de toute cause secondaire d'altération, et dans leurs traits fondamentaux ils sont reproduits dans le développement des Vertébrés. Après la fécondation, l'œuf de VAmpInoxiis se seg- mente, et les cellules ainsi formées se rangent à la péri- phérie d'une sphère creuse, de manière à constituer une (*) A. Sedgwick. On tlieorigin ol melameric segmentation aiid some oiher morphotogicnt questions. Quart. Journ. of Mikrosc. Science, 1884, p. 43. (") Ed. Van Beneden. Reclierclies sur le développement des ^racli- nactis. Bull. Acad. Bel^., sér. 3, t. 21, 1891. (***) B. Hatschek. Studien. ilber die Enlwickelung des A)nphioxus. Arbeil. a. d. zool. Inst. in Wien, Bd. IV, 1881. 98 SOCIÉTÉ BELGE DE MICHOSCOPIE. couche unique, le blastoderme; l'embryon en cet état constitue ce que l'on appelle une blastula (fig. 1), forme qui se retrouve dans le développement de tous les animaux chez les- quels il n'y a pas eu al- tération des processus embryonnaires, de telle sorte que nous devons la considérer comme nous rappelant les ca- ractères d'un ancêtre du règne animal. Or, nous Fig. l.— B\a.st\i\a. de VAmphioxiis, d'après t^oUVOnS DrécisémCnt parmi les Protistes ac- tuels des êtres qui nous offrent une structure très ana- logue : ce sont des Flagellâtes de la famille des Yolvo- cinées, les Volvox, colonies formées de cellules disposées en une couche unique à la périphérie d'une sphère creuse. D'autres particularités très importantes se joignent à cette organisation pour rapprocher les Ani- maux de ces Protistes, ce qui nous amène à penser que si nous possédions aujourd'hui l'ancêtre du règne ani- mal, nous aurions à le ranger probablement parmi les Volvocinées. La blastula de VAmpliioxusue tarde pas à changer de forme : elle s'aplatit comme si elle était comprimée par une surface résistante, et une portion de la paroi blas- todermique s'invagine dans le creux de la sphère; il en résulte une sorte de bonnet formé de deux parois cellu- laires, l'une extérieure nommée ectodermc, l'autre inté- rieure, Vendoderme. Cette dernière limite une cavité BULLETIN DES SÉANCES. 99 interne, disons la cavité digestive, laquelle est en com- munication avec l'extérieuf par une ouverture très large d'abord et qui tend à se rétrécir ensuite, le blasto- pore. L'organisme se présente alors avec l'aspect connu sous le nom de gastnda (fig. 2), qui se retrouve égale- Fig. 2. — Gastrula de VAmphioxus, d'après Hatschek. — ec ectoderme ; ed endoderme ; d cavité digestive ; bp blastopore. ment dans le développement de tous les animaux dont les phénomènes embryonnaires n'ont pas été altérés, et que nous devons considérer comme nous rappelant la structure primordiale de tout le règne animal; elle est en efïet le symbole de ce dernier, les Animaux pouvant être définis : les organismes pkiricellidaires présentant une cavité digestive (*). Nous sommes d'autant plus autorisés à admettre cette manière de voir qu'il existe encore dans la Nature vivante des animaux qui ne dépassent pas ce stade, et qui subsistent d'une façon permanente à l'état de gas- trula. n Ou l'ayant perdue {Cestodes, Acnnlhocéphales. Dicijémidesj. Orthonectides et 400 SOCIÉTÉ BELGK DE MICHOSCOPIE, Les plus connus de ces animaux sont les Hydres d'eau douce, des Polypes ayant la forme d'un cylindre fixé par sa base et surmonté de tentacules flexibles. Une coupe transversale de l'organisme fait voir qu'il n'est formé que de deux feuillets cellulaires, séparés par une mince lamelle de soutien dépourvue de toute structure ; extérieurement se trouve, comme dans la gastrula, un ectoderme et intérieurement un endoderme: celui-ci limite également une cavité digestive, qu'une coupe longitudinale de l'Hydre nous montre s'étendant dans les tentacules et s'ouvrant au pôle supérieur par une ouverture buccale comparable au blastopore. Jadis l'on croyait que l'animal pouvait être retourné comme un gant, que l'cctoderme pouvait ainsi jouer le rôle d'en- doderme, et réciproquement, mais c'est là une erreur repo- sant sur des observations mal faites : il a été démontré récemment {*) que l'Hydre retournée reprend rapidement sa disposition naturelle, et si l'on vient à l'en empêcher, elle périt. i\ existe donc une différence fonctionnelle entre l'ec- toderme et l'endoderme, et nous allons voir que les deux feuillets de la gastrula de VAmpliioxus donnent en effet naissance à des organes très différents. L'embryon s'allonge, de telle manière que le blasto- pore subsiste sur la ligne médiane, à la partie supé- rieure et postérieure de l'animal. Trois différenciations capitales se présentent alors : la formation de système nerveux, de la corde dorsale et d'un feuillet moven, le mésoderme qui vient s'intercaler entre l'endoderme et l'ectoderme. (*) (1. ISHiKAVVA. Trembleifs Umkelirungsvcrsuclic au Ili/dm luuli ncucn Ycrsuchen erklart. Zcitsch. f. wiss. Zool., Bd. i9, l«8y. BULLETIN DES SÉANCES. iOl Nous nous occuperons tout à l'heure en détail de cette dernière complication : disons d'abord quelques mots de l'apparition du système nerveux et de la corde dorsale. Le système nerveux apparaît en avant du blastopore sous forme d'un épaississement médian de l'ectoderme qui s'étend sur toute la longueur du dos de l'animal : le plaque ainsi produite s'affaisse et se courbe de manière à donner naissance à une gouttière dont les bords tendent à se rapprocher et finissent par se réunir en dessus. Il en résulte l'existence, entre la peau et la plaque nerveuse, d'un canal longitudinal qui persiste lorsque les deux bords de cette plaque se rapprochent l'un de l'autre en dessus pour constituer le cylindre creux représentant la moelle épinière de VAmpfiioxus adulte, et qui reste ouvert en avant pendant un certain temps par un office dorsal antérieur appelé neuroporc. La corde dorsale se forme au contraire aux dépens de l'endoderme : elle apparaît comme un épaississement de la voûte de la cavité digestive, sur la ligne médiane, en dessous de la ligne de. formation du système nerveux ; l'ébauche cellulaire ainsi réalisée se détache peu à peu de l'endoderme pour constituer une baguette cylindrique pleine. Avant la formation de la corde dorsale se montre à droite et à gauche, à la partie supérieure de l'endoderme, une hernie de la cavité digestive : il se produit ainsi, de chaque côté, une cavité nouvelle, communiquant d'abord avec la cavité digestive (fig. 5), puis s'en détachant (fig. 4), et dont la paroi cellulaire prend le nom de mésoderme. Mais la formation de ces diverticules méso- dermiques n'est pas aussi simple que cette description le laisse croire : si l'on examine en effet la larve de dO'2 SOCIÉTÉ I5ELGE DE MICROSCOPIE. VAmpliioxus, non plus sur une coupe transversale, mais de dos, on voit qu'avant même que les cavités latérales Fig. 3 et 4. — Deux stades successifs du développement de YAiJiphioxus (coupe transversale), d'après Hatschek. — ec ectoderme ; n système nerveux; 4 système nerveux ; ecl endoderme ; ch corde dorsale ; d tube digestif; m cavité mésodermique divisée à droite en pv protover- tèbre et c cœlome. l'on voit bientôt les cellules de leur paroi profonde se transformer en éléments musculaires qui en envahis- sent la cavité. Ainsi se trouve réalisée peu à peu chez X Ampliioxus l'organisation générale du type Vertébré, et les faits que nous venons de rappeler suffisent pour nous permettre de résoudre la question de l'origine de ces Animaux. Il s'agit de déterminer en effet en premier lieu, la signification de ce stade embryonnaire où VAmphioxus se révèle comme un organisme segmenté. Remarquons d'abord que cette segmentation se pré- sente avec les mêmes caractères chez les Vers annelés, où BULLETIN DES SÉANCES. iOâ elle apparaît en outre extérieurement sous forme d'une division du corps en anneaux. Un embryon de lombric nous offre une série de saccules mésodermiques qui se montrent, comme chez VAmphioxus, dans la région du corps où se développe le système nerveux, lequel est ventral chez les Vers. Ces saccules s'étendent ensuite vers la partie dorsale de l'animal, et ils se réunissent par paires supérieurement et inférieurement, de manière à ne constituer qu'une seule cavité entourant le tube diges- tif. Mais une coupe longitudinale du ver de terre, passant à égale distance du dos et du ventre nous fait voir immé- diatement que la séparation des divers saccules mésoder- miques placés les uns derrière les autres, subsiste, de telle manière que le cœlome du lombric conserve pen- dant toute la vie de l'animal la disposition segmentaire qu'il n'offre chez VAmpliioxiis que dans l'embryon et qui se conserve pour les protovertèbres. La division du corps des Vers en anneaux offre donc les mêmes carac- tères anatomiques que la segmentation des Vertébrés, et doit, par conséquent, tenir à la même cause. Il règne actuellement dans la Science une hypothèse fort séduisante pour expliquer ce phénomène : elle a eu pour point de départ une idée du naturaliste français, A. Moquin-ïandon, adoptée par le physiologiste Dugès. Ces savants, considérant que le corps d'une sangsue ou d'un lombric est formé d'anneaux qui renferment chacun une même portion du tube digestif et du système circula- toire, un ganglion nerveux, un appareil excréteur, etc., bref tous les organes d'un animal complet, pensaient qu'un animal segmenté ne constituait pas un être unique, mais une colonie d'animaux soudés les uns derrière les autres. Chaque anneau constituerait ainsi une indivi- XVII 9 i06 SOCIÉTÉ BKLGE DE MICROSCOPIE. dualité. Cette hypothèse a été reprise et considérahle- ment amplifiée par Hceckel (*), qui croyait pouvoir trou- ver l'origine de cette colonisation dans un phénomène de hourgeonnement. Il est, en effet, des Vers considérés comme très inférieurs et ne présentant point de trace de segmentation, certains Turbellariés, dont la partie postérieure du corps bourgeonne, et donne naissance à de nouveaux vers qui ne se détachent pas immédiatement les uns des autres pour aller vivre d'une existence indé- pendante : il en résulte une chaîne d'individus. Si l'on suppose que ces animaux restent réunis, il s'en suivra une colonie d'autant plus comparable à un ver segmenté que l'organisation de l'un de ces Turbellariés semblait pouvoir, jusqu'à un certain point, être ramenée à celle d'un anneau de lombric ou de sangsue. Telle pourrait donc être l'origine delà segmentation, et cettehypothèse semblait confirmée par le fait que les Annélides marines sortent de l'œuf sous une forme larvaire, assez comparable à un Turbellarié, réduite à la tète ou à un petit nombre d'anneaux de l'animal adulte : à la partie postérieure de ces larves, on voit se produire peu à peu par un phénomène qui ressemble à un bourgeonnement, toute la suite des anneaux qui forment le corps du ver détinitif. En raison de ce fait, la larve des Annélides marines a été considérée comme représentant la structure d'un ancêtre dos ani- maux segmentés, et l'on est allé jusqu'à y voir une forme primitive des Vertébrés (**). Cette liypothèse très remarquable a le défaut de ne pas nous donner l'explication ni de l'origine du mésoderme, ni de la signification du cœlome, et elle est muette sur (•) E. \i.v.cKK\..GenereUe Morphologie der Organismen. Berlin, 1866. ('*) Ed. l'EfuuRu. Traité (te Zoologie. Paris, 1890. BULLETIN DES SÉANCES. lOT la parenté même de la larve des Annélides, toutes les ten- tatives faites pour rattacher cette forme à un animal inférieur avant échoué. Or, nous allons voir qu il est inutile d'invoquer une multiplication de l'individualité pour expliquer la struc- ture des animaux segmentés, et que nous pouvons décou- vrir l'origine du cœlome, du mésoderme et de la segmen- tation dans un seul phénomène purement morphologique. Il existe dans la Nature actuelle, et la Paléontologie nous apprend qu'il y a eu depuis les époques les plus reculées des Polypes plus élevés en organisation et plus robustes que les Hydres et les animaux qu'on leur associe sous le nom d'Hydroïdes : ce sont les Antliozoaires ou Actinozoaires , lesquels constituent les colonies con- nues sous le nom de Coraux et de Madrépores. L'animal du Corail du commerce présente l'aspect général de l'Hydre d'eau douce et est essentiellement bâti de la même manière : son corps a la forme d'un cylindre surmonté d'une couronne de tentacules, et il offre égale- ment un ectoderme et un endoderme séparés par une lamelle de soutien. iMais la cavité digestive est étrange- ment compliquée : au lieu de présenter sur une coupe transversale une section circulaire, elle montre un aspect étoile dû à la présence de replis de l'endoderme qui con- stituent des cloisons séparant des festons ou loges cœlen- tériques disposées radiairement autour de l'axe central. A la partie supérieure du polype, il existe un repli de l'ecdoderme qui descend dans le corps de l'animal et qui vient clore les loges : une coupe transversale de l'Âctino- zoaire en cette région offre donc une cavité centrale limi- tée par l'ectoderme autour de laquelle sont disposées des cavités tapissées entièrement par l'endoderme. <08 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. 11 résulte des recherches approfondies des frères Hertwig f) que les Actinozoaires possèdent un système nerveux : il est constitué par un lacis de cellules ecto- dermiques sous-épidermiques, surtout abondantes sur les tentacules et autour de la bouche oii elles forment un véritable anneau nerveux central. Des polypes ainsi constitués peuvent être dérivés directement d'animaux ressemblant à l'Hydre d'eau douce en supposant qu'il s'est produit chez ces derniers un plissement de l'endoderme qui a donné naissance aux cloisons : ce plissement nous le trouvons déjà indiqué chez certains Hydroïdes. Il n'est pas jusqu'au système nerveux des Actinozoaires qui ne se trouve également chez l'Hydre. Jadis, à la suite des études de Kleinenberg, on niait l'existence de cellules nerveuses différenciées chez cet animal; on prétendait qu'il possède des cel- lules dites neuro-musculaires, à la fois musculaires et nerveuses, mais c'est une erreur. L'endoderme de l'Hydre renferme des cellules nerveuses et des cellules muscu- laires parfaitement distinctes; j'ai fait faire par M. Cha- peaux, aujourd'hui docteur en sciences, il y aura tantôt trois ans, des recherches en ce sens dans mon laboratoire : il en est résulté que des cellules nerveuses se trouvent chez l'Hydre principalement, comme chez les Actino- zoaires, sur les tentacules et autour de la bouche, où elles constituent également un véritable anneau. Ces découvertes ont été confirmées récemment par un natu- raliste allemand (**). Les Actinozoaires nous représentent donc des Hydroïdes (•) 0. u. U. Hertwk;. Die ^ctimen. Jena, 1879. (") K. C. ScHNEiDKR. Ilistoloqie an ITiidrn ftixrn iiiif bcsonderer Bcrucksicktiqun(i des Ni'rvcHsy.slcins der Ilydrupolypcii. Arcli. f. iiiikr. Anal., nd. ô:i, \m). BULLETIN DES SÉANCES. i09 perfectionnés, à cavité digestive festonnée, ayant par conséquent une surface beaucoup plus considérable, ce qui offre un grand avantage pour l'animal, puisque une plus grande quantité d'éléments nutritifs peuvent être ainsi élaborés en même temps : c'est ce qui explique la taille de ces polypes, souvent beaucoup plus considé- rable que celle des Hydroïdes. Parmi les Actinozoaires, il existe encore des for- mes qui ne constituent point de colonies, et qui ne donnent lieu a aucune production squelettique : ce sont de gros polypes mous qui vivent. isolés et que l'on con- nait sous les noms vulgaires d'Anémones de mer ou Fig. 7. — Schéma d'une coupe transversale faite dans la région buccale d'un Cériatithe, d'après les frères Hertwig (les détails histologiques de l'ecto- derme ont été supprimés). — ec ectoderrae ; l lamelle de soutien ; m loge cœlentérique ; b invagination buccale. 110 SOCIÉTÉ HELGE l>E MICROSCOPIE. d'Actinies. Il en est dont la bouche n'est point circulaire comme celle du Corail, mais se présente comme une fente allongée. Tels sont par exemple les Cériantlies, dont une coupe transversale passant par la région supé- rieure du corps, coupe dont j'emprunte le schéma aux frères Hertwig (fig. 7), offre un intérêt exceptionnel. Elle nous montre d'une façon saisissante une symétrie bila- térale qui se trouve d'ailleurs parfaitement indiquée chez tous les Actinozoaires. A droite et à gauche de l'inva- gination buccale se voient des loges qui se font vis- à-vis, de telle façon que sur la coupe, l'animal nous appa- raît comme segmenté, c'est-à-dire que nous pouvons le fractionner en parties semblables disposées les unes der- rière les autres : cette segmentation est due à la dispo- sition des loges, et nous savons que celles-ci constituent une portion de la cavité digestive et que le feuillet cellu- laire qui les tapisse n'est qu'une partie de l'endoderme. Or la segmentation de VAmphioxus provient de l'exis- tence des saccules mésodermiques dont la cavité n'est qu'une portion détachée de la cavité digestive, et dont le revêtement cellulaire est une partie de l'endoderme primitif. (Test-à-dire que nous pouvons directement com- parer les saccules mésodermiques aux loges cœlentéri- ques du Cérianthe, de sorte qu'en faisant l'hypothèse que les animaux segmentés descendent d'organismes ayant eu une structure semblable à celle de certains Actino- zoaires, nous arrivons en même temps à expliquer l'ori- gine du mésoderme, du cœlome et de la segmentation. Il suffît pour admettre cette théorie de concevoir l'existence d'un Actinozoaire aplati, allongé dans le sens du plan qui détermine sa bilatéralité et offrant les loges cœlentériques entièrement séparées de la cavité BULLETIN DES SÉANCES. ill digestive centrale. Or, l'on connaît des Actinozoaires aplatis, on en a décrit qui au lieu d'être circulaires sur une coupe transversale sont elliptiques, on en a découvert entin un dont les loges sont entièrement indé- pendantes et qui pourrait en quelque sorte être défini : un polype pourvu d'un cœlome (*). C'est là l'hypothèse due à Adam Sedgwick qui y a été principalement amené par des considérations tirées de l'embryologie du Peripatus, un Arthropode qui ressemble à un lombric pourvu de pattes, et qui est aux Insectes ce que VAmpliioxiis est aux Vertébrés. Cet organisme offre une gastrula dont le blastopore s'allonge en une fente, en même temps qu'apparaissent les saccules mésodermiques. La comparaison de l'em- bryon arrivé à ce stade avec une jeune Actinie est frap- pante. Le blastopore, homologue de la bouche de l'Actinozoaire, s'allonge de plus en plus, en même temps que sa partie moyenne se rétrécit, de telle façon qu'à un moment donné, il se trouve représenté par deux ouver- tures, une antérieure qui deviendra la bouche de l'animal adulte, l'autre postérieure, le futur anus, réunies encore pendant un certain temps par une étroite fente longitu- dinale disparaissant plus tard (fig. 8). Or, il est précisé- ment certains Actinozoaires dont la bouche offre un aspect inusité : elle a la forme d'une fente allongée dont les deux lèvres sont accolées dans leur plus grande étendue, ne laissant subsister que deux ouvertures terminales, dont l'une joue le rôle d'orifice d'entrée et l'autre d'ori- fice de sortie : cette bouche réalise la disposition que nous observons transitoirement chez le Peripatus. (*) D. C. Danielssen. Actinida ofthe Norwegian North-Atlantic Expé- dition. Bergens Mus. Aarsber. f, 1887. H2 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. cm Fig. S. — Schéma de l'organisation du Peripatus, vue ventrale. — b bouche; a anus ; cm ancienne fente blastoporique aj'ant fait communiquer la bouche et l'anus; n système nerveux; m cavité mésodermique; at antenne; p patte. ■ Tn. Fig. 9. — Schéma de l'organisation d'un Actinozoaire , vue du disque buccal, t bouche ; n système nerveux ; m loge cœlentérique; t tentacule. BULLETIN DES SÉANCES. , 113 Autour de la bouche des Actinozoaires, nous trouvons un anneau nerveux (fig. 9) : le système nerveux du Peripatiis se montre sous forme de deux cordons situés longitudinalement de chaque côté de la ligne médiane, c'est-à-dire de l'ancienne fente qui réunissait la bouche et l'anus, ces deux cordons étant rattachés l'un à l'autre devant l'oriiice buccal et derrière l'orifice anal, de telle façon que le système nerveux du Peripatiis est l'homo- logue du système nerveux des Actinozoaires et occupe la même position dans le corps de l'organisme. De plus, les cavités mésodermiques du Peripatiis envoient un prolongement dans chacune des pattes de l'animal, absolument comme les loges des Actinozoaires se continuent dans les tentacules de ces Polypes, et nous voyons que les membres des Arthropodes ne sont pas autre chose que les tentacules de leurs ancêtres perfectionnés. Une coupe transversale du corps du même Peripatus (fig. 10) mise en regard d'une coupe longitudinale d'un Actinozoaire (fig. 11) nous montre immédiatement l'ho- mologie des principaux organes, mais présentant une disposition inverse par rapport à l'orientation normale de ces animaux : le Peripatus progresse en effet sur la face neurale de son corps, c'est-à-dire que son ventre correspond au disque buccal des Actinozoaires. Il des- cend donc d'un polype retourné, marchant sur sa face tentaculaire, et nous devons admettre la mêm.e origine pour tous les Arthropodes, pour les Vers de tout genre (*) et pour les Mollusques, ces organismes n'étant que les variations d'un même thème, et ne devant constituer qu'un seul embranchement dans le règne animal. Y compris les Cténo[)hores qui sont des Turbellariés pélagiques. i14 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. D Fig. 10. — Schéma de l'organisation du Peripatus, coupe transversale. — D dos; "V ventre ; d tube digestif; n système nerveux; m cavité méso- dermique; s organe segmentaire ; î patte. Cette similitude dans l'organisation des Vers, et des Actinozoaires, se retrouve dans bien d'autres particula- Fig. 11. — Schéma de l'organisation d'un Actinozoaire, coupe longitudinale. — b bouche ; d cavité digestive ; n système nerveux ; m logé cœlenté- rique (les lignes pointillées représentent les feuillets qui manquent à l'im- mense maiorité des Actinozoaires, et qui constituent l'endoderme et la splanchnopleure des Cœloraates); 6' les trois genres d'ouvertures que peu- vent offrir les loges ; t tentacule. BULLETIN DES SÉANCES. 415 rites de leur anatomie, mais il m'est impossible de m'éten- dre davantage sur ce sujet : je dirai seulement que les différenls faits qui ont été allégués par les partisans de l'hypothèse qui veut que les animaux segmentés soient constitués par une colonie à individualités multiples, trouvent une explication plus complète dans la théorie de Sedgwick. D'abord les Vers dépourvus en apparence de segmen- tation, et considérés comme ayant une organisation plus simple que les Annélides, les Turbellariés et les Tréma- todes, sont en réalité des formes complexes qui ont subi une longue évolution ; malgré la profonde transformation de toute leur structure, malgré les vicissitudes nom- breuses auxquelles ils ont été soumis et qui nous sont reflétées par les bizarreries de leur embryogénie, ils oflrent encore le témoignage irrécusable de l'existence du cœlome : il n'y a point de Ver qui n'ait été au début segmenté. Le bourgeonnement suivi de scissiparité qui s'observe chez beaucoup d'entre eux n'est que le rappel du mode de division des Actinozoaires, lesquels se scindent égale- ment de manière à donner naissance à des individus nouveaux. Entin l'évolution larvaire des Annélides marines a son pendant dans le développement des Actinozoaires : ceux- ci ne sortent point non plus de l'œuf avec leur struc- ture définitive. Leur embryon peut être entièrement comparé au début à une Hydre; ce n'est que plus tard qu'apparaissent les cloisons qui déterminent la sépara- tion de loges cœlentériques faisant de l'organisme un Actinozoaire, et ces cloisons ne se forment pas toutes en même temps : elles se montrent les unes après les autres 116 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. à droite et à gauche par paires symétriques, délimitant successivement de nouveaux couples de loges. Cette croissance se fait dans un ordre parfaitement régulier, mais variable, suivant les divers ordres d'Actinozoaires, et il est bien intéressant de constater que dans le groupe des Cérïanlliides, la formation des couples de loges s'accomplit exactement d'après la même loi que l'appari- tion des couples de saccules mésodermiques, c'est-à-dire des anneaux, chez les animaux segmentés. La segmentation n'est donc point la résultante d'une colonisation d'individualités distinctes : elle est un phé- nomène purement morphologique qui a sa source dans une multiplication de surface de la cavité digestive chez les Polypes (*). Revenons-en aux Vertébrés. Le fait qu'ils offrent des cavités mésodermiques nous prouve que, comme les Vers, ils descendent d'animaux ayant eu une structure sembla- ble à celle des Actinozoaires, et il nous reste à nous demander si leurs ancêtres ont subi les mêmes vicissi- tudes que ceux des Vers, s'ils se sont également retour- nés pour marcher sur leur disque tentaculaire, en d'au- tres termes si les Vertébrés ont passé par un stade comparable à l'organisation des Vers. Il est évident qu'il ne peut être question de trouver O Cette conclusion s'applique également aux Échinodermos dont un certain nombre de types ont à juste titre reçu le nom d'Etoiles de mer : il n'y a pas lieu de considérer ces organismes comme étant constitués par un certain nombre d'animaux simples réunis en société autour d'un axe (HîL'ckel) ou d'un individu central (Perrier). Ils forment avec le Balanoglnssus un troisième embranchement d'animaux à cœlome, égale- ment issus d'Actinozoaires, et la persistance de la symétrie rayonnée qui l'emporte ciiez eux sur la symétrie bilatérale, nous montre que leurs ancêtres ont subi leurs perfectionnements sans cesser d'être k l'état adulte des animaux fixés, comme le sont les Actinozoaires actuels. BULLETIN DES SÉANCES. 417 avec Hubrecht (*) l'origine des Vertébrés dans des Vers qui, comme les Némertiens, ont perdu en grande partie la segmentation primitive, et qui offrent une embryogé- nie très compliquée, témoignant de profondes altérations secondaires, le développement si pur de YAmpliioxiis parlant immédiatement contre cette manière de voir. La seule bypothèse plausible parmi toutes celles qui tendent à rattacher les Vertébrés aux Vers est celle qui voit dans les Annélides inférieures les ancêtres des Chordés, mais elle n'est basée que sur deux considérations : la possession commune de la segmentation et des organes segmentaires. La segmentation n'est pas particulière aux Vers et aux Chordés : nous venons de voir qu'elle existe déjà chez les Actinozoaires leurs ancêtres. Les organes segmentaires sont des tubes qui se trouvent disposés par paires dans chaque anneau des Vers : ils constituent, en dernièi'e analyse, des ouvertures qui mettent en communication les cavités mésodermi- ques avec l'extérieur. Semper les a découverts dans les embryons de Squales et récemment Boveri les a trouvés chez YAmphioxus (**). Or, ces ouvertures nous les ren- controns dans les Actinozoaires où elles font commu- niquer chaque loge cœlentérique avec l'extérieur : elles sont placées ou bien à l'extrémité des tentacules, ou bien à leur base, c'est-à-dire à la place correspondant à celle des organes segmentaires du Peripatus et des Vers, ou bien encore dans la paroi du corps, à l'endroit où ces organes semblent se trouver chez les Chordés. (') A. A. W. Hubrecht. ReLations of tlie Nemerlea to tlie Yertebrata. Quarl. Journ. of mikrosc. Science, 1887. ('*) Th. Boveri. C/e^gr die Nieren des Amphioxus. Miinchener Medicin. Wochcnschrilt, 1890. a" 2(î. 418 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOI'IR. nn P Ttt 77, L'hypothèse qui t'ait descendre les Vertébrés des Annélides est donc inutile, puisque les deux particula- rités sur lesquelles elle se fonde existent déjà chez les ancêtres communs de ces animaux. L'hypothèse se heurte en outre à des difficultés insur- montables : je n'insisterai que sur les plus impor- tantes d'entre elles. Le système nerveux des Vertébrés se développe le long du dos comme chez VAmpliioxtis (fig. l'2); il entoure son canal central, en lequel communique pri- mitivement avec l'exté- rieur dans toute son éten- due, mais plus tard, par ^i^^ deux ouvertures seule- ment : une antérieure, le neuropore, qui est peut- „. ,„ o UA ^ 1' ■ +• ^. être homologue à la bou- Fig. 12. — Schéma de lorganisation d un o Chordozaire.yneàorsâle.-npneuro- chc du PevWatUS, l'autre pore ; bp blastopore ; cm canal me- r ' vitéïésodermrS^ nerveux; m ca- postérieure, Ic blastOporC, comparable probablement à l'anus de cet animal. La comparaison de coupes trans- versales représentant l'organisation schématique du Ver- tébré (fig. lo), du Peripatiis, (fig. 10), et d'un Actino- zoaire (fig. 11), nous montre que le système nerveux de ces trois groupes d'animaux occupe la même région du corps. Rien dans l'embryogénie de VAmphioxiis et des Vertébrés ne nous témoigne d'un déplacement de cet appareil : chez les Vers nous voyons que c'est dans la BULLETIN DES SEANCES. 119 région où il se forme qu'apparaissent les saccules méso- dermiques; chez Y Ampliioxus ceux-ci occupent d'abord D. n^ r/ -m Fig. 13. — Schéma de l'organisation d'un Chordozoaire, coupe transversale. — D dos ; V ventre ; d tube digestif ; ch corde dorsale; [n système nerveux ; 6 canal médullaire ; w cavité mésodermique ; s organe segmentaire. également la région du corps adjacente au système ner- veux. Il en résulte que la face neurale des Vers corres- pond à la face neurale des Vertébrés, et comme ces derniers ont la partie du corps qui renferme le système nerveux tournée vers le haut, comme au contraire les Vers marchent sur cette même partie du corps, le ventre des Vers correspond au dos des Vertébrés et réciproque- ment. Si donc les Vertébrés descendent d'un Ver, il faut supposer que ce Ver s'est retourné, et il est bien difficile de concevoir sous quelle intluence naturelle pareil phé- nomène aurait pu se produire. 11 serait en outre étrange que l'Actinozoaire ancestral après s'être retourné lui- même et s'être transformé en Ver, se soit promptement <20 SOCIÉTÉ BliLGE DE MICROSCOPIE. remis dans sa position primitive pour évoluer en Ver- tébré. II est donc très invraisemblable que les Chordés aient passé par la forme de Ver : tout prouve au contraire que l'Actinozoaire qui leur a donné naissance a conservé son orientation normale, la face neurale en haut. Cet Actinozoaire devait en outre avoir des mœurs spéciales : nous savons que les Vertébrés inférieurs, que la larve de ÏAmphioxus et les larves des Tuniciers sont des animaux nageurs vivant à la surface de l'océan, et ces habitudes nous amènent à penser que les polypes qui ont évolué en Chordozoaires devaient avoir des" mœurs pélagiques, c'est-à-dire qu'ils constituaient des polypes flottants. L'on sait que les larves des Actinozoaires sont des animaux pélagiques : nous pouvons donc supposer que l'ancêtre des Chordés a été un polype ayant subi ses dernières métamorphoses sans aller se fixer au fond des mers comme ses congénères. Cette hypothèse seule nous permet d'expliquer l'ori- gine de la corde dorsale et des protoverlèbres si émi- nemment caractéristiques de l'embranchement. Pour un être mou et dépourvu de point d'appui comme un Actinozoaire flottant, il aura été d'un grand avantage qu'il se produisît un épaississcment de Ten- doderme donnant lieu à un axe rigide, lequel aura joué dans le corps du premier des Chordés le rôle d'un tuteur de tous les organes. Il aura encore été très avantageux pour le premier Chordé d'acquérir un organe de locomotion plus efïicace que les tentacules, les protovertèbres. Ce sont en effet ces portions détachées des loges cœlentériqucs piiini- BULLETIN DES SÉANCES. 12! tives qui, se remplissant de tissu musculaire, constituent l'appareil locomoteur de YAmpliioxiis et des Poissons, les nageoires de ces animaux ne leur servant qu'cà se diriger dans leurs mouvements. Les Vers nageurs ont au contraire un mode de locomotion tout différent. Tout concourt donc à nous faire admettre que les Chordés n'ont pas passé par un stade de Ver, mais qu'ils proviennent directement d'un animal ayant la structure générale d'un Actinozoaire et qui aurait persisté à flotter à la surfacedes océans. Résumons donc : d'un état comparable à un Flagellate du groupe dcsVolvocinées, le Vertébré aurait passé aune organisation qui nous est rappelée par la structure de l'Hydre; il se serait élevé ensuite au stade d'Actinozoaire, et, sans jamais avoir offert de parenté directe avec un Échinoderme ou avec un Ver, il serait devenu, en s'adaptant d'une façon permanente à la vie pélagique, le type primitif de tous les Chordés. Ainsi, les animaux qui, dans la Nature actuelle, nous représentent le mieux les ancêtres les plus rapprochés des Vertébrés, sont ces belles Anémones marines qui remplacent dans les océans les fleurs que les Végétaux n'y épanouissent jamais. Présentation de luicroplioto^rainnieis coloriés. M. le Secrétaire présente, de la part de M. Cogit, plu- sieurs microphotogrammes obtenus d'après le procédé de MM. Lumière, à Lyon. XVII 10 ^22 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. Les photographies en noir ne donnent qu'une idée bien imparfaite des préparations coloriées qui sont géné- ralement teintées par des couleurs vives. Il était intéressant de chercher un procédé qui permit de les reproduire mécaniquement et plus fidèlement. Les auteurs du procédé dont il s'agit ont pu atteindre le but et obtenir facilement les doubles colorations en combinant les procédés photographiques avec les mé- thodes de coloration des préparations microscopiques. Les meilleures images ont été produites en opérant de la manière suivante : On choisit un papier dit au charbon, dont la couche est pauvre en matière colorante (il est indispensable, en effet, que les positives soient très claires, si l'on veut que leur teinte n'agisse pas sensiblement sur la colora- tion que l'on doit leur donner définitivement), et on sensibilise ce papier dans une solution de bichromate de potassium contenant : Eau , 650 grammes. Bichromate de potassium . 25 — Alcool 350 — En été la solution est refroidie; sa température ne doit pas dépasser 15°. Après cinq minutes d'immersion, le papier est sus- pendu pour sécher à l'abri de la lumière et de la pous- sière. Le papier est ensuite exposé sous le cliché dans le châssis-presse, en se conformant aux règles qui se rap- portent au procédé au charbon. En un mot, la sensibilisation et l'impression s'effec- tuent avec les précautions que commande ledit procédé. BULLETIN DES SÉANCES. 423 La durée de l'impression est déterminée à l'aide d'un photomètre. Lorsque les indications du photomètre montrent que l'exposition est suffisante, l'image est développée, d'après les méthodes connues, sur un verre mince douci, préa- lablement décapé et parfaitement propre, l'épreuve étant appliquée sur le côté douci. Le développement doit être bien complet. Aussitôt terminé, la positive est lavée à l'eau froide, immergée dans l'alcool pendant dix minutes et enfin mise à sécher. Si l'on a bien opéré, l'épreuve est faible, quelquefois même peu visible. Pour la colorer, on prépare des solutions aqueuses des couleurs employées en micrographie ou de celles qui s'en rapprochent, telles que le violet et le bleu de mé- thyle, le violet de gentiane, le bleu coton, le rouge de magenta, le nacarat, la safranine diméthylée, le vert malachite, etc. La concentration qui paraît le plus convenable varie entre -^ et -^ suivant la solubilité et le pouvoir colorant de la substance. Lorsque celle-ci n'est pas soluble, ou trop peu soluble dans l'eau, on la dissout dans une quantité d'alcool aussi faible que possible, puis on étend ensuite la liqueur avec de l'eau. On pourrait évidemment ajouter à la liste des colo- rants, cités plus haut, un grand nombre d'autres sub- stances; mais il ne faut pas perdre de vue que certaines couleurs d'aniline sont rapidement altérées à la lumière. Celles qui présentent cette propriété doivent être reje- tées. La solution que l'on a choisie pour colorer la positive iU SOCIÉTÉ BELGE DE MICP.OSCOPJE. est versée sur rimage. En quelques secondes, le liquide a pénétré la gélatine qui retient la couleur et qui prend une teinte vive, identique à celle de la préparation ^ microscopique si l'on a bien fait le choix de la teinture. Lorsque la coloration est trop intense on lave abon- damment à l'eau. Généralement, la décoloration s'effec- tue lentement et régulièrement. On suit facilement l'effet du lavage, que l'on cesse au moment opportun. L'action décolorante de l'eau est le plus souvent suffi- sante, dans le cas où l'on fait fusa^e du vert malachite, du nacarat ou du bleu de méthvle. Quand le lavage à l'eau est insuffisant, on traite par l'alcool. La décoloration s'effectue beaucoup plus rapi- dement que dans le cas précédent ; aussi doit-on suivre l'opération avec plus de soins. Letraitement par l'alcool est toujours suivi d'un lavage sommaire à l'eau ordinaire. L'effet de l'alcool est l'apide avec le violet de méthvle et le rouge de magenta. La décoloration est beaucoup plus difficile avec le bleu coton et la safranine. Ces dernières teintures doivent, pour ce motif, être employées plus diluées, afin que l'on puisse en suivre l'action de plus près et pour qu'il ne soit pas nécessaire de recourir aux décolorants. Il est facile, à l'aide de ces indications sommaires, d'obtenir les colorations doubles que l'on remarque dans certaines préparations microscopiques; dans une pré- paration de microbes par exemple, le microbe est fré- quemment coloré en rouge et le fond en bleu. Pour que la positive photographique présente le même effet, on la traite d'abord par une teinture rouge intense. BULLETIN DES SÉANCES. 123 mais qui ne s'oppose pas à la décoloration partielle ulté- rieure de l'épreuve. La solution à 7^- de rouge de magenta se trouve dans ce cas. A la suite de ce traitement, l'épreuve est colorée dans toutes ses parties. Revenant au cas précédent pour fixer les idées, on voit que le microbe est coloré en rouge foncé et le fond en rouge clair. C'est alors que l'on procède à la décoloration partielle, d'abord par l'eau, puis par l'alcool si cela est nécessaire. Lorsque le fond commence à perdre sa teinte, on traite de nouveau par la teinture qui doit colorer le fond. Il faut alors une solution faible, telle que la solution aqueuse de bleu coton à ~. Le grain du verre dépoli, qui sert de support à l'épreuve, nuit à la transparence de la positive. Il est important, pour la projection, de vernir afin de aire disparaître l'aspect grenu de la surface. Les images projetées sont alors beaucoup plus brillantes. Le vernis suivant convient à cet usage : Benzine -300 grammes. Gomme Dammar .... 5 — Il s'applique à froid à la manière du collodion. On peut éviter le vernissage en remplaçant le verre douci par un verre poli ; mais avec ce dernier il peut survenir quel- quefois des décollements de la gélatine pendant le déve- loppement. Projetés sur l'écran, les spécimens qui font l'objet de la présentation montrent combien ces positives produi- sent un effet supérieur à celui des épreuves en noir obtenues à l'aide des procédés ordinaires. XVU 10. 426 SOCIÉTÉ BELGE DE MICBOSCOPIE. On trouve les microphotographies colorées de Lumière chez Cogit, 17, quai St-Michel, Paris. Il convient de remarquer qu'il s'agit ici d'un procédé de coloration générale avec décoloration partielle consé- cutive, ahsolument analogue aux procédés employés pour teinter la préparation elle-même. Cela conserve à la reproduction un caractère d'authenticité absolue. Il y a donc lieu de féliciter vivement les auteurs du procédé et d'exprimer à M. Cogit les remerciments de la Société pour son très intéressant envoi. BULLETIN DES SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE Tome XVI[. N' VII. 1890-1891 Procès-verbal de la séance luensuelle du 25 avril 1891. Présidence de M. Errera, président. La séance est ouverte à 8 1/2 heures. Sont présents : MM. Errera, Bauwens, D' Coppez, H. Coppez, Delogne, Destrée, Dewevre, De Wildeman, Dubois-Havenitli, Gallemaerts, Gedoclst, M"" Leclercq etVerhoogen, secrétaire. M. Van Gehuchten assiste à la séance. Communica Lions : Lies récentes découvertes dans Fanatoiuie et riiistolo^ie du système nerveux central, par M. le D' Van Gehucfiten, professeur à l'Université de Louvain. Après une description étendue du trajet des fibres XVII -Il 428 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. nerveuses médullaires et de leurs connexions, telles qu'on les concevait il y a quelques années à peine, l'auteur passe à l'indication des découvertes récentes consécutives à l'emploi de la méthode de Golgi. M. Yan Gehuchten présente de nombreux dessins et un grand nombre de remarquables préparations microscopiques faites par lui-même et par M. Ramon y Cajal, à l'aide desquelles il démontre les rapports de simple contiguité (et non de continuité) qui existent entre les différentes fibres nerveuses affectées à une même fonction, et leurs ramifications terminales. Passant ensuite plus particu- lièrement à l'examen d'un organe des sens spécial, il décrit le trajet de la fibre olfactive depuis la cellule spé- ciale terminale jusqu'au glomérule olfactif et de là au nerf olfactif. Le détail de cette conférence sera publié aux Annales de la Société. L-a Fibre nerveuse, Conférence donnée à la Société de microscopie Belge, le 19 avril i891, par le docteur Paul Héger, professeur de physiologie à l'Université de Bruxelles. Messieurs, en prenant la parole aujourd'hui devant vous, il m'est impossible de ne pas évoquer le souvenir du jour où je suis venu, il y a dix ans (*), vous entre- tenir de l'émigration des globules blancs du sang. Je défendais alors cette idée que l'émigration n'est pas un phénomène qui s'improvise par le fait de l'inflammation, mais une fonction physiologique, une condition première (*) 9 octobre 1881. BULLKTIN DES SÉANCES. 1-29 OU, pour mieux dire, un épisode de la nutrition des tissus. dette manière de voir était alors eombattue, mais elle a trouvé parmi les membres de votre société mieux que des défenseurs et je suis heureux de profiter de la cir- constance actuelle pour rappeler l'extension que les travaux de Gallemaerls, et plus tard ceux de Massart et Bordet lui ont donnée; on ne conteste plus aujourd'hui la phagocytose et les maîtres de notre science, en Alle- magne comme en France, s'occupent de lui assigner son vrai rôle dans la nutrition normale ou pathologique. Je souhaite obtenir aussi, relativement aux proposi- tions nouvelles que je viens vous soumettre, la sanction de vos recherches personnelles. A vrai dire, peu de questions ont été aussi controver- sées que la structure de la fibre nerveuse : de Leeuwen- hoek à Schwann, de Schwann et de Remak à Ranvier, nombre de monographies ont paru sans que le problème nous apparaisse encore comme vraiment résolu : à l'an- cienne notion qui représentait le nerf comme un tube continu, l'influence de la théorie cellulaire a substitué l'idée de la contiguïté des segments représentant chacun une cellule différenciée; le cylindre d'axe, la myéline, le réticulum, la gaine de Schwann, sont les produits de cette différenciation. Pendant que les recherches microscopiques éluci- daient le problème de la morphologie de la fibre ner- veuse, les physiologistes attaquaient, de toutes parts, une question non moins ardue, celle de la fonction des nerfs. Cette fonction se résume dans le mot « conduction. » Le nerf sensible conduit la modification moléculaire 130 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. qui correspond à une impression jusqu'au centre cor- respondant. Le nerf moteur conduit l'incitation motrice du centre à la périphérie. Conduction centripète, conduction cen- trifuge, cela résume toute la fonction du nerf. Au sur- plus, l'une et l'autre se valent : Philippeau et Yulpian nous montrent, par la soudure du lingual et de l'hypo- glosse, que le mouvement moléculaire se propage de l'un à l'autre. Paul Bert, en greffant la pointe de la queue du rat sur la peau du dos du même animal, donne de ce même fait une nouvelle démonstration. Comment se fait celte conduction? Et d'abord, s'agit- il ici d'une conduction véritable? Dubois-Reymond nous prouve que la transmission nerveuse est intimement liée à une modification électrique se propageant de place en place : l'oscillation négative parcourt le nerf avec la même vitesse que l'impression elle-même. De la nature intime de cette modification électrique, des causes qui déterminent la lenteur de la transmis- sion nerveuse, nous ne savons jusqu'ici pas grand'cbose: on se refuse cependant à identifier le fluide nerveux et l'électricité en raison même de la lenteur de l'un com- parativement à la foudroyante rapidité de l'autre, mais on ne va pas au-delà et les progrès mêmes de l'histologie ne sont pas utilisés pour nous faire mieux comprendre la fonction. Nulle part, en effet, je n'ai vu invoquei' l'exis- tence des étranglements de Ranvier comme étant de nature à élucider le mécanisme de la transmission ner- veuse, généralement nous nous représentons le cylindre- axe comme un cordon vecteur, comme une tige continue allant du centre à la périphérie dans les nerfs moteurs, de la périphérie au centre dans les nerfs sensitifs. BULLETIN DES SÉANCES. 431 Aux yeux de tous, le cylindre-axe est un til conducteur logé ici dans un simple gaine, ce sont les libres deRemak, là dans un manchon de myéline, ce sont les nerfs encé- phalorachidiens, mais toujours ce fil conducteur est continu. Sur ce dernier point, pas de doute. Si Engel- mann a un jour prétendu le contraire, s'il a osé affirmer que le cylindre d'axe est discontinu, ses vues n'ont pas été admises. Je pense, Messieurs, que cette idée de la continuité du cylindre d'axe est préconçue : nous nous représentons le nerf comme un conducteur, et, à nos yeux, la première condition que doit réaliser un con- ducteur, c'est la continuité. Tant que nous imaginons la transmission nerveuse comme identique à la trans- mission de l'électricité se faisant à travers un fil de cuivre ou de fer, nous croyons, nous devons croire à la conti- nuité de ce dernier ; sinon, nous ne pouvons plus com- prendre cette transmission; cela nous gène de ne pouvoir comprendre et dès lors le cylindre-d'axe doit être continu. Je n'impute pas seulement aux autres ce préjugé; c'est ainsi que je pensais moi-même il n'y a pas plus de deux ans et, disons-le à notre décharge, les préparations ordinaires des nerfs colorés au carmin étaient bien faites pour nous confirmer dans cette opinion. Lorsque, en octobre 1889, des expériences furent entreprises par M. Léon Gérard et par moi, à l'Institut Solvay, sur les courants des nerfs, nous nous trouvâmes en présence de certains faits (sur lesquels je n'ai pas à insister ici) qui ne cadraient nullement avec l'idée que le nerf serait un conducteur pur et simple, à la manière d'un fil continu. L'idée d'une discontinuité possible dans le cylindre d'axe nous pénétra peu à peu, non comme un fait mor- 132 SOCIÉTÉ liELGR UE MICROSCOI'IE. phologifiuc, mais comme une conséquence imposée par les constatations faites au galvanomètre. Je me souviens qu'à cette époque Léon Gérard ayant préparé, chez lui, des fibres nerveuses fraîches (nerf de moineau), en se servant d'un solution au millième d'acide osmique, prétendit l'invoquer comme un argument en faveur de la discontinuité du cylindre d'axe; ces prépa- rations furent vivement discutées entre nous : les uns croyaient voir le cylindre d'axe traversant l'étrangle- ment; les autres ne le voyaient pas à ce niveau et deman- daient qu'on le leur démontrât. Il y eût aussitôt là, comme partout, deux camps qui se formèrent : les con- servateurs et les progressistes. Parmi les conservateurs se trouvait M. De Moor; ses travaux antérieurs lui donnaient sur ce sujet une convic- tion bien arrêtée. Aussi, de commun accord, c'est à lui que la question fut confiée et il l'étudia depuis cette époque consciencieusement. Ce sont les résultats de ses recherches que je compte exposer devant vous aujourd'hui. Je lui avais demandé de faire lui-même cet exposé, mais il s'y est refusé et, malgré mes instances, il a préféré que je me charge de ce soin. Vous connaissez tous les descriptions de Ranvier, vous avez présentes à l'esprit les figures représentant les étranglements dans les nerfs rachidiens préparés, en extension physiologique, soit au moyen du nitrate d'argent, soit au moyen des solutions diluées d'acide osmique, Ranvier a formulé cette loi que les segments interannulaires sont, toutes circonstances égales d'ail- leurs, d'autant plus courts que le diamètre des tubes nerveux est plus petit (*). (■) Trailt' IcclinhjHC d'hisioloijie, 2* oïlilion, p. .'iGO. BULLETIN DES SÉANCES. 133 Ranvier envisage à ce point de vue des fibres grosses (i5,a) des fibres moyennes (10/x) et des fibres minces (5^). Dans les premières la longueur des segments est de 1 millimètre 15, h 1 millimètre 20; dans les moyennes, 0,92 à 1 millimètre; dans les plus minces 75 à 80 cen- tièmes de millimètre. Ces dernières mesures se rapportent au sciatique du chien. Chez la grenouille, les segments sont comparati- vement plus longs. Ce qui revient à dire que chez un même animal il existe un rapport entre la longueur des segments et le diamètre de la fibre nerveuse. Pour une même espèce ce rapport est constant tandis que d'une espèce à l'autre, ce rapport varie. M. De Moor a mesuré chez différents animaux la lon- gueur des segments interannulaires en la rapportant au diamètre de la fibre; d'après lui, la loi de Ranvier est fondamentalement exacte, mais il ne faudrait pas croire cependant que dans un même nerf, les segments ont d'un bout à l'autre la même dimension. En effet, ayant mesuré ces dimensions dans trois régions d'un même nerf sciatique, c'est-à-dire près de la moelle, à la région poplitée et dans les branches terminales, il a obtenu les chiffres suivants : LONGUEUR DES SEGMENTS miliini. DIAMETRE DE LA FIBRE Région centrale 0,227 IOac 1,150 ...... 25^ 1,610 25^ 1,740 25^ 1,070 19^ 1,525 15^ 0,190 G/^ ■134 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. LONGUEUR DES SEGMENES DIAMETRE DE LA FIBRE millim. 1,560 10^ Région poplitée 1,560 2-2^ 1,400 15^ 0,990 2-2^ 1,565 25^ 1,525 11^ Région périphérique/ 1,420 11^ 0,570 4^ 1,515 11^ Il y a donc, dans un même nerf des différences selon la région considérée. En général, comme le ditRanvier, à des fibres volumi- neuses correspondent des étranglements plus distants, mais il s'en faut qu'ils soient équidistants pour une même fibre, ou même qu'ils obéissent à la loi de Ranvier d'une façon mathématique : il y a des irrégularités, comme on doit le prévoir, du moment où l'on considère le nerf comme formé de cellules juxtaposées : pourquoi ces cellules ne présenteraient elles pas des écarts de dimension, ici comme dans tout autre tissu? M. De Moor a observé que les libres grosses sont plus nombreuses dans la partie de nerf voisine du centre. Il admet, comme une hypothèse dont des recherches ulté- rieures doivent démontrer ou infirmer la réalité, qu'une même fibre nerveuse ne garderait pas dans tout son trajet un diamètre constant : elle diminuerait peu à peu de calibre en se prolongeant. Cette opinion est déjà mentionnée par Renaut (*). Si j'insiste sur ces considérations, c'est qu'elles ont une (*) Dict. encyclop. des sciences médicales, de Dechambre, article Nerfs. BULLETIN DES SÉANCES. 135 réelle importance au point de vue de l'intelligence de la fonction du nerf telle que nous la comprenons aujourd'hui. Pour nous, la signification des étranglement de Ranvier n'est pas seulement celle qu'on lui accorde habi- tuellement, elle est bien plus étendue. En général on considère l'étranglement comme le siège des échanges nutritifs qui permettent la vie du nerf; la membrane de Schwan amincie fonctionne comme un dyaliseur; on invoque à l'appui de cette manière de voir la pénétration facile, à ce niveau, des matières colorantes solubles. D'autre part, au point de vue morphologique, si chacun des segments interannulaires est une cellule, la signification de l'étranglement est bien nette : il est le point de jonction des cellules entre elles. Mais nous pensons à tout autre chose : nous attri- buons aux étrandements de Ranvier la valeur d\iu contact électro-capillaire : il résulte des constatations galvanométriqucs faites par M. Léon Gérard et moi, que le nerf rachidien ne peut, en aucune façon être assimilé à un conducteur homogène : les nerfs à mvéline sont le siège de forces électro-motrices, de nature électro-capil- laire. Chacun des segments d'un nerf aurait à ce point de vue une valeur propre, une capacité électrique ; chaque segment fonctionne comme un condensateur et le secret de la lenteur de la propagation nerveuse est tout entier dans le mécanisme de cette transmission qui, vous le comprenez, n'est pas assimilable à une conduction. Partant de cette donnée nous devons attribuer une valeur à la forme, aux dimensions de chacun des 13G SOCIÉTÉ BELGE DE MICIIOSCOPIE. segments inlerannulaires car sa capacité électrique y est directement liée. Le fait signalé par M. De Moor, que les étrangle- ments le long d'un même nerf ne sont pas équidislants mérite donc d'être étudié en lui-même; il y a lieu notamment de rechercher si nous ne tenons pas là une des raisons pour lesquelles le « seuil de l'excitation » varie d'une région à une autre, dans un môme nerf. Vous tirerez aussi de ce que je viens de dire cette conclusion que l'on ne saurait identifier la fonction des nerfs à myéline et celle des fibres de Remak. Dans les premiers, la transmission s'opère par des éléments élec- trocnpillaires petits et nombreux; dans le système du sympathique le mécanisme est plus simple. M. Heger fait une série de projections se rapportant à des pré- parations d'après différents auteurs ; il montre que l'aspect des étranglements est variable, non-seulement d'après les espèces, mais encore chez le même animal, ou encore dans un môme nerf. Arrivant aux préparations de Engelmann, il rappelle les argu- ments fournis par cet auteur à l'appui de sa manière de voir. Dans un premier travail, dit-il, Engelmann a observé les effets de la dégénérescence traumatique dans les deux bouts d'un nerf sectionné; du côté central il a vu cette dégénérescence atteindre rapidement toute la lon- gueur du segment entamé par la section, puis s'arrêter au niveau de l'étranglement pour subir, tout au moins, un retard avant d'aller au-delà. Engelmann tire de ce fait un premier argument contre la continuité du cylindre d'axe : à première vue il semble en effet que la continuité du cylindre devrait avoir pour conséquence l'extension du processus de dégénérescence au-delà de l'étranglement; au contraire, BULLETIN DES SÉANCES. Ul si le cylindre d'axe est discontinu on s'explique parfaite- ment cet arrêt ou ce retard. iM. De Moor ne croit pas que cet argument invoqué par Engelmann ait, au point de vue de la discontinuité du cylindre d'axe une portée probante : on sait en effet que la dégénérescence de la myéline précède celle du cylindre d'axe; s'il est vrai qu'en sectionnant un nerf, on ait divisé une cellule représentée par le segment interannulaire, on comprend que celui-ci dégénère; dans cette cellule dégénérée, le cylindre d'axe est plongé dans un fover où sa nutrition doit être insuffisante ou viciée; ses altérations succèdent à celles de la myéline qui l'entoure, sa dégénérescence est secondaire. Mais pourquoi dégénérerait-il dans l'autre segment? Qu'il se continue ou non à travers l'étranglement, cela n'est pas nécessairement en cause : dans le segment resté intact, la myéline ne dégénérant pas, le cylindre d'axe persiste. Sans doute le voisinage d'une partie dégénérée pourra, dans certains cas, entraîner une dégénérescence ascen- dante ; mais la discontinuité de la mvélinc suffit à faire en sorte que ce voisinage ne soit pas immédiat ; dès lors il y aura lutte et possibilité d'arrêt dans le processus de dégénérescence. En résumé, M. De Moor admet que les observations d'Engelmann sont exactes mais il n'y trouve pas la preuve de la discontinuité du cylindre d'axe. M. Heger projette une série de préparations de M. De Moor, montrant que le temps de réduction par le nitrate d'argent n'est pas le même au niveau de l'étranglement où le cylindre d'axe commence par rester incolore, et au niveau des parties voisines, de part et d'autre dans le segment interanuulaire. Il résulte de préparations faites par M. De Moor sur 438 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. les nerfs de différents animaux (préparations dont le détail sera donné dans un travail qui paraîtra prochaine- ment], que le nitrate d'argent ne réagit pas exactement de même sur toutes les parties du cylindre d'axe ; c'est la partie annulaire de ce cylindre qui résiste le plus longtemps à son action, la réduction s'accusant dès les premières minutes, au contraire, sur les parties voisines ou intra-segmentaires du même cylindre. Ce premier stade de la réduction fait voir nettement un espace clair interposé entre les segments ; c'est ce stade qui, observé par Engelmann, a pu lui faire croire à la complète discontinuité du cylindre d'axe : il semble qu'il n'y ait rien entre les deux culots d'argent réduit. Cependant, à mesure que la réaction a le temps de se produire, on voit de plus en plus nettement apparaître dans la partie restée claire du cylindre d'axe, d'abord un contour foncé, puis une teinte sombre qui envahit la totalité de cet espace et réunit, par conséquent, les deux extrémités du cylindre d'axe précédemment réduites; c'est ce stade de réduction tardive, mais totale, qui, observé par Ranvier, et déjà très marqué au bout d'une heure et demie, a porté cet auteur à conclure à la conti- nuité parfaite du cylindre d'axe au travers de l'étrangle- ment. M. De Moor se demande comment il faut expliquer cette réduction tardive qui se produit dans la région même où il semble, d'après toutes les données reçues, que la solution du sel d'argent doit pénétrer en premier lieu; ce retard peut reconnaître une cause physique ou bien une cause chimique : s'il existe une cause de ralen- tissement dans le mode de pénétration de la solution argentique, si elle gagne d'abord l'intérieur du segment BULLETIN DES SÉANCES. 139 et plus tard seulement la poi'tion annulaire, la différence dans le temps de réduction reconnaîtrait une cause phy- sique; au contraire, si on s'assure que le sel d'argent a pénétré partout et qu'alors cette différence de réduction persiste, elle devrait être attribuée à la nature même des éléments en présence, elle impliquerait l'existence, au niveau des étranejlements annulaires d'une substance moins attaquable par l'argent que le reste du cylindre d'axe ; il y aurait donc hétérogénéité dans la tige axiale elle-même. Dans le but de trancher cette question, M. De Moor s'est servi de procédés de préparation très simples qui lui ont fourni des résultats concluants : En premier lieu, il a recours à l'emploi simultané d'éther et de nitrate d'argent. Par l'action de l'éther, la myéline ayant partiellement disparu, l'espace clair apparaît plus évident encore, au niveau des étranglements, parce qu'il contraste mieux avec les régions voisines du cylindre d'axe, qui sont foncées. Mais un autre phénomène se produit, bien plus caractéristique que les précédents : on attend vainement la réduction de la partie annulaire : après deux heures elle ne s'observe pas encore, l'espace clair persiste. En second lieu, M. De Moor a recouru à l'emploi successif de dissolvants (éther, chloroforme) et de nitrate d'argent. Comme il fallait s'y attendre après ce que nous venons de dire, l'emploi préalable de l'éther ou du chloroforme permet d'accuser parfaitement la différence d'aspect entre la région annulaire et les autres parties du cylindre d'axe ; si on laisse le nerf dans l'éther pendant une ou même deux heures, jusqu'à ce que la myéline soit par- 440 SOCIÉTÉ BELGE UE MICROSCOPJE. faitement dissoute, et que l'on fasse ensuite l'imprégna- tion au nitrate d'argent, celle-ci ne provoque pas la réduction dans la partie annulaire, même après trois jours. Que faut-il en conclure sinon que l'élher, le chloroforme, même quand on leur laisse le temps d'agir sur la totalité de la fibre nerveuse, n'influencent pas identiquement toutes les parties du cylindre d'axe? Et comment ne pas admettre, en ce cas, l'hétérogénéité de ce dernier? Telle est, en effet, la première conclusion du travail de M. De Moor. Il passe ensuite à l'examen de la constitution du cylindre d'axe qu'il considère comme un véritable capillaire ayant une région périphé- rique différenciée, moins avide de réactifs colorants (safranine, hématoxyline, et surtout éosine) pendant que la région centrale, l'axe du cylindre d'axe, est plus liquide, mobile, et surtout plus avide de matières colo- rantes. Enfin, entre la myéline et le cylindre d'axe existerait un espace périaxial traversé par des filaments très ténus, se colorant par l'hématoxyline mais ne fixant pas l'éosine. Ce reticulum n'a rien de commun avec Vinnere Hornsclieide décrite par Ewald et Kiihne dont M. De Moor, comme d'ailleurs aussi M. Gedoelst, n'a pu admettre l'existence. Comme vous le voyez, Messieurs, le travail de M. De Moor se rapporte à l'histologie pure; je voudrais cependant, en terminant, vous montrer l'importance que je lui attribue au point de vue de l'électro-physiologie. En nous montrant d'abord les variations de forme de la partie annulaire du cylindre d'axe, M. De Moor nous apporte un précieux argument en faveur de la mobilité BULLETIN DKS SÉANCES. 141 des parties placées en contact à ce niveau ; à vrai dire, tous les auteurs qui se sont occupés de la question ont fourni des préparations que l'on peut interpréter dans le même sens, car, ainsi que je vous le disais au début de cet entretien, rien n'est plus variable que les aspects donnés aux étranglements de Ranvier, En second lieu, en nous démontrant la discontinuité cbimique, l'hétérogénéité du cylindre d'axe, M. De Moor nous fournit la preuve que le nerf n'est pas comparable à un conducteur homogène. Nous le savions déjà, par les expériences d'électro-physiologie, mais l'argument tiré de la morphologie n'en est pas moins précieux; il nous fait entrevoir que les étranglements de Ranvier auraient la signification de contacts électro-capillaires. En partant de cette donnée, beaucoup de faits inexpli- qués jusqu'ici deviennent faciles à comprendre : telle cette ingénieuse démonstration donnée par Rowditch montrant que le nerf est inépuisable; tel encore ce fait bien connu qu'une ligature jetée sur un nerf suffit pour entraver la transmission sans anéantir la conduction électrique. M. le secrétaire donne communication d'une lettre de M. le secrétaire de la Société royale des Sciences médi- cales et naturelles de Rruxelles, qui annonce l'institution d'un Congrès national des sciences médicales et natu- relles et invite la Société à y prendre part. L'assemblée admet le principe de la participation de la Société au Congrès et désigne le secrétaire pour la représenter dans la réunion préparatoire annoncée par la lettre. 142 SOCIÉTÉ BELRK UE MICROSCOPIE. M. le secrétaire donne ensuite communication d'une lettre du Comité exécutif de l'exposition internationale organisée à Anvers à l'occasion du 500'^ anniversaire de l'invention du microscope, invitant la Société à partici- per à cette exposition. Il est décidé qu'il n'y a pas lieu pour la Société de participer officiellement à l'exposition, chacun des mem- bres conservant toutefois son entière liberté personnelle. Le programme de l'exposition sera inséré au Bulletin. VILLE IVAIV¥ER!S EXPOSITION INTERNATIONALE D'ANVERS ORGANISÉE SOUS LES AUSPICES DE l'AdMINISTRATION COMMUNALE ET DE LA Province A l'Occasion du SOOme anniversaire DE L'INVENTION DU MICROSCOPE Prograiiiiiie de rE:i:position de luicroscopie <»• énéralc et rétrospective. Classe I. — Microscopes pour toutes les recherches courantes. A. Microscopes à platine et à sous-platine « substage » à mouvements mécaniques. — Modèles à tube anglais et à tube continental. — Microscopes ordinaires pour recherches usuelles. — Microscopes à bon marché pour les études élémentaires. B. Microscopes spéciaux. Microscopes binoculaires. — Microscopes pour la mi- BULLETIN DES SÉANCES. 143 néralogie et la pétrographie. — Microscopes compara- teurs. Microscopes spéciaux pour la photographie. Microscopes renversés. — Microscopes de voyage. — Microscopes de poche. — Microscopes de démonstration. — Microscopes à deux ou plusieurs corps. Microscopes pour musées, à platine portant de nom- breuses préparations, etc. Microscopes de projection. Objectifs et oculaires. Objectifs achromatiques et apochromatiques. Objec- tifs à sec, h immersion dans l'eau, à immersion homo- gène, etc. Oculaires : de Huygens, de Ramsden, holostériques, compensaleurs, à projection. Appareils optiques pour l'éclairage. Condenseurs achromatiques et non achromatiques. Classe II. — Appareils d'éclairage. Lampes à pétrole — lampes à gaz — appareils pour la lumière oxyhydrique — appareils pour l'éclairage électri- que à arc, à incandescence; — piles électriques spéciales. Classe III. — Appai^eils pour la plwtomicrograpliie. Microscopes spéciaux, chambres photographiques diverses. Photomicrogrammes. Classe IV. — Appareils divers. Appareils binoculaires ajustables à volonté sur des microscopes quelconques. xvn 12 144 SOCIETE BELGE DE MICROSCOPIE. Revolvers — adapteurs — spectroscopes-microspec- trom êtres. Appareils de polarisation — chambres claires : pour microscope vertical, pour microscope incliné, pour mi- croscope horizontal. Goniomètres — hématimètres — chromomètres. Chambres de culture « groiviiujell ». Compresseurs. Platines à chariot indépendantes du microscope. Prismes redresseurs — oculaires redresseurs — ocu- laires binoculaires — oculaires stéréoscopiques. Plaque de diffraction d'Abbe. Appareil à chauffer l'objet sous le microscope. Appareils divers non mentionnés. Classe V. — Appareils de mensuration. pour l'oculaire, pour la platine; appareils de mensura- tion pour les couvre-objet. Classe Y1. — Microtomes. A mouvements mécaniques, à main. Appareil à diviser pour tracer les micromètres et les tests dits de Nobert. Classe VII. — Appareils et accessoires pour les prépa- rations microscopiques et les dissections. Microscopes simples, doublets, loupes montées. Classe VIII. — Préparations microscopiques. Préparations de toute espèce. — Préparations sim- BULLETIN DES SÉANCES. 145 pies. — Préparations systématiques. — Typen-Platten et Test-Platten. Classe IX. — Appareils pour la bactériologie. Étuves à culture. Étuves à températures basses et constantes. Étuves à stériliser par l'air sec et par la vapeur. Appareils pour la coagulation du sang. Appareils pour la stérilisation des sérums. Boîtes pour désinfecter les instruments et pour stéri- liser les plaques à gélatine. Régulateurs pour la pression du gaz. Lampes inextinguibles et lampes se fermant automa- tiquement lorsque la flamme s'éteint. Appareils pour les recherches des microbes dans l'air et dans l'eau. Verrerie pour bactériologie (ballons, tubes, billots, plaques, entonnoirs à eau chaude, crochets, etc.). Classe X. — Ouvrages de microscopie. Traités de Micrographie. — Ouvrages traitant de toutes les applications du Microscope. BULLETIN DES SÉANCES DE LA SOCIETE BELGE DE MICROSCOPIE Tome XVn. N" VIII. 1890-1891, Procès-verbal de la »«éance mensuelle du 30 mai 1891. Présidence de M. Errera, président. La séance est ouverte à 8 1/2 heures. Sont présents : MM. Errera, Bauwens, Ch. Bommer, Delogne, De Wildeman, Gravis, Lewin, Van den Broeck etVerhoogen, secrétaire. ^i Le procès-verbal de la dernière séance est adopté. Ouvrages reçus en hommage : Saccardo. — L'invenzione del microscopio composta. Dati et commenti (Malpigliia, anno V, lasc. I-Il). J. Van den Bekghe. — Tourteaux et farines de tin (Organe de l'Industrie, Ph. Velghe directeur, 1891). XVII 4S U8 SOCIÉTÉ BKLGE UE MICROSCOPIE. Amei'ican postal microscopiccd club. Sixteentti annual report. Troy. iV. Y. 1891 (Hommage de M. Ward). D' Baumgarten. — Ueber die Einwirkiimj des Koclischen Mittels aiif die ïmpftidierciilose der Kaninchen. (Her- liner klin. Wochensclirift, 1891, n° 19.) Des remercîments sont votés aux auteurs de ces envois. M. le Président informe l'assemblée que notre Société et la science viennent de faire une grande perte : Tun de nos membres honoraires les plus éminents, l'illustre professeur de botanique de l'Université de Munich, Cari von Nâgeli, est mort le 10 mai de cette année. Réservant pour les Bulletins de la Société royale de botanique une notice plus complète, M. le Pré- sident rappelle brièvement la carrière si remplie du défunt, les découvertes et les idées nouvelles qu'on lui doit. Cari Nageli est né à Kilchberg, en Suisse, le 27 mars 1817. Il a professé successivement aux Univer- sités de Zurich, de Fribourg-en-Brisgau et de Munich. C'est dans cette dernière ville qu'il est mort, à l'âge de 74 ans. Ses premiers travaux, commencés sous l'impulsion des idées de Schleiden, se rapportent à la genèse des cellules et à la genèse des tissus végétaux. Là, il sut établir entre la « division » et la « formation cellulaire libre « une distinction qui s'est maintenue dans la science pendant près de quarante ans; ici, nous lui devons la notion des tissus embryonnaires ou « méris- tèmes » et des tissus définitifs. Ensuite, paraissent des observations fondamentales sur l'bistogenèse chez les BULLETIN 1»KS SÉANCKS. 149 Algues, chez les Floiiclées, chez les Mousses. Presque en même temps que Hanstein, il interprète exactement le cylindreligneux des Dicotylédones etdes Gymnospermes, première base de toute explication de cet accroissement en épaisseur des plantes qui semble, au preuiier ahord, si mystérieux. Il découvre les spermatozoïdes des Fougères, décrit et classe une foule d'Algues inférieures. Ses recherches sur la flore des Alpes sont justement célèbres. Adhérent de la première heure des idées évolutionnistes — aux- quelles il associe cependant une tendance interne au perfectionnement, assez difficile à comprendre — , il montre à l'œuvre la lutte pour l'existence et la sélection naturelle, étudie l'hybridation et la formation en com- mun d'espèces végétales affines, puis, appliquant toutes ses idées à l'un des groupes les plus embrouillés de la nature, il donne du genre Ilieraciiim une mémorable monographie. Les conséquences les plus hardies et les moins atten- dues ne l'effraient. Ne conseille-t-il pas aux Clubs alpins de rechercher si des graines appartenant à des époques géologiques lointaines n'ont point, par hasard, gardé intact leur pouvoir germinatif sous le manteau im- muable des neiges éternelles — comme s'est conservée dans les glaces de Sibérie la chair du mammouth quaternaire? La botanique n'absorba point tout entière l'activité infatigable de Nâgeli. On sent à chaque page, dans ses œuvres, que les mathématiques, la physique, lui sont également familières. On a de lui des expériences remar- quables sur la capillarité, sur le mouvement des parti- cules solides extrêmement petites en suspension dans 450 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. l'eau, sur tout ce domaine auquel il a donné le nom de « microphysique ». Il est particulièrement intéressant pour notre Société de rappeler qu'il publia, de 1865 à 1867, en collabora- tion avec Schwendener, un traité sur le Microscope, dont une deuxième édition parut en 1877, et qui est resté l'un des plus complets, des plus approfondis, des plus savants que l'on possède. Mais mieux encore que toutes ces recherches patientes sur des questions spéciales, certaines idées générales que Nageli a jetées dans la science, ont contribué à sa renommée. Nous ne songeons pas seulement à ses belles expériences sur la nutrition des Champignons inférieurs et à la théorie générale de la fermentation qu'il y a ratta- chée. Deux autres théories qu'il a fondées ont surtout exercé sur le développement scientifique une action pro- fonde et durable : la théorie de l'intussusception et de la structure moléculaire des corps organisés, et la théorie de l'idioplasmc. Celle-là régna longtemps sans conteste, et, si les découvertes des dix dernières années ont singu- lièrement restreint le domaine de l'intussusception, ce n'en demeure pas moins une des synthèses les plus vastes et les mieux ordonnées par lesquelles on ait cherché à ramener à une loi commune la structure si variée de la matière vivante. L'autre, la théorie de l'idio- plasmc, ne date que de 1885. Elle cherche à donner la clef du grand problème de l'hérédité, et l'on peut dire qu'elle a été véritablement prophétique. Les travaux récents sur la transmission des anses nucléaires de cellule en cellule et de génération en génération en sont la démonstration définitive. Ainsi, pour les faits et pour les idées, comme obser- BULLETIN DES SÉANCES. 151 vateur et comme penseur, Nageli laissera à jamais dans la science la trace lumineuse de son activité. A la suite de cette communication, M. le Président propose d'adresser, au nom de la Société, une lettre de condoléances à la veuve de l'illustre défunt ; ce qui est adopté à l'unanimité. Communications : Un eliainpig'iioii pyréiioiii^céte se clovoloppant sur le ifi'fit des Balaiies, par M. Ch. Bommër. Ce champignon a été trouvé l'été dernier en Zélande et retrouvé cette année plus au Nord, en Hollande. Il se développe sur le test des Balanes vivantes (Balanus balanovies, L.) où il apparaît sous forme de très petits périthèccs (117 à 207 /z) noirs, à demi immergés dans la substance calcaire qui recouvre l'animal. Ces périthèces possèdent un pore proportionnellement très grand (27 à 45 /«.); les asques sont claviformes, brièvement pédicellés (65 à 95 fy. sur 10 à 16 /y.), octospores; ils sont accompa- gnés de paraphyses filiformes de même longueur, parfois peu distinctes; les spores sont oblongues, sub-byalines, uniseptées (12 à 18 ^ sur 4 5 7 fj.). Ces caractères se rap- prochent de ceux du Pliarcidia hijgropliila (Arn.), mais cependant la forme des asques et la grandeur du pore engagent à faire du Pharcidia parasite des Balanes une forme nouvelle, le Pharcidia marina. Lorsqu'on décalcifie les parties du test des Balanes qui portent des périthèces, on voit que ceux-ci sont toujours- AM SOCIÉTÉ BELGE UE MICKOSCOPIE. immergés dans une couche superficielle d'algues unicel- lulaires apj3artenant au groupe des Chroococcacées. Cette couche d'algues et les portions sous-jacentes du test sont parcourues par un réseau assez serré de filaments hyalins très minces, anastomosés entre eux, qui ont tous les caractères des filaments mycéliens et présentent une sorte de relation symbiotique avec les cellules d'algues de la couche superficielle. Kôlliker a décrit des produc- tions filamenteuses analogues chez les Balanes et on les a, depuis longtemps déjà, observées dans le test de beau- coup d'animaux marins. M. Bommer a également trouvé en Zélande, VHijpoxij- lon serpens, croissant sur des pilotis en compagnie de Fucus vivants. Le fait que des champignons habitent un milieu marin n'est pas nouveau; on connaît, en effet, outre différentes espèces de Saprolegniées, deux champignons apparte- nant au groupe des Sphériacées, \esAn}pliispliœria Posi- doniœ et biturbinala (Dur. et Mont.) qui se développent sur les tiges du Posidonia occanica^ plante de la famille des Zostéracées. Le détail de cette communication sera publié aux ii??«a/c.s de la Société. Discussion : 37. Errera. Quelle est la nature de la relation obser- vée par M. Bommer entre les périthèces et les filaments qui les environnent? M. Bommer. Ces filaments sont mycéliens, ce n'est pas douteux, mais les jeunes périthèces se trouvent BULLETIN DES SÉANCES. 453 environnés d'un tel fouillis de filaments qu'il est très difficile de découvrir la relation qui existe entre eux. Après dilacération, on arrive cependant à voir le péri- thèce couvert de cellules au milieu desquelles courent ces filaments. Pour pouvoir conclure à une synbiose rigoureuse, il faudrait trouver un filament se terminant par un élément du péritlièce. Je n'y ai point encore réussi jusqu'ici. M. Errera. Mais l'on trouve ces filaments dans un ^rand nombre de coquilles. M. Bommer. Je ne pense pas que l'on puisse rappor- ter ces filaments à un seul type, leur vaste dispersion indique au contraire qu'ils appartiennent à un grand nombre de champignons différents. M. Errera. Il n'est pas douteux que certains cham- pignons pyrénomycètes sont parasites de lichens Basi- diomycètes. Je ne pense donc pas qu'il y ait lieu de faire des réserves aussi expresses au sujet de fexistence de champignons lichenicoles. M. Bommer. Il y a cependant lieu de faire ces ré- serves pour certains cas sur lesquels je ne puis m'étendre ici. On en a fait alors des lichens sans thalle, croissant sur d'autres lichens. M. Gravis. Il y a des cas où des Basidiomycètes et des Ascomvcètes croissent sur un même thalle de lichen. M. De Wildeman. Le mycéliun, est-il de même nature dans l'intérieur de la substance calcaire et à sa sur- face? M. Bommer. La seule différence existe dans le mode de nutrition. Les filaments mycéliens situés dans la couche d'algues superficielle sont plus larges que ceux iU SOCIÉTÉ BELGE DE M1CR0SC0F>1E. qui sont situés plus profondément, mais cela tient pro- bablement aux conditions favorables dans lesquelles ils se trouvent; on observe d'ailleurs la continuité des deux espèces de filaments. La question de la synbiose reste donc en suspens jus- qu'à ce que je sois arrivé à déterminer nettement sa nature. 8tii* la luorpliologie des Cladopliora, par E. De Wildeman. M. Gay vient de publier un intéressant mémoire sur le développement et la classification de quelques chloro- phycées (*). Les genres principaux étudiés dans ce travail sont Cladopliora, Rliizocloniiim, Chaetopliora, Stigeo- cloniiim, Draparmaldia, Ulot/irix, Schizogoniiim, Sti- cliococciis. J'avais entrepris, depuis assez longtemps, l'étude mor- phologique de quelques-uns de ces genres, mais je n'avais pas encore pu publier le résultat de mes observa- tions, lorsque parut dans le Journal de Botanique, de M. Morot (**), la note de M. Gay, sur le genre Clado- pliora. Je me permettrai d'ajouter quelques mots aux faits consignés dans la thèse de M. Gay. Les espèces comprises dans le genre Cladopliora, sont pour la plupart fort mal connues; il est fort probable qu'un grand nombre de celles qui ont été décrites (***), (■) Fh. Gay. Recherches sur le développemeni et la classification de quelques algues vertes. Paris, 1891. (") Fr. Gay. Sur la Morphologie des Cladophora in Journ. de Bota- nique, 18!)l, n" I, -■ ('"} M. De Toni, dans le Sylloge algarum, décrit 228 espèces. BULLETIN DES SÉANCES. 1S5 ne sont que des formes qui appartiennent au cycle d'évo- lution d'une même espèce. Ces algues varient en effet beaucoup suivant les conditions extérieures auxquelles elles sont soumises. Parmi les espèces d'eau douce, le Cladopliora glome- rata est un type qui se reconnaît facilement, et dont la forme est assez constante. Mais elle peut cependant varier beaucoup. Si on sépare une touffe de cette algue de son support, et qu'on la cultive dans un milieu confiné, il se présente des modifications, qui déforment la plante jusqu'à faire douter de l'espèce. La présence de rhizines se voit chez le CL cjlomerata aussi bien que chez le Cl. fracta. Elles se forment à n'importe quel niveau du thalle. Le 67. cjlomerata, quand il est cultivé en aquarium, forme souvent des rameaux étroits à cellules allongées qui changent complètement l'aspect de l'algue. La culture du Cl. fracta, ou d'une des espèces du même groupe dans un espace confiné, donne lieu à de nombreuses variations, soit dans le port général de l'algue, soit dans la forme et la constitution de la cellule. Si dans un thalle ainsi modifié, une cellule vient par une cause quelconque à perdre son contenu cellulaire, on voit fréquemment la cellule voisine pousser des rhi- zines qui vont se loger dans la cavité de la cellule morte. -Ces rhizoïdes peuvent, au bout d'un certain trajet dans la cellule, percer la membrane, sortir et continuer à s'ac- croître dans le liquide ambiant. Plusieurs de ces rhiaines peuvent se loger côte à côte dans une même cellule ; ce qui donne dans ce cas un aspect des plus curieux à l'algue. Ces formations radicantes peuvent, dans certains cas, i«6 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. posséder une coloration verte très accentuée, et être donc analogues à des rameaux, dans d'autres, être presque complètement privées de matière colorante. Elles se soudent parfois à des fila- ments de l'algue, ou à un support quelconque, elles peuvent aussi être libres. Après une longue cul- ture dans un aquarium, j'ai obtenu sur une des formes de Cl. fracta, une modification analogue à celle que M. Gay a décrite et figurée [loc. cit. pi. I, fig. 7), mais les renfle- ments étaient plus forte- ment accentués. Les cellules sont ren- flées vers leurs extrémités, et présentent souvent plu- sieurs renflements succes- sifs. La culture avait été faite dans un aquarium, où avaient été déposés quel- ques morceaux de tourbe. C'est au contact de la tourbe que les filaments ont acquis la coloration la plus accentuée, et qu'ils se sont le plus fortement épaissis. La fig. 2, nous montre quelques uns des nombreux Fig, 1. — Quelques formes de rhizines du genre Cladophora. BULLETIN DES SÉANCES. 457 aspects sous lesquels les filaments de Cladopliora ainsi modifiés se présentent. FiG. 2. — a, a, a, b Formes variées sous lesquelles les cellules du Gladophora se présentent; c, c, d'autres formes à un grossissement plus réduit ; d, traces de membranes laissées sur la cellule après son accroissement en longueur. Si l'on compare certaines de ces figures avec celles 1S8 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. «les Tabulae pliycologicae de Kùtzing, on devra recon- naître qu'elles ont de grandes analogies. Il faut se rap- peler cependant que ces formes ont eu pour origine des cellules cylindriques. Il faut donc être on ne peut plus circonspect dans la détermination des espèces de ce genre et dans la description d'espèces nouvelles. Chez le CL glomerata, j'ai observé une variation à peu près identique, mais pas aussi accusée; il est vrai que les échantillons sur lesquels j'ai observé ces modifi- fications n'avaient pas été cultivés en présence de tourbe. La tourbe est probablement un milieu nutritif excellent pour ces algues, mais je n'ai pas pu faire d'expériences suffisantes, de sorte qu'il ne m'est pas possible de savoir si la présence d'une matière nutritive, est la seule cause qui occasionne ces modifications. M. Strasburger (*), a d'ailleurs indiqué la tourbe comme un milieu de culture excellent pour les Spirogyrn. La membrane cellulaire très épaisse de ces Clado- pliora, montre dans bien des cas d'une façon très nette la croissance intercalaire, par la présence de fragments de la membrane qui sont restés accolés à la membrane nouvelle. Le dessin cl de la tigure 2, représente une cellule vue en coupe optique et sur la membrane de laquelle, nous remarquons les traces de la membrane. J'ai observé parfois, sans pouvoir cependant suivre la culture, des germinations de Cladopliora; ces germina- tions me paraissaient devoir former des plantes chétives. Elles se trouvaient dans et au voisinage d'une cellule fructifère du Cladopliora. La lig. 5 nous montre diffé- rents états de ce développement. Quelle est l'origine de (*) Strasburgeu. Ueber Zeilbildung und ZelUheiLung, Jena, 1875, p. 34. BULLETIN DES SÉANCES. 159 ces développements, est-ce la germination directe des zoospores? J'ai pu observer également quelquefois des cellules à FiG. 3. Germination. FiG. 4. — Une cellule de Cladophora à membrane cellulaire épaissie et striée; cavité fortement diminuée. membrane cellulaire très fortement épaissie et dont la surface présentait des anneaux comme ceux que l'on voit chez les Oedogonmm. La figure 4 nous montre une cellule dans cet état, l'on remarque la cavité diminuée et les anneaux très visibles. J'espère pouvoir présenter bientôt quelques notes sur le reste du travail de M. Gay, et particulièrement sur quelques unes des espèces du genre Sticliococciis. ■160 SOCIÉTÉ BELGK DE MICROSCOPIE. IVotes bibliog^rapliiqiies. Tourteaux et farines de lin. — Composition. — Impuretés. — FALSIFICATIONS, par Julcs VAN DEN BERGHE, directeur du Labo- ratoire agricole provincial, à Rouler s. (6 planches. — 24 micro-photographies.) Dans ce travail, M. Van den Berghe expose les con- clusions qui lui ont été suggérées par 14 années de recherches analytiques et microscopiques se rapportant aux tourteaux et farines de lin. Il attribue les impuretés si fréquentes de ces tourteaux à différentes causes : 1° Leur origine. Ils proviennent de contrées où les procédés employés pour les récolter sont encore peu perfectionnés ; 2° La mauvaise foi du vendeur qui, par esprit de gain, introduit des substances minérales ou végétales étrangères. Les tourteaux ainsi adultérés pouvant occasionner de graves accidents, l'auteur a recherché les procédés propres à dévoiler l'existence des falsifications. La teneur en matières protéiques et en matières grasses variant dans chacun des 1G9 échantillons de tourteaux et farines de lin purs qu'il a analysés, l'auteur en conclut que l'analyse chimique seule est impuissante à donner la certitude de la pureté des tourteaux et farine de lin. De là, la nécessité de recourir à l'analyse microsco- pique comme moyen de vérification. C'est l'examen microscopique qui a surtout attiré l'attention de M. Van den Berghe. Ses observations ont porté sur la cellulose brute et sur la farine. BULLETIN DES SÉANCES. 161 A) Cellulose brute. — Pour les examiner, il traite suc- cessivement le tourteau par l'acide sulfurique(2.5p. 100), la soude (2.5 p. 100), l'alcool et l'éther. Le résidu de l'opération est mis à digérer pendant quelques heures à froid avec une solution concentrée de chlorure de cal- cium (1 à 5). Le péricarpe des fruits, ainsi que le spermoderme des graines étant devenus transparents, on peut alors les observer sous le microscope et leur reconnaître cer- tains caractères distinctifs dont l'auteur a utilement tiré parti. Ces péricarpes et spermodermes ont été photographiés et 2i reproductions accompagnent le travail. Parmi celles-ci, on remarque principalement, le lin, le colza, les différentes espèces de moutardes, l'arachide, le pavot, la nielle, le chanvre, le ricin, etc. etc. B) La farine. — Les réserves alimentaires des graines de lin étant surtout l'aleurone et des gouttelettes d'huile, la solution d'iode dans l'iodure potassique ne doit pas donner de coloration bleue quand le tourteau est pur. L'auteur termine en rappelant les accidents survenus par l'emploi des tourteaux et farines de lin falsifiés. 11 relate un certain nombre de cas d'empoisonnement du bétail, dus à la présence des graines de ricin, des graines de nielle, des graines de moutarde. L. Remy. 16-2 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. Ueber CAPiLLAR- analyse UND IHRE VERSCHIEDENEN ANWENDUN- GEN , SOVVIE LEBER UAS EMPORSTEIGEN DER FARBSTFFE IN DEN l'LANZEN. (L'maly se capillaire et ses différentes applications ; l'ascension des matières colorantes dans les plantes), par Friedrich G0PPEL8R0EDER; analyse par M. H. POTTELLET. Dans ce très intéressant travail, l'auteur expose et étudie successivement : I. L'analyse capillaire. Si dans un mélange aqueux d'acide picrique et de curcumine, on plonge à une profondeur de quelques mil- limètres, des bandes de papier non collé, on remarque que l'ascension capillaire de l'eau est plus rapide que celle des matières qui y sont dissoutes, et que celles-ci ont des vitesses d'ascension inégales. Cette différence dans la vitesse d'ascension avait été signalée par Schoen- bein, professeur de chimie à l'université de Bâle. Les trois corps dont il vient d'être question (eau, acide picrique, curcumine) se séparent ainsi en trois zones faciles à distinguer sur la bande de papier : a) Une zone supérieure, étroite, ne contenant que de l'eau ; h) Une zone moyenne, large, renfermant de l'acide picrique ; c) Une zone inférieure, formée de jaune E MICROSCOI'IE. la bactériologie et l'hygiène publique pourraient en reti- rer d'immenses avantages. Au point de vue de la science pure il y aurait lieu, non pas comme le demande M. D'Arsonval de refaire la physique et la chimie drins le champ magnétique, ce qui serait inutile, mais de tenir compte des conditions magnétiques et électriques du milieu dans lequel on opère, au môme titre que l'on note actuellement sa tem- pérature. Pour la bactériologie notamment, ces consta- tions auraient une importance capitale. Au point de vue philosophique enfin, l'exposé que je viens de vous faire peut avoir une bien autre valeur. Il en résulte une preuve en plus de l'identité des diverses forces physiques qui ne sont que des manifestations variables d'un même facteur, Vénerfjie. Il en résulte aussi, et une fois de plus, que la force vitale n'est qu'un mot; que les actes de la vie ne sont point soumis à d'autres lois que celles (}ui résultent de l'application des forces naturelles; qu'il n'y a par conséquent à faire aucune distinction entre le monde organique et le monde inorganique. Il en résulte encore que la science se sim- plifie de plus en plus; que les notions acquises, à mesure qu'elles s'accumulent se lassent en quelque sorte en se coordonnant. 11 en résulte enfin (|ue, sur quelque point de la biologie (jue la science porte ses investigations, elle ne découvre en dernière analyse que deux éléments : la Matière et la Force. Discussion : M. Errera. — J'avoue ne pas oser suivre Tau- BULLETIN DES SÉANCES. i89 teur clans toutes ses déductions théoriques. Quelques unes d'entre elles semblent un peu prématurées ou, si l'on aime mieux, en avance sur l'état actuel de la science. C'est là d'ailleurs une simple réserve plutôt qu'une critique. Pour citer un exemple, il y a quelque har- diesse à affirmer dès à présent Yidenlité des différentes forces physiques vis-à-vis du protoplasma, comme l'a fait l'auteur en terminant. Ne savons-nous pas au contraire que les organismes sont doués de sensibilités spéciales et que les diverses forces ne sont nullement équivalentes pour eux? Telle cellule, très sensible aux variations thermiques, sera très indifférente aux changements d'éclairage. En revanche une feuille verte a besoin de lumière pour assimiler l'anhydride carbonique : pense-t-on qu'il suffise, lorsqu'on la met dans l'obscurité de lui fournir beaucoup d'énergie calorifique pour tenir lieu de l'énergie lumi- neuse dont on la prive? Pour tout dire, les phénomènes vitaux ne sont peut- être pas aussi simples que pourraient le faire croire les généralisations que M. Verhoogen vient de nous exposer. M. Vcrlwogeii. — Il n'entre aucunement dans ma pensée, comme semble le croire M. Errera, d'affirmer l'équivalence des agents physiques. J'ai dit au contraire, qu'ils sont des modalités de l'énergie. En d'autres termes, si la qualité est la même pour tous, la quantité diffère cependant. Ainsi les radiations solaires repré- sentent l'énergie sous une très faible quantité. C'est cependant encore de l'énergie qui, appliquée au radio- mètre de Crookes, peut produire du mouvement. La cha- leur au contraire repi^sente, si je puism'exprimer ainsi, l'énergie sous une tension autrement considérable. -190 SOCIÉTÉ BliLGE DE MICROSCOPIE. Ces différences de quantité et aussi de forme, ne l'ou- blions pas, impliquent naturellement la production d'effets fort dissemblables. On peut donc parfaitement admettre l'identité des forces sans croire à leur équi- valence. De la manière dont M. Errera envisage la question, il y a lieu aussi, je pense, de faire entrer en ligne de compte un autre facteur. S'il n'y avait qu'une force appli- quée toujours d'une même façon à un seul protoplasme, les lois de la biologie deviendraient d'une simplicité mathématique. Mais il n'y a pas qu'une cellule : il y a des races et des espèces, et dans une même catégorie d'êtres réunis par des liens morphologiques, physiolo- giques, chimiques même, il y a encore des susceptibilités individuelles dont il serait injuste de méconnaître l'im- portance. Telle cellule sera sensible à la lumière, qui ne le sera pas à la chaleur et réciproquement, au même titre qu'en chimie une combinaison donnée se produira sous l'action de tel agent physique et non de tel autre. La fleur de soufre et la limaille de fer se combinent très bien si l'on chauffe ; on cherchera en vain des traces de sulfure de fer dans le mélange si on s'est contenté de l'exposer à la lumière. De même en physique, une barre de fer se dilatera sous l'influence de la chaleur (andisque l'action de la lumière n'y sera point appréciable. Ques- tion de quantité en ce qui concerne l'excitant, de com- position chimique et de groupement moléculaire en ce qui regarde le corps influencé. Il n'en est pas autrement en biologie. Si on admet l'identité des agents physiques en ce qui concerne le monde inanimé, et cette identité d'essence est univer- sellement reconnue aujourd'hui, je ne vois point sur DULI.ETiN DES SÉANCES. 191 quelles consklérations on s'appuierait pour nier cette même identité en ce qui concerne les choses de la vie. L'électricité, la chaleur, la lumière, le magnétisme res- teront toujours autant de modes de l'énergie, qu'ils s'adressent à une cellule vivante ou simplement à une molécule inorganique. Conformément aux usages étahlis, la société décide de ne pas siéger pendant l'époque des vacances, et s'ajourne au mois d'octohre prochain. XMI 16. BULLETIIV DES SÉAI\CES DE LA SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE Tome XVII. N' X. 1890-1891. Procès -verbal de rassemblée g^énérale annuelle du 11 octobre 1891. Présidence de M. Errera, président. La séance est ouverte à 11 heures. Sont présents : MM. Errera, Bauwens, Bray, Clau- triau, Crépin, Delogne, De Wildeman, Lameere, Mar- chai, Rouffart et Verhoogen, secrétaire. Ouvrages reçus en hommage : Bonney and Miss Raisin. — Report on some Rock-speci- mens from tlie Kimberley Diamond mines, witli notes by Rupert Jones (Geologica magazine, septem- hre 1891). R. Jones and Kirkby. — On the Ostracoda foimd in tlie shales of the upper coal-measure at Stade lane, near Manchester (Trans. Manchester geol. soc. Part. 111, vol. XXÏ, décembre). XVII ^^ 494 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. R. Jones. — Address to the geologicai section of tlie Britisfi association, Cardiff, 1891. A. Lameere. — Prolégomènes de zoogénie (Bull, scient, de la France et de la Belgique, t. XXIII, 1891 . Balbiani. — Sur la formation des monstres doubles chez les infusoircs (Journ. anat. et pliijs. de Pouchet et Duval, t. XXVII, 1891). — Sur les régénérations successives du péristome comme caractère d'âge chez les Stentors et sur le rôle du noyau dans ce phénomène (Zoot. Anz., 572 et 575, 189i;. Des remercîments sont votés aux auteurs de ces envois. Le secrétaire donne lecture, au nom du Conseil, du RAPPORT ANNUEL SUR LES TRAVAUX DE LA SOCIÉTÉ Messieurs, Nous avons l'honneur de vous présenter au nom du Conseil, le dix-septième rapport annuel sur la situation de notre Société. La Société belge de microscopie compte actuellement 165 membres : 14 membres honoraires, 40 membres correspondants, 95 membres effectifs et IG membres associés. Nous avons eu le regret cette année de perdre un de nos membres honoraires les plus distingués, M. le pro- BULLETIN DES SÉANCES. 49S fesseur Car! v. Nageli. Une lettre de condoléances a été adressée au nom de la Société à la famille de l'illustre savant. Parmi les travaux que nous avons insérés dans nos Bulletins, nous pouvons citer : Communication préliminaii^e sur la métamérisation du corps de l'insecte par M. A. Lameere. Lupus de la conjonctive par M. Gallemaerts. Le traitement de la tuberculose par la méthode de Kocli, par M. Hendrickx. Les monadines et leur place systématique, par M. De Bruyne. Les Bolétés, par M. Delogne. L'origine des vertébrés, par M. Lameere. La fibre nerveuse, par M. Héger. Lin champignon pijrénomycète se développant sur le test des Balanes, par M. Ch. Bommer. Sur la morphologie des cladophora, par M. E. De Wildeman. Action du coinçant constant sur les microorganismes pathogènes, par M. R. Verhoogen. Nous avons continué la publication de nos annales par la distribution du tome XV qui contient des travaux de M. De Wildeman, sur XInfluence de la température sur la marche, la durée et la fréquence de la caryoci- nèse dans le règne végétal; de M. Enklaar (traduction de M. Hegenscheidt) sur les limites de la physique et de la chimie; de M. Yan Gehucbten sur les récentes découvertes dans l'anatomie et l'histologie du système nerveux central. Le tome XYI paraîtra bientôt. Il contiendra des tra- vaux de M. Firket, sur la nature du cancer, de M. Cli. 496 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. Boni mer, stir un champignon pyrénomycète se dévelop- pant sur le test des Balaiies\ de M. P. Pelseneer, sur les Organes des sens chez les mollusques, et de M. P. Pelseneer, Stir l'œil de quelques gastropodes. Plusieurs ti'avaux envoyés à la Société ont fait l'objet d'analyses par MM. De Wildenian, Polellet et Remy. M. le docteur Gallemaerts s'est vu obligé par suite de ses occupations de renoncer aux fonctions de secrétaire de la Société. M. le président s'est fiait notre interprète à tous en lui exprimant les vifs regrets que nous cause sa retraite. Nous avons eu pendant l'année écoulée le plaisir d'en- tendre des conférences très remarquables de MM. les professeurs De Bruyne, Firket, Gilkinet, Héger, Lameere, Pelseneer et Van Gebucbten. Le conseil est heureux de renouveler ici ses remercîments à ces mes- sieurs pour la preuve d'intérêt qu'ils ont bien voulu donner à la Société et pour la façon brillante dont ils se sont acquittés de la tâche qu'ils avaient assumée. La publication des recherches de Koch ainsi que la communication de M. Hendrickx ont donné lieu au sein de notre Société à d'intéressantes discussions sur la tuberculose. Nous avons encore à adresser nos remercîments à M. Cogit qui nous a envoyé de remarquables micropho- togrammes coloriés, lesquels ont fait l'objet d'une notice dans le bulletin, ainsi qu'à MM. De Wildenian et Dewevre qui se sont occupés des projections oxhydri- ques. Nous sommes heureux aussi d'exprimer notre reconnaissance à M. Crépin qui veut bien nous per- mettre de disposer de la grande salle des herbiers. Nous voyons avec plaisir que la Société continue à se UULLETIN DKS SÉANCES. 197 tenir au courant du mouvenient scientifique, et nous espérons qu'elle saura, comme par le passé, soutenir la réputation dont elle jouit dans le monde savant. Aussi comptons-nous, Messieurs sur le concours dévoué de tous les membres. [Applaudissements.) BILAN ET BUDGET M. Bauwens, trésorier, présente le bilan de l'exercice 1890-1891 qui se solde par un boni de fr. 46.28. Il dépose en même temps le projet de budget pour l'exer- cice 1891-1892. Les comptes sont approuvés. M. De Wildeman donne lecture du RAPPORT SUR L'ÉTAT DE LA RIRLIOTHÈQUE ET DES COLLECTIONS Messieurs, Aux termes des statuts de notre Société, le Bibliothé- caire est tenu de vous faire, à l'asseinblée générale d'Octobre, un rapport sur l'état de la Bibliothèque et des collections. Comme l'année précédente, nous pouvons dire, que leur état est assez satisfaisant. Nous avons encore mal- heureusement à regretter un grand nombre de lacunes dans plusieurs de nos collections importantes ; quelques sociétés nous ont déjà fourni les volumes manquants de leurs publications et nous espérons, qu'au fur et à mesure que nous pourrons avancer dans la mise en 498 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. ordre complet de la bibliothèque, nous pourrons com- pléter, grâce à la bienveillance des sociétés avec les- quelles nous sommes en relations d'échange, les collec- tions qui actuellement sont encore dépareillées. De nouvelles publications sont venues augmenter encore notre liste d'échange; nous envoyons maintenant nos Bulletins à 175 institutions savantes. Plusieurs membres et même des personnes étrangères à la Société nous ont envoyé leurs publications, dont les titres ont été mentionnés dans les comptes rendus mensuels des séances de la Société; parmi ceux-ci, il faut citer : MM. Balbiani, Baumgarten, Behrens, Cox, E. et J. Cutter, Deby, De Man, De Toni, De ^Yildeman, Jabez Hogg, Kôlliker, Lameere, Remouchamps et Sugg, Rupert Jones, Saccardo, Vanden Berghe, Ward. SÉANCES MENSUELLES L'assemblée décide que les séances mensuelles conti- nueront à avoir lieu le dernier samedi de chaque mois à 8 1/2 heures du soir. ÉLECTIONS Il est procédé à l'élection : 1° D'un vice-président en remplacement de M. le doc- teur Van Ermengem sortant et rééligible; M, le docteur Van Ermengem est réélu vice-président. ■2" D'un secrétaire en remplacement de M. le docteur René Verhoogen sortant et rééligible ; BULLETIN DES SÉANCES. 199 M. le docteur Yerhoogen est réélu secrétaire. 5° D'un trésorier en remplacement de M. Bauwens sortant et rééligible; M. Bauwens est réélu trésorier. i" De deux membres du Conseil en remplacement de MM. L. Coomans et A. Renard sortants et rééligibles ; MM. Coomans et Renard sont réélus membres du Conseil. Le Conseil a désigné M. De Wildeman pour remplir les fonctions de bibliothécaire-adjoint pendant l'année 1891-189-2. Le secrétaire fait appel au dévouement des membres pour la publication dans les Bulletins mensuels d'ana- lyses des travaux qui paraissent dans les Bulletins étran- gers. Il fait ressortir l'importance et la richesse de la bibliothèque où se trouvent de nombreuses publications qui n'existent pas dans les autres bibliothèques du pays. Il engage également les membres qui se proposent de faire des communications lors des séances de la Société, à l'en prévenir assez à temps pour qu'il puisse l'annon- cer à l'ordre du jour. La séance est levée à midi. COMPOSITION DU CONSEIL ADMINISTRATIF POUR L'EXERCICE 1891-1892 M. L. Errera, Président. 1890-1892 M. le D'- RouFFART, Vice-Président. 1890-1892 M. le D^ Van Ermengem, Id. 1891-1893 M. le D-- R. Verhoogen, Secrétaire. 1891-1893 M. L. Rauwens, Trésorier. 1891-1893 M. C. H. Delogne, Bibliothécaire-Conservateur. 1890-1892 M. L. CooMANS, Membre. 1891-1893 M. Crépin, Id. 1890-1892 M. A. Renard, Id. 1891-1893 M. Laurent, Id. 1890-1892 M. De Wildeman, Bibliothécaire-Conservateur-Adjoint. Secrétariat : chez M. le D"" R. Verhoogen, 16, rue de la Sablonnière. Trésorier : M. Bauwens, receveur des contributions, rue Ganshoren, 15, Koekelberg, lez-Bruxelles. LISTE GENERALE des MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE AU 11 OCTOBRE 1891. illoiiibrcs honoraires (*). MM. Abbe, prof, à l'Université d'Iéna (Allemagne). Balbiani, prof, d'embryologie au Collège de France, Paris. Cohn, F., prof, de botanique à l'Université de Breslau. Fol, H., prof, d'embryologie à l'Université de Genève. Jabez Hogg, docteur, 1, Bedford square, Londres. Jones Rupert, prof. F. R. S., 10, Uverdale Road, King's Road, Chelsea, Londres. Koch, R., prof, d'hygiène à l'Université de Berlin, von Kôlliker, A., prof, d'embryologie à l'Université, Wurz- bourg. Pasteur, membre de l'Institut, Paris. Rauvier, L., prof, d'histologie au Collège de France, Paris. Saccardo, directeur au jardin botanique de Padoue. Smith, H. L.,prof. Hobart Collège, GenevaN. Y. (États-Unis.) Sorby, Broomfleld (ShefHeld). D'' Ward, R. H., Troy, New- York (États-Unis), 53, Fourth Street. membres eorrespoiiclaiits (**). MM. Andrews, R. R., D. D. S., Haward street, 432, Cambridge, Mass. (États-Unis.) Baumgarten, professeur, à Tûbingen. n Le nombre des membres honoraires est limité à quinze (art. 7 Ces Statuts). (") Le nombre des membres correspondants est limité à quarante (art. 7 des statuts). 202 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. MM. Behrens, D'' Wilhi, directeur du Zeitschrift fur mikroskopie, Gôttingen. Bertrand, C. Eg., professeur à la Faculté des sciences, Lille. Bieler, vétérinaire, avenue Agassiz, Lausanne (Suisse). Boeclver, docteur. Institut fur Milvrosls.opie, Wetzlar. Bonté, docteur, J. H. C, secrétaire de l'Université de Cali- fornie, Berkeley, Cal. (États-Unis.) Brun, professeur à l'Université de Genève. Bûtschli, professeur, à Heidelberg. Cox, C. F., uo 100, East, 17th St., New-York (Etats-Unis). Cox, D., Cincinnati, Ohio. Crisp, Frank, secrétaire de la Société royale de Microscopie, King's Collège, Londres. Crosier, E. S., M. D., Masket street, 277, New Albany, Indiana (États-Unis). Curties, Thomas, membrede la Société royale de Microscopie, 244, High Holborn, Londres. Cutter, docteur Ephraira, 1730. Broadway, New-York, de Castracane (abbé). Comte François, Rome, de Man, docteur J. G., Middelbourg (Pays-Bas). Dod, A. P., 279 1/2, Main street, Memphis (Etats-Unis). Engelmann, Th. W., prof, de physiologie à l'Université d'Utrecht. Gibier, docteur, aide naturaliste au Muséum, rue Palestro, 23, Paris. Guinard, E., rue du Cardinal, 15, Montpellier. Harrisson, docteur W. G., 26, Mount Vesnon Place, East Baltimore (Maryland) États-Unis. Hueppe, docteur, Ferd., professeur, Prague. Kinne, C. Mason, 422, Califoruia street, San Francisco, Cal. (États-Unis. Lanzi, docteur Matteo, 6, via Cavour, Rome. Lockwood, Samuel, Secretary to the New-Jersey Microsco- pical Society, Freehold, Monmouth County (New-Jersey), (États-Unis). Mauler, E., 8, Terreaux, Neuchâtel (Suisse). Maupas, à Alger (Algérie). Metschnikoir, chef de service à l'Institut Pasteur, à Paris. Rosenbusch, professeur de minéralogie à l'Université de Heidelberg. BULLETIN DES SÉANCES. 203 MM. Senoner, docteur, 14, Krieglergasse, Vienne. Stevenson, W. C, 1525, Green street, Philadelphie, Pens. (États-Unis). Stidham, rev. J. F., Colombus, Ohio (États-Unis). Strasburger, docteur Ed.., professeur à l'Université à Bonn. Trois, conservateur de la collection scientifique de l'Institut royal des sciences, Palais ducal, à Venise (Italie). Van Bruyssel, chargé d'affaires de Belgique à Caracas (Venezuela). Ward, James W., Grosvenor Library, Buffalo (États-Unis). Zimmermann, 0. E. R., docteur, Chemnitz (Saxe). Zirkel, Ferd., prof, de minéralogie à l'Université de Leipzig. Meiubrei§ effectifs (*). MM. Barré, Philippe, chef de bureau au Ministère des chemins de fer, postes et télégraphes, rue du Progrès, 233«, Bruxelles. *Bauwens, L. M., receveur des contributions, rue Gansho- ren, 15, Koekelberg. Bayet, 30, Marché-aux-Grains, Bruxelles. Berteau, Zenon, profes. à l'école moyenne de Schaerbeek, rue Villegas, 23, Jette-Saint-Pierre. Bommer, Ch., docteur en sciences, rue des Petits-Carmes, 19, Bruxelles. Bray, A., docteur en sciences, rue de Namur, 48, Bruxelles. Carnoy, J.-B. (l'abbé), professeur à l'Université de Louvain. Camusel, rue Wautier, 83, Laeken. Cogit, E., boulevard Saint-Michel, 49, Paris. 'Chalon, Jean, docteur en sciences naturelles, Namur. Clautriau, G., pharmacien et docteur eu sciences natu- relles, à Marchienne-au-Pont. Coomans, V., chimiste, rue Notre-Seigneur, 1, Bruxelles. Coomans, L., pharmacien, rue Notre-Seigneur, 1, Bruxelles. Xoppez, docteur en médecine, 17, boulevard du Jardin Bota- nique, Bruxelles. Coppez, H., étudiant en médecine, boulevard Botanique, 17. Cousot, docteur en médecine, à Dinant. *Crépin, directeur du Jardin Botanique de l'État, rue de l'As- sociation, 31, Bruxelles. Dans, ingénieur-industriel, rue du Commerce, 32. (*) Membre fondateur. 204 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. MM. 'Davreux, Paul, inspecteur-adjoint de l'enseignement profes- sionnel, rue Vondel, Schaerbeek. Deby, Julien, ingénieur, 31, Belsize Avenue South Hamp- stead, London. De Fay, J., docteur en médecine, 5, rue de Fiennes, Curegliem. De Lacerda, Antonio, consul de Belgique, à Baliia (Brésil). Delogne, C.-H., aide-naturaliste au Jardin Botanique de l'État, Bruxelles. Denaeyer, pharmacien, place Liedts, 3, Schaerbeek. Denys, ingénieur, à Havre, près Mons. Depaire, J.-B., conseiller communal, professeur à l'Univer- sité de Bruxelles, rue Royale, 54, Bruxelles. De Sélys-Lonchamps, Edm. (baron), sénateur, 34, quai de la Sauvenière, Liège. Destrée, E., docteur en médecine, rue de la Régence, 57, Bruxelles. De Wildeman, préparateur au Jardin botanique de l'Etat, rue Verte, 54, Schaerbeek. Drosten, Rob., rue des Boiteux, 21, Bruxelles. Dubois, E., docteur en médecine, 7, rue du Gouvernement provisoire, Bruxelles. *Dupont, E., directeur du Musée royal d'histoire naturelle, Bruxelles. Durin, Th., chanoine honoraire, rue de Paris, à Moulins, (Allier). Duwez, docteur en médecine, rue Joseph II, 3, à Bruxelles. Errera, Léo, docteur, professeur à l'Université, rue Stépha- nie, 1, Bruxelles. Félix, Jules, docteur en médecine, rue Marie-de-Bourgogne, 22, Bruxelles. Florez, docteur en médecine, Jésus Maria, 5, Lima (Pérou). Francotte, P., docteur en sciences, professeur à l'Athénée royal et à l'Université libre, rue Gillon, 5ii, Saint-Josse- ten-Noode. Gallemaerts, E., docteur en médecine, rue de la Régence, 33, Bruxelles. Garbini, A., docteur en sciences naturelles, Leoncino, 38, Vérone. (•) Membre fondateur. BULLETIN DES SÉANCES. 20S MM. Gedoelst, docteur, rue du Canal, 20, Louvain. Gevaert, G., docteur en médecine, rue du Gentilhomme, 2, Bruxelles. Gilsou, professeur à l'Université de Louvain. Gravis, Aug., professeur de botanique à l'Université de Liège, rue Bassenge, 33, Liège. Heger, Paul, docteur en médecine, professeur à l'Université, rue des Drapiers, 35, Bruxelles. Hendrix, Léon, docteur en médecine, rue Montoyer, 14, Bruxelles. Houzeau de Le Haie, professeur, membre de la Chambre des représentants, Hyon (Mons). Hovelacque, M., licencié ès-sciences naturelles, rue des Sablons, 88, Paris. Jacobs, Ch,, docteur en médecine, rue des petits Carmes, 12, Bruxelles. Lameere, Auguste, docteur eu sciences, professeur à l'Uni- versité de Bruxelles, chaussée de Charleroi, 121, Bruxelles. Laurent, Em., professeur de botanique à l'École d'horticul- ture de l'Etat, à Vilvorde, et à l'Institut agricole de Gembloux. Lebœuf Louis, docteur en méd., rue Rogier, 288, Bruxelles. M>'® Leclerq, Emma, docteur en sciences naturelles, Rempart de la Biloque, 320, Gand. MM. Lewin, docteuren médecine, rue de la Concorde, 68, Ixelles. Loiseau, 0., ingénieur, à Ougrée. Lorthioir, docteur en médecine, rue Defacqz, 6, Bruxelles. Mantin Georges, quai de Billy, 54, Paris. Marchai, E., conservateur au Jardin Botanique de l'État, professeur à l'École normale, 55, rue Vonck, Saint-Josse- ten-Noode. 'Michelet, G., ingénieur, rue Pascale, 6, Bruxelles. Nypels Paul, docteur en sciences naturelles, rue Forgeur, 7, Liège. Pechère V., étudiant en médecine, rue Marie-Thérèse, 16, Bruxelles. Petermann, A., docteur en sciences naturelles, directeur de la station agricole de l'État, Gembloux. Pierson. H., rue de la Poterie, 6, Paris. {*) Membre fondateur. 206 SOCIÉTÉ BELGK DE MICROSCOPIE. MM. Piron, pharmacien, rue du Comte-de-Flandre, 77, Molen- beek-Saint-Jean. Treudhomme deBorre, 11, rue Seutiu, Bruxelles. Ramlot, docteur en médecine, rue de Florence, 17, Bruxelles. Remy, L., assistant de micrographie au Laboratoire agri- cole de l'État, Liège. Renard, A., professeur à l'Université de Gand, Wettereu. Rouffart, E. docteur en médecine, boulevard du Régent, 9, Bruxelles. *Rutot, A., ingénieur, conservateur au Musée royal d'histoire naturelle, rue du Chemin-de-Fer, 31, Bruxelles. Rynenbroeck, L., étudiant en sciences, 2, chaussée d'Alsem- berg, Uccle. Simon, A., docteur en médecine, rue Haute, 106, Bruxelles. Simon, J. B., docteur, rue Haute, 106, Bruxelles. Slosse, Aug., docteur en médecine, rue de Galilée, 8, Bruxelles. Stappers, Léon, rue Jacobs, 59, à Anvers. Stas, Jules, docteur en médecine, à Rupelmonde. Sury, H., pharmacien, rue d'Havre, 12, Mons. Thiriar, docteur en médecine, professeur à l'Université, rue de Hornes, Bruxelles. Tillier, Achille, architecte. Pâturages (Hainaut). Tocheflf, étudiant en sciences, Stara Zagora, Bulgarie. Van Beneden, Ed., professeur à l'Université de Liège. 'Vanden Broeck, Ernest, conservateur au Musée royal d'his- toire naturelle, 39, place de l'Industrie, Bruxelles. *Van den Corput, docteur, avenue de la Toison d'Or, 19, Bruxelles. Van den Kerkhove, Ern., rue d'Oran, 17, Marseille. Van Ermengem, professeur de bactériologie à l'Université de Gand, Wetteren. *Van Heurck, Henri, docteur en sciences, directeur du Jardin Botanique, rue de la Santé, 8, Anvers. Venneman, professeur d'ophtalmologie à l'Université de Louvain. Verhoogen, R., docteur en médecine, 16, rue de la Sablon- nière, Bruxelles. (*) Membre fondateur. BULLETIN DES SÉANCES. 207 MM. Von Sehlen, à l'Institut hygiénique de Munich. Walker, industriel, boulevard Montebello, Lille (France). Warlomont, René, médecin militaire, docteur en sciences naturelles, Bruges. *Weverbergh, docteur en médecine, avenue Brugmann, 205, Bruxelles. Ysebrant de Difque, rue Belliard, 66, Bruxelles. lleiiibres associés. MM. Bordet, étudiant en médeciue, rue de la Ruche, 42, Schaer- beek. Botte, docteur en médecine, rue de l'Hôtel des Monnaies, 9."5. Brouwez, F., étudiant eu médecine, rue des Chevaliers, 15, Bruxelles, De Nobele, étudiant, rue des Plantes, 14, Bruxelles, De Restia, pharmacien, rue Royale-Sainte-Marie, 152, Schaerbeek. Dewevre, Alfred, docteur en sciences naturelles, chaussée de Watermael, 59, Watermael-Boitsfort. Dineur, E,, docteur en médecine, chaussée de Haecht, 272, Schaerbeek. Fano, Léopold, étudiant, rue Royale, 233, Bruxelles. Funck, Maurice, étudiant, rue de Livourne, 30. Hegenscheidt, Alfred, étudiant, rue Gauthier, 30, Molenbeek Saint- Jean, Lor, Louis, rue de l'Écuyer, 14. Massart, docteur en sciences naturelles, à Etterbeek. D"" Mersch, rue du Trône, 90, Bruxelles. Mills, Albert, docteur en médecine, boulevard Bischoft- sheim, 25, Bruxelles. Orgels, L., étudiant, 14, rue Wiertz, Ixelles. Rins, L., rue Van Aa, Ixelles, (*) Membre fondateur. ACADEMIES, SOCIETES ET INSTITUTIONS avec lesquelles LA SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE EST EN RELATIONS D'ÉCHANGE. Belgique. Académie royale des sciences, arts et belles-lettres de Belgique Bruxelles. Académie royale de médecine de Belgique, Bruxelles. Association belge de photographie. Ch. Puttemans, Palais du midi. Bulletin scientifique et pédagogique de Bruxelles, M.Robie, direc- teur à Forest lez-Bruxelles. Fédération des Sociétés d'horticulture de Belgique, M. Lubbers, au Jardin Botanique de l'État, Bruxelles. Gazette médicale de Liège, place Saint-Pierre, 16, à Liège. Musée royald'Histoire naturelle de Belgique, M. E.Dupont, direc- teur, Bruxelles. Société royale de Botanique, au Jardin Botanique de l'Etat, Bruxelles. Société entomologique de Belgique, au Musée royal d'histoire natu- relle, Bruxelles. Société scientifique de Bruxelles, rue des Ursulines, 14, Bruxelles. Société belge de géographie, M. Dufief, rue Potagère, 171, Bruxelles. Société géologique de Belgique, M. G. Dewalque, Liège. Société malacologique de Belgique, M. Lefebvre, rue des Parois- siens, 7, Bruxelles. Société belge de géologie, de paléontologie et d'hydrologie, place de l'Industrie, 39, Bruxelles. Société médico-chirurgicale du Brabant, M. le docteur De Becker, 100, chaussée de Tervueren, à Etterbeek. Annales de la Société médico-chirurgicale, Hôtel-Vénitien, rue Hamal, Liège. BULLETIN DES SÉANCES. 209 Société des naturalistes dinantais, Dinant. Société royale des sciences, à l'Université de Liège. Société des sciences, lettres et arts du Hainaut, Mons. Société royale des sciences médicales et naturelles, M. le doc- teur Stiénon, rue du Luxembourg, 5, Bruxelles. Université de Bruxelles. Université de Gand. Université de Liège. Université de Louvaiu. Alleiiiag;iic. Botanisches Centralblatt, D*" Uhlworm, Cassel. Deutsches Medizinal Zeitung, M. le D'' Grosser, Prenzlau. Kaiserliche Leopoldinisch-Carolinische Akademie der Naturfor- scher, D^ Kuoltauch, à Halle. Jahresbericht ûber die Fortschritte in der Lehre von den patho- genen Mikroorganismeu, professeur Baumgarten, à Tûbingen. Naturœ novitates. M. Friedlander et fils, Carlstasse, 11, à Berlin. Naturwissenscbaftliche Gesellschaft, Chemnitz. Naturwissenschaftlicher Verein, Elberfeld. Naturwissenscbaftlicher Verein des Reg. Bez., D"" Hering, bibliot., Francfort s/Oder. Offenbacher Verein fur Naturkunde, Offenbach S/M. Physikalisch-œkonomische Gesellschaft, Kœnigsberg. Société d'histoire naturelle de Colmar, docteur Faudel, secrétaire Colmar. Société d'histoire naturelle, rue de l'Évêché, 25, Metz. Verein fur Naturkunde. D"" Akermann, Cassel. Zeitschrift fur wisseuchaftliche Mikroskopie uud raikroskopische Technik, M. Behrens, rédacteur en chef, à Gottingue. Zoologischer Anzeiger, professeur Carus, Querstrasse, 30, Leipzig. Centralblatt fur algemeine pathologie undpathologischeanatomie. M. Gustave Fischer, à lena. Aiitriclie-Hoiig;i*ie. K. K. Naturshistorischen Hofmuseum, Vienne. K. Akademie der Wissenschaften, Vienne. Mittheilungen der section fur naturkunde des « Osterreichischen Touristen-club ", Burgring N° I. Vienne. 18 2i0 SOCIÉTÉ BELGE UE MICROSCOI'IE. Bulletin international de l'Académie des sciences de Cracovie. Institut I. etR. Géologique d'Autriche, Vienne. K. K. Zoologisch-Botanische Gezellschaft, Herrengasse, 13, à Wien I. Naturforschender Verein, M. Stadboff, Briinn. Naturwissenschaftlicher Verein fiir Steirmark, Gratz. Ornithologischer Verein. Mittbeilungen, Red. Von Pelzeln und C. Pallisch, à Vienne. Société des sciences naturelles de Croatie à Zagreb, Agram. Société royale hongroise des sciences naturelles, Budapest. Société adriatique des sciences naturelles, Trieste. Ungarischer Karpatben verein, Lôese. Verein zur Verbreitung naturv\ issenscbaftlicher Kenntnisse, IV, techn. Hochscbule à Vienne. Ei«ipag;iic et l^orliigal. Boletin de medicina y farmacia, calle del Hôpital, 93, Piso 2", Barcelone, Gazeta Sanitoria à Barcelone. Casas consistoriales. Cronica cientiflca. Barcelone, Rédacteur M. le D"" Raphaël Roig y torres. Ronda de S. Pedro, 38. Gaceta Medica Catalana, D'' Rodriguez Mendez, à Barcelone. Revista sciencias naturaes e sociaes (Sociedade C. Ribeiro), rua da Paz, 126, à Porto. Sociedade de Instrucçao do Porto. St-Domingos, 57, à Porto Largo. Revista clinica de los Hospitales. Madrid, PI. de Isabel, II. France. Annales de l'Institut Pasteur, M. le professeur Duclaux, rue Malebranche, 15, Paris. Académie des sciences, lettres et beaux-arts de Dijon. Bulletin scientifique du nord de la France, M. le professeur Giard, Lille. Feuille des jeunes naturalistes, M. Dolfus, 35, rue Pierre Charron, Paris. Journal de Micrographie, M. le docteur Pelletan, rue de Berne, 24, Paris. Revue internationale de bibliographie médicale, M. le docteur Raoult, 47, rue du Faubourg Saint-Jacques, Paris. BULLETIN DES SÉANCES. ^H Bulletin de la Société d'étude des sciences naturelles, à Béziers. Revue des sciences pures et appliquées, 34, rue de Provence, à Paris. Le Botaniste. M. Dangeard, impasse Bagatelle, 3, Caen (Calvados). Revue bryologique, M. Husnot, à Cahan,par Athis,COrne.) Société Borda, à Dax. Société des sciences physiques, naturelles et cliraatologiques, M. le docteur Bertrand, secrétaire-général, rue Bruce, à Alger. Société Linnéenne du nord de la France, M. René Vion, rue Voi- ture, 8, Amiens. Société des sciences physiques et naturelles. Hôtel des Facultés, Bordeaux. Société Linnéenne de Bordeaux. Société de médecine de Caen (l'Année médicale), rue Froide, 2, à Caen. Société d'étude des sciences naturelles, 16, rue Bourdaloue, Nîmes. Société d'agriculture, sciences, belles-lettres et arts, M. Loiselin, secrétaire général, à Orléans. Société des études scientifiques, Angers (Maine et Loire). Société française de photographie, rue Louis-le-Grand, 20, Paris. Société des amis des sciences naturelles de Rouen (Seine infé- rieure). Société d'histoire naturelle de Toulouse, 44, rue Saint-Rome. Société d'histoire naturelle de l'Hérault, Montpellier. Société des sciences naturelles, M. le secrétaire, à Semur (Côte d'Or). Société des sciences historiques et naturelles de l'Yonne, (Auxerre.) Société des sciences naturelles, M. Le Jolis, directeur, à Cher- bourg (Manche). • Société Linnéenne de Normandie, Caen (Calvados), M. Lignier. Société d'études scientifiques, 55, rue Pierre Charron, Paris. Société Linnéenne de Lyon, place Sathonay, Lyon. Graiiclc-Brcta^iie. Brighton and Sussex natural history Society, Brighton. Croydon Microscopical and natural history Club. M. B. Sturgé, 20, the Waldrons. Croydon. Norfolk and Norwich, naturalist Society, Norwich. Quekett Microscopical Club, Londres. Royal Microscopical Society, King's Collège, Londres. 212 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. Royal physical Society of Edinburgh. Patent Office Library, 25, Southàmpton Buildings, Loudou W. C. Hollande. Société hollandaise des sciences de Harlem. Société néerlandaise de zoologie, D"- P.-P.-C. Hook, Leyde. Société royale de zoologie (Natura artis magistra) d'Amsterdam. Italie. Academia pontificia de Nuovi Lincei, Palazzo délia Cancellaria, Rome. Académie des sciences de l'Institut de Bologne. Académie des sciences, lettres et arts de Modène. Académie royale des sciences de Turin. Ateneo de Brescia. Bollettino scientiflco, Pavie. Comité géologique d'Italie, Via S. Lusama Rome. Institut royal des sciences, lettres et arts de Venise. Natura, Rivista délie Scienze e délie loro applicazioni aile Indus- trie ealle arti, M. Paolo Mantegazza, rédacteur en chef. Trêves fratelli, éditeurs, via Palerno, 2, Milan. Neptunia, rivista mensile per gli studi di scienza pura ed applicata sul more et sui organism. Red. D"" David Levi. Mounos S. Samuele, 3422, Venise. Notarisia, commentarium Phycologicum. Parte spéciale délia Neptunia. Société des naturalistes de Modène, D"" L. Piccaglia, secrétaire, à Modène. Societa italiana dei microscopisti, à Acireale (Sicile). Revista de Scienze naturali e bolletino del naturalista, à Sieua. R. Academia dei lîsiocritici ù Siena (Italie). Nuova Notarisia, rassegna trimestrale consacrata alla studio dellc alghe. M"" le D'" G. B. De Toni, institut et Jardin botanique de Padoue. Academia medico-chirnrgica di Perugia (Pcrousc). Monitore zoologico italiano, Instituto anatoraico à Florence. BULLETIN DES SÉANCES. , !2i3 Lui^eiuboiirg;. Institut royal Grand-ducal. Section des sciences naturelles, place Guillaume III, Luxembourg. Aarsberetning, Bergens muséum (Bibliothèque). Rédacteur des publications du « Tromsoë Muséum « à Trorasoë, (Norwège). Rédacteur des publications du « Stavanger Muséum », Stavanger. Russie. Académie impériale des sciences, Saint-Pétersbourg. Xsociété impériale des naturalistes de Moscou, maison Arkarkha- N^oflf. Société des naturalistes de la Nouvelle-Russie, Odessa. Société des naturalistes de l'Université de Kielf. $!»iiècle. Botaniska n(\iser, D'' Otto Nordstedt, 10, Kraftstorg, à Lund. Académie des^ciences de Stockholm. I§»iiisse. Société des sciences naturelles (bibliothèque) Helmhaus, Zurich. Institut national genevois, M. H. Pazy, secrétaire général, à Genève. Naturforschende Gesellschaft, Muséum, Bâle. Naturforscheude Gesellschaft, Berne. Gesellschaft Graubûndens, r. Juan Sand, Goire. Schweizerische Entomologische Gesellschaft, M. Théod. Steck, Berne. Société helvétique des sciences naturelles, Berne, Société des sciences naturelles, M. L. Coulon, Neuchâtel. Société vaudoise des sciences naturelles, M. Bieler, vice-président, avenue Agassiz, Lausanne. Jahresbericht der Naturforschenden Gesellschaft, Chur. 2i4 SOCIÉTÉ BELr.E BE MICROSCOPIE. Turquie. iR,evue médico-pharmaceutique, 6B, Yuksek-Caldirim, Galata, Constantinople. Brésil. Museu Nacional do Rio de Janeiro. Boletin du Conimissao geographica e geologica da proyiucia de S. Paulo : Le Roy King. Boskurlter, à Sao Paulo (Brésil). Canada. Le naturaliste canadien. Rédacteur, M. l'abbé Provancher, Cap Rouge. Province de Québec, Costa Kica. Officine de deposito y Cauje de publicationes Hepublica de Costa Rica (Amérique centrale). Cuba. Cronica médico-Quirurgica de la Habana. Calzada de la reina, \)2 apartada 465. Etat!$-Lnis>^ trAïuériquc. Àcâderay of sciences of Saint-Louis, Missouri. Acaderay of science, Rochester (New- York). Académie des sciences do Philadelphie. Albany médical Aunals, 481,- Broadway, N. Y. American Monthly microscopical Journal. Washington, D, C. W. Smiley. • American uaturalist, prof. Kingsley-Malden, Mass. Boston Society ofnatural history, Boston. Collège of Physicians of Philadelphie. Essex Institute, Salem (Mass). Journal ol' tlie Xow-York microscopical Society, M. Zabriskie, Waverley Avenue, Flatbu.sh, L. S., New- York. BULLETIN UES SÉANCES. 215 Journal of mycology. N. S. Department oi agriculture (section of vegetable patliology), à Washington. Minnesota Academy of natural sciences. Minneapolis. Minn. Rochester Academy of science. G. W. Rafter, secrétaire, à Rochester N. Y. (États-Unis). Journal of comparative Neurology L. Herrig, professer ofbiology. University of Cincinnati (Ohio). Librarian of the Surgeon general's Office. U. s. Army, Washington. M. L. Brithon h. D. of the Columbia Collège school of Miner, New- York. Scientiflc Association, Meriden, Connecticut. United States of America. The Library, Missouri Botanical garden, Saint-Louis Mo. The microscope, 514, E. State Street. Treuton N. J. TheTrenton Natural history Society, Trenton. Wagner Free Institute of Science, Philadelphie. Washington, Smithsonian institution. Californie. California Académie of Sciences à San Francisco (Etats-Unis). Mexique. Sociedad Cientiflca « Antonio Alzate ", à Mexico. Observatorio Meteorologico maguetico central, Mexico. Chili. Sociedad Pedro R. Videla, Santiago de Chile. Boletin de Medicina, Santiago de Chile, Delicias, 252. IWouYelle Galles dit Niid. Linneau Society of New-South Wales, Linnean Hall, Elisabeth bay, Sydney. Fletcher Microscopical Society of Victoria, à Sydney, Melbourne. TABLE GENERALE DES MATIÈRES CONTENUES DANS LE TOME XA'II nu BlLLËTI^ DE L\ SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE Pages. BULLETIN DES SÉANCES DE LA SOCIETE. Skaxce nu 2o octobre 4890 1 Communication préliminaire sur la métamérisation du corps de l'insecte, par M. A. Lameere 2 Nouvelle communication sur un traitement de la tuber- culose, par M. R. Koch Il Skaxce m: 29 novembre 1890 25 Lupus de la conjonctive, par M. É. Gallemaerts. . . 26 Le traitement de la tuberculose par la méthode de Koch, par M. L. Hendrickx 34 Analyse de l'ouvrage de M. Behrens : Leitfaden (1er bota- nischen mikroshopie, par M. De Wildeman .... 37 Notes de technique 40 Séance du 27 décembre 4890 43 Discussion sur la tuberculose 45 Notes de technique 48 Troisième communication sur un traitement de la tuberculose, par M. R. Koch 48 Séance du 34 janvier 4894 S9 Élection 60 Notes micrographiques 62 Séance du 28 février 4891 63 Les monadines et leur place systématique, par M. C. De Bruyne 64 Les Bolétés, par M. C. Delogne 70 Séance du 41 avril 4894 89 Les organes des sens chez les mollusques, par M. P. Pelseneer 90 18. 218 TABLE DES MATIÈRES. Pages. L'origine des vertébrés, par M. A. Lameere .... 91 Présentation de niicrophotogramnies colo iés . . . 121 Séance du 2o avril 1891 127 La fibre nerveuse, par P. Heger 128 Programme de l'Exposition d'Anvers 142 Séance du 30 mai 1891 147 Notice nécrologique sur Cari v. Naegeli 148 Un champignon pyrénomycète se développant sur le test des Balanes, par M. Cil. Bommer loi Sur la morphologie des Cladophora, par M. E. De Wildeman lo4 Analyse du travail de M. Van den Berghe : Tourteaux el farines de Un, par M. L. Remy ItiO Analyse du travail de M. Goppelsroeder : Ueber capil- lar analyse, par M. H. Potellet 162 Séance mensuelle du 27 juin 1891 107 Action du courant électrique constant sur les micro- organismes pathogènes, par M. René Verhoogen . 168 AsSEMRLÉË générale du 11 OCTOBRE 1891 .... 193 Rapport annuel du Conseil 194 Budget 197 Rapport annuel sur l'état de la bibliothèque . . . 197 Élections 198 Conq)Osition du Conseil pour l'exercice 1891-1892. . 200 Liste générale des membres de la Société 201 Académies, Sociétés et institutions avec lesquelles la Société est en relations d'échanges 208 FIN DE LA TARLE DES MATIÈRES. ANNALES DE LA SOCIETE BELGE DE ÏICROSCOPIE TOME XVIII ier FASCICULE BRUXELLES A. MANCEAUX, LIBRAIRE-ÉDITEdR 12, rue des Trois-Tètes, 12 1894 ANNALES DE LA • ^ SOCIETE BELGE DE MICROSCOPIE ANNALES DE LA SOCIETE BELGE DE ilCROSCO iD :e TOME XVIIl BRUXELLES A. MANCEAUX, LIBRAIRE-ÉDITEUR 12, rue des Trois-Tètes, 12 4894 /MEMOIRES NOTES SUR QUELQUES ESPÈCES DU GENRE TRENTEPOHLIA (MARTIUSI PAR E. DE WILDEMAN DOCTEUR EN SCIENCES NATURELLES NOTES SUR QUELQUES ESPECES DU GENRE TRENTEPOHLIA ..un. s) Depuis que j'ai publié dansJes Annales du Jardin botanique de Builenzorg (I) une élude sur les Trcnle- polilia, récoltés dans les Indes néerlandaises, par M" Weber van Bosse, d'autres travaux sur les espèces de ce genre ont para dans cette même publication et dans le Journal de Botanique de Morot. iM. Hariota terminé la publication de ses « Notes sur le genre Trentepolilia (2] », et M. Karsten a fait paraître peu de temps après la publication de ma note, un tra- vail assez important dans le premier fascicule du tomcX des Annales de Buitenzorg. Il y a traité des espèces du genre Trcnlejwlil la cl do celles des genres voisins P/n/- copeltis et Mijcoidea (.")). M. Karsten ne connaissait pas le travail, publié par moi, dans le volume IX, il s'est fait ainsi qu'il a décrit des espèces déjà figurées et dénom- mées dans mon mémoire. (1) Les Trenlepoliita des Indes Néerlandaises in \nn. Jard. bot. de Buileniorrj, voL IX, p. 127-Li2. (2) iXotcs sur le genre TrcntepolUia in Journ. de Bot., 1889- 1890. (j SOCIETE BELGE DE MICP.OSCOPIE. Ces trois travaux ayant donc paru presque en même temps, M. Hariot jugea utile depublierune note spéciale sur les Trentepolilia des Indes néerlandaises, et d'exa- miner la valeur des espèces, créées par M. Karsten et par moi (1). Nous allons examiner quelques-unes des espèces con- tenues dans ces travaux et dont certaines ne sont pas reconnues par M. Hariot. Nous aurons aussi l'occasion de dire quelques mots, en passant, de formes étudiées par M. Hariot, dans ses « Notes » et qui ne se trouvent pas aux Indes, ou du moins n'y sont pas indiquées jus- qu'à ce jour. Dans ces « Notes » M. Hariot cheiche les caractères (listinctifs dans la forme des cellules et dans la grandeur relative de leurs deux diamètres; les caractères fournis par les fructifications, sont, d'après lui, trop peu cons- tants pour pouvoir servir à différencier les espèces. Il arrive dès lors à décrire et à conserver comme espèces distinctes des Trenlepolilia stériles. Il est cer- tain que le seul bon caractère pour former des sections dans le genre, est celui qui est fourni par la forme des cellules. Mais comme je l'ai déjà fait voir antérieure- ment, il est certaines espèces pour lesquelles cette forme est assez variable, mais c'est surtout la grandeur rela- tive des deux diamètres extrêmes qui est susceptible de varier. Ce caractère peut à mon avis, moins que tout autre, servir de base à la différenciation de deux espèces. Sans vouloir attaquer ici la valeur de certaines de ces espèces, il me paraît que l'ensemble des caractères, four- nis par les cellules de ces Algues, caractères tirés de la (i) A propos (les TrenlCj)ùhtia «les Iiitlcs néerlandaises hi Jouru.de Loi.. 18tt'2. p. 1M. MÉMOIRES. 7 grandeur des cellules et des modes de fructitication, est à peine suffisant pour définir l'espèce. La couleur ne peut être employée pour tous les cas, généralement elle disparaît dans l'herbier, et de rouge qu'elle était passe au vert-jaunâtre ou au blanc sale. Certes, la forme des fructifications est très variable dans les espèces de ce genre, et sur le même filament peuvent se trouver plu- sieurs genres de cellules reproductrices, comme j'aurai l'occasion de le démontrer tout à l'heure; mais j'estime aussi, que dans bien des cas des filaments stériles ne peuvent être rapportés avec certitude à l'une ou l'autre espèce connue. Nous étudierons dans cette note les espèces suivantes: Trentepolilia Monilia DeW., T. torulosa DeW., T. ar- borum (Ag.) Hariot, T. Wainioi Hariot, T. dialepla Hariot et T. Pitlieris\). nov. Trentepohlia torulosa DeW. (Bull. Soc. bot. de Belgique 1888, ^' partie, p. 181). (Annales du Jardin bot. de Buitenzorg, t. IX, p. 159, pi. XIX, fig. 9-14-18). PI. III, fig. 10. Dans ces « Notes », puis après dans son article sur les Trente}wlilia des Indes néerlandaises », M. Hariot indique cette espèce comme synonyme du T. monilia DeW. (1). Décrite sous le nom de 7'. torulosa dans le Bulletin de la Société de botanique de Belgique sur des échantillons, provenant du Chili et de l'Australie, M. Hariot trouve qu'il faut appeler cette espèce T. rifji- . Membrane lisse, mince, jamais squaini forme, colorée en brun assez accentué. Cette teinte communique à tout l'échantillon et à reçoive sur laquelle l'Algue végète un aspect très spécial, qui difféi'encie, à première vue, le T. Monilia du T. Torulosa. Zoospnranges inconnus. 14 SOCIÉTr-; BELGE UE WICROSCOCIE. Hab. -Amérique : Chili (Poeppig); Costa-Rica (Pittier et ïonduz) ; Indes néerlandaises (Mad. Weber van Bosse. Trentepohlia arborum (Ag.), Hariot. (Notes sur le genre Trentepohlia, p. 20, fig. 8-9). PI. 1; pi. H, fig. 8-10-16; pi. 111, fig. 1-7-12. Sous ce nom, et d'après des échantillons authen- tiques, l'auteur décrit une espèce à laquelle il donne pour syuonyme le Cœnogoniiim confervoides Nyl., et le Tr. pleiocarpa Nordst. M. Hariot n'indique pas clairement ce qu'il fait dans ce cas du C. disjunchim, admet-il que ce Lichen soit synonyme du C. confervoides, et que, dès lors, il devienne également synonyme du T. arborum'! Si cela est l'opinion de M. Hariot, nous ne pouvons admettre sa manière de voir, ayant eu l'occasion d'étu- dier, parmi les Cœnogonium de l'Herbier Boissier, un spécimen de celte forme de Lichen pourvu de nom- breuses apothécies. En outre, l'Algue était stérile, on ne pourrait donc certifier, d'une façon certaine, que dans ce cas l'on ait bien affaire au Trenlcpolilia arbo- rum, même comme gonidie, la caractéristique de cette espèce, étant de posséder des zoosporanges pédicelles, réunis en général par deux à plusieurs sur une cellule renflée qui termine un rameau. 11 faudrait de plus, me semble-t-il, si même l'on admettait que cette Algue fut le T. arborum, que l'on dise qu'elle forme les gonidios du Lichen, et non pas que le Lichen est synonyme. Il n'y a pas de doute, que d'après les dessins de M. Hariot, le T. pleiocarpa Nordst. doive être rapporté MÉMOIRES. 43 au Conferva arhoriim Ag. qui doit devenir T. arboriun, par suite des lois de la priorité. C'est bien la même forme de friictilication, le même port. Les caractères principaux de cette espèce sont les suivants, d'après M. Hariot. «Cellules de 16-28/^- d'épaisseur sur 40 à 60/x de long. Zoosporanges rarement solitaires, ordinairement par 2-7, supportés par des cellules recourbées en crochet, celles-ci réunies sur une cellule renflée, arrondie au sommet, de 18 à 2V de large sur 24-52/y, de long ». Ces caractères, et principalement celui que l'on tire des organes de reproduction, rappellent dans leurs traits généraux ceux du Mijcoidea parasitica Cunningli. Les fructifications pédicellées naissent toujours à l'extré- mité des rameaux principaux ou à l'extrémité des rami- fications de l'axe. Lorsqu'on possède de nombreux matériaux d'étude de cette espèce, on peut suivre tous les stades de passage entre l'état jeune et l'état adulte. Voici comment se développent ces organes. L'extré- mité d'un filament se renfle et acquiert bientôt une forme ovoïde. Des bourgeonnements apparaissent alors dans la partie la plus large de l'ovoïde, d'abord sous forme de petits mamelons, qui vont en s'accentuant et finissent par se séparer de leur cellule mère, au moyen d'une cloison fortement courbée en verre de montre. Le mamelon, une fois séparé, s'allonge et se présente bientôt sous la forme d'un cylindre à base un peu renflée et terminé à son extrémité par une calotte sphé- rique. Celte dernière qui se sépare du reste du tube par une cloison transversale plane, donnera naissance au zoosporange. Cette cloison n'est pas de même épaisseur sur toute 16 SOCJÉTÉ BELGE DE MICROSCOIME. son étendue, il existe un cercle central moins épais que le bord. C'est par ce fait que l'on voit, le zoosporange étant séparé du support, deux cercles concentriques dans la cloison qui séparait le support et le sporange. Quant au sporange lui même, primitivement globu- leux, il devient souvent ovoïde et paraît alors attaché par le côté, le plus gros des bouts de l'ovoïde étant dis- posé au dessus. Les cellules en crochet qui supportent ces zoospo- ranges ne se forment en général pas en même temps, ou n'acquièrcjit pas leur complet développement au même ?Tioment sur une même cellule rentlée ; il peut se trouver ainsi des cellules en crochet flétries et des cel- lules à peine séparées dans lesquelles on n'observe pas encore de cellule mère des zoospores. I/on pourrait se demander si ces zoosporanges pédi- cellés, de forme assez spéciale, donnent naissance à des produits qui sont en tout comparables à ceux qui naissent dans les zoosporanges sessiles que l'on trouve chez presque tous les espèces de ce genre, et même chez le T. arborum, comme nous le verrons plus loin. Comme nous venons de le voir, ce mode de fructifi- cation est très semblable à celui du Mijcoidea parasitica Cunningham, dont le développement a pu être suivi en partie par M. Ward (1). Dans cette espèce, 31. Ward (2) a observé, outre des zoosporanges pédicellés, des zoosporanges sessiles logés dans le thalle ou situés perpendiculairement à celui-ci. (1) M. Waud, 0» tlie slnicl lire, dcvcloijment, and lifc-liistoni o[ tro- pical cpiphiillous Lichen in Trausaction of Linn. Soc. London. 2e série vol. -2. p. 87. ' (2) Loc. cit., pi. 2a. MEMOIHES. 47 Malheureusement il n'a pu établir, d'une fiu-on claire, la tbnction de ces deux modes de fructifications. Dans leurs formes extérieures et dans leurs disposi- tions, il existe une certaine analogie entre les organes reproducteurs de cette Algue et ceux de certains Pero- nospora (Champignon). On sait que ces derniers peuvent donner naissance au détriment de leur cellule terminale d'une conidie ou de zoosporcs. Ces deux organes ayant originairement la même forme, on trouve donc une conidie homologue à un zoosporange. N'en pourrait-il pas être de même ici? Les deux modes de fructification sont donc à étudier en détail, mais leur étude n'est possible que sur des matériaux vivants. C'est donc aux Instituts des régions tropicales qu'il faut laisser le soin de tirer cette question au clair. Le Trentepofdia que M. Karsten décrit sous le nom de T. bisporanfjiata{[)es{ bien identique au 7'. arbonim (Ag.) Hariot, ce nom doit entrer dans la synonymie. M. Hariot a créé également, d'après des échantillons reçus de M. Wainio, une espèce nouvelle qu'il dédie à ce lichénologue sous le nom de T. Wainioi. A cette espèce doit se rattacher ce que Grunow a signalé sous le nom de Cliroolepus flavum var. talnlensis (2). M. Ha- riot indique ce rapprochement et j'ai pu me convaincre, par l'examen d'échantillons originaux provenant des collections de M. Nordstedt, que c'est bien à cette forme de Trentepoliliaque se rapporte la variété de M. Grunow. Mais je ne puis admettre la spécificité du 7'. Wainioi (1) Karsten, loc. cit., p. 13, pi. III, fig. 3-5. (2) Grunow. Reise seiner Majesteit Fregalte Novara um die Erde. Alg., p. il. xvm 2 18 SOCIÉTÉ DELGE DE MICROSCOIME. Hariot, celte soi-disant espèce n'est autre qu'une forme du T. arborum et dès lors ce nouveau nom devient synonyme de cette espèce. En étudiant les nombreux matériaux qui m'ont été communiqués par M. Pittier, directeur de l'Institut physico-géographique national de Costa Rica, récoltés par lui ou par M. Tonduz, dans différentes régions de ce pays, j'ai eu l'occasion d'étudier des Treulepolilia à zoosporanges, sessiles et solitaires ou réunis en groupes plus ou moins nombreux sur des ramuscules courts. Ces derniers caractères sont bien ceux que l'on rap- porte au T. Wainioi, et que l'auteur a reproduits dans les dessins (fig. G et 7 du tiré à part) de ces « Notes sur le genre Trentepoldia ». Mais comme le montrent les des- sins des planches, jointes à cette note, on peut voir sur la même branche à l'extrémité des rameaux des zoosporanges pédicelles [T. arborum) et sur le côté des zoosporanges sessiles ou réunis en espèces de grappes {T. \Vaimoi){av. pi. 1, fig. 13). M. Karsten avait attiré l'attention sur la présence de ces deux modes de Iructilication, en décrivant son T.bisporomj'mUi; le nom de l'espèce, à lui seul inditjue déjà les deux formes de zoosporanges, mais on n'avait pas attiré l'attention sur ce caractère. Dans l'Herbier Martius (Jardin botanique de Bruxelles) se trouvait avec l'indication C\i'«07o»///m? Surinam in mûris n° 1264, un Trcnlcpo/ilia pur dont les tilameiils portent des zoosporanges sessiles et des zoosporanges pédicelles. Les ligures 15 et 15 de la pi. H et G et 7 pi. m montrent l'aspect sous lequel se présentent quel- ques-uns de ces filaments. Kn examinant {QCo'nogonium inlerple.vum Nyl.fllcrb. MÉMOinES. 19 Lindig :2o61) récolté à la Nouvelle Grenade, j'y ai trouvé des gonidies de formes analogues à celle que présente le T. Wainioi; des rameaux latéraux portent de nom- breuses zoosporanges sessiles. Je rapporte donc les gonidies de ce lichen au T. ar- borum (Âg.) Hariot. Suivant les échantillons, on peut trouver tantôt chez cette espèce (2\ arborum, s. lat.jdes rameaux entièrement couverts de zoosporanges sessiles, tantôt des rameaux possédant des zoosporanges pédicelles et sessiles mélan- gés, plus rarement des rameaux qui ne possèdent que des zoosporanges pédicelles. Quant à la grandeur des zoosporanges, de quelque forme qu'ils soient, elle est des plus variable. On en trouve qui n'ont que iï y. de diamètre tandis que sur le même filament d'autres ont plus de 50^, et cela pour des zoosporanges arrivés à maturité, puisque l'ouverture destinée à livrer passage aux zoospo- res est ouverte. Quant aux dimensions des cellules suivant leurs deux axes, je ne crois pas que l'on puisse leur accorder une importance considérable dans les caractères de cette espèce. Dans le T. arborum, tel que nous devons le com- prendre, on trouve des cellules qui ont 9,5 y. de large sur 20 /-i de long, c'est-à-dire que leur longueur est envi- ron trois fois leur largeur, dans d'autres cas la longueur est trois aussi grande que le diamètre, parfois même plus, dans les cellules terminales amincies, la longueur peut égaler six fois la largeur. Si l'on étudie des Algues dont la surface cellulaire a été enveloppée par les hyphes d'un champignon, on pourra observer dans les cellules d'un même filament de grandes variantes dans la longueurpar i'O SOCIÉTÉ DELGE DE MICROSCOI'IE. rapport à leur diamètre. La présence d'un grand nombre d'Iiypbes empêche la croissance cellulaire, et l'on trouve alors des filaments de T. arborum, dont les cellules ont leurs deux diamètres à peu près égaux. Le caractère sur lequel M. Hariot a basé la formation de son genre ileterollialliis, c'est-à-dire la présence de tilamenls couchés, rampants à la surface du subslratum, doit, me semble-t-il, être employé avec prudence. Dans notre espèce, par exemple, et d'ailleurs, dans la plupart des formes de TreiUepohlia des tropiques, il existe un système de filaments qui s'appliquent fortement sur le substratum, et fixent la plante qui développe alors ses filaments fructifies perpendiculairement à la couche rampante. Les figures que nous donnons du système de filaments couchés (PI. I, fig. 24, PI, II, fig. 8), mon- trent la plus grande analogie avec la figure de ces fila- ments chez le 7'. d'iHusa DeWild. (Hariot. xXotes sur le genre Trentepolilia, p. 59, fig. 19). Zeller a décrit, en 1875, dans ses études sur les Algues récoltées par Kurz, dans l'Arracan et dans la Birmanie, un Cliroolcpus hurzii, qui est devenu 7". lûirzii (Zeller) De Toni. M. Hariot a figuré dans ses « Notes » deux rameaux de cette plante, dont il a pu examiner un échan- tillon (loc cit., p. 45, fig. 25). Par l'examen de la figure, comme parle texte qui l'accompagne, c'est du T. Wainioi que se rapproche cette espèce dont elle ne diffère guère. M. Hariot, dit d'ailleurs, lui-même : « ces deux plantes, qui pourraientn'êtreque des formes d'une même espèce». Puis « peut-être aussi le T. Kurzil devra-t-il rentrer dans le sous-genre llelerol/iallns ». Nous avons vu que la présence d'un thalle rampant et la constance de /oo- sporanges sessiles ou rajjprochées sur un court rameau, MÉMOIRES. 21